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Journée d’études

Femmes, irréligion et dissidences religieuses au début de l’époque moderne

5 avril, Paris


Date de mise en ligne : [18-03-2008]




Samedi 5 avril 2008

9h – 19h

Université Paris III - Sorbonne Nouvelle

Salle de l’École Doctorale

17, rue de la Sorbonne, Paris (5e)

Escalier C, 2° étage

Journée d’études proposée dans le cadre de l’EA 174 « Formes et idées de la Renaissance aux Lumières » (Paris III), du GRIHL (EHESS/ Paris III) et de l’axe de recherche « Histoire du Genre » du Centre de Recherches Historiques (EHESS/CNRS) avec le soutien du PPF Programme Pluri Formation « Genre, société et sciences sociales ».

Organisation scientifique : Jean-Pierre Cavaillé, Sophie Houdard, Alain Mothu, Xenia von Tippelskirch

Présentation :

Il s’agira d’abord d’envisager, à l’occasion de cette journée d’étude, une question qui, à notre connaissance, ne l’a jamais été par la communauté des historiens : comment et en quoi les relations de genre sont-elles impliquées dans le développement de pratiques, comportements et discours identifiés comme relevant de l’irréligion au début de l’époque moderne ? En effet l’histoire du libertinage, écrite à ce jour, comme ensemble de pratiques intellectuelles et comportementales transgressives à l’égard des religions instituées, est une histoire où la question des genres n’apparaît pas, ou plutôt elle est une histoire « genrée » où il n’est quasiment question que d’hommes, de « libertins » ; de très rares femmes y paraissant, généralement en qualité de « courtisanes », rattachées à l’impiété, dans tous les cas ou presque, par le biais de leurs fréquentations masculines. Or la documentation existante montre que l’identification d’une culture et de pratiques irréligieuses, à l’époque, met systématiquement en jeu les relations sociales des sexes, de multiples façons ; à commencer, de manière négative, par l’exclusion des femmes du cénacle des « esprits forts » ; mais aussi et contradictoirement, en désignant dans certains comportements féminins, y compris prétendument religieux, un ferment puissant d’irréligion et d’athéisme. En effet, l’un des acquis de nos discussions au cours du séminaire de l’EHESS consacré à l’Histoire de l’irréligion à l’époque moderne, a consisté à mettre en évidence l’assignation systématique, dans les énoncés et les représentations des contemporains, de pratiques et revendications religieuses dissidentes, aussi bien dans le monde protestant que dans les pays catholiques, comme relevant, tant du point de vue des idées que des actes, de l’irréligion, du libertinage et de l’athéisme. Il nous a paru que ces assignations ne pouvaient être considérées comme de pures accusations inconsistantes, comme de simples discours de réaffirmation des orthodoxies et de légitimation du recours à la répression (ce qu’il sont, bien sûr), mais qu’elles devaient être confrontées aux discours de rupture et aux revendications spirituelles, intellectuelles et morales des groupes et des individus mis en cause. Or, dès lors que l’on cherche à travailler sur l’irréligion, la mécréance et le libertinage, non en tant que réalités existantes selon les modalités de leur dénonciation, mais comme le produit de relations sociales conflictuelles, la question des relations de genre s’impose d’elle-même et intervient à tous les niveaux d’analyse. On peut même avancer qu’en un temps ou contrairement à ce qu’une historiographie a tenté de montrer, la distinction entre une pure dissidence intellectuelle et la transgression des règles morales n’existe pas, et où donc l’irréligion est inséparable de ses traductions en terme de comportements et de conduites, elle est elle-même, en elle-même travaillée par les relations de genre, en tant qu’une attitude ou un discours identifié comme irréligieux est toujours susceptible de mettre en jeu des relations de genres transgressifs pour l’ordre et la stabilité de la société chrétienne. L’homosexualité, le travestissement, l’inceste, l’adultère perturbent les frontières socialement stabilisées du masculin et du féminin : le désenclavement du sexe (féminin) quand il déplace (de fait ou en discours) ces frontières constitue un objet d’étude trop souvent marginalisé par ceux qui travaillent les formes de la dissidence et des pratiques religieuses. Les études de cas présentées lors de cette journée éclaireront des comportements et des discours qui élaborent, dans la reprise (conflictuelle ou non) de catégories disponibles dans le cadre de la masculinité et de la féminité (sexualité, sphères d’activité, langage), des modes d’expression de l’irréligion attentifs à la construction, fût-elle métaphorique, des identités, des pratiques et des idées en termes, par exemple, de genre marqué (qu’est-ce qu’une idée efféminée ? une secte de femmelettes ? etc. ). Telle est la perspective de recherche que nous voudrions chercher à dégager dans le cadre de cette rencontre internationale.

Programme :

9h :

> Jean-Pierre CAVAILLÉ (EHESS/ Institut Universitaire Européen, Florence), Ouverture de la journée.

> Sophie HOUDARD (Paris III), « Blasphèmes et irréligion dans l’autobiographie de Jeanne Fery (Histoire admirable des choses advenues à l’endroit d’une religieuse professe du couvent des soeurs noires..., Louvain, 1586) »

> Marion LEMAIGNAN (EHESS), « Mathurine et sa folie, ou la question d’un tiers-espace de l’hétérodoxie ».

10h30 : Discussion

11h00-11h30 : Pause

> Dinah RIBARD (EHESS), « Religieuses philosophes, religieuses défroquées, ermites et vagabondes : appartenances et dissidence au XVIIe siècle »

> Alain CANTILLON (Paris III), « À Port-Royal vers 1660 : des filles et des mères insoumises, modèles pour chrétiens des deux sexes »

> Antoinette GIMARET (Paris III), « Louise du néant, une sainteté problématique »

12h30 : Discussion

13h00-14h30 : Pause déjeuner

> Anne DUNAN-PAGE (Université Paul Valéry, Montpellier III), « ‘La perversité de leur langue’ : les dissidentes baptistes à travers les livres d’Église anglais et gallois, 1643-1689 »

> Mirjam DE BAAR (Rijksuniversiteit Groningen), « Conflicting discourses on female dissent in the early modern period : the case of Antoinette Bourignon »

> Xenia VON TIPPELSKIRCH (EHESS/ Ruhruniversität, Bochum), « ‘Elle avoit même gagné des personnes de considération...’ : les femmes et les hérésiologues »

> Adelisa MALENA (Istituto Nazionale di Studi sul Rinascimento, Florence), « ‘Sectirische und begeisterte Weibes-Personen’. On the Gynaeceum Haeretico Fanaticum by J. H. Feustking (1704) »

16h : Discussion

16h30-17h00 : Pause

> Marie-Pierre LEGRAND (Paris IV), « La religion de Mme Riccoboni d’après sa correspondance »

> Laurence VANOFLEN (Paris X - Nanterre, CLSF), « Isabelle de Charrière et l’incrédulité. De la correspondance aux fictions (1764-1805) »

> Alain MOTHU (Paris IV) et Alain SANDRIER (Paris X), « Les athées du XVIIIe siècle et les femmes »

18h00 : Discussion conclusive

Contact : Jean-Pierre.Cavaille@EUI.eu, tippelsk@ehess.fr, sophiehoudard@wanadoo.fr

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