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Stage de terrain à Dieppe – 29 novembre-6 décembre 2014

Stage de terrain à Dieppe – 29 novembre-6 décembre 2014
Une semaine intensive dans la “ville aux quatre ports”

Depuis la création de la formation “Pratique d’enquête”, destinée à initier les étudiants en troisième année de sociologie de l’Université Paris 8 à la recherche sur et par le terrain, c’est la seconde fois que nous partons à Dieppe. Une quinzaine d’étudiants se sont glissés dans la peau d’apprentis sociologues et anthropologues. Trois enseignants-chercheurs, Corinne Davault, Michel Samuel et Anaïs Leblon, les ont accompagnés pendant la semaine. Nicolas Jounin et Aurélie Damamme sont venus renforcer cette équipe quelques jours.
Les étudiants ont mis en pratique les cours méthodologiques et théoriques enseignés en première et deuxième année de licence : préparation d’un projet de recherche, formulation et reformulation d’une problématique, observations, entretiens, recensions, recueils de documents, cartographie… Après trois mois d’explorations et de recherche à la bibliothèque, sur internet ou dans la presse locale, ils ont défini des sujets de recherche par binôme et sont enfin prêts pour affronter la dure réalité du terrain…

Les bars comme terrain du samedi

Samedi 29 novembre 2014, 13h05, 12°C : Onze étudiants partis en train de la gare Saint-Lazare, accompagnés par Anaïs Leblon, posent enfin le pied sur le sol dieppois. Les autres étudiants et enseignants arrivent en voiture.

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L’arrivée à Dieppe

Tous déposent leurs bagages dans les cinq gîtes loués par la fac, en centre-ville. Certains étudiants profitent de leur quartier libre pour faire des courses au marché ou pour aller au restaurant avec vue sur le sympathique port de plaisance. Une fois installés et les ventres pleins, les enquêtes peuvent débuter !

Nous sommes prévenus : il faudra être endurants ! D’entretien en entretien, au détour d’une visite ou d’une rencontre, il s’agira de lever les yeux de notre journal de terrain pour nous mettre à la page du quotidien dieppois.

A peine arrivés, Peter et Emma s’aventurent déjà, accompagnés d’une enseignante, dans la chaleur d’un café du port, tandis que d’autres partent à la découverte de la ville. Arrivés au bar Le Cayeux pour le premier entretien, ils trouvent la salle remplie de pêcheurs revenus de la mer, mais pas leur interlocuteur. Tout n’est pas perdu car un marin les accoste et ils passent une heure à discuter autour d’un verre. Une rencontre mène à une autre: la semaine commence !

Peter et Emma travaillent sur l’histoire et la transformation du Port et du quartier du Pollet. Ils se demandent quelle place ces lieux occupent dans la ville et dans le quotidien des habitants. Comment les mémoires et attachements à ces lieux prennent-ils forme ? Comment ces lieux sont-ils habités et narrés par les Dieppois ? Ces objets sont-ils enjeux de transmission?
Ils portent une attention particulière à la polémique actuelle autour du Pont Colbert. Une lutte des habitants pour sa sauvegarde et son entretien s’oppose à un projet de reconstruction porté par le syndicat mixte du port. Jour après jour, ils sont surpris de découvrir que beaucoup de leurs interlocuteurs mentionnent spontanément la controverse autour du Pont Colbert, le plus souvent en déclarant aussitôt le parti qu’ils ont pris.

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Le pont Colbert depuis l’île du Pollet

Alors que Peter et Emma enchaînent trois entretiens le premier jour, Jacob et Julien ont la chance de rencontrer “Jésus” à l’accueil de la maison des associations. Très bavard, les informations qu’il donne sur le tissu culturel et le rock dieppois sont prolifiques et permettent de poursuivre l’enquête, le soir même, au bar le “Douze”. Conjuguant le travail et l’euphorie de l’arrivée, Jacob et Julien proposent à l’équipe de venir y boire un coup.

L’intérêt porté par Jacob et Julien au rock est bien perçu et incite les artistes locaux à ouvrir les portes de leurs univers. C’est en partie à travers le monde joyeux des bars et des soirées que les musiciens performent, découvrent des inspirations ou rencontrent leurs pairs. Ils se dirigent vers des lieux comme le Bar Des Bains un bon vieux pub rock, ou le Douze, bar de soirée sympa. Ils rencontrent au détour d’une bière des acteurs de la vie musicale ; profs de musique et musiciens avec lesquels des entretiens ont pu être programmés ou même des néophytes dont les avis et les idées sur la création musicale locale sont à écouter.
Plus tard, les contacts pris au conservatoire, dans une école musique, chez un disquaire montreront l’importance des réseaux et des interconnexions dans la création musicale. Ils décident d’essayer de décrire le fonctionnement de ces réseaux.
L’autre réseau est évidemment le net. Si on peut passer du temps à rencontrer les acteurs d’un réseau culturel dont les noeuds sont les bars, il est encore plus chronophage de suivre et d’essayer de comprendre les rapports entre musiciens, public et diffuseurs qui existent sur Internet. Alors, il faut profiter de la présence à Dieppe pour les relations de face-à-face impossibles à faire de Paris.
Exemples de groupes dieppois rencontrés : https://www.youtube.com/watch?v=n7SigmTKKsw
https://www.youtube.com/watch?v=6BoIs4Kr8Jk

Un dimanche associatif

Au lieu des cloches dominicales, la première matinée résonnera au son de “Elle n’est pas morte” d’Eugène Pottier sur le quai Henri IV avec l’Association des Amis de la Commune de Paris, pour Anaïs Leblon et Nicolas Jounin – venu prêter main forte aux enseignantes pour quelques jours – et plusieurs groupes d’étudiants, dont Aurélien et Mariama, qui travaillent sur l’engagement des habitants dans leur quartier.
Motivés par la problématique de l’engagement des citoyens dans leurs quartiers, mais très peu précis au début de l’enquête, leur sujet ne couvre pas non plus un territoire en particulier. Un premier enseignement a été de préciser le sujet sur un territoire délimité et de construire une problématique qui les intéresse. Ils ont donc décidé de centrer leur étude sur deux quartiers différents et pourtant voisins. Puys, quartier résidentiel très calme et aisé et Neuville-Neuf, quartier populaire, constitué de grands ensembles et de petites résidences. Durant cette semaine, ils ont rencontré de nombreuses personnes qui s’engagent pour leurs quartiers où qui s’impliquent dans la vie des dieppois : des responsables associatifs, des militants, mais également des élus, notamment une maire-adjointe et un conseiller municipal à la Démocratie Locale, et de manière plus informelle, Sébastien Jumel (maire PC de Dieppe) au détour d’une assemblée de quartier.
Pour la suite de l’enquête, Aurélien s’intéressera plus particulièrement à la réhabilitation d’un parc paysager à Neuville-Neuf sur l’initiative des habitants et dans le cadre de la politique de la ville.

Le dimanche soir, à la Dieppe Scène Nationale, Diep-Haven, festival transmanche de création contemporaine organisé par l’association Cybèle accueille le public pour sa soirée de lancement. Au programme : film classique, récit performé autour des bateaux-fantômes et lancement des projets, auxquels assistent Asiya et Annette qui travaillent sur les artistes dieppois. Cette soirée leur permet de prendre connaissance de ce qu’offre ce festival, de la manière dont il s’inscrit dans le paysage artistique de la ville, mais aussi de nouer quelques contacts avec des organisateurs et artistes. Tout au long de la semaine, c’est en se rendant à des événements, en côtoyant des artistes, des artisans, des élus, et des organisateurs, qu’elles mesurent l’importance du réseau d’interconnaissances. Ainsi, au fil des rencontres leur planning de la semaine s’est alors très vite rempli, mais ce marathon d’entretiens qui fut le leur, leur a permis de constituer un corpus pertinent et de dégager des axes de réflexions multiples. De nombreux aller-retours à l’exposition de l’association des peintres et sculpteurs dieppois qui présentaient leur 67ème salon dans le hall de la médiathèque, ont permis de rencontrer un bon nombre de peintres, sculpteurs, photographes et galeristes. De la peinture à la sculpture, de la photographie au cinéma, de la céramique à l’écriture, de la médiathèque à la Dieppe Scène Nationale, ou encore de la mairie au château-musée, elles ont pu balayer une bonne partie des pratiques artistiques et culturelles locales.

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Affiche de l’exposition de peinture au bar le Douze

Lundi matin, les lycées ouvrent leurs portes
Lundi matin, à l’aube, Laetitia, Lucas, Ophélie et Aurélie accompagnés de Nicolas Jounin partent pour le Lycée Emulation Dieppoise afin d’y rencontrer la proviseur adjointe, et négocier l’accès à ce terrain.
La proviseur adjointe du lycée ouvre son établissement et permet à Laëtitia et Lucas d’organiser une rencontre avec deux classes de Terminales et une classe de Première en filières professionnelles, laissant cette courte semaine commencer sous de bons auspices. A peine le temps de faire le tour du lycée, qu’ils ont déjà traversé la ville pour aller rencontrer le proviseur adjoint du lycée Jehan Ango, qui fera tout son possible pour qu’ils puissent rencontrer un maximum d’élèves de Terminales générales au lycée Ango.
Laëtitia et Lucas travaillent sur la reproduction sociale au travers le prisme de la ségrégation scolaire. Toute la semaine, ils courent entre les deux lycées, mangeant sur le pouce, quand ils le peuvent. Des présentations dans les classes aux entretiens, d’Ango à Emulation, de Première «Littéraire» à Terminale « Maintenance des Véhicules Automobiles », Lucas et Laetitia rencontrent les lycéens et échangent avec eux sur leur parcours scolaire.

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Photographie de l’émulation dieppoise.

Ophélie et Aurélie s’intéressent plus particulièrement aux lycéens et étudiants qui suivent ou s’apprêtent à suivre les filières du nucléaire, développées dans la région en raison de la présence de deux centrales, Penly et Paluel. Elles entament leur projet le lundi matin en s’entretenant avec la proviseure adjointe du lycée professionnel Emulation Dieppoise, ce qui leur a permis d’assister à un cours en Chantier-Ecole. Le chantier-école est une reconstitution miniature d’une centrale nucléaire conçu dans un cadre pédagogique, où sont formés les BTS et Bac pro Environnement et Nucléaire. Ce cours confronte les élèves aux règlements et aux procédures très strictes qu’implique le travail en centrale. Dès cette première journée, elles font face au jargon technique des professionnels du nucléaire. Au fur et à mesure de la semaine et des entretiens avec les différents interlocuteurs, elles acquièrent certaines notions et commencent à objectiver les processus de formation et de recrutement des travailleurs du nucléaire. La majorité de ces entretiens est obtenue sur le terrain grâce à leurs différents interlocuteurs. Après une semaine éprouvante, sensationnelle et pleine d’espoir pour la recherche, elles constatent qu’un retour sur le terrain sera certainement nécessaire pour approfondir le sujet.

