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  • État et structuration des études de genre en Italie

    Ginevra Conti Odorisio, professeure d’histoire, Université de Rome 3

    Dans cet exposé, je présenterai, en première partie, quelques données historiques sur le problème de l’institutionnalisation des études de genre dans les Universités, en Italie, de 1985 à 2005. J’aborderai, en seconde, la question complexe de l’usage de ce concept dans la recherche scientifique. Un des résultats les plus intéressants du mouvement féministe a été celui de souligner l’absence de connaissances de l’histoire des femmes et en général de l’apport des femmes à l’histoire, aux sciences et aux différentes disciplines, comme l’histoire de la pensée politique, dont je m’occupe.


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  • Sur une dialectique féminine de la raison

    Sigrid Weigel

    Penser et dire la position des femmes dans le processus de la civilisation


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  • A propos d’un concept ou les difficultés du genre en France

    Michèle Riot-Sarcey

    Tout a été dit ou presque sur les relations conflictuelles entre l’analyse historique fondée sur le genre et l’écriture de l’histoire sociale, politique ou économique. Dans tous les pays, les historiennes, particulièrement, se plaignent de la faible intégration des femmes dans l’Histoire, au sens global du terme.
    Le mode de penser l’histoire en France est cependant assez spécifique, si l’on en juge par le rapport tendu de ses historiens avec la question du genre.


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  • Gender - ein epistemisches Ding / Gender - une « chose » épistémique

    Astrid Deuber-Mankowsky, Université de Bochum, Allemagne

    La problématisation du genre et de sa relation avec les sciences de l’homme d’un côté, les sciences exactes de l’autre ; le lien entre sexe et genre, l’élucidation de l’historicité de cette différenciation ; les recherches sur l’intersexualité, la transsexualité et sur leurs interactions avec les technologies médicales ou l’histoire de l’endocrinologie ; les changements des relations des sexes/genres et des relations familiales à travers les technologies de procréation : toutes ces thématiques ont été focalisées pendant les dernières années par les gender studies. A travers les thématiques en question ces études sont devenues une « tentative » pour les étudiants qui constitue, pour citer Michel Foucault, une mise à l’épreuve changeante d’eux-mêmes. Le sexe/genre (Geschlecht) devient une chose épistémique, un objet du savoir, le savoir devenant un objet de désir et la connaissance un exercice de soi-même.


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  • Sciences Po, le MLF et la mémoire des luttes féministes

    Les études de genre en France, année zéro ?

    Juliette Rennes et Rose-Marie Lagrave


    Si la catégorisation d’un phénomène comme "nouveau" est un principe récurrent de production de l’information, lorsque ce principe concerne le traitement des mouvements sociaux et des mobilisations, il a aussi pour effet d’effacer l’histoire des luttes. Il est ainsi courant que des féministes se voient qualifier de "nouvelles" quand bien même elles se présentent comme des héritières des luttes antérieures.


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  • De l’obstacle à l’émancipation (critique d’une certaine idée de la communauté)

    Nicole-Edith Thévenin

    La pensée de gauche postmoderne de l’identité et de la société tente de fonder sa projection du futur à partir des éléments produits par le capital. Elle construit une théorie du sujet et de la subjectivité redéfinie dans la conception d’une communauté et d’une singularité conçues sans contradiction, reprenant au concept de multitude son extension infinie, sa vision d’une individualité libre de toute aliénation, d’une communication sans restes. L’univers du marché se passera désormais de la main invisible d’Adam Smith, puisque c’est en chacun de nous que se trouve la régulation spontanée reprenant à Leibniz son rêve d’une langue universelle et de monades harmonisées mais sans transcendance unificatrice. Le concept de puissance tiré de Spinoza, perd alors son intensité pour se trouver appliqué à un idéal de maîtrise où un jour le monde serait donné là, pacifié, où l’individu se verrait totalement intégré au mouvement général. Communauté aseptisée, asexuée et apolitique, communauté sans corps et sans ombres où le désir et le risque de l’autre sexe se trouve refoulés, effacés même pour le rêve d’une fraternisation « blanche » c’est-à-dire hors mémoire, hors filiation. N’est-ce pas à ce niveau du débat que les femmes ont à faire valoir une pensée de la contradiction vivante, une nécessité de la contradiction dans ce qu’on appelle la politique ?


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  • Introduction au numéro spécial "Féminismes au présent" de la revue Futur antérieur

    Michèle Riot-Sarcey

    En ces temps de crise des idéologies, le féminisme peut-il renouveler son potentiel critique ? Où plutôt, la réflexion théorique de type féministe peut-elle aider à dépasser les apories idéologiques par l’introduction d’idées façonnées dans la longue histoire des individus assujettis ?
    Depuis quelques années déjà, les approches se sont diversifiées, la différence des sexes n’est plus seulement analysée dans sa structure de domination ; les oppositions binaires - égalité, différence - sont repensées ; l’idehtité des sexes réinterrogée, les limites critiques du féminisme mises en perspective. Il n’en reste pas moins que les différentes formes d’oppression ne sont pas effacées et que les pratiques politiques et les modes de g penser restent marqués par les assignations dévolues à chaque sexe.


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  • Cet essentialisme qui n’ (en) est pas un

    Naomi Shor

    Comme Jacques Derrida l’a signalé il y a plusieurs années, dans le modèle institutionnel universitaire élaboré en Allemagne au début du XIXè siècle, aucun lieu n’est assigné à la discipline des études féminines (womens’studies) : « Aucune place n’était prévue pour les études féminines dans la structure du modèle classique de Berlin ». Les études féminines, un champ d’études qui a à peine 20 ans aujourd’hui, est un ajout tardif au modèle berlinois, repris par les institutions universitaires nord-américaines.


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  • Le chromosome du crime, à propos de XY

    Michèle Le Doeuff

    Un compte rendu du dernier livre d’E. Badinter, XY, s’impose-t-il ? La meilleure conduite à tenir serait de l’ignorer, comme tant d’autres livraisons « si célèbres l’année dernière », et de développer une résistance vis-à-vis de ce que certains éditeurs parisiens appellent eux-mêmes « notre littérature kleenex ». Le genre se définit par le fait que le « produit » (sic, dans n’importe quel « mastère » d’édition) doit être capable de faire rage sur le marché pendant trois mois environ. Ceci implique qu’il soit construit autour d’une idée-choc et que cette thèse à sensation puisse être résumée en une petite page ou trois minutes de radio. La rédaction de l’ouvrage doit être assez aérée pour que les journalistes littéraires puissent en prendre connaissance en moins de deux jours, le moindre retard gâchant le feu d’artifice.


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  • Différenciation et indifférenciation. Pour une relecture de Mélanie Klein

    Marcelle Marini

    Un travail important s’est fait ces vingt dernières années pour essayer de « reconnaître la différence sans figer les différends », comme le souligne Françoise Collin qui nous donne, dans Histoire des femmes , la meilleure mise au point actuelle sur les théories philosophiques de la différence des sexes au XXème siècle. Elle y met notamment en valeur le passage tout récent de la notion de différence, encore proche d’une opposition de nature ou d’essence, à celle de différenciation qui a le mérite de marquer une dynamique, une interaction ouverte et donc une historicité, au sens large du terme, avec la part d’imprévisible que cela implique. C’est cette notion de différenciation que je voudrais examiner ici : peut-elle réellement nous aider à penser autrement la différence sexuelle et, si oui, à quelles conditions ?


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