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Appel à contributions

Former les enseignants et enseignantes à l’égalité filles / garçons : l’avenir

Avant le 1er septembre - Toulouse


Date de mise en ligne : [06-07-2010]




Colloque 22-24 novembre 2010 à Toulouse

Présentation :

L’égalité entre les sexes à l’école est une préoccupation relativement ancienne dans les textes officiels (arrêté de 1982 contre les préjugés sexistes, 1ère convention en 1986). Cependant, divers rapports et études, dont ceux en 1997 à Alain Juppé sur les manuels scolaires et de la Halde en 2008 sur les discriminations, montrent la persistance de stéréotypes sexués à l’école. Les nouvelles modalités d’accès à la profession enseignante, en vigueur dès 2010, permettront-elles l’intégration effective de la problématique du genre dans le système éducatif français ?

Le colloque organisé à Toulouse du 22 au 24 novembre 2010 par l’IUFM Midi-Pyrénées et l’équipe Genre et Éducation vise à faire le point sur les expérimentations et recherches actuelles sur la formation des enseignantes et des enseignants à l’égalité entre les sexes et à saisir l’opportunité de la réforme en cours pour formuler des propositions de formation. A cette fin, six thèmes seront privilégiés : ils passent en revue les différentes facettes de l’exercice du métier d’enseignant-e, dans la classe et dans l’établissement.

Genre et enseignement des disciplines

La Convention interministérielle de 2006 pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif préconise d’« Intégrer dans les enseignements dispensés, la thématique de la place des femmes et des hommes dans la société », en particulier de « développer la thématique de l’égalité entre les sexes » et de « valoriser le rôle des femmes dans les enseignements dispensés » (§2.1).

Cette thématique, quand elle est abordée, l’est en général dans les heures de vie de classe, à propos d’orientation ou d’éducation à la citoyenneté. Dans les manuels, elle consiste souvent en l’ajout d’un paragraphe consacré aux femmes, sans rien changer au reste. Ce qui nous intéresse ici, ce sont les tentatives pour introduire la thématique dans l’enseignement même de la discipline. Quelles modifications sont-elles induites ? Comment par exemple intégrer les travaux de Michèle Perrot à l’enseignement de l’histoire ? Ou ceux de Nathalie Heinich sur le roman à l’enseignement du français ? Comment introduire la thématique en mathématiques, en sciences physiques, en géographie, en arts plastiques, en langues étrangères, etc.?

Les communications pourront traiter d’exemples pratiques en classe, de construction de séquences pédagogiques, des programmes, des supports pédagogiques. Elles concernent toutes les disciplines enseignées et tous les niveaux d’enseignement, du primaire au supérieur.

Genre et orientation

Filles et garçons ont des trajectoires scolaires différenciées auxquelles succèdent des parcours professionnels différents. La convention interministérielle de 2006 préconise de « permettre aux filles et aux garçons de sortir de tout déterminisme sexué de l’orientation, pour laquelle les aspirations et les compétences doivent prévaloir ». Différentes personnes s’occupent, à des degrés divers, d’orientation au sein des établissements scolaires : conseillères-psychologues et conseillers-psychologues d’orientation, CPE, professeurs principaux et professeures principales. Comment ces personnes intègrent-elles la dimension du genre dans la mission qui leur est confiée ? Comment travaillent-elles sur les rôles de sexe dans l’orientation ? Travaillent-elles ensemble ? Quelle coordination observe-t-on ?

Des séances inscrites dans l’emploi du temps des élèves sont consacrées à l’orientation. Comment y intégrer la dimension du genre ? Qui s’en charge ? Quels contenus, quelles pratiques, quels outils pédagogiques favorisent la sortie du déterminisme sexué de l’orientation ?

Non-mixité et égalité, notamment dans les filières professionnelles

L’une des caractéristiques de l’enseignement professionnel est la non-mixité d’un grand nombre de filières (75% de filles parmi les jeunes issus des filières tertiaires aux niveaux CAP, BEP, Bac, BTS ou DUT ; plus de 80% de garçons parmi les jeunes sortis de formation industrielle de même niveau). Cette non-mixité contribue-t-elle à reproduire les inégalités de genre ? Y a-t-il renforcement des stéréotypes de sexe ou existe-t-il une gestion de ces classes émancipatrice par rapport aux normes de genre ?

Que deviennent garçons et filles dans une orientation atypique à leur sexe ? Quel est le bilan de leur insertion professionnelle (parcours, conditions d’emploi, salaires) ? Y a-t-il persistance ou atténuation des inégalités de genre ? Qu’est-ce qui anime ces jeunes, relativement rares, à sortir des schémas traditionnels ?

