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Séminaire « Genre, Politique, Sexualité(s). Orient/Occident »

Georges Corm et Azadeh Kian, "A deux voix du Moyen-Orient

19 janvier 2012 - EHESS


Date de mise en ligne : [16-12-2011]




Fondation Maison des Sciences de l’Homme
190 avenue de France 75013 Paris

Institut d’études de l’Islam et des Sociétés du Monde Musulman, IISMM
96 bd Raspail 75006 Paris

CEDREF Centre d’Enseignement, de Documentation et de Recherches pour les Etudes Féministes, Université Paris 7-Denis Diderot, 59 rue Nationale 75013 Paris

jeudi 19 janvier 2012 de 15h à 18h

à l’IISMM/EHESS, 96 boulevard Raspail, 75 006 Paris, salle Lombard
entrée sous la voûte à droite

Bernard Heyberger, directeur d’études à l’EHESS, directeur de l’IISMM, présidera la séance

Résumé de l’intervention de Georges Corm, professeur à l’Université Saint-Joseph, Beyrouth

« L’influence négative de la dichotomie Orient/Occident sur l’évolution des sciences humaines »

Discutant : Maurice Aymard, directeur d’études à l’EHESS

La déconstruction des différentes langues de bois sur l’histoire de l’Occident et sa nature est une entreprise indispensable pour renouveler le champ des sciences humaines. Ce dernier est jusqu’à aujourd’hui contraint par l’idéologie de l’exceptionnalité de l’Occident dans sa version wébérienne. En dehors de travaux imprécateurs contre l’Occident, entité jamais définie par ailleurs, nous ne disposons pas encore des outils nécessaires de critique de cette méga-identité de nature « fabuleuse » et mythologique. C’est pourquoi, les sciences humaines ne se renouvellent pas vraiment, cependant que la littérature sur les études post-coloniales ne fait que perpétuer la dichotomie stérile entre l’Occident et les autres, dichotomie qui continue de mobiliser politiquement, idéologiquement et sur le plan des travaux académiques. Il s’agira donc de tenter une autre lecture de l’histoire de l’Europe et de sa place dans l’évolution de l’histoire du monde, lecture qui permettrait de commencer à décloisonner les sciences humaines et de les mettre au service d’un apaisement des tensions identitaires et des nationalismes « civilisationnels » qui déchirent le monde. Il s’agira aussi d’examiner si l’on peut dé-occidentaliser les sciences humaines et les ouvrir sur une anthropologie humaine éclairée qui pourrait alors se défaire de l’idée de l’exceptionnalité de l’histoire de l’Occident, imaginaire et mythologique.

Résumé de l’intervention d’Azadeh Kian, professeure à l’Université Paris 7 Denis Diderot
« Les féminismes au Moyen-Orient du XIXe siècle à nos jours »

Discutante : Christiane Veauvy, chargée de recherche au CNRS

La participation massive des femmes aux révolutions en cours au Moyen-Orient a subitement changé leur image dans l’opinion publique et les médias occidentaux. La construction statique et essentialiste de ces femmes (parfois voilées), héritée de l’époque coloniale, auxquelles on refusait d’accorder la puissance d’agir (agency) et qui étaient souvent définies comme soumises et victimes du patriarcat, cède la place à celle des faiseuses de révolution.

Mais la participation des femmes aux révolutions anti-coloniales et nationalistes au Moyen-Orient date du début du vingtième siècle : la révolution constitutionnelle de 1906 en Iran et la révolution de 1919 en Egypte en sont des exemples. Cette participation était accompagnée de revendications pour les droits politiques, civiques ou civils des femmes. L’activisme des femmes a pris plusieurs formes : indépendante, associationnelle ou mobilisation dirigée (féminisme d’Etat). A travers l’inclusion contrôlée des femmes et souvent avec leur propre approbation, l’Etat-nation moderne a fait d’elles ‘les mères de la nation’ stabilisant ainsi l’ordre social hiérarchisé et la naturalisation des catégories de genre. Deux approches militantes ont émergé : l’une plus proche du modèle occidental représentée par les femmes issues des classes aisées, l’autre plus proche du discours islamique représentée par les femmes issues des classes moyennes. Mais cette démarcation n’a pas résisté aux changements structurels, idéologiques ou légaux introduits notamment à partir des années 1960. Les mouvements féministes sont aujourd’hui marqués par l’hybridation.

Contact :

Christiane Veauvy, veauvy@msh-paris.fr

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