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Sexologie et théories savantes du sexe

Revue d’histoire des Sciences humaines, n°17


Date de mise en ligne : [05-02-2008]




"Sexologie et théories savantes du sexe"

n°17 de la Revue d’histoire des Sciences humaines, 212 pages, 21 euros.

Présentation :

"En plein « ventre » du XIXe siècle, au sortir des séismes de la Révolution et de l’Empire, Paris fume et tressaille comme un volcan tout neuf, toutes classes sociales mêlées cul par dessus tête. De ses abîmes entrouverts grimpent en se faisant la courte échelle le crime et les élites nouvelles.

Judith Lyon-Caen pose en quelques pages l’essentiel de ce paysage. Avant même d’exister, la sociologie se fait sur le tas, dans la presse et dans le roman, sous le terme valorisant de « physiologie sociale ».

C’est dans le roman populaire que la société française déchiffre ce qu’elle devient, et les acteurs eux mêmes y lisent parfois la signification de leur destin. Au centre de la boue fascinante des bas-fonds, fiévreusement observée pour y découvrir enfin l’obscénité radicale de ce temps, gît le diamant noir de la pédérastie, et une myriade de langues, l’argot. La voix sordide et rigolarde des policiers et des indics la commente sur le tas. Ces messieurs flairent la chose, la théorisent à leur manière, et se font souvent quelques revenus supplémentaires en publiant des fascicules de « conseils aux honnêtes gens ».

Ainsi, le premier discours collectif sur l’homosexualité fait émerger une pédérastie de caniveau, toutes classes sociales confondues dans une commune déviance et déchéance, tellement innommable qu’on ne saura longtemps la désigner que par la langue du crime et de la basse police. Laure Murat montre de façon passionnante la formation de cette « protosexologie de commissariat et de romans ». Tout l’article serait à citer, car l’inventivité gourmande de ces messieurs de la police est inépuisable.

Judith Lyon-Caen présente également l’autre pilier de la littérature populaire et sociale de cette période, la demi douzaine d’enquêtes spectaculaires qui ont alimenté en même temps que les rapports de police la « physiologie sociale » des romans. Enquête de Parent-Duchatelet sur la prostitution, en 1836, enquête de Villermé sur la condition ouvrière en 1840, enquête de Frégier sur les classes dangereuses en 1840. La misère, la richesse, le vice, le crime, le sommet et les abîmes… que peut demander de plus un écrivain ?

Enfin, l’article de Régis Revenin, consacré aux théories savantes de l’homosexualité jusqu’à la Première Guerre mondiale, confirme à la fois l’assimilation de l’homosexualité à de multiples et obscures pathologies, ainsi que la demande constante des littérateurs pour de plus amples explications dans ce domaine, avec un aboutissement particulièrement sombre et tourmenté dans la Recherche du temps perdu. Ici, ce n’est pas le livre qui est « travaillé » par une sexologie balbutiante et culpabilisante, c’est l’écrivain lui même, sa vie et sa douleur d’exister tel qu’il est."

Véronique Bedin, responsable des Editions Sciences Humaines

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