Lundi après-midi, premier entretien au gîte

Après le déjeuner, Asiya et Annette ont passé leur premier entretien à l’appartement. Elles reçoivent ainsi Maxime Brygo, artiste photographe qu’elles ont rencontré la veille à la médiathèque puis à la Scène nationale et qui participe au festival Diep Haven. Ce premier entretien s’est avéré prometteur et de bon augure pour les nombreux autres entretiens à venir. Grâce à la centralité de l’appartement, elles ont ainsi pu recevoir plusieurs artistes et écrivains tout a long de la semaine, de même qu’elles ont pu se rendre aisément dans les différents ateliers et lieux de rendez-vous pour passer les entretiens.
Les filles se sont vite créées une routine : pour ponctuer leurs longues journées d’entretiens, elles s’arrêtent aux cafés locaux pour déguster un délicieux chocolat viennois avec une gauffre ou des churros avant de continuer leur marathon d’interviews.
A la fin de la journée, après les longues heures d’entretien et de travail de recherche, alors qu’il est temps de se reposer devant un dîner bien mérité, TOC TOC à la porte. Ce sont les professeur.e.s qui viennent faire un briefing, dérobant les étudiantes de ces quelques instants de répit bien mérités. C’est cependant avec plaisir qu’elles leur révèlent leurs découvertes de la journée, leurs rencontres, et leurs impressions au milieu des différents parfums de gratin, de soupe et de saumon (acheté localement au marché) préparés pour le dîner. Cela se reproduira presque tous les soirs.

Mardi, visite sous contrôle d’un terrain surveillé : la centrale nucléaire de Penly

Le mardi après-midi, Corinne Davault et les deux groupes qu’elle accompagne partent visiter la centrale nucléaire de Penly. Ophélie et Aurélie la découvrent en compagnie d’Adrien et Pascal, qui travaillent sur l’information et la communication des différents acteurs du débat sur le nucléaire. Le rendez vous a été pris depuis plusieurs semaines. Ils doivent se présenter avec leurs cartes d’identité à l’entrée grillagée de la centrale. Les chaussures à talons sont déconseillées ainsi que la présence de visiteurs sujets au vertige. Sans appareils photographiques, ni enregistreurs, interdits, et après un contrôle des cartes d’identité, la visite commence par un long entretien avec la responsable du service communication. Puis, coiffés de casques de chantier, équipés de casques pour les oreilles et de lunettes de protection, ils descendent en funiculaire aux abords immédiats de la centrale et sont guidés d’un portillon de sécurité à l’autre jusqu’à la salle des machines.
Pascal et Adrien ont choisi ce sujet en raison de la proximité de Dieppe avec deux centrales nucléaires, Paluel et Penly, et de l’importance de l’industrie nucléaire pour le bassin d’emploi local. Une de leurs interrogations est de savoir s’il y a réellement un débat autour de la question du nucléaire. Ils ont préparé leur terrain en amont, en sollicitant des entretiens auprès des membres de la Commission Locale d’Information Nucléaire (CLIN) : des associatifs, des politiques, des fonctionnaires de l’administration publique et des syndicalistes, sans oublier la responsable communication d’EDF pour la centrale de Penly et deux journalistes locales.
Ils s’entretiennent avec ces acteurs, de sensibilités et statuts divers, de leurs parcours et de la manière dont ils voient ce débat. Cette semaine à Dieppe est également l’occasion d’aborder de façon informelle avec des Dieppois un sujet délicat, car beaucoup de gens travaillent dans une centrale ou dans un métier autour du nucléaire.
Le mercredi, ils se rendent en compagnie de Michel Samuel à Rouen et à Fécamp pour les besoins de l’enquête.

Mercredi, jeudi, vendredi, effet boule de neige, les entretiens s’enchaînent…

Toute la fin de semaine, étudiants et enseignants naviguent entre les rendez-vous, les rues dieppoises et les alentours de la ville, se retrouvant tous les soirs pour faire le point sur les jours passés et à venir. L’ambiance était donc au travail, auquel se sont ajoutés des moments de détente plus festifs. Outre les diverses expériences d’un tel travail de terrain, les étudiants ont également découvert les difficultés et les avantages d’une recherche alliant élaborations individuelles et collectives.
De retour à l’université, tous devront examiner avec soin les informations récoltées et préparer le second départ, prévu à la fin du mois de mars.

Toute l’équipe, étudiants et enseignants, remercie vivement les Dieppois pour leur accueil chaleureux

Retrouvez les autres stages de terrain ici : http://www2.univ-paris8.fr/sociologie/?tag=stage-de-terrain

Stage de terrain à Dieppe

« Partir, c’est mourir un peu ? »
Une semaine d’immersion en terrain dieppois

Dans le contexte de la demi mineure de L3 « Pratique d’enquête », une vingtaine d’étudiants se sont mis dans la peau de sociologues pour « jouer le jeu du terrain ».
Accompagnés de trois enseignants-chercheurs, le stage de terrain nous a permis d’envisager la sociologie sous un jour nouveau : celui de la pratique. L’expérience de l’immersion a été riche en apprentissages, tant en termes humain (l’approche de nos interlocuteurs) que méthodologique (vérification des hypothèses, reformulation de notre problématique, etc.).

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Photo : Lylia Hadj Said, Le quai Henri IV, Dieppe.

Migrations et mobilités : partir, passer, visiter

Plusieurs étudiant-e-s ont enquêté sur les mobilités, qu’il s’agisse de celles des jeunes liées à leurs orientations scolaires et à l’absence d’une offre de formation diversifiée localement ou de celles générées par la proximité de l’Angleterre et la liaison transmanche ou encore le tourisme…

Orientations et mobilités des jeunes à Dieppe

Après s’être renseignés sur le terrain grâce à des outils statistiques et une revue de la presse locale, nous avions constaté avant même notre arrivée sur Dieppe que la ville connaissait un vieillissement de sa population. Pourtant des jeunes naissent à Dieppe et ses alentours. Grâce aux entretiens menés auprès des jeunes de deux lycées de Dieppe (l’un polyvalent, le second général), Julie a pu constater qu’une majorité d’élèves émet le souhait de quitter la ville pour poursuivre leurs études post-bac. Ces deux lycées, pourtant très proches géographiquement, semblent s’exclure mutuellement. Commence alors un travail de compréhension et d’analyse des différentes représentations des lycéen-ne-s…

Constantin qui s’intéresse à la mobilité des jeunes, a élaboré un questionnaire avec Julie, s’adressant aux jeunes dieppois-e-s sur leur volonté de quitter ou non la ville, en lien avec leurs vœux d’orientation. Aidé-e-s des autres étudiants participant au stage, ils ont fait passer 200 questionnaires pendant la « nuit de l’orientation » organisée par la Chambre du Commerce et de l’Industrie.

Visibilité ou invisibilité à la frontière : les enjeux de l’observation

Marion et Camille avaient pour objectif d’observer quels sont les espaces de visibilité du « fait clandestin » dans la ville de Dieppe, et de découvrir leurs multiples dynamiques. Elles se sont donc retrouvées, pendant une semaine, à promener leurs pieds mouillés et leurs oreilles aux alentours du ferry et de ses barbelés, du cabinet d’un dentiste à la capitainerie du port, de la mairie à la sous-préfecture, des associations caritatives aux squats de migrants, de bars en bars. Bon pied, bon œil, et bons cafés…

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Le prix de l’Angleterre ou l’Angleterre à tout prix ?

Restauration d’ailleurs au pays de la coquille Saint Jacques

Elisabed a interrogé le rôle des femmes patronnes non-autochtones dans la restauration de Dieppe. Comment sont-elles arrivées à faire marcher leur restaurant ? Comment articulent-elles vie familiale et vie professionnelle ? Quel est le rôle de la mairie pour ces femmes issues de l’immigration et comment la ville les a-t-elle accueillies ? Quelles sont les relations entre ces nouvelles venues et les restaurateurs dieppois? Comment sont-elles parvenues à attirer une clientèle aussi bien locale que touristique ? Comment elles se sont adaptées à la gastronomie dieppoise ?

Le tourisme à Dieppe : produits du terroir et mise en patrimoine.

Plusieurs étudiants ont choisi de travailler sur le tourisme. Myriam a enquêté sur les commerces de souvenirs, les produits du terroir. A Dieppe, se pose la problématique de la dépendance envers la saison estivale. Lylia a réalisé un état des lieux sur le tourisme hors saison, et les actions entreprises afin de rendre la ville attractive à tout moment de l’année.

L’enquête de Flora porte sur les images et représentations qui sont sollicitées dans la construction d’une identité et d’un patrimoine local. Sur le terrain, elle a orienté ses recherches sur les acteurs et les procédés de sélection pour comprendre en quoi l’identification et la patrimonialisation sont sources d’attraction. Elle a rencontré des acteurs qui travaillent dans le tourisme pour comprendre quelles caractéristiques naturelles ou culturelles sont mises en avant.

Elise a travaillé sur la randonnée et le paysage. Elle a rencontré des responsables liés à la randonnée (Communauté d’Agglomération Dieppe Martime, micro entreprise, Mairie..), pour tenter de comprendre comment le paysage maritime de la randonnée est utilisé et exploité à Dieppe. Le mauvais temps et la saison ont malheureusement empêché la rencontre de randonneurs.

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Randonnée, le samedi 1er février et il ne pleut pas !

Vivre ici,
vie associative, rénovation urbaine, patrimoine et mémoires collectives

« Sport pour tous », Education Populaire et politique culturelle

Surpris par la vitalité des associations dieppoises, des étudiants ont interrogé le monde associatif. Assad s’est intéressé aux tendances actuelles du football amateur dans les quartiers d’habitat social de la ville. Un football où l’important est d’abord l’ambiance et que tous puissent participer…

Rizlane a observé deux associations de majorettes. Peut-on dire des majorettes qu’elles sont des sportives comme les autres ? Chorégraphies, animations de défilés, parades, déplacements, cette pratique collective relève-t-elle de l’activité traditionnelle festive ou de la discipline sportive ascétique nécessitant concentration et entraînement? Un point commun entre le football et les majorettes ? Sans doute le goût de recevoir les autres en organisant des tournois ou des festivals et à cette occasion faire visiter sa ville, sa plage et son château. Le goût aussi des déplacements et des voyages collectifs avec les enfants des « quartiers ».

