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  • Féminisme, modernité, postmodernisme : pour un dialogue des deux cotés de l’océan

    Eleni Varikas

    Si, dans ses versions dominantes, la réflexion féministe a historiquement montré un attachement pathétique au projet de la modernité, cette passion - malheureuse car trop souvent à sens unique - est en train de s’affaiblir quand elle ne se tourne pas purement et simplement en son contraire. Pour ne pas avoir rempli ses promesses émancipatrices, la modernité devient l’objet d’une interrogation qui tend à déstabiliser quelques-unes des certitudes les mieux installées de notre tradition de l’Aufklärung, cette même tradition qui a vu naître la demande de l’émancipation des femmes.


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  • Sciences Po, le MLF et la mémoire des luttes féministes

    Les études de genre en France, année zéro ?

    Juliette Rennes et Rose-Marie Lagrave


    Si la catégorisation d’un phénomène comme "nouveau" est un principe récurrent de production de l’information, lorsque ce principe concerne le traitement des mouvements sociaux et des mobilisations, il a aussi pour effet d’effacer l’histoire des luttes. Il est ainsi courant que des féministes se voient qualifier de "nouvelles" quand bien même elles se présentent comme des héritières des luttes antérieures.


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  • De l’histoire politique et des pouvoirs

    Michèle Riot-Sarcey

    S’il nous fallait rendre compte des discours d’exclusion des femmes de la cité, cet article n’y suffirait pas ; bien d’autres avant moi ont analysé ces discours, sans cependant infléchir l’écriture de l’histoire politique vers la critique des relations de pouvoir où s’inscrit le devenir historique des femmes. Du point de vue du mode de penser le politique, nous sommes toujours ou presque assignées à « la loi » énoncée par Auguste Comte :

    « C’est ainsi que dans toutes sociétés humaines, la vie publique appartient aux hommes et l’existence des femmes est essentiellement domestique. Loin d’effacer cette diversité naturelle, la civilisation la développe sans cesse, en la perfectionnant. »


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  • Les « études de genre » en Grèce : ce champ qui n’en est pas un ?

    Efi Avdela, Université de Crète

    - Pour ou contre les « études de genre » : le débat précoce

    - Le concept de genre dans les sciences sociales : anthropologie, histoire et autres disciplines

    - Interdisciplinarité, transdisciplinarité, spécificités disciplinaires : le genre
    entre recherche, théorie et enseignement

    - Les effets pervers des malentendus conceptuels : le programme européen « Genre et égalité des femmes »

    - Les tendances actuelles : thématiques, problématiques, politiques


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  • Différenciation et indifférenciation. Pour une relecture de Mélanie Klein

    Marcelle Marini

    Un travail important s’est fait ces vingt dernières années pour essayer de « reconnaître la différence sans figer les différends », comme le souligne Françoise Collin qui nous donne, dans Histoire des femmes , la meilleure mise au point actuelle sur les théories philosophiques de la différence des sexes au XXème siècle. Elle y met notamment en valeur le passage tout récent de la notion de différence, encore proche d’une opposition de nature ou d’essence, à celle de différenciation qui a le mérite de marquer une dynamique, une interaction ouverte et donc une historicité, au sens large du terme, avec la part d’imprévisible que cela implique. C’est cette notion de différenciation que je voudrais examiner ici : peut-elle réellement nous aider à penser autrement la différence sexuelle et, si oui, à quelles conditions ?


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  • Nicole-Claude Mathieu ou l’espoir d’une transmission muliéri-linéaire et plurilocale

    Jules Falquet

    Nicole-Claude Mathieu vient de nous quitter le 9 mars 2014. Une théoricienne fondamentale disparaît, et avec elle une militante décidée et une pédagogue généreuse. Mais Nicole-Claude Mathieu n’est pas morte : sa jument noire caracole encore parmi nous. Sa jument noire ? Plus exactement, elle nous laisse toute une manade sauvage, qui emporte nos pensés et leur donne de l’audace depuis plus de quarante ans. Ces fières créatures sont avant tout le produit d’un mouvement, de luttes et de réflexions portées par des femmes très variées dans le monde entier, non-occidental et occidental comme elle insistait pour l’écrire. Dans cet élan collectif et multiple, Mathieu a posé noir sur blanc, texte après texte, un certain nombre de propositions fortes.


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  • Sur « L’anatomie politique, catégorisation et idéologie du sexe » de Nicole-Claude Mathieu

    Denis Berger

    A la lecture de ce livre, on éprouve de la gêne. Ce sentiment ne naît pas du contenu de l’ouvrage. Bien au contraire, c’est le silence observé à propos d’un travail d’une telle qualité qui suscite le malaise. Inspirée par une critique féministe radicale – elle-même fortifiée par le combat des mouvements de femmes – Nicole-Claude Mathieu fait oeuvre d’épistémologie. L’essentiel de ses démonstrations tend à prouver que les différences de sexe sont socialement organisées pour maintenir la minorisation et l’exclusion des femmes.


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  • A propos d’un concept ou les difficultés du genre en France

    Michèle Riot-Sarcey

    Tout a été dit ou presque sur les relations conflictuelles entre l’analyse historique fondée sur le genre et l’écriture de l’histoire sociale, politique ou économique. Dans tous les pays, les historiennes, particulièrement, se plaignent de la faible intégration des femmes dans l’Histoire, au sens global du terme.
    Le mode de penser l’histoire en France est cependant assez spécifique, si l’on en juge par le rapport tendu de ses historiens avec la question du genre.


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  • Nécessité de la psychanalyse

    Marie-Josèphe Dhavernas

    La référence à la psychanalyse a un statut assez curieux dans le féminisme français ; à vrai dire, cette bizarrerie est à l’image de l’anomalie qui frappe la psychanalyse en tant que discipline, pas simplement dans les milieux féministes. En effet, tout se passe comme si elle n’était pas une discipline comme les autres. On est souvent « pour » ou « contre » la psychanalyse, comme s’il s’agissait d’une théorie politique - alors qu’il paraîtrait saugrenu de se déclarer « pour » ou « contre » la physique, la linguistique ou la philosophie... Certain(e)s la considèrent comme « irrationnelle », avec toutefois des arguments souvent peu convaincants, dans la mesure où ils visent la discipline dans son ensemble, mais se rapportent de fait à des points particuliers de la théorie, ce qui ne peut suffire à mettre en question la validité globale d’une discipline.


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  • Cet essentialisme qui n’ (en) est pas un

    Naomi Shor

    Comme Jacques Derrida l’a signalé il y a plusieurs années, dans le modèle institutionnel universitaire élaboré en Allemagne au début du XIXè siècle, aucun lieu n’est assigné à la discipline des études féminines (womens’studies) : « Aucune place n’était prévue pour les études féminines dans la structure du modèle classique de Berlin ». Les études féminines, un champ d’études qui a à peine 20 ans aujourd’hui, est un ajout tardif au modèle berlinois, repris par les institutions universitaires nord-américaines.


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