Jean-François Laé sur France Culture

Jean-François Laé, professeur de sociologie à l’université Paris 8, participe à l’émission “Surpris par la nuit”, sur France Culture, jeudi 21 mai 2009.

Jeudi 21 mai
De 22h15 à 23h30
Et en podcast 24h après sa diffusion
mercredi
Surpris par la nuit

Surpris par la nuit