Autre pratique populaire, le hip-hop est le sujet d’investigation de Pierre Richard. Il s’agit dans ce travail de montrer comment les espaces culturels comme la Dieppe Scène Nationale (DSN), les maisons de jeunes et le conservatoire Camille Saint-Saëns contribuent à son institutionnalisation.

Rénovation urbaine, logement social et construction des mémoires collectives

Enfin un dernier groupe, plus sensibilisé aux problématiques de la sociologie urbaine et aux questions de logements, se sont orientés vers l’étude des quartiers du Puys (où nous résidions), du Pollet, du Val Druel et de Neuville-les-Dieppe.

A Dieppe, un tiers des logements sont sociaux. Deux quartiers d’habitat social sont traitées par la politique de la ville : le Val Druel et Neuville-les-Dieppe qui bénéficient des transformations du projet ANRU (Agence Nationale de Rénovation Urbaine). Christophe a travaillé plus spécifiquement sur Neuville, situé à moins d’une demi-heure à pied du gîte. Il a réalisé des entretiens avec une responsable du service social d’un bailleur social, la chargée de mission à la jeunesse, un gardien et une habitante du quartier d’habitat social de Neuville et un salarié d’une association de prévention…

Hassani a interviewé nos voisins immédiats sur l’histoire de leur quartier, le Puys où notre gîte était situé. Ancienne station balnéaire de la fin du XIXème siècle, le Puys est devenu un quartier pavillonnaire, avec de petits collectifs situés en bordure de plage. Tous ses interlocuteurs sont revenus sur le débarquement du 19 août 1942 de soldats canadiens. La plupart furent massacrés sur la plage de Puys. Le souvenir de la seconde guerre mondiale est aussi le point commun des entretiens réalisés par Yamina auprès de personnes âgées. Henriette qui au départ avait décidé de travailler sur les « ancrages matériels de la mémoire collective de Dieppe », mesurera à quel point l’histoire du débarquement du 19 août 1942 constitue un élément fondamental, traversant l’ensemble de l’espace urbain de la ville (des noms des rues, des monuments et des mémoriaux) et du travail de mémoire aux niveaux institutionnel et associatif de la ville.

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Mémorial – Place des canadiens

Pourtant, à côté de cette pièce majeure de la mémoire collective, il y a d’autres « ancrages matériels », où prend forme l’identité dieppoise, tels que le château de Dieppe, les églises Saint-Jacques et Saint-Rémy, mais aussi le Pont Colbert, sujet d’une controverse actuelle, en raison d’une modernisation discutée.

La mémoire collective est toujours un processus actif de construction sociale, ce que constateront aussi Noémie, Corinne et Romain à propos du quartier du Pollet. Ce quartier populaire a connu une forte activité dès le 19e siècle. Reconnu pour ses ports, ses commerces, ses bars, ses bals, son camping en bordure de jetée, il garde encore aujourd’hui une forte identité héritée du dynamisme de sa population ouvrière. Le passage des marins venus d’Angleterre, des Pays-Bas ou d’ailleurs apporte aussi une part d’exotisme.
Dans une ville touristique, il est intéressant de constater que le Pollet, qui possède un capital historique époustouflant, n’est pas mis en avant et fait fuir les investisseurs. Les étudiants ont donc cherché à savoir pourquoi tant de commerces ont mis la clé sous la porte, mais surtout comment, et de quoi vivent les artisans et les petits commerces de proximité du Pollet.

Les Polletais ne tombent pas d’accord sur l’origine du déclin mais une chose est sûre ; «désormais, le Pollet n’appartient plus au monde de la mer » dit-on chez les marins.

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Atelier du groupe folklorique « LES POLLETAIS » Photo : CM

Le déclin de l’activité commence avec les nouvelles normes européennes de la pêche selon certains ou la raréfaction des passages du transmanche voire la disparition du camping selon d’autres.
L’architecture, notamment l’existence d’habitations troglodytes (les gobes), les histoires, la figure du pêcheur polletais, les chants et récits populaires exercent encore une attractivité mais pour quelle population ? Peut-on parler des prémices d’une gentrification ? La politique de la ville développée dans ce quartier a–t-elle pour finalité d’enclencher un processus de gentrification au nom de la mixité sociale ou d’améliorer les conditions d’habitat de la population qui se paupérise ? La problématique du droit à la ville évoquée par le philosophe Henri Lefebvre s’applique t-elle au cas de la transformation du Pollet ?
Impossible en une semaine de répondre à l’ensemble de ces questions… Nous revenons en revanche avec une certitude, les dieppois sont accueillants et nous les en remercions.

Stage de terrain 2014 : Le Tréport

Des (apprentis) sociologues de Saint-Denis lâchés entre la Picardie et la Haute-Normandie

Janvier 2014

Dans le cadre de la demi-mineure « Pratique d’enquête » proposée à Paris 8, nous sommes partis une semaine au Tréport, du 7 au 14 décembre 2013. Nous étions 18 étudiants et plusieurs enseignants (Livia Velpry, Camille Peugny, Michel Samuel et Coline Cardi).

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Paysage de la vallée de la Bresle : les oiseaux chantent, le ciel est bleu, la mer est belle (mais froide) !

C’est donc après 3 ans de sociologie et d’enseignement théorique que nous sommes enfin passés à l’action. Ce stage nous a permis de mettre en pratique nos cours d’entretien, d’observation, et d’expérimenter un suivi de notre travail au jour le jour. D’une part, par les professeurs nous indiquent lorsque le chemin suivit s’avère hasardeux ou au contraire lorsque l’on a réussi à prendre en main une situation difficile en s’appuyant sur leurs expériences de recherches passées ou présentes. Chaque jour, l’appréhension et/ou l’excitation de rencontrer un nouvel interlocuteur ; chaque jour, des comptes rendus de nos entretiens ; chaque jour des surprises, bien éloignées du quotidien. C’est un exercice auquel nous sommes confrontés, et qui, sans concession, nous immerge dans un contexte de recherche stimulant et productif.

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À la découverte des villes sœurs et de leurs autochtones ! Entre touristes et sociologues, la frontière est mince…

Entre les plus hautes falaises d’Europe et une production verrière de luxe à échelle mondiale, se sont dessinés certains thèmes qui ont éveillés notre curiosité sociologique. La parité en politique dans ces petites communes, l’extrême droite dans un contexte politique traditionnellement communiste, la mise en réseau des bibliothèques en milieu rural, les femmes chefs d’entreprise dans la chaine de sous-traitance du pôle mondial de la flaconnerie de luxe, la gestion de l’ordre public, l’offre de formation technologique envers les jeunes, la transmission du métier d’artisan-pêcheur, les missions locales dans une région fortement touchée par le chômage des 18-25 ans, la prise en charge des personnes âgées.

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Rencontre avec le rédacteur-en-chef de l’Informateur et l’Eclaireur (journaux locaux).

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Temps de travail en groupe : préparation d’un entretien avec l’aide de Livia Velpry (visiblement consternée) !

Bien sûr, nous n’avons pas fait que de la sociologie ! Cuisiner pour 18 personnes avec les caprices culinaires de certains, gérer un budget anémié par le gout prononcé de l’alcool chez la plupart et l’appétit démesuré des autres, relèvent de l’exploit quotidien. Faire coexister des styles de vies aux antipodes s’est avéré plus facile que prévu : les couches-tôt et les lèves tard, les familiers et les réfractaires aux tâches ménagères, les solitaires comme les plus communautaires, se retrouvaient tous au coin du feu.

En bref, si nous considérons que notre terrain était un voyage et que le voyage ajoute à la vie, on peut citer A. Gide qui dit : « La perception commence au changement de sensations ; d’où la nécessité du voyage ». Nous avons tous rompu avec notre train de vie pour une semaine et la sociologie s’apprend aussi dans le dépaysement.

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Après l’effort, le réconfort, moussaka collective !

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Le stage de terrain c’est aussi des moments de détente tou-te-s ensemble autour du feu.

Stage de terrain : Bresle-Maritime

Stage de terrain dans la vallée de la Bresle-Maritime
21-28 janvier 2012

Dans le cadre de la demi-mineure « Pratique d’enquête » proposée en L3, huit étudiant-e-s ont participé durant l’inter-semestre, du 21 au 28 janvier 2012, à un stage près duTréport, à la frontière entre la Seine-Maritime et la Somme. Au cours du premier semestre, par groupe de deux, ils ont choisi un thème d’enquête et élaboré un projet de recherche. Durant le stage, les étudiant-e-s et leurs enseignants (Pierre Barron et Nicolas Jounin) étaient hébergé-e-s au Lieu Dieu,
une ancienne abbaye transformée en ferme équestre et gîte, au sein duquel ils ont partagé repas, préparation d’entretiens, vaisselle, compte-rendus d’entretiens, serpillères et réunions collectives de travail.


Vue du Tréport

Nawelle et Samira ont travaillé sur la pêche professionnelle, qui reste importante au Tréport. Au-delà des pêcheurs, c’est un milieu professionnel spécifique qui se découvre, avec ses règles et institutions propres, ses formes de représentations, ses contrôleurs… Aussi les entretiens se sont-ils déroulés depuis les bureaux feutrés de la Délégation à la Mer au Littoral jusque sur des bateaux sur le port.

Aurore et Eva ont enquêté sur la naissance et le développement contrarié d’un « parc d’activités environnemental ». Derrière un label écologique, il s’agit de retenir ou d’attirer des entreprises et des emplois, mais à quel prix ? L’enquête prend un tournant imprévu en s’interrogeant sur ce que l’intercommunalité, qui est liée au parc d’activités, fait à la politique locale.


Aurore et Eva – Dans l’une des entreprises du parc d’activité,
devant une presse

Henri et Mourad ont étudié les rapports sociaux de sexe dans les exploitations agricoles de la région. Ils interrogent des agriculteurs/trices sur les transformations de la division sexuelle du travail dans les fermes et des statuts des exploitations agricoles. Dans un milieu peu habitué à se faire interviewer, il faut parfois aller chercher directement les entretiens dans les fermes.