Genre et technologies de l’information et de la communication (TIC)

Les établissements scolaires sont de plus en plus souvent équipés en nouvelles technologies, lesquelles sont de plus en plus utilisées en cours avec les élèves. Un C2i2e (la certification qui permet en France de valider l’utilisation professionnelle des outils informatiques et réseaux pour l’éducation) se met en place pour tous les élèves. Par ailleurs, filles et garçons n’ont pas le même usage de l’ordinateur domestique et les filles sont très minoritaires dans les études en informatique et en télécommunication-réseaux (cf. les travaux d’Isabelle Collet).

Filles et garçons ont-ils le même usage des TIC en classe ? Si oui, est-ce porteur d’une modification des représentations liées à l’informatique, aux informaticiennes et informaticiens, et donc de l’orientation vers ces filières ? Sinon, ces différences sont-elles porteuses d’inégalités futures ? L’usage des TIC modifie-t-il les interactions « prof/élève » dont on sait qu’elles varient selon le sexe de l’élève ? Quel est le rôle de l’enseignante ou de l’enseignant par rapport aux éventuelles différences sexuées ?

Sont attendues des communications portant sur les usages sexués des TIC en classe et ses conséquences sur la construction des identités de genre et des représentations des métiers, sur la prise en compte de cette problématique par les enseignants et enseignantes sur des projets pédagogiques intégrant cette dimension et leur expérimentation en classe.

Genre et gestion de classe

Former les jeunes enseignantes et enseignants à l’égalité filles garçons peut sembler dérisoire à certains ou certaines face aux problèmes importants qui se posent aujourd’hui à l’école : la violence, l’échec scolaire, l’illettrisme. Pourtant, les violences scolaires sont majoritairement masculines, l’échec scolaire concerne plus les garçons que les filles. L’illettrisme est également du genre masculin. La réflexion sur la question des rapports sociaux de sexe au sein de l’école ne semble donc pas superflue.

Sont attendues des communications portant sur la gestion pédagogique et didactique de la différence des sexes à l’école.

Genre et politiques éducatives

Après le lent détachement de l’emprise des religions sur l’enseignement et l’éducation, avec la montée du processus de démocratisation depuis la fin de la première guerre mondiale, l’école républicaine s’est donné un objectif d’égalité face aux savoirs et à la réussite scolaire. Aux établissements séparés pour filles et garçons, a succédé en 1975 la mixité des établissements, permettant aux élèves de partager les mêmes espaces du savoir et de bénéficier des mêmes dispensateurs de ce savoir institutionnalisé. Cependant, ce système devenu quasi-uniforme reste inéquitable et ne répond plus qu’imparfaitement à ses valeurs fondatrices en tension avec une société qui tend à unifier toutes relations sociales en rapports d’ordre marchand faisant fi de solidarités familiales, fraternelles, citoyennes… Avec l’individualisme grandissant s’ouvrent les jeux de la concurrence, lesquels transforment tout dialogue avec l’autre en violence potentielle. Dans quelle mesure les politiques éducatives récentes visant à lutter contre toutes les formes de discriminations ont-elles porté leurs fruits ? Comment la montée en puissance de groupes communautaires a-t-elle remis en lumière les rapports entre les hommes et les femmes dans l’espace public, la mixité contestée à l’école, les débats sur la laïcité, fondement de l’école républicaine ? Des mouvements dits de coéducation pour lutter contre la violence de genre répondraient-ils en France à l’acquisition du respect mutuel des filles et des garçons ?

Les communications attendues porteront sur la relation d’expériences de classe en Éducation Civique ou ECJS, ou de dispositifs ayant pris en compte le dialogue entre les genres. Elles pourront relater la volonté de parité dans les responsabilités au sein des lycées et collèges, tant dans la communauté éducative que dans celle des élèves, les projets interdisciplinaires de prévention des discriminations avec différenciation des apprentissages par exemple. Mais aussi la réflexion sur la manière de définir et mettre en œuvre les politiques publiques : comment contourner les effets d’annonce, de communication, de primauté des impératifs budgétaires pour respecter la loi constitutionnelle et la faire vivre ? Des expériences d’évaluation de mise en œuvre à l’échelle de la classe, de l’établissement seront bienvenues.

Les communications sont à proposer avant le 1er septembre 2010

Résumé (une quinzaine de lignes) à adresser à :
martine.rey@toulouse.iufm.fr ou jo.costes@free.fr
Date de notification d’acceptation aux auteur-e-s : 30 septembre 2010

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