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Éros militant : le cinéma de Lionel Soukaz

Avant le 16 septembre - Paris


Date de mise en ligne : [16-09-2013]



Mots-clés : cinéma | homosexualité


Colloque est organisé par le Labex Arts-H2H dans le cadre du programme de recherche « Cinéma/vidéo, art et politique en France depuis 1968 : dispositifs, archives, numérique », l’Université Paris 8 (ESTCA), la Bibliothèque nationale de France et les Archives françaises du film du CNC, avec la collaboration scientifique de l’Université Paris 3 (IRCAV) et de l’Université de Marne-la-Vallée (LISAA). La manifestation sera accompagnée d’une exposition à l’Université Paris 8 et d’une série de projections en salles.

Comité d’organisation : Hélène Fleckinger (Université Paris 8), Stéphane Gérard (Labex Arts-H2H / BnF), Yekhan Pinarligil (Université Paris 1), Vivien Sica (Université Paris-Est Marne-la-Vallée).

4-7 décembre 2013
BnF / Université Paris 8 / Les Voûtes 

Présentation :

Le parcours du cinéaste-poète Lionel Soukaz est indissociable de nombreux mouvements radicaux, politiques, intellectuels et artistiques de 1970 à nos jours. Né en 1953, il côtoie au début des années 1970 le Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (FHAR) avant de rencontrer René Schérer et Guy Hocquenghem avec qui il réalise en 1978-79 Race d’Ep, une histoire d’un siècle d’homosexualité, classé X par la Commission de contrôle des films cinématographiques. En réaction contre la censure, Lionel Soukaz tourne l’année suivante Ixe, film de révolte et de « vitalité désespérée ».

Ses premiers films sont marqués par l’expression des désirs homosexuels puis l’épidémie du Sida l’amène, à partir des années 1980, à réorienter son travail : il filme dès lors ce qu’il advient de la « communauté de pédés, de pauvres, de toxicos » décimée par la maladie mais aussi mobilisée par la lutte. En 1991, Lionel Soukaz s’empare de la vidéo, légère et peu coûteuse, et initie son Journal Annales, œuvre monumentale de plus de 2 000 heures dans laquelle il saisit son quotidien, les manifestations publiques comme son intimité.
Au début des années 2000, ses premiers films sont redécouverts grâce à la rétrospective « Jeune, dure et pure ! » organisée par la Cinémathèque française. Il est alors reconnu pour la qualité de ses expérimentations esthétiques et ses films sont présentés comme un emblème du cinéma d’avant-garde de son époque. Tandis que Lionel Soukaz continue, « en artisan », d’explorer les matériaux argentiques et vidéo, des démarches de sauvegarde sont engagées par des institutions patrimoniales : les films qu’il a tournés en 16 mm dans les années 1970 sont restaurés par les Archives françaises du film et la Bibliothèque nationale de France a récemment entrepris la numérisation de son Journal Annales.
Ce colloque, le premier sur cette œuvre, propose de sonder, dans toute leur diversité, les films, les engagements et les pratiques de Lionel Soukaz, en s’intéressant également à ses collaborations et ses diverses activités artistiques.
Les propositions de communication, comprenant un titre, un résumé de 300 mots, une brève notice bio-bibliographique et les coordonnées complètes de l’auteur-e, sont à envoyer avantle 16 septembre 2013, à l’adresse électronique suivante : colloque.soukaz@gmail.com.

Les intervenant-es sont ainsi invité-es à interroger plusieurs pistes de recherche :
- L’inscription de cette œuvre dans l’histoire des cinémas d’avant-garde : ses inspirations et ses singularités (Jean Genet et Pier Paolo Pasolini, mais aussi Chantal Akerman, Kenneth Anger, Pierre Clémenti, Derek Jarman, Jonas Mekas, Isobel Mendelson, Franssou Prenant, Carole Roussopoulos…).
- La représentation des minorités, notamment sexuelles, de leurs luttes et de leurs histoires au présent ; la représentation du désir et des sexualités.
- Les complicités intellectuelles, artistiques et amoureuses (la « constellation » autour de Guy Hocquenghem et René Schérer, Copi, Gilles Châtelet, Michel Cressole, Hélène Hazera, Gabriel Matzneff, mais également les ami/es filmé/es dans le Journal Annales : RV, José Cunéo, Michel Journiac, Élisabeth Lebovici, Geneviève Pastre, Pablo Peréz, Tony Tonnerre, Diego Vecchio...).
- Les pratiques techniques (formats vidéo, argentiques), esthétiques (montage image/son, refilmage, emprunts, piratage, grattage de pellicule...) et la variété des supports artistiques (dessin, écriture, photographie...).
- Les différents engagements politiques et militants (féminisme et droit à l’avortement, luttes des homosexuel-les et des trans’, révolte des prostitué-es et des toxicomanes, combats des sans-papiers, anticapitalisme, mobilisations contre les guerres impérialistes et la répression étatique...).
- Les entreprises de sauvegarde et de valorisation de l’œuvre du cinéaste (numérisation, restauration).
- Les activités de programmation (festivals...) et de diffusion, notamment sur Internet, par et autour de Lionel Soukaz.
- L’autobiographie, l’autoportrait et le Journal Annales...

Infos :

http://erosmilitant.wordpress.com.

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