Henri, Saadi et Mourad comprennent pourquoi il y a des éoliennes au Tréport

Raffaël et Sami ont tiré profit de ce qu’ils se trouvaient dans la « glass valley » pour s’intéresser aux relations professionnelles dans l’industrie du flaconnage, en tentant de faire le lien entre la politique d’une grande entreprise aux technologies de pointe récemment reprise par un fonds d’investissement, et celles de ses petites entreprises sous-traitantes auxquelles ont été transférées des tâches rudimentaires. L’industrie laisse une telle empreinte dans la région qu’il suffit de faire la tournée des bars pour trouver des interlocuteurs.


Raphaël cherchant des contacts pour un entretien.


Mourad et Sami – un repos bien mérité au gîte


Pendant que les étudiant-e-s triment, les enseignants bronzent

Deuxième stage de terrain 2010-2011 à Fécamp

Dans le cadre de la demi-mineure “Pratique d’enquête” proposée en L3, onze étudiants ont participé durant l’inter-semestre, du 22 au 29 janvier 2011, à un stage de terrain à Fécamp, en Seine Maritime. Au cours du premier semestre, par groupe de deux ou de trois, ils ont choisi un thème d’enquête et ont élaboré un projet de recherche. Durant le stage, les étudiants et leurs enseignants (Nicolas Jounin et Claudette Lafaye, soutenus par Pierre Barron) étaient hébergés au Centre Saint Exupéry, un ancien couvent transformé en gîte communal, au sein duquel ils ont partagé repas, préparation d’entretiens, debriefing et réunions collectives de travail.

Cindy et Ilya se sont intéressées à l’Université libre et populaire de Fécamp et au public qui la fréquente. Leur travail cherche à comprendre si cette association, fondée en 2007, est d’abord un lieu de transmission de connaissances et d’échange de savoirs ou un endroit d’épanouissement et de densification des liens sociaux. Plusieurs semaines avant le stage, elles ont pris contact puis noué progressivement une relation privilégiée avec la vice présidente de l’Université populaire, devenue leur principale informatrice. Par son intermédiaire, elles ont diffusé un questionnaire auprès de la soixantaine de personnes présentes à la conférence de janvier. Outre les données quantitatives ainsi
recueillies, qui permettront d’identifier les caractéristiques socio-démographiques des participants, Ilya et Cindy ont réalisé des entretiens approfondis avec une dizaine de participants.


L’intérêt d’Ilya et Cindy pour l’Université Libre et Populaire a eu les honneurs de la presse locale (Le courrier de Fécamp du 12 février 2011), ce qui a les a conduites à préparer et gérer une interview journalistique. On les voit, ici, entourée du président et de la vice présidente de
l’Université populaire ainsi que de leur enseignante.

Claire et José ont choisi d’enquêter sur la production et la commercialisation du lin, une culture végétale industrielle, cultivée dans les départements de l’Eure et de la Seine Maritime. Au cours des 20 dernières années, la filière a été entièrement reconfigurée avec l’arrivée des acheteurs chinois sur le marché du lin. Comment les agriculteurs se sont-ils adaptés à la mondialisation de la filière ? Pour remonter la filière du lin, Claire et José ont rencontré des agriculteurs, des teilleurs, un courtier, des administrateurs et des cadres de coopératives linières.

La coopérative « Terre de Lin » a connu des restructurations conséquentes au cours des dernières décennies : issue de plusieurs fusions avec d’autres coopératives, elle rassemble cinq sites de production différents et emploie 200 salariés.
Afin de maîtriser le marché mondial du lin, elle a constitué une union avec deux autres coopératives et a recruté un directeur commercial parlant chinois.


Claire et José, avec une agricultrice, administratrice de la coopérative « Terre de lin », devant les bâtiments abritant les chaînes
de teillage et de peignage.

Aude Lore, Sakina et Ny Vohary se sont penchées sur la rénovation urbaine du quartier du Ramponneau qui bénéficie de financements de l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine). Elles s’interrogent sur les formes d’ancrage et de mobilité des habitants de ce quartier, plus particulièrement de ceux résidant dans les quatre barres vouées à la démolition. Sur le terrain, elles ont fait l’expérience des manoeuvres des différents acteurs institutionnels pour circonscrire, contrôler et limiter leurs rencontres avec des habitants… Qu’à cela ne tienne, voilà un bel objet de réflexion sociologique pour le rapport final… Quant aux habitants, les trois apprenties sociologues n’ont pas
hésité à réaliser du porte à porte pour les rencontrer ! Enfin, heureux hasard du calendrier, elles ont également pu observer une réunion de concertation rassemblant le maire, les bailleurs sociaux, l’architecte et les techniciens en charge du projet et les habitants…


Photo mystère

Aude Lore, Ny Vohary et Sakina sont en train de réaliser une observation essentielle à leur enquête. S’agit-il ? (une seule réponse possible)
-d’une réunion des habitants référents [ ]
-d’une promenade urbanistique [ ]
-d’un diagnostic en marchant [ ]
-d’une formation au « vivre ensemble »[ ]

==> Réponse, dans l’encadré, à la fin de ce compte-rendu…

Audrey et Nadège ont décidé d’explorer les controverses autour de l’implantation de parcs éoliens offshore et, pour cela, ont entrepris de mener l’enquête à Fécamp et à Veulettes, commune littorale distante d’une vingtaine de kilomètres de Fécamp. Alors qu’à Veulettes, la contestation fait rage, conduite par une association composée essentiellement de résidents secondaires, à Fécamp, c’est le calme plat… Comment expliquer et rendre compte de ce consentement ? Celui-ci masque-t-il des formes d’oppositions larvées ? Audrey et Nadège ont rencontré deux maires soucieux de l’avenir de leur commune, une parlementaire européenne enthousiaste, le président de l’association des
plaisanciers, le responsable d’une association écologiste, des pêcheurs résignés… Elles ont poursuivi l’enquête à Paris et à Neuilly…


Audrey et Nadège dans la grande maison d’un interlocuteur pro-éoliennes

Emeric et Hugues, qui sont de fortes têtes, rechignaient à choisir un sujet en relation avec le territoire local. Au début, ils voulaient décalquer localement et sur la population des 15-25 ans, l’enquête quantitative sur les pratiques culturelles des français. Comme leurs enseignants ont poliment fait la moue (pas très excitant, ce sujet…), Emeric et Hugues se sont réorientés vers l’écoute et la pratique du rap chez les jeunes de la région de Fécamp. Comment une culture musicale d’origine urbaine parvient-elle à se développer en milieu rural ? Bonne pioche : Emeric et Hugues ont non seulement administré près de 400 questionnaires auprès des lycéens des établissements public et privé de la ville, mais ils ont identifié deux scènes de rap structurées de manières très différentes à Bolbec et à Fécamp, la première autour d’une MJC et d’ateliers d’écriture, la seconde autour d’un petit studio underground.

Emeric et Hugues attendant un rappeur en retard, devant la Maison des Jeunes et de la Culture de Bolbec.

Des entretiens, des observations, ça se planifie ! A chaque binôme, sa couleur ! Le calendrier de la semaine est chargé et les enseignants peinent à suivre, parfois.

On démarre à fond de train, dès le samedi après midi, avec quatre entretiens et des repérages du quartier du Ramponneau et de la ville. Le dimanche est assez tranquille. Les étudiants préparent leurs entretiens du lundi et participent à une
réunion collective de travail. Le binôme qui travaille sur le rap part à Bolbec pour un entretien et les autres groupes visitent le musée des Terres Neuvas et les falaises d’Etretat. Le lundi est encore raisonnable, mais le rythme s’accélère dès le mardi et le calendrier devient vite
saturé. Deux groupes ne savent plus s’arrêter et poursuivront l’enquête en région parisienne.


Après une journée bien remplie, il faut encore tenir son journal de terrain, participer à des debriefings individuels ou collectifs, préparer
les entretiens du lendemain, prendre en charge à tour de rôle la préparation du repas…

On dîne rarement avant 21h ou 22h.

Au final, un stage dense, passionnant et épuisant, mais une belle moisson : 57 questionnaires auprès des participants à l’Université populaire, près de 400 questionnaires sur l’écoute et la pratique musicale des lycéens fécampois ; 60 entretiens réalisés et, bien évidemment, de nombreuses observations effectuées et une riche collecte de documents…

Clin d’œil ! A propos de documents rares et de sens de l’observation, quelle œuvre originale repèrent donc les yeux exercés d’Aude Lore, Sakina et Ny Vohary, sur « la table aux livres » de la maison de quartier du Ramponneau ? Oui, vous avez bien lu, ce jour là, Ingolf Diener côtoyait Christopher Franck, mais aussi Henri Troyat et Françoise Sagan !

Réponse de la photo-mystère : il s’agissait bien évidemment d’un « diagnostic en marchant » !

Pour en savoir plus sur cet énigmatique diagnostic et sur l’ensemble des recherches réalisées dans les trois stages de terrain comme sur le terrain local, rendez-vous au colloque de la demi mineure « Pratique d’enquête », organisé : le mercredi 11 mai 2011, de 9h à 16h, salle B106

Troisième et dernier stage de terrain de l’année universitaire 2010/2011 sur l’île de Noirmoutier

Dans le cadre de la demi-mineure “Pratique d’enquête” proposée en L 3, onze étudiants ont participé du 12 au 19 mars à un stage de terrain sur l’île de Noirmoutier (Vendée). Durant le premier semestre les étudiants, individuellement ou en binôme, avaient choisi sept thèmes d’enquête et préparé leur projet de recherche.

Camille et Clémence ont choisi de travailler sur l’histoire et le renouveau de la charpenterie maritime. Une présence quasi-permanente sur les lieux des anciens et des nouveaux chantiers navals du port de Noirmoutier-en-l’île leur a permis de réaliser de nombreuses observations et de nouer de multiples contacts aboutissant à des entretiens enregistrés ou à des conversations informelles. Signe de leur intégration à ce milieu d’interconnaissance, nombreux furent leurs “informateurs” qui assistèrent à l’apéritif que Camille et Clémence offrirent en fin de stage, dans les locaux de l’association “La Chaloupe”.


photo 1 : En fin de stage, Camille et Clémence offrent un apéritif à leurs informateurs, dans les locaux de l’association “La Chaloupe”, sur le port de Noirmoutier-en-l’île.

