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Jean Zaganiaris, "Sexes, mensonges et littérature : la place des genres, des sexualités et des transidentités dans la littérature marocaine"

7 mai - 2014 - Université Picardie Jules Verne


Date de mise en ligne : [16-05-2014]



Mots-clés : sexualité | monde arabe | identité


Jean Zaganiaris, enseignant chercheur CERAM/EGE, a soutenu son HDR en sociologie intitulée "Sexes, mensonges et littérature : la place des genres, des sexualités et des transidentités dans la littérature marocaine" le 7 mai 2014 à l’Université Picardie Jules Verne

Jury :

Philippe Corcuff, IEP Lyon
Jocelyne Dakhlia, EHESS (rapportrice)
Virginie De Luca Barrusse, Université Picardie Jules Verne
Frédéric Lebaron, Université Saint-Quentin en Yvelines (encadrant)
Yves Raibaud, Université Bordeaux 3 (rapporteur)
Marielle Toulze, Université Jean Monnet (rapportrice)

Résumé :

De quelle façon les écrivaines et les écrivains marocains parlent publiquement de la sexualité ? Dans un pays défini bien souvent par son islamité, censée être symbiotiquement lié à tout un ensemble de censures et de tabous sur le sexe, j’ai voulu comprendre les raisons pour lesquelles la sexualité était aussi présente et aussi explicite dans les productions littéraires. Pourquoi y-a-t-il autant de discours, écrits et oraux, évoquant publiquement la sexualité dans des pays où elle est censée être taboue et censurée en vertu d’un certain traditionalisme religieux ? Quelle est la nature de ces discours ? Comment parlent-ils de la sexualité dans les espaces publics marocains ? Lors des investigations empiriques, je n’ai pas voulu considérer ces productions littéraires comme une entreprise néo-coloniale ou orientaliste, véhiculant des stéréotypes ou des clichés, mais de prendre en compte des discours que les acteurs tiennent eux-mêmes sur leurs propres pratiques, notamment lorsqu’ils parlent publiquement de la sexualité. Les entretiens et les observations des présentations publiques de ces auteurs, que ce soit à la Bibliothèque Nationale du Maroc, dans les Instituts français, aux cafés littéraires du Piétri ou bien dans les librairies du Maroc, montrent que que la thèse différencialiste opposant un « monde occidental » où la sexualité serait sans tabou, libéralisée, permissive, et un « monde islamique », où le sexe serait tabou, censuré, pudique, prête le flanc à la critique. Il y a une sexualité qui est présente dans les espaces publics marocains, que ce soit au niveau des productions écrites mais aussi des discours oraux exprimés lors des rencontres littéraires, où les auteurs lisent certains extraits de leurs livres et répondent aux questions des publics. Ces productions littéraires s’inscrivent soit dans un souci d’esthétiser la sensualité et l’érotisme (en se distinguant explicitement des logiques militantes), soit de décrire dans les détails la dimension « crue » de la sexualité (position bien souvent masculine mais pas uniquement), soit de dénoncer publiquement des phénomènes intolérables tels que le viol, la pédophilie ou bien la séduction sans scrupule d’hommes qui quittent leur compagne après avoir notamment couché avec elles. Les discours littéraires peuvent produire un certain nombre d’hétérotopies, c’est-à-dire des lieux concrets dans lesquels se réalisent les utopies, où les rapports de domination homme/femme sont inversés. C’est tout particulièrement vrai au niveau de l’infidélité féminine érigée en machine de guerre contre le patriarcat ou du refus de livrer son corps à un homme excité que les femmes laissent en proie à la frustration. L’un des points importants qui ressort de notre recherche est la présence effective dans les discours oraux et écrits des écrivain.e.s des désirs gays et lesbiens ainsi que des corps transidentaires. Renvoyant dos-à-dos les postures néo-coloniales et les postures culturalistes, notre objectif a été de comprendre la place effective que les représentations de la sexualités, ou plutôt des sexualités, occupent au sein de la société marocaine.

Présentation de la HDR sur la revue en ligne TXY :

http://www.txy.fr/blog/2014/05/15/jean-zaganiaris-de-la-contre-revolution-a-la-queer-theory-de-joseph-de-maistre-a-judith-butler/

Contact :

zaganiaris@yahoo.fr

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