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Hélène Marquié, "Danse et genre : un espace de recherche à déployer"

20 septembre 2014 - Nice


Date de mise en ligne : [17-09-2014]



Mots-clés : arts


Hélène Marquié, MCF Paris 8, soutiendra son Habilitation à Diriger des Recherches intitulé "Danse et genre : un espace de recherche à déployer", samedi 20 septembre 2014, à 9H 30, salle du conseil, Université de Nice Sophia Antipolis, Faculté des Lettres, arts et sciences humaines

Jury :

Anne-Emmanuelle Berger, Professeure en Littérature française et Études de genre, Université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis
Marie-Joseph Bertini, Professeure en Sciences de l’information et de la communication, Université de Nice Sophia Antipolis
Ramsay Burt, Professor of Dance History, De Montfort University, Leicester, U. K., Rapporteur
Roxane Martin, Professeure en Études théâtrales, Université de Lorraine, Rapporteure
Marina Nordera, Professeure en Danse, Université de Nice Sophia Antipolis, Directrice
Geneviève Sellier, Professeure en Études cinématographiques, Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3, Rapporteure

Résumé :

Danse et genre : épistémologie d’un espace de recherche constitue le mémoire de synthèse. Il vise à tracer les contours d’un champ de recherche articulant études de genre et études en danse. L’objectif est de dégager un certain nombre d’éléments spécifiant cet espace encore peu développé en France, de poser des bases, ou du moins des jalons, afin de le baliser, de faire une généalogie des démarches et des études ayant abouti à sa constitution, de dégager quelques axes à développer, enfin de questionner les fondements et le sens de la catégorisation/essentialisation féminine de la danse, comme art comme et pratique. Au-delà de ces objectifs, il y a l’enjeu de démontrer l’importance scientifique de ce croisement de perspectives et de sortir d’une méconnaissance réciproque.

Le mémoire comporte quatre chapitres.

Le premier présente le concept de genre et la position théorique adoptée, quelques aspects spécifiques des études en danse, avant de tenter de cerner un champ méthodologique basé sur une pratique de l’inter et de la trans -disciplinarité, justifiée par la double complexité des objets et des problématiques posées, mais résultant aussi d’un choix et d’une expérience personnelle de la recherche.
Le deuxième chapitre présente plusieurs points de vue pour développer les liens entre danse et genre. Le premier a trait à la façon dont le genre travaille les matières de la danse et dont, réciproquement, ces matières travaillent le genre, que ce soit pour participer à sa stabilité et à sa légitimité ou, à l’inverse, en perturbant ses processus et en s’y opposant. Sous un angle davantage sociologique, une deuxième perspective présente quelques effets du genre dans le secteur chorégraphique en France, à l’heure actuelle. Enfin, découlant de ce qui précède, le chapitre s’achève par une présentation des croisements possibles, souhaitables, entre recherches en danse et recherches en genre.
Le troisième chapitre permet d’esquisser une généalogie de l’espace constitué, en s’intéressant à la façon dont les questions féministes et de genre ont pénétré le champ des pratiques et celui des recherches en danse, et réciproquement, à la façon dont la danse a – ou n’a pas – investi le champ des pratiques comme des recherches féministes. Une telle étude ne peut manquer de s’intéresser aux différences culturelles entre la France et les pays anglo-saxons.
Enfin, un quatrième chapitre est consacré à une question primordiale et préalable à toute autre recherche, celle de la représentation symbolique de la danse comme féminine, représentation qui biaise une grande partie des approches et pèse lourdement, tant sur le secteur chorégraphique ou les pratiques sociales que sur la recherche. Il s’agit de s’interroger sur les fondements et le sens de cette catégorisation, analysée comme paradigmatique des mécanismes de catégorisation de genre, induite par des processus de hiérarchisation, d’exclusion et de constitution d’une altérité à la référence masculine.

Histoire et esthétique de la danse de ballet au XIXe siècle - Quelques aspects au prisme du genre, féminisation du ballet et stigmatisation des danseurs est un essai sur la danse de ballet au XIXe siècle, à partir d’une problématique initiale concernant la fixation de la féminisation symbolique et professionnelle de la danse de ballet. Quatre chapitres et un divertissement le composent.
Le premier chapitre porte sur la question des sources et des spécificités des matériaux dont disposent les chercheuses et chercheurs en danse, sur les récits historiques qui souvent, loin de pouvoir constituer la base de recherches actuelles, se révèlent être des pièges, confondant représentations et faits historiques.
Le deuxième rassemble des éléments nécessaires à la compréhension de l’émergence et des évolutions du ballet romantique, son cadre institutionnel et ses publics, les principales œuvres qui font repères, son inscription dans une chronologie.
Le troisième chapitre interroge les spécificités du ballet-pantomime romantique, pour comprendre son inscription dans l’histoire de la danse. Il aborde les enjeux esthétiques auxquels la danse a été confrontée au XIXe siècle, la façon dont elle a évolué dans un réseau de redéfinitions des arts et des artistes, pour tendre vers une autonomie à la fois artistique et comme champ social. Les nouvelles valeurs et redéfinitions interviennent à des niveaux différents dans les problématiques de genre, et plus particulièrement dans la féminisation du ballet et la stigmatisation des danseurs.
Le quatrième traite la question initiale et centrale, concernant les dynamiques et modalités avec lesquelles le contexte de la révolution de Juillet a provoqué, en quelques années, un changement profond dans les représentations sociales de la danse de ballet, essentialisée en art féminin où un homme n’était plus légitime.
Pour clore ces recherches, j’ai ajouté en guise de « divertissement » une analyse du ballet La Révolte au sérail ou La Révolte des femmes, de 1833, seul ballet romantique à faire référence à des évènements politiques de son temps et à mettre en scène des revendications féministes.

La troisième étude, Représentations du genre dans la danse contemporaine au tournant du XXIe siècle (1995-2005 et 2005-2012), traite de la façon dont une partie de la danse contemporaine, en France, a investi les questions de genre et de sexualité depuis une vingtaine d’années. Les trois premiers chapitres concernent une période qui va de 1995 à 2005 et correspond à l’émergence et au développement des thématiques « genre(s) et sexualité(s) », concomitants de ceux de nouvelles formes chorégraphiques.
Après avoir présenté le milieu et la production très spécifique d’une danse contemporaine d’avant-garde qui s’est explicitement emparée de certaines théories sur le genre, l’étude analyse la façon dont la thématique « genre(s) et sexualité(s) » s’est légitimée en se posant en rupture avec la danse des années 1980, jugée trop androgyne. Elle interroge les conceptions du genre mises en œuvre dans les productions spectaculaires et discursives, et les liens au(x) féminisme(s). Pour terminer, elle aborde les représentations, non pas du genre, mais des genres – « féminin » et « masculin » – qui lui sont substitués, conjuguant affirmations identitaires et rejet des identités.
Le quatrième et dernier chapitre de cette étude, écrit en 2012 et 2013, permet d’ouvrir de nouvelles perspectives en déplaçant légèrement la problématique, pour considérer la façon dont le genre/gender est devenu un genre chorégraphique à part entière, en prenant en compte la production plus récente sur le sujet, et en examinant la réitération des mêmes schémas spectaculaires à l’aide du concept de rituel, afin d’en saisir le sens et l’efficacité.

Contact :

h.marquie@free.fr

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