Partant du constat de la faible représentation des jeunes de 18 à 25 ans parmi la population de l’île de Noirmoutier, Énora et Louison ont cherché à connaître et à comprendre comment ces jeunes envisagent leur avenir, confrontés sur l’île à des emplois saisonniers peu qualifiés et à l’impossibilité de s’y loger en raison des prix exorbitants des terrains et de l’immobilier, accaparés par les résidents secondaires. À cet effet, elles ont enquêté auprès de quelques jeunes et rencontré des structures locales en charge de cette problématique.


photo 2 : Énora et Louison devant les locaux de la Maison de l’Emploi et de la Solidarité, avant une rencontre avec la directrice.

Imane a étudié à l’Épine, une des quatre communes de l’île, l’histoire sociale récente, les phénomènes identitaires et les conflits politiques, tandis que Johan cherchait à comparer les discours, les pratiques et la sociologie de deux associations locales, agréées “protection de la nature et de l’environnement”


photo 3 : Imane et Johan préparent avec Barbara un entretien auprès d’un interlocuteur commun.

Ali, Rachadi et Rodelin se sont penchés sur l’histoire de la propriété des marais salants et sur les modes d’accès, passés et actuels, aux activités salicoles, en particulier pour les femmes.


photo 4 : Ali, Rachadi et Rodelin en entretien avec le président du syndicat des 3 étiers, au bord de son marais salant

Lounis et Samir se sont intéressés aux “crises” de la pêche artisanale qui reposait jusque dans les années 1970 sur des unités familiales, et à leurs effets sur la transmission des savoir-faire et des bateaux. Grâce à leur présence sur les différents lieux de travail du port, ils ont réussi à nouer des contacts avec six patrons-pêcheurs auprès desquels ensuite ils ont obtenu des récis de vie.


photo 5 : Lounis et Samir devant les “garages” où les patrons-pêcheurs rangent leur matériel après une sortie en mer.

Au total, un stage intense (55 entretiens réalisés, sans compter les observations et la moisson de documents écrits), dans une ambiance très chaleureuse entre étudiants, ce qui a profondément réjoui les deux enseignants qui encadraient ce travail, Barbara Casciarri et Michel Samuel (dont c’était “la dernière séance”).


photo 6 : Barbara Casciarri et Michel Samuel, au sortir du repas offert par les étudiants, le dernier jour du stage.

Stage de terrain à Bure

Depuis plusieurs années maintenant, le département de sociologie organise des stages de terrain pour les étudiants de L3. Voici un compte-rendu de l’enquête collective d’une semaine ayant eu lieu à Bure.

Contexte, thèmes centraux, objet d’étude

un paysage sud-meusien

La Meuse est un département rural touché par une importante désertification sociale. Cela fait maintenant près de dix ans que l’A.N.D.R.A (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) s’est installée à Bure, petite commune de 91 habitants située à la limite de la Haute-Marne.
L’installation de l’A.N.D.R.A est sujette à controverse.
En effet, les nombreuses compensations financières qui sont liées à son implantation sont à l’origine de conflits entre les communes qui en bénéficient et celles qui n’en n’ont pas.

Tous devant le labo

Lors de notre étude, nous avons pu constater que la relation entre les communes et l’A.N.D.R.A est ambigüe.
Ainsi, une certaine méfiance se fait ressentir entre les différents protagonistes. On peut alors évoquer l’idée que l’A.N.D.R.A essaie de mettre en place une certaine stratégie d’acceptation.


Au centre technologique de l’ANDRA

Expérience de terrain
Le stage de pratique d’enquête à Bure a été pour nous une expérience inédite. L’enquête dans la pratique en complément du théorique a un but pédagogique que nous pensons atteint. L’articulation entre suivi particulier du travail par les enseignants et l’indépendance dans le sujet traité a permis un réel apprentissage du travail sociologique.

Dans la galerie maquette

 L’organisation, la budgétisation de ce projet est une réussite pour notre groupe d’étudiant. Nous encourageons le département de sociologie à réitérer cette expérience pour les générations futures.

Centre de stockage traditionnel de la maison de la résistance

 

A la maison de la résistance

Vie collective
A notre arrivée au gîte, à notre grand étonnement, ce dernier était très spacieux, confortable et équipé. Il est situé à Echenay dans un village qui caractérise bien le désert social, de par l’inexistence de services et de commerce locaux. Nous n’avons rencontré qu’un seul commerçant et c’était un boulanger ambulant, dans sa camionnette qui passait entre 9h et 9h15 et à ne surtout pas manquer si nous voulons du pain pour midi ! Les éboueurs passent une fois par semaine à 7h.


La joie de vivre

Chaque soir une réunion avec les professeurs s’établit afin d’organiser les prochains déplacements pour les entretiens dans les autres communes.

Goûté et approuvé

Chaque binôme avait son entretien dans un village, à une heure donnée, c’est donc pour cela que l’on se concerte un jour à l’avance pour s’organiser pour les voitures et nous avons également su faire face aux imprévus.
Dès la première journée, nous avons effectué les courses dans une ville qui se nomme Joinville à plusieurs kilomètres de notre village. Le partage du budget s’est fait naturellement, ceci démontre une bonne organisation collective et laisse présager une bonne entente du groupe.
Les déplacements se font par le biais de trois voitures conduites par nos deux professeurs et un étudiant, c’est toute une logistique.
Les journées étaient très intenses et fatigantes, à cause des entretiens et des déplacements qui se faisaient un peu partout dans la CODECOM. L’accueil des habitants était mitigé.
Nous avons eu un bon accueil de certains qui n’ont pas hésité à jouer le jeu de l’entretien et à nous offrir à boire et à manger. Nous avons d’ailleurs invité quelques villageois et personnes avec qui nous nous sommes entretenus à venir boire un verre dans notre gîte. D’autres habitants ont été plus sceptiques et se sont fermés pendant les entretiens, car une méfiance des inconnus s’est fait ressentir.


En plein travail

De bons mémoires

Le département de sociologie vous propose ici deux mémoires réalisés cette année dans le cadre des stages de terrain. Les stages de terrain du département de sociologie, inscrits dans une demi-mineure, ont lieu à la fin de la licence. Les deux mémoires suivant ont été écrit après enquête à Issoire.

Elsa De Morais : L’atteinte à la santé est une faute inexcusable: enquête sur le conflit de l’amiante à l’usine Alcan à Issoire

Le conflit de l’amiante à l’usine Alcan à Issoire (aujourd’hui Alcan/Rio Tinto, et anciennement Cégédur et Péchiney-Rhénalu) a débuté en 2004. L’usine a utilisé pendant des années de l’amiante pour isoler ses fours, tout en connaissant les risques encourus. Les travailleurs1 alors touchés assignent leur employeur pour faute inexcusable au tribunal des affaires de sécurité sociales (TASS).

Anna Pondard et Raphaël Thibeau : Les femmes dans les bars de la ville d’Issoire

Les bars, officiellement nommés « débits de boisson à consommer sur place », sont un lieu traditionnellement considéré comme un domaine « masculin », « viril ». C’est aussi le théâtre d’une socialisation particulière, de rencontres, d’interactions spécifiques. Ce lieu de commerce généralement associé à la convivialité, lieu public et théoriquement ouvert à tous, est dans les faits majoritairement investi par des hommes. La présence d’une femme dans un tel espace ne va pas de soi.

Huitième stage de terrain (2009-2010-n°3)

Stage de terrain à Noirmoutier

Le troisième et dernier stage de terrain de l’année universitaire 2009 / 2010, organisé dans le cadre de la demi-mineure “Pratique d’enquête��? (version stage intensif d’une semaine hors de l’Île de France) et encadré par Barbara Casciarri, Claudette Lafaye et Michel Samuel, s’est déroulé sur l’île de Noirmoutier (Vendée) du 6 au 13 février 2010.

Les étudiants, individuellement ou par groupes de deux, avaient prélablement choisi les thèmes d’enquête suivants :
– L’intégration des normes environnementales dans l’exploitation dans les milieux naturels : la perspective des exploitants,
– France-Turbot : plan de licenciement, une reconfiguration des liens entreprise-salariés,
– La réserve naturelle des marais de Mullembourg : cohabitation des espèces protégées avec les autres usagers de la réserve,
– Les controverses autour de l’urbanisation de la commune de Noirmoutier en l’ile : le cas d’une association de propriétaires,
– Histoire des représentations et représentation de l’histoire,
– Les effets de la crise halieutique sur le statut socioprofessionnel des femmes de marins-pêcheurs.

Voici quelques photos illustrant le déroulement du stage :

Les étudiants découvrent les plages de Noirmoutier

Toujours à la découverte de l’île : le bois de la Chaise

Un ostréiculteur explique son travail à Maarja

David prépare ses observations et leur enregistrement

Claudette réexplique par téléphone à une informatrice l’objectif d’un rendez-vous pris par Elsa

Un saunier présente son marais salant à Anne-Thérèse, Barbara et Maarja

Mélanie devant le port de pêche de l’Herbaudière

 

Retrouvez (en cliquant) les archives des stages de terrain organisés par le département de sociologie de l’université Paris 8.

Sixième stage de terrain (2009-2010-n°1)

Pour le premier stage de terrain de l’année 2009-2010, 12 étudiant-e-s et 2 enseignants sont parti-e-s du 5 au 12 décembre dans les environs d’Issoire (au sud de Clermont-Ferrand).
issoireEtabli-e-s dans une maison de vigneron transformée en gîte, ils/elles ont sillonné la région au gré des thèmes et des rendez-vous, obtenus à l’avance ou négociés sur place.
Au fil des entretiens et des observations, derrière le paysage d’une petite ville industrielle et de sa campagne, se sont découverts peu à peu des rapports sociaux, à chaque fois différents selon l’angle d’approche adopté par les étudiant-e-s.
De l’esquive à l’accueil chaleureux, du refus brutal à l’ouverture d’archives, de tentatives de contrôle de l’enquête à la mise en contact avec d’autres interlocuteurs, les apprenti-e-s chercheur-e-s ont fait l’expérience de la variété d’attitudes et surprises inhérentes à toute enquête de terrain.
Ingolf Diener et Nicolas Jounin
photo04
Prise de notes du soir

Notre sujet (les femmes dans les bars), était dense : des observations de plusieurs heures (version ‘maniaque psychopathe’, dans le style : « à 14h34, une femme d’environ 40 ans entre, elle va aux toilettes à 14h47, elle en revient à 14h49 »…), dans différents bars du centre-ville, nous ont permis de produire des données statistiques. De plus, nous avons mené quelques entretiens avec des client-e-s, le personnel et les gérants, établi des schémas spatiaux, etc. Tout s’est terminé sur une overdose de chocolat pour Anna, de café pour Raphaël.
Le centre-ville d’Issoire n’a plus de secrets pour nous, ni les coins sympas (et moins sympas) pour se restaurer ou boire un verre (de limonade… enfin, pas pour tout le monde…).
Côté gîte, la vie du kolkhoze s’est révélée pleine de rebondissements (les profs ont révélé leur véritable nature : ce sont des sociologues-garous…), ce qui a contribué à rendre le stage mémorable.
Anna et Raphaël

