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Appel à contributions

« On ne naît pas... on le devient » Les Gender Studies et le cas italien, des années 70 à aujourd’hui. Entre libération sexuelle et nouveaux tabous

Avant le 15 juin


Date de mise en ligne : [02-04-2010]




8ème colloque international sur la culture et la société italienne des 40 dernières années, organisé par le GERCI (Groupe d’études et de recherches sur la culture italienne) Université Stendhal-Grenoble 3, les 25-26 novembre 2010.

Présentation :

Nés aux Etats-Unis dans les années 70 mais avec des racines européennes (notamment françaises), les Gender Studies ou « études sur le genre » se concentrent sur la notion de genre sexuel et ses caractéristiques biologiques et sociales. Avec des champs d’intérêts extrêmement vastes et polyvalents, les Gender Studies se sont progressivement étendus à tous les domaines des sciences humaines en conservant une de leurs caractéristiques fondamentales : l’interdisciplinarité. Malgré leur origine philosophique, critique, littéraire, les Gender Studies, dont les principales problématiques sont liées au statut de l’individu dans la société en ce qui concerne les sphères de la corporalité et de la sexualité, sont intimement liés aux évolutions politiques et culturelles du monde moderne.
Si le principal sujet de notre colloque réside dans la représentation des genres et leur mutation au sein de la langue, de la littérature, du cinéma, du théâtre, de la performance, des formes de communication de masse italiennes durant ces dernières décennies, les questions historiques et sociales occuperont elles aussi une place de premier ordre.

En Italie, les Gender Studies représentent aujourd’hui une réalité significative à la fois sur le plan de la recherche scientifique que sur la formation universitaire. Les masters et doctorats liés à l’étude des genres dans une perspective multiculturelle et plurilinguistique sont de plus en plus nombreux. Cependant, on constate que ces études concernent rarement la production artistique et littéraire italienne et que l’italianisme est encore frileux face aux questions liées à l’identité sexuelle. Ainsi, l’idée de ce colloque naît de cette double constatation : d’une part les études sur les genres se multiplient en Italie, d’autre part le cas spécifiquement italien est rarement analysé.

Sur le plan théorique, nous essayerons de montrer comment la réflexion sur le genre s’est, en Italie, d’abord développée au sein des mouvements féministes pour ensuite déboucher sur une véritable approche gender. Nous pensons par exemple aux productions d’auteurs militants (d’Adriana Cavarero, de Luisa Muraro, de Carla Lonzi jusqu’ à cette nouvelle phase inaugurée par le volume Pro-posizioni -1997) qui montrent que l’Italie n’a pas été totalement imperméable aux théories développées aux États-Unis (notamment dans les textes de Judith Butler, Teresa De Lauretis, Robin Lakoff et Barbara Spackman en ce qui concerne l’italianisme) et en France (citons par exemple les textes d’Hélène Cixous, Monique Wittig, Beatriz Preciado) ; ou encore riches débats présents dans les nouvelles revues italiennes Omosapiens o Fikafutura.

Sur le plan littéraire, nous nous intéresserons en particulier aux écrivains “précurseurs” qui, au début des années 70, commencent à s’interroger sur la possibilité d’une identité sexuelle qui ne pourrait plus être considérée qu’à travers la seule dichotomie homme-femme. Nous pensons bien sûr à Pasolini mais aussi à
Morante, Arbasino, Tondelli. Notre attention portera aussi sur la génération successive d’écrivains (citons par exemple Barbara Alberti, Aldo Nove, Edoardo Albinati, Aldo Busi, Walter Siti) de plus en plus attentifs à ce genre de questions, ainsi qu’aux recueils thématiques tels Gay everyday, La manutenzione della carne, Man on man, Meduse cyborg.

En ce qui concerne le cinéma, notre réflexion, qui pourra s’appuyer sur des auteurs célèbres comme Visconti ou Pasolini tâchera de s’étendre à des cinéastes moins étudiés (Liliana Cavani, Alessandro Benvenuti, Claudio Cupellini, Davide Ferrario, Marco Risi, Aurelio Grimaldi, Ferzan Ozpetek, Stefano Tummolin, Carmine Amoroso...) mais dont les oeuvres proposent un regard nouveau sur la question. Nous espérons que la valeur sémiotique du genre dans des langages comme celui de la mode ou de la publicité sera aussi prise en considération (par exemple les campagnes publicitaires de Dolce et Gabbana, Benetton).

Une autre question autour de laquelle s’articulera notre colloque sera celle de la langue : comment celle-ci s’interroge-t-elle sur le genre et l’identité sexuelle ? Contrairement à la France où le rapport entre langue et identité de genre suscite un intérêt constant (nous pensons aux textes de Marina Yaguello, Patricia Niedzwiecki, Anne-Marie Houdebine-Gravaud ou encore au recueil d’articles Parlers masculins, parlers féminins ?) il nous semble qu’il reste encore de nombreuses pistes à explorer dans le domaine de la réflexion linguistique italienne, malgré les contributions d’Alma Sabatini puis de Gianna Marcato, Chiara Cirillo, Anna Laura et Giulio Lepschy et Helena Sanson.

Notre colloque sera donc un moment de réflexion, de rencontres, d’échanges entre spécialistes de différentes disciplines autour du rapport entre identité sexuelle, genre et rôle dans une Italie qui a connu, durant ces 40 dernières années, de profondes mutations sociales et culturelles mais qui semble désormais prête à se confronter avec d’autres réalités culturelles où la réflexion sur le genre a une histoire plus longue et solide.

La thématique générale de ce colloque s’inscrit à part entière dans l’axe de recherche de l’université Stendhal Nouvel humanisme, auquel le GERCI participe activement, car nous nous intéresserons aussi à la dimension politique et sociale du débat sur le genre en Italie, au développement de mouvement féministe, aux luttes pour l’égalité des droits et des chances jusqu’aux débats plus récents autour du Pacs et des droits des homosexuels. Car il existe un véritable hiatus entre la représentation ou la mise en scène de ces problématiques et la question législative.

Ce colloque est donc ouvert, comme du reste cela a toujours été le cas lors de nos rencontres internationales annuelles autour de la littérature italienne, aux critiques, théoriciens, chercheurs, enseignants, artistes, historiens, sociologues... dont les travaux s’insèrent de manière cohérente avec ce projet pluridisciplinaire.

Les communications pourront être en français, italien, anglais. La publication des actes, dans la revue Cahiers d’Études italiennes. Novecento... e dintorni, sera soumise à un comité de lecture.

Les propositions de communication (une page) en format .doc, .rft ou .pdf, accompagnées d’un bref curriculum vitae de l’auteur (une page maximum), devront être envoyées impérativement avant le 15 JUIN 2010 aux adresses suivantes :

filippo.fonio@u-grenoble3.fr lisa.elghaoui@u-grenoble3.fr

http://w3.u-grenoble3.fr/gerci/spip/spip.php?article80

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