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Laura Fuentes Belgrave, L’autonomie reproductive au Costa Rica et au Nicaragua : un talon d’Achille dans le processus de laïcisation

30 novembre 2012 - EHESS


Date de mise en ligne : [05-11-2012]



Mots-clés : Amérique latine


Laura Fuentes Belgrave a soutenu sa thèse intitulée "L’autonomie reproductive au Costa Rica et au Nicaragua : un talon d’Achille dans le processus de laïcisation" sous la direction de Nathalie Luca, le 30 novembre à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)

Jury :

Patricia Birman, professeure à l’Universidade do Estado do Rio de Janeiro, rapporteuse.
Séverine Mathieu, PRAG HDR à l’École pratique des hautes études, rapporteuse.
Jean Baubérot, directeur d’études émérite à l’École pratique des hautes études.
Nicoletta Diasio, professeure à l’Université de Strasbourg.
Danièle Hervieu-Léger, directrice d’études à l’EHESS.
Nathalie Luca, directrice de recherche au CNRS.

Résumé :

Comment expliquer le maintien des restrictions à l’autonomie reproductive des femmes qui prévaut au Costa Rica et au Nicaragua ? Pour répondre à cette question qui demeure plus que jamais d’actualité, cette thèse interroge les conséquences de l’influence de l’Église catholique sur l’établissement des frontières symboliques à l’intérieur desquelles se sont construits les États-nations costariciens et nicaraguayens. Le maintien, jusqu’à aujourd’hui, de l’affinité élective entre les autorités politiques et religieuses a nui aux tentatives de laïcisation de ces pays : à chaque seuil de laïcisation franchi a succédé un seuil de confessionnalisation qui a pris très largement pour enjeu les droits des femmes. Si ces droits sont finalement passés du contrôle religieux au contrôle étatique, le processus de sécularisation reste inachevé, empêchant l’avènement d’un statut de la femme reconnue dans sa liberté à disposer d’elle-même. Les États s’emparent de la morale chrétienne pour confisquer son corps, même si le Nicaragua est devenu laïc tandis que le Costa Rica demeure confessionnel.
Cette situation de non-droit est renforcée par l’apparition et le développement rapide des Églises évangéliques qui viennent soutenir l’Église catholique sur le terrain politique grâce à la participation électorale des partis pentecôtistes. Ces communautés religieuses par ailleurs concurrentes trouvent un terrain d’entente autour de la défense du « droit à la vie du non-né » et face à l’émergence des droits sexuels et reproductifs. Elles s’allient pour lutter contre l’accès à l’avortement thérapeutique, à la pilule du lendemain et à la fertilisation in vitro. Cette alliance porte ses fruits : l’avortement thérapeutique est interdit au Nicaragua tandis que la pilule du lendemain et la fertilisation in vitro sont condamnées au Costa Rica.
Le populisme, la juridicisation du politique et la resacralisation de « l’ordre naturel » dans les lois, transforment le non-né en sujet de droit, au détriment des droits acquis par les femmes. La laïcité est considérée comme une valeur minoritaire. Elle menace l’identité de la communauté de citoyens et remet en question le ciment chrétien des imaginaires nationaux.

Mots-clés :

Amérique Latine, Costa Rica, Nicaragua, laïcité, État, Église catholique, Églises évangéliques, droits reproductifs, législation.

Contact :

laura.fuentes-belgrave@ehess.fr

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