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Une observation participante sur la commercialisation du vin d’Auvergne

A l’instar de nos camarades de classe nous avons rencontré beaucoup de difficultés à négocier des entretiens. En effet nous avons enquêté au sein de l’hôpital sur les infections nosocomiales, nous avons dû changer notre identité et de stratégie d’approche à plusieurs reprises. Nous nous sommes présentées en tant qu’étudiantes en sociologie, étudiantes en droit, lycéennes et élèves. Les réactions n’ont pas été les mêmes selon notre présentation. Etudiante en sociologie : nous amène à la situation enquêteur enquêtés par la sociologie qui suscite des questions. Etudiantes en droit : cette présentation est un peu périlleuse, en effet nous avons des connaissances en droit limitées. Lycéennes et élèves : Une stratégie de confusion qui n’engendre pas de méfiance et peut-être même une confiance aveugle. Cependant nous avons eu à peu près dix entretiens, ce qui nous a permis de faire évoluer notre problématique.
A ceux qui partent bientôt en stage intensif, nous conseillons :
• De ne pas s’arrêter à une porte fermée.
• De bien gérer son temps par rapport à la retranscription (vous risquez d’être débordé donc de stresser et d’être improductif)
• Imprimer tous vos textes et toutes vos recherches avant de partir (VOUS N’AUREZ PEUT ETRE PAS D’ACCES A INTERNET)
Chaïma et Marine

Une semaine pour mettre en valeur nos « capacités » et « talents » des jeunes sociologues. Un stage de terrain qui nous a impressionnées. Nous avons appris de nouvelles méthodes et compris le rôle d’un sociologue sur le terrain…
Une semaine de plaisir en pleine campagne avec les meilleurs collègues et professeurs.
On a réalisé des entretiens avec des gens qui s’occupent des problèmes avec les déchets ; où on a découvert des nouvelles données, concernant notre problématique. Par rapport à notre expérience faite en Moldavie, nous avons découvert de nouvelles approches et méthodes.
Grand merci à tous qui ont contribué au développement de notre recherche !
Dorina et Maria

Il se trouve qu’à Issoire, il y a eu, et se poursuit toujours, un gros conflit sur l’amiante. Une grosse usine d’aluminium, reprise par Rio Tinto (grosse multinationale minière réalisant d’énormes profits), a été amiantée pendant des années sans que les salarié-e-s soient au courant du danger, alors même que la direction savait. Ils ont gagné ce conflit pour nombre d’entre eux, avec la mobilisation de la CGT et du CAPER (Comité Amiante Prévenir Et Réparer)
J’ai rencontré aussi bien certains salariés concernés, que des militants CGT et du CAPER.
J’ai aussi réussi à rencontrer l’ancien DRH.
Elsa
photo01
Au coeur de rapports sociaux conflictuels

Pour ce stage de terrain, nous avons choisi pour thème « les gens du voyage ».
Ce stage fut très intense et beaucoup trop court pour creuser notre sujet plus en profondeur et se détendre un peu…. Nous avons même dû annuler des entretiens par manque de temps….
Malgré tout, l’ambiance était très sympa, des affinités se sont créées même si quelques conflits ont pu émerger. Nous avons surtout apprécié de pouvoir partager une bonne bouteille de vin d’Auvergne avec nos professeurs après ces dures journées !
Gwen et Sophie

J’ai choisi pour thème le vin d’Auvergne. Je suis partie interroger les vignerons de la région, en cinq jours enchaîner de cave en cave fut très intensif. Après les entretiens, chaque vigneron auvergnat voulait faire goûter ses vins à la petite parisienne et cela tous les jours pendant une semaine. L’avantage de ce stage c’est que j’ai pu ramener à boire à tous les sociologues du gîte.
Soumaya

photo02
Une bande de sociologues occupe un hall d’immeuble

Stage de terrain (2009-2010, n°2)

Le deuxième stage de terrain d’une semaine, proposé aux étudiant-e-s inscrit-e-s en L3 de sociologie, dans le cadre de la demi-mineure “Pratique d’enquête?, vient de s’achever.

Il a eu lieu à La Bourboule, du 23 au 30 janvier 2010.

Le premier stage avait eu lieu à Issoire, en décembre 2009. Le troisième aura lieu sur l’île de Noirmoutier, du 6 au 13 février 2010.

En attendant un compte rendu plus complet, voici trois photos prises au cours du stage.

1. Réunion de travail pour préparer un entretien sur la crise du thermalisme à La Bourboule (Françoise de Barros, Marie Ménoret, Karim et Louacif).
photo1

 

2. Un entretien sur le lieu de travail de nos interlocuteurs : des producteurs de lait (les étudiants : Racine et Kacha).
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3. Enquêter sur les métiers liés à la pratique du ski exige parfois des sacrifices (Thomas, qui a accepté les sacrifices).”
photo3

Pour en savoir plus :
Les stages de terrain du département de sociologie sont organisés depuis quelques années. Ils ont fait l’objet de compte-rendus sur le site : stage 4, stage 1, stage 2, stage 3, stage 5. Depuis 2009, ils sont intégrés à une demi-mineure, “Pratique du terrain”.

Cinquième stage de terrain : l’Île de Ré

CINQUIÈME STAGE DE TERRAIN POUR LES ÉTUDIANTS EN LICENCE DE SOCIOLOGIE

L’Île de Ré n’accueille pas seulement des vacanciers et des résidents secondaires : du 8 au 15 novembre 2008, neuf apprentis sociologues de l’université Paris 8 ont séjourné à Ars-en-Ré pour étudier la gestion des marais salants (Adelin et Mohamed), la saliculture (Clotilde et Sébastien), la commercialisation du sel et du vin (Marine et Maude), la transmission des exploitations agricoles (Anna et Pauline) ou encore le fonctionnement de la presse locale (Kevin).

Deux enseignants encadraient ce stage : Claudette Lafaye et Michel Samuel, que sont venus rejoindre deux autres collègues “observatrices participantes?, Roser Cusso et Aline Hémond. Car il faudra l’année prochaine un groupe d’enseignants plus étoffé pour animer la demi-mineure “pratique d’enquête? que le département de sociologie va mettre en place pour les étudiants de L 3.


Réunion de travail dans le gîte : Claudette prépare avec les étudiants le programme des entretiens et des observations du lendemain (photo Sébastien).

Voici, pour illustrer ce que fut ce cinquième stage, quelques photos et quelques courts textes rédigés par les étudiants-stagiaires.

Un informateur inattendu !
Lors d’un entretien, les informateurs proposent souvent d’autres contacts. Ainsi c’ est un moment de surprise quand, à propos de la gestion des marais salants, le président d’un syndicat de propriétaires fonciers nous parle de moustiques.
– L’informateur : “Sinon, vous pouvez voir ceux qui s’occupent des moustiques.?
– L’étudiant (très lentement) : “Ceux qui s’occupent des moustiques ?”
Après quelques précisions, nous prenons contact et rencontrons le responsable de l’ “Entente Interdépartementale de Démoustication – Région Atlantique – Division Île de Ré?. M. Samuel, passionné par tout ce qui pique, nous accompagne. Le personnage est quelque peu atypique avec son Kangoo floqué du logo du service de démoustication, dont le coffre est rempli de sel, avec ses cigarettes dont l’odeur n’évoque aucune marque fumable et un insatiable besoin de bouger qui ne prend fin qu’une fois bien installé au bord d’un marais. L’éminent spécialiste de la géographie et de la sociologie des marais de l’Île de Ré se dévoile alors et avec lui 30 ans d’histoire de lutte contre les moustiques. Un seul bémol à cet épisode sympathique, la seule piqûre de moustique dans notre groupe a lieu à ce moment.? (Adelin)

Un de nos informateurs, retraité, ancien employé de la Direction Départementale de l’Équipement, toujours passionné par la surveillance et l’entretien des digues qui protègent la côte (photo Mohamed).

Collection d’individus et monde d’interconnaissance
“Avant l’arrivée sur le terrain, notre échantillon pour appréhender la question de la transmission des activités viticoles se résume à une liste de noms sous forme de tableau Excel. Surmontant le caractère totalement austère de celle-ci, nous partons avec quatre entretiens en poche, fruit d’un choix des plus hasardeux.
Ce n’est qu’une fois sur place que nous nous rendons compte, avec grand plaisir, que le hasard fait bien les choses. En effet, nos deux premiers informateurs, que nous imaginions étrangers l’un à l’autre, sont en réalité liés par la question de la transmission. Le second est l’un des deux repreneurs du premier.
Nous sommes tombées au cœur d’un monde d’interconnaissance. Il ne nous reste plus qu’à rencontrer le second repreneur qui n’est autre que le fils de notre deuxième informateur ( ou si vous préférez, le fils du premier repreneur ).
Poursuivant sur cette voie, nous avons rencontré des personnes liées à nos premiers “enquêtés?, mais également certaines connaissances d’individus interviewés par d’autres étudiants. Comme Christophe et Rémy, viticulteurs, maraîchers et neveux de Fernand, un saunier contacté par Clotilde et Sébastien? (Anna et Pauline).

Dans le hall d’entrée du “Phare de Ré”, Kevin, un peu anxieux, se prépare à assister à la réunion du comité de rédaction de l’hebdomadaire rétais (photo Aline).

Une trop grande « sensibilité » est-elle un obstacle ou un atout ?
Monsieur Terrolle nous l’a souvent répété en cours : ?Si on rate son terrain, l’important est de bien comprendre dans quelle mesure on l’a raté et de pouvoir l’expliquer?. Dans ce cas, mon erreur principale a été ma fascination pour un groupe d’amis, les jeunes sauniers, adorables et bavards, dont le monde m’était totalement inconnu et que je ne suis pas prête d’oublier. On a beau lire sur le sujet, connaître quelques termes techniques, rien ne peut préparer au choc d’une rencontre… Des affinités apparaissent… Suis-je trop sensible ?… Après ce stage, j’ai tendance à croire que je n’ai aucunement l’âme d’une sociologue. Mais pourtant je pense que la manifestation de sa sensibilité peut aussi amener les gens à s’étendre sur certains sujets, alors qu’ “ils n’ont a priori aucune envie de vous raconter leurs vies?, comme le dit encore Monsieur Terrolle…? (Clotilde).

