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Crise des révolutions arabes, genre et démocratisation

EHESS


Date de mise en ligne : [17-09-2013]



Mots-clés : monde arabe | politique


Séminaire organisé par Nacira Guénif et Farhad Khosrokhavar

Mercredi de 15 h à 19 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 6 novembre 2013 au 26 février 2014

Présentation :

Le séminaire sur les révolutions arabes aura un double volet : l’analyse sociologique de ces révolutions d’un côté ; l’analyse sociologique du regard occidental sur ces révolutions, de l’autre.

Dans la première partie, on traitera des dimensions suivantes :
- la crise liée à la réémergence de la violence dans l’espace public, en contradiction avec l’adage fondamental de ces révolutions fondées sur la paix (salmiyah). Cette crise se laisse entrevoir dans la rue (Tunisie, Égypte), mais aussi, dans la manière dont de nouveaux acteurs se réclamant du religieux (les Salafistes) viennent faire compétition avec les Frères Musulmans (Égypte) et Ennahda (Tunisie).

- La réintroduction des relations géo-politiques et stratégiques qui restructurent un certain nombre de conflits comme en Syrie, mais aussi au Yemen, à Bahrein… les nouvelles formes de sectarisme reviennent dans l’espace social, restructurées par la crise de l’État, les nouveaux mouvements sociaux et la crise du politique… Ceci remet en partie en cause la nouvelle conception de la citoyenneté défendue par les révolutions arabes.

Mon livre en anglais The New Arab Revolutions that Shook the World vient de paraître aux EU (Paradigm publishers, 300 pages) où je tente de mettre en valeur ces nouvelles dimensions, notamment dans une perspective historique, servira, entre autres, de repère, ainsi que certains nouveaux articles.

Le second volet concerne le regard occidental à ce sujet. En 2011, les pays occidentaux ont été comme frappés de tonnerre par les évènements, puis révoltes, puis révolution qui se passaient de l’autre côté de la Méditerranée, en Tunisie d’abord, puis très vite en Égypte aussi. Le monde euro-atlantique ne cesse depuis de se poser des questions sur le contenu de ces révolutions. Ces critères occidentaux ont été construits pour une bonne part dans un contexte de colonisation et/ou de domination économique, pré- ou post-coloniale. Les interrogations portent sur les droits humains universels, mais dans une conception plutôt ethnocentrique – ici occidentalocentrique – de l’universel. De même, les interrogations sur l’égalité hommes-femmes, menées dans une perspective dite universaliste, incorporent de nouvelles définitions des pré-requis de cette égalité – la laïcité étant de plus en plus définie comme suspicieuse vis-à-vis du religieux qui récusent d’entrée de jeu la possibilité même de la prise en compte d’éléments provenant des cultures à l’œuvre dans ces soulèvements.

Il s’ensuit que dans le moment même où les sociétés concernées – Tunisie, Égypte, Syrie, Yémen, etc. – semblent tendre vers des modèles occidentaux, elles soulèvent des espoirs de ressemblance dans les pays occidentaux. Mais les révolutions arabes suivant leur voie, et non celle d’un modèle occidental, elles suscitent en Occident autant de frustrations et de déceptions qu’elles ne soulèvent d’espoirs. Les révolutions arabes sont donc autant la fin d’un malentendu entre les deux rives de la Méditerranée que le lieu de production de nouveaux malentendus et de nouvelles ambiguïtés.

http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2013/ue/123/

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