Que font les étudiants (avec leur logement) : saison 2

Vous trouverez ci-dessous une sélection de « 4 pages » présentant les résultats d’une enquête quantitative sur le logement étudiant. Deux ont été réalisés par des étudiants de licence de sociologie de Paris 8 et quatre à Paris 10 – Nanterre dans le cadre d’une collaboration entre nos deux départements (qui a commencé il y a deux ans).
Cette année l’enquête (au 1er semestre) et son exploitation (au 2nd semestre) ont été encadrées par : Fanny Bugeja, Frédérique Leblanc, Audrey Amougou, Matthieu Hely, Yasmine Siblot, Camille Peugny et Marie-Paule Couto.

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Subjectivité et Objectivité du confort

La condition subjective des étudiants reflète-t-elle la réalité de leur condition de vie au sein de leur logement ?
Amélie BIZART & Alex MILLET
Dans le cadre d’une enquête par questionnaire effectuée en 2013, les étudiants enquêtés devaient évaluer le confort de leur logement actuel sur une échelle de 0 à 10. Nous avons donc obtenu un indice statistique de confort qui renvoie à une condition subjective. Nous entendons ici par condition subjective la perception que les étudiants ont de leur logement. Par opposition, la réalité de leurs conditions de vie correspond à un « état objectif » de leur logement, mesuré à l’aide de critères jugés d’ordinaire pertinents, tels que le nombre de pièces ou le taux d’équipement.
Dans la présente recherche, il s’agit alors de distinguer et de confronter trois manières d’appréhender le confort du logement des étudiants : ce que les étudiants pensent des conditions de leur logement, leurs conditions de logement « objectives » et leurs pratiques. Autrement dit, nous allons ici déconstruire l’indice statistique de confort afin de connaître le rapport des étudiants avec leur logement, et plus particulièrement avec leur appréciation du confort

Les étudiants étrangers expatriés (EEE) et leurs conditions de logement

Maxime Bello et Sisa Calapi
Les étudiants étrangers expatriés (EEE) et leurs conditions de logement
Au sein des universités françaises, la part des étudiants étrangers expatriés (EEE1) ne cesse de grandir. Ils viennent souvent d’autres pays européens, de l’Afrique francophone, ou bien plus récemment de l’Asie du Sud-Est pour mener leurs études en France2. Dans ce contexte, si l’Ile-de-France est la région qui connaît le plus cette affluence, il n’en reste pas moins que, récemment, certaines régions telle que la Bretagne ont aussi connu une forte augmentation de leurs effectifs d’EEE, si bien que leur capacité d’accueil n’est pas à même de recevoir autant d’étudiants. Pour cause, le parc immobilier public, notamment CROUS, n’est pas adapté du fait de son sous-développement3. Pour un EEE, trouver un logement peut donc s’avérer être une épreuve de taille.
En se fondant sur des résultats obtenus à partir de la population estudiantine en 3ème année de licence au sein des universités de Paris Ouest et de Paris 8, cette enquête à pour objectif d’apporter quelques éléments qui puissent servir à identifier les inégalités entre étudiants en termes de conditions de logement et, de manière corollaire, d’inégalités de conditions d’étude.

Le logement dans la prise d’indépendance de l’étudiant

Aurane Enjolet et Pierre Barouh
Où vit-on à l’âge des études supérieures ?
Dans quelle mesure la dépendance financière est-elle nécessaire à la réussite universitaire ? Comment expliquer les degrés d’indépendance ?
Comment concilier études et désir d’autonomie ?

Les étudiants vivant en logement indépendant, Quel coût de l’autonomie?

Tissier Mélanie, Haincaud Agnès
D’après une enquête par questionnaire effectuée auprès de 1 604 étudiants de troisième année des Universités de Paris 8 et Paris 10, on observe qu’accéder à son logement propre permet une certaine prise d’autonomie mais que cela entraine également de nombreuses contraintes. La moitié des étudiants ayant décohabité sont issus de milieu sociaux élevés et un quart de ces derniers vivent en couple. En ce qui concerne la réalisation autonome des tâches ménagères, il apparait clairement que les étudiants qui vivent en logement indépendant sont plus nombreux à les réaliser. L’ascension résidentielle modifie la gestion financière et impacte le niveau de vie.

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L’accès au logement indépendant est-il un phénomène sexué ?

Ambre MOURIER et Brandon STINVIL
Une enquête sous forme de questionnaire a été réalisée par des étudiants en L2 de Paris 10 et Paris 8 en 2013. Ce questionnaire s’intéressait en particulier au logement et habitat des étudiants de troisième année des universités de Nanterre et Saint-Denis. Cette enquête a réussi à obtenir 1604 réponses d’étudiants. Notre recherche s’est portée spécifiquement sur l’accès au logement indépendant selon le genre. On a donc comptabilisé 1536 étudiants dont 999 filles et 537 garçons. La part des étudiants vivant chez leurs parents est élevée puisqu’elle s’élève à 57,42%. Cependant, quel est le lieu de résidence des autres étudiants ? L’accès à l’université implique parfois une décohabitation pour poursuivre les études choisies. On peut donc se demander si l’accès au logement indépendant est un phénomène sexué ?

Le logement étudiant et le rôle de l’autonomie et de l’indépendance

par Julien BOITEL et Basile NOEL

Du fait de la durée plus longue des études et de la difficulté à accéder à un logement, il y a une tendance à la décohabitation qui se fait de plus en plus tard chez les étudiants. Pour autant, grâce au questionnaire distribué dans les universités Paris 8 et Paris 10, nous observons qu’il reste une partie des étudiants quittent le domicile familial. Avoir son propre logement et être financièrement indépendant sont des variables qui nous permettent alors de nous interroger sur la vie de ces étudiants.
Nous allons donc chercher à savoir comment l’autonomie et l’indépendance influent-elles sur le logement des étudiants. Nos hypothèses sur lesquelles se dressent ce questionnement sont que les étudiants décohabités dont les aides financières des parents ne représentent pas la principale source de revenu peuvent être considérés comme indépendants et que l’envie d’indépendance et/ou d’autonomie est la principale raison de décohabiter. L’objectif est donc de se rendre compte ce qui pousse l’étudiant à décohabiter. Nous verrons dans une première partie les différentes variables de la décohabitation. Puis dans une deuxième partie, nous étudierons la part des ressources familiales dans le logement des étudiants qui jouent sur leur indépendance. Et enfin, une troisième sur l’autonomie via les tâches ménagères.

Les 4 pages de l’année dernière sont ici : http://www2.univ-paris8.fr/sociologie/?p=5693