Michèle, secrétaire de la coopérative des sauniers, explique à Clotilde son travail dans son marais salant (photo Aline).

De la théorie à la pratique
“C’est sur le trajet du retour que l’on réalise l’importance et la nécessité de ce stage, tant il est intense. Il est difficile de saisir, sur l’instant, la richesse de ce que nous avons eu la chance de vivre. Parmi les enseignements retirés de cette expérience, le plus inattendu et le plus riche provient certainement de notre informatrice principale, et ce, bien que Mme LAFAYE et M. SAMUEL nous aient proposé, avec toute la force de leur conviction, d’apprendre à déguster les huîtres et à savourer le Pineau.
En nous facilitant l’accès au terrain par la constitution d’une liste de personnes intéressantes à contacter, Michèle – saunière et membre du conseil d’administration de la coopérative des sauniers – nous a permis d’expérimenter un des phénomènes liés à la pratique de terrain : l’ “enclicage?. Ce passage de la théorie à la pratique permet de se confronter – souvent avec étonnement – aux réalités du terrain, et l’encadrement pédagogique de qualité permet d’appréhender le gouffre encore présent entre les sociologues en herbe que nous sommes et l’expérience de nos enseignants. Ces stages devraient être obligatoires.” (Sébastien)

À l’accueil de l’écomusée du marais salant, Marine, Clotilde et Maude cherchent à obtenir le nom de nouveaux informateurs (photo Sébastien).

Les rencontres ne prennent pas toujours les formes que l’on imagine !
“Lors de notre entretien avec le responsable commercial de la coopérative des vignerons, il y a méprise sur notre statut. Celui-ci nous prend pour deux étudiantes d’IUT “Tech de Co? et se lance dans une session de formation commerciale accélérée des deux stagiaires qu’il croit avoir devant lui. Pour nous qui nous intéressons aux différentes formes de commercialisation du vin et du sel sur l’île de Ré, c’est du pain béni. À la fin de son exposé, il nous propose de revenir faire un stage quand nous voulons ! “ (Marine et Maude).

Au bar “Les frères de la côte”, Mohamed, Sébastien et Maude, passionnés par ce que leur raconte un saunier.


IMG 8385 jpg : Adelin et Aline : utilisation des moyens de transport locaux et appropriation du terrain d’enquête (photo Sébastien).

Pour en savoir plus :
Les stages de terrain du département de sociologie sont organisés depuis quelques années. Ils ont fait l’objet de compte-rendus sur le site : stage 4, stage 1, stage 2, stage 3

Le quatrième stage de terrain

Du 5 au 12 Avril 2008 : quatrième stage de terrain pour les étudiants en licence de sociologie, une nouvelle fois à Brégnier-Cordon (Département de l’Ain)

Voici quelques photos et plusieurs témoignages d’étudiants :

1. Pique-nique des huit étudiants devant leur lieu d’hébergement, la Maison des Isles à Brégnier-Cordon (01). De gauche à droite : Laura, Aurélien, Djadja, Anna, Thomas, Souad, Virginie et Onyemah

« Pour des sociologues en herbe, ce stage est une initiative à saisir afin de mettre en pratique ce que nous avons appris et continuons d’apprendre auprès de nos enseignants…Paris 8 est l’une des rares universités à organiser un pareil stage ! La fac prend tout en charge (sauf la nourriture)…On y découvre nos compétences (qu’on sous-estime souvent) et nos lacunes (qu’on ne connaît pas forcément), auxquelles on peut remédier avec nos professeurs qui nous encadrent pendant le stage… Bref, tous à vos claviers lors des prochaines pré-inscriptions sur internet… » (Djadja)


2. Michel fournit quelques informations aux étudiants (Laura, Djadja et Thomas) sur la restauration des maisons anciennes à Morestel

“Les deux stages de terrain proposés chaque année sont l’opportunité pour les étudiants de sociologie (et d’ailleurs d’autres départements) d’enfin mettre en pratique les fondements théoriques dont on nous assaisonne régulièrement. Ma première impression en arrivant sur le lieu du stage (outre le dépaysement de la petite Parisienne qui débarque dans un village comme Brégnier-Cordon) a été de me dire qu’en fin de compte, une fois passées les premières appréhensions du terrain, ce n’est pas si difficile ! Un stage, c’est donc aussi l’occasion de se redonner confiance en soi et en ce que l’on fait.? (Anna)


3. Michel et Virginie : « debriefing » après un entretien dans la salle commune de la Maison des Isles

“Ce stage de terrain a été pour moi très enrichissant pour ce qui concerne l’apprentissage pratique des techniques d’entretien… Il m’a permis de pouvoir mieux structurer ma pensée : comment rassembler les informations spécifiques nécessaires à l’élaboration d’une problématique, et dans un second temps comment traiter et analyser les données recueillies…C’est pourquoi je trouve que ce stage de terrain est d’une importance capitale dans l’apprentissage concret, pratique du métier de sociologue. Il est un passage obligé, sorte de rite initiatique afin de se rendre compte des réels enjeux de cette profession. De plus en tant qu’étudiant en ethnomusicologie, ce stage a été l’occasion d’affiner ma vision du rôle de la sociologie, en le vivant de l’intérieur. Bref une expérience pratique extrêmement bénéfique dans un parcours universitaire plutôt théorique, tant sur le point de vue méthodologique qu’ humain. Merci à toutes celles et ceux qui rendent possible de telles expériences.’ (Aurélien)


4. Ingolf et Aurélien devant une vitrine exposant des outils anciens au Musée des traditions vigneronnes à Vongnes (01)

« Le stage de terrain proposé par M.Samuel et I.Diener nous plonge dans la réalité de la sociologie. J’ai pu avoir l’opportunité, à l’occasion de cette enquête, de vérifier mes connaissances théoriques et de me confronter à la pratique : observation, enquête, orientation dans le site, méthode de travail.
Le grand intérêt ou la chance de ce stage est d’être accompagnée et soutenue dans la découverte et l’analyse des dimensions de notre travail, par un suivi exigeant et patient de nos deux professeurs. De plus d’autres intervenants (Claudette Lafaye, Nicolas Jounin, André Julliard) apportent des points de vue et des approches variés et enrichissants. Venant du département ethnomusicologie, l’approche sociologique m’a permis d’accéder à des outils et à des analyses pertinentes. J’apprécie notamment l’élaboration minutieuse du carnet de terrain qui favorise, entre autres, une appropriation de son sujet à travers une mémorisation et une concentration.
L’ambiance du stage est vivifiante et joyeuse. L’air vif de la montagne, la beauté du site, la personnalité forte des étudiants rencontrés, la gentillesse et la disponibilité de nos professeurs, la qualité de l’enseignement, tout comme les conditions où nous eu la chance de travailler font de ce stage, professionnellement et humainement, un moment rare. » (Laura)


5. Nicolas accompagne une étudiante dans un entretien avec un vigneron

« C’est par curiosité, mais aussi par soif de vivre une expérience originale, que j’ai participé au stage proposé en avril par le département de Sociologie de Paris 8. Les enseignants nous ont guidés pas à pas dans la construction de l’étude que nous avions choisi de mener. Merci à M. Samuel et I. Diener, ainsi qu’aux autres professeurs (Claudette Lafaye et Nicolas Jounin) venus nous rejoindre, pour leur patience et leurs encouragements dans la construction de notre problématique.
Ce stage pratique m’a permis d’éprouver des techniques d’entretiens et surtout de mener une réflexion sur la position du sociologue “en action”.
Je retiens de cette expérience beaucoup de plaisir et le sentiment de pouvoir, un jour, devenir moi-même, qui sait? une super sociologue! » (Onyemah)

Auparavant

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Un troisième stage de terrain pour les étudiants en licence de sociologie

UN TROISIÈME STAGE DE TERRAIN POUR LES ÉTUDIANTS EN LICENCE DE SOCIOLOGIE

Après les deux stages de terrain organisés l’année dernière dans la région Rhône-Alpes (département de l’Ain), un nouveau stage a été proposé aux étudiants en licence de sociologie au cours du premier semestre de l’année universitaire 2007/2008, cette fois dans la région Auvergne, plus précisément à Bergonne, petite commune située à 5 kilomètres d’ Issoire.

Après six séances de préparation au cours desquelles les étudiants ont choisi leur thème d’enquête, rassemblé une documentation et pris des premiers contacts, les 13 étudiants inscrits, encadrés par deux enseignants, Françoise de Barros et Michel Samuel, ont effectué entretiens et observations sur le terrain pendant huit jours. Puis ce fut la phase de l’analyse des données et de l’élaboration des rapports d’enquête.

Les treize étudiants stagiaires et leurs deux enseignants
Les treize étudiants stagiaires et leurs deux enseignants, à la gare de Clermont-Ferrand, avant le retour sur Paris

Les titres des rapports montrent la diversité des thèmes abordés :

  • – Histoire du vignoble de la commune de Boudes,
  • – Préenquête sur le bassin d’emploi de la Communauté de communes « Bassin Minier Montagne »,
  • – Les migrations internationales dans un bassin minier d’Auvergne,
  • – L’évolution des pratiques alimentaires,
  • – L’entrée en politique et le parcours d’élue municipale de quatrre femmes élues en milieu rural,
  • – La diversité de l’offre de logements locatifs dans la Communauté de communes « Lembron-Val d’Allier »,
  • – L’implication des parents dans les activités péri et extrascolaires de leurs enfants,
  • – Les loisirs des jeunes de 15-25 ans à Brassac-les-mines,
  • – Les élèves du lycée agricole Saint-Joseph

Quant aux petits textes élaborés par les étudiants, ils sont révélateurs de l’ambiance dans lequel s’est déroulé le stage !
“A Bergonne, il existe un endroit chaleureux et accueillant : la maison-gîte des Bardiau. Une fois que l’on sait se repérer dans les couloirs, escaliers et diverses portes, tout va bien, même si le dimanche matin, Niakhalé errait dans les couloirs et cherchait encore sa chambre. Mais les nuits n’y sont pas si calmes : il faut supporter les ronflements de Cyprien, les promenades intempestives des chats sur les lits et le fantôme qui rode dans la cour (Carolina est la seule à l’avoir rencontré). »

Vue du gîte où étaient logés étudiants et enseignants
Vue du gîte où étaient logés étudiants et enseignants, depuis la cour intérieure

“Malgré nos appréhensions de Parisiens ou de Banlieusards, nous avons été agréablement surpris par l’accueil que nous avons reçu des enquêtés : pas un ne nous a mangés !!! Nous sommes même repartis le ventre plein ou les yeux pétillants notamment pour les étudiant(e)s qui avaient choisi comme sujet la viticulture…?

