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Exigeons l’égalité femmes/hommes dans la recherche et l’enseignement supérieur !

par Efigies (Association de jeunes chercheur.e.s en Études Féministes, Genre et Sexualités)


Date de mise en ligne : [17-03-2009]




EXIGEONS L’ÉGALITÉ FEMMES/HOMMES DANS LA RECHERCHE ET L’ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR !

Le plafond de verre toujours d’actualité !

> Si en France les femmes sont majoritaires parmi les étudiant·e·s (56%),
elles sont très minoritaires dans le monde de la recherche. Elles
représentent 1/3 des chercheurs·euses publiques et 40% des maître·sse·s de
conférence. Plus on monte dans la hiérarchie professionnelle, moins on
trouve de femmes. Ainsi en 2006, on compte seulement 18,5% de femmes
professeures d’université. [Emmanuelle Latour, Mouvements, 2008]

> Au CNRS, qui contient 30% d’effectifs féminins, les femmes ne représentent
que 25% des directeur·trice·s de recherche 2e classe, 12% des
directeur·trice·s de recherche 1ère classe, 12% des directeur·trices·s de
recherche de classe exceptionnelle. [Enquête CNRS, dirigée par Catherine
Marry, 2005.]

> Concernant les postes de direction et présidences des établissements
universitaires en France, actuellement, sur 108 personnes, il n’y a que 13%
de femmes.

> Ce « plafond de verre » ne se limite pas à la France puisqu’en Europe, 1
professeur·e d’université sur 10 est une femme.

Une répartition des tâches inégalitaires entre les sexes dans les labos de
recherche

> Selon des enquêtes sociologiques récentes, les hommes ont une plus grande
capacité à déléguer aux autres – le plus souvent aux femmes – les tâches
administratives et d’organisation pratiques (tâches qui ne sont pas prises
en compte dans l’évaluation des chercheuses et des chercheurs). De plus, les
femmes s’investissent plus dans l’enseignement alors que les responsabilités
administratives et les fonctions d’encadrement de la recherche reviennent
plutôt aux hommes. [Enquête CNRS, dirigée par Catherine Marry, 2005.]


Une université « mandarinale » et discriminante envers les femmes

> Les carrières dépendent en bonne partie des réseaux universitaires
auxquels les femmes seraient moins bien intégrées.

> L’université ne prend pas en compte, dans ses modes d’organisation et de
recrutement, le travail de reproduction et le travail domestique dont la
prise en charge est encore majoritairement effectuée par les femmes. Or, en
2005 par exemple, les femmes ont effectué en moyenne 16 heures de tâches
ménagères par semaine, alors que les hommes, seulement 6
[http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/1529.asp] Cet état de fait n’est
non seulement pas dénoncé, mais pire encore, il est utilisé pour justifier
la discrimination des femmes à l’embauche dans les universités. Ainsi, le 8
janvier 2009, le président de l’AERES Jean-François Dhainaut, donnant une
conférence à l’université Paris-Descartes (site Cochin) sur l’évaluation de
l’enseignement supérieur se permet d’énoncer que le pouvoir est une affaire
masculine et que, par ailleurs, les femmes, en plus de leur métier, doivent
s’occuper de la maison, des enfants. Elles n’ont donc pas de temps à
consacrer à l’AERES
.

> Les concours de recrutement de directeurs de recherche du CNRS par
exemple, privilégient la précocité (au niveau notamment des publications) et
un parcours linéaire. Or les femmes, toujours à cause de la « double journée
 » et des enfants, ont généralement des parcours plus discontinus. [Enquête
CNRS, dirigée par Catherine Marry, 2005.]

Revendications pour l’égalité entre les sexes dans la recherche et l’enseignement supérieur :

1° L’abrogation des reformes sur le statut des enseignant·e·s/chercheur·e·s,
. qui encouragent la répartition hiérarchique des tâches entre les sexes au
sein de l’université puisque les hommes, qui disposent de plus de temps,
pourront se consacrer à la recherche et donc délégueront les charges
d’enseignement aux femmes.
. et qui en dévalorisant l’enseignement, pénalisent professionnellement les
femmes qui le prennent en charge majoritairement.

2° L’égalité femmes/hommes dans les instances décisionnelles, scientifiques,
administratives et d’évaluation à l’université et dans les centres de
recherche. Pour contrôler l’application de ces mesures, des instances
indépendantes seraient mises en place sur les lieux de travail.

3° L’encouragement, au sein de l’université et des centres de recherche, de
la prise en charge collective de la « double journée » des femmes, en
aménageant les plannings de travail, en mettant en place de crèches – pour
les étudiant·e·s et pour toutes les salarié·e·s de l’université – ainsi que
l’ouverture des restaurants universitaires le soir, proposant des plats à
emporter.

4° L’imposition d’une charte d’organisation de travaux de recherche
collectifs au sein des labos pour que les tâches « invisibles », peu
gratifiantes professionnellement, et pourtant nécessaires, soient réparties
de façon égalitaire entre tous les membres.

5° La remise en cause des hiérarchies entre la recherche, l’enseignement et
les tâches administratives en prenant en compte ces trois activités, de
manière égale, dans l’évaluation des enseignant·e·s/chercheur·e·s.

6° Au niveau du doctorat :
. l’abrogation du nouveau contrat doctoral qui encourage les inégalités
entre les doctorant·e·s et donne un pouvoir abusif sur la recherche aux
président·e·s d’université.
. la promotion de l’égalité dans l’accès au doctorat, notamment par la
gratuité des frais d’inscription en thèse.
. l’égalité – entre les hommes et les femmes, et entre les différentes
universités françaises – de traitement pour les différentes bourses
doctorales.

7° L’amélioration du taux d’encadrement des étudiant·e·s par le recrutement
de nouveaux·elles enseignant·e·s chercheurs·euses sur des postes qualifiés
et non précaires.

8° La création de cellules indépendantes contre le harcèlement sexuel dans
toutes les universités et dans les centres de recherches.

9° La création de des postes fléchés « genre » dans l’enseignement et la
recherche universitaires afin de combler le retard dans la prise en
considération des rapports sociaux de sexe/genre dans tous les domaines
scientifiques.

Efigies
Association de jeunes chercheur.e.s en Études Féministes, Genre et
Sexualités
www.efigies.org

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