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(Dis)continuités sexuelles

Avant le 30 novembre - New York


Date de mise en ligne : [06-11-2014]



Mots-clés : sexualité


Graduate Center of the City University of New York, Département de français : le 13 février 2015

Argumentaire :

Si l’influence de Foucault dans les études sur la sexualité est indéniable, de nombreux intellectuels lui ont reproché sa célèbre affirmation selon laquelle le XIXe siècle a créé le « personnage » de l’homosexuel alors que le sodomite n’était jusqu’alors qu’un « sujet juridique ». Ces distinctions entre actes et identité, altérité et continuité ont suscité de vifs débats et analyses chez nombre d’intellectuels travaillant sur les questions de sexualité, qu’il s’agisse d’hétérosexualité, d’homosexualité ou d’approche queer. Eve Kosofsky Sedgwick a sévèrement critiqué une telle division qui présuppose que l’homosexualité dans sa manifestation moderne prétend à « un champ définitionnel cohérent » et que les catégories précédant cet âge moderne ont simplement disparu, se remplaçant les unes après les autres. En considérant, comme Sedgwick le propose, que les sexualités et les catégories sexuelles sont toujours instables et déjà imbriquées historiquement dans des typologies, des formes d’érotismes et de désirs, cette conférence cherche à interroger la pertinence des divisions communément établies entre l’époque prémoderne et moderne, puis celles moderne et postmoderne en ce qui concerne les sexualités et leurs représentations dans la littérature française et francophone.
Valerie Traub prône une approche généalogique pour étudier la sexualité, qui tout en reconnaissant l’altérité historique ne présupposerait pas l’homologie d’une époque à une autre. Ce défi épistémologique nous invite à examiner les sexualités dans toutes leurs complexités et à questionner plutôt que résoudre des oppositions telles que passé et présent, nature et culture, actes et identités. Si une telle approche est largement admise chez les intellectuels désireux de porter un regard différent (queer ?) sur les manifestations et représentations sexuelles passées, elle permet de mettre également en perspective les relations souvent conflictuelles entre les conceptions modernes de la sexualité influencées par les principes de politiques identitaires et les approches post-modernes et queer en matière de sexualité (Le travail de Lynne Huffer sur une éthique sexuelle et son avenir étant l’un des exemples les plus récents).
La conférence cherchera à répondre entre autres, aux questions suivantes : quels signes ou traces de sexualités peut-on trouver dans certains textes littéraires français et francophones ? Y-a-t-il des divisions ou des similitudes qui s’établissent d’une période à une autre, qu’elles touchent aux genres, aux mouvements littéraires ou au type d’auteurs ? Comment les sexualités sont-elles représentées et disséminées ? De quelles intentions artistiques, philosophiques ou politiques, certains textes peuvent-ils être porteurs ? Est-il toujours nécessaire d’approcher les sexualités en fonction d’un paradigme qui privilégie les actes, ou l’histoire de la sexualité a-t-elle besoin d’autres outils ?

Nous invitons les étudiants en recherche (masters et doctorats) à examiner les sexualités de l’époque prémoderne, moderne ou postmoderne dans des textes littéraires de langue française, en mobilisant un large éventail d’approches critiques et philosophiques. Voici une liste non exhaustive de thèmes éventuels :
- études féministes, de genre ou queer en relation avec la littérature - rôles genrés et performance, féminité/masculinité - transgenre, transsexualité - homosocialité, homoérotisme et érotisme
- amour, passion et amitié - cocuage, adultère et mariage - sodomite, tribade et autres « catégories sexuelles » - prostitution - fétichisme et voyeurisme - pornographie et post-pornographie - révolution sexuelle et politiques identitaire

Modalités :

Merci d’envoyer vos propositions de communication de 200 à 300 mots à sexualdiscontinuities@gmail.com. Les présentations seront limitées à 15-20 minutes et concernent uniquement les étudiants de masters et de doctorats. Les propositions et les présentations peuvent être en français ou en anglais. Date limite de soumission pour les propositions : 30 novembre 2014.

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