“On a pu tester les limites du travail d’équipe quand, au cours d’un entretien, l’un ou l’une d’entre nous est en mode veille et se rallume soudainement en répétant exactement la question posée 10 minutes auparavant ! Ne le répétez pas à Arnaud ni à Julia : ils ne s’en sont pas rendus compte?.

“Les stages de terrain révèlent les personnalités… et c ‘est d’autant plus vrai pour Françoise. A ceux qui l’ignoraient, nous avons décidé de dire la vérité vraie : Françoise a, dans une autre vie, été pilote de F1. Cette passion honteuse ne pouvant être assouvie en temps normal (c’est quand même délicat entre Clermont-Ferrand et Paris), notre enseignante a lâchement profité de la semaine de stage pour s’adonner à ces pratiques violentes et dangereuses. Tous les Kangoo-riders peuvent en témoigner. Mais rassurez-vous, en général, elle prend le train…?

Auparavant…
2e stage de terrain, avril 2007
Premier stage de terrain, octobre 2006

31 mars / 7 avril 2007 : deuxième stage de terrain

31 mars / 7 avril 2007 : deuxième stage de terrain à Brégnier-Cordon (01) pour les étudiants de la licence de sociologie

Tout comme le stage de terrain du 1er semestre (cf. archives novembre 06 du site), celui du 2ème semestre s’est déroulé à Brégnier-Cordon (01).
Y ont participé, cette fois-ci, sept étudiant(e)s de L1 à L3, encadrés par Ingolf Diener et Michel Samuel, avec le concours de Françoise de Barros.


Avant le retour sur Paris, Kheïra photographie ses six collègues étudiants et les deux enseignants qui ont accompagné le stage, sur le parking de la Maison des Isles, le lieu d’hébergement.

A la différence de la première expérience, les étudiant(e)s ont choisi  leurs sujets avant le départ et pris les premiers rendez-vous avant d’arriver sur place.


Ingolf, James et Kheïra prenant rendez-vous à l’accueil de la mairie des Avenières.


Kheïra prend rendez-vous durant un trajet en voiture.

Les enquêtes se sont organisés autour de cinq thèmes :

· Anaïs : la transmission des exploitations agricoles
· Clémence et Elsa D : l’agriculture biologique, pratiques et représentations
· Elsa D : la Confédération paysanne dans l’avant-pays savoyard
· Kheira et Souphian : le skatepark des Avenières, un équipement urbain en milieu rural
· James : l’urbanisation en milieu rural.

ANA?S

Une recherche sur la transmission des exploitations agricoles suppose l’acquisition de quelques réflexes quand on mène un entretien autour des
structures familiales. Ce petit dialogue entre un enseignant et une étudiante, lors de l’analyse d’un entretien, l’illustre.
– L’étudiante : “Il a transmis son exploitation à son petit neveu, qui est en GAEC avec son père.?
– L’enseignant : “Le père, c’est le fils de sa soeur ou le mari de sa nièce ??
– L’étudiante : “Je ne sais pas.?
– L’enseignant : “C’est sa soeur aînée ou cadette ??
– L’étudiante : “Euh….?
– L’enseignant : “Il a eu des enfants à qui il aurait pu transmettre ??
– L’étudiante : “…?
– L’enseignant : “Il va falloir rappeler pour complèter !?
– L’étudiante : “Oui, je crois !?

CLÉMENCE & ELSA M.

Nous sommes parties avec une vision très abstraite du “bio?. Nos enquêtes sur les lieux de commercialisation des produits bio, mais surtout nos rencontres avec des artisans (artistes ?) du bio, fortement engagés au quotidien, entreprenants, innovants, ayant une approche globale du rapport à la nature, nous ont permis de découvrir des réalités concrètes assez complexes.
Une semaine de stage à plein temps nous a permis d’être de plus en plus à l’aise avec notre sujet, de creuser notre problématique et de faire
évoluer nos entretiens en prenant en compte les observations d’Ingolf et de Michel.
Ce stage, c’est aussi une manière originale de rencontrer des étudiants et des professeurs dans un environnement agréable !


Clémence s’étonne de découvrir la diversité des labels présentant la viande dans un rayon de supermarché.


L’exploitation d’une de nos informatrices bio, dans l’avant-pays savoyard

ELSA D.

Le thème que j’avais choisi avant le départ était “la Confédération Paysanne?. Le siège de Savoie de cette organisation paysanne m’a
transmis les coordonnées de cinq adhérents. Au cours des rencontres avec ces agriculteurs, mon questionnement s’est précisé. Quel est le profil
des militants de la Confédération Paysanne dans l’avant-pays savoyard ?
Cette étude m’a aussi permis de découvrir certaines réalités du métier d’agriculteur et du monde agricole.

JAMES

M’intéressant à l’urbanisation en milieu rural, j’ai étudié une opération en cours dans la commune des Avenières, le projet
d’aménagement de l’îlot Nord. Mais les transformations urbaines ont une longue histoire, que j’ai cherché à illustrer par la démarche suivante :
en respectant les mêmes angles de prise de vue, j’ai photographié l’aspect actuel des rues du centre du bourg pour le comparer avec les
cartes postales anciennes datant du début du XX° siècle.

KHE?RA & SOUPHIAN

Avant de partir sur le terrain, nous avions l’idée de travailler sur la sociabilité et les loisirs liés aux équipements culturels et sportifs
d’une commune de l’Isère : Les Avenières. Lors d’un premier repérage, nous avons été surpris de constater l’existence d’un skate park, soit un
équipement de la culture urbaine en milieu rural. Pourquoi cet équipement ? Quelles pratiques se sont développées à partir de lui ?
Nous avons cherché à répondre à ces questions en interrogeant le maire, deux animateurs du centre social, le président de l’association des
skaters, en étudiant des documents et des articles dans les archives municipales, en faisant des observations in situ.


Le skate park des Avenières : un équipement de la culture urbaine en milieu rural.


Des pratiques observées sur le skate park : deux enfants évoluant en roller, deux autres utilisant un module comme toboggan.

Pratiques de découvertes et découvertes de pratiques

PRATIQUES DE DÉCOUVERTE ET DÉCOUVERTE DE PRATIQUES, à cent trente lieues de PARIS 8

textes : Agnieszka, Angélica, Bettina, Chams, Icela, Ingolf, Ismaël, Léandre, Malika, Michel, Nabila et Stanislas
choix et légendes des photos : Amy et Hawa

STAGE DE TERRAIN (28/10-4/11/06) à Brégnier-Cordon (01) –
Ont participé 12 étudiants en L3, encadrés par Ingolf Diener et Michel Samuel, avec le concours d’André Julliard (CNRS), ethnologue chargé de créer un musée sur “Le Rhône, sa vie et ses hommes” à Brégnier-Cordon, lieu d’un des six «aménagements» du Haut-Rhône réalisés par la Compagnie Nationale du Rhône. Depuis 1984, un barrage détourne le débit principal du fleuve dans un canal de dérivation pour alimenter une centrale hydroélectrique et y laisse, avec un désormais “vieux Rhône”, un écosystème bien modifié” (Agnieszka et Ingolf).

douze etudiants cascade de Glandieu
“Les douze étudiants et les deux enseignants devant la cascade de Glandieu, près de notre lieu d’hébergement”

“On s’est retrouvés dans ce hameau au bord du Rhône, entourés de vaches et de moutons. Une boulangerie à deux minutes, puis rien à dix kilomètres à la ronde. À la fois loin du tumulte urbain et proche du “silence” de la nature, on se retrouve un peu soi-même” (Chams).
“Douze étudiants, huit filles dont deux végétariennes, six dîners à préparer. Cette équation n’aurait pas trouvé de solution sans le sens des responsabilités de certaines. Cela aurait pu prendre des allures militaires sans l’exubérance de certains. Ce séjour nous aura appris l’importance du temps consacré à l’intendance dans un groupe aussi hétérogène” (Ismaël et Léandre).

Pique nique premier jour
“Pique-nique, le premier jour, au bord du “vieux Rhône”

“Au bout  d’une semaine,  le groupe a été un  vrai acteur de sa formation. Il y avait une volonté de faire de cette  dernière une vraie expérience d’échanges socioculturels, avec un grand désir d’apprendre.  Et de l’esprit critique  et une curiosité  infinie.   Une semaine qui  a permis la naissance d’une vraie expérience humaine et surtout la naissance d’une histoire, une histoire de groupe” (Malika).
“La promiscuité a permis une explosion d’interactions dans une bulle sociale et culturelle, dont le contexte est représentatif de la diversité de nos origines : sénégalaise, mexicaine, colombienne, polonaise, française et algérienne (kabyle). Un va-et-vient entre ces cultures a permis à chacun de transmettre et d’apprendre des pratiques multiples, comme les danses, les cuisines et les langues” (Bettina et Nabila).

echange culturel danse dans le gîte
“Échange culturel autour de la danse, le soir dans notre gîte (La Maison des Isles du Rhône)”

“Accompagner des étudiants sur le terrain permet de préparer collectivement chaque moment de recueil de données, de mettre en débat les impressions que chacun retire des entretiens ou des observations réalisés ensemble, et, à travers des échanges, de faire surgir des thèmes d’étude et de construire pas à pas des questionnements, ceux des autres et le sien” (Michel).

place de l église de brangues ancien maire Max Bataillon nous parle des inondations du Rhône
“Sur la place de l’église de Brangues, l’ancien maire, Max Bataillon, nous parle des inondations du Rhône”

“Ce stage fut l’occasion de partager nourriture et boissons entre étudiants et enseignants. Nos “maîtres” n’ont perdu ni leur savoir ni leur charisme, mais leurs bureaux. Remercions André Julliard, qui nous a montré un avenir possible de notre formation. Celui-ci connaît le terrain : il a partagé avec nous orientations et informations” (Angélica et Icela).
“Rendu curieux par le dépaysement, chaque étudiant a construit une problématique à partir des particularités locales de ce terrain : tourisme, identités, peupliers, symbolique, pêche, mémoire, moutons. Chaque démarche personnelle a orienté le choix des entretiens et des observations à réaliser” (Stanislas).

Notre salle de travail
“Notre salle de travail dans notre lieu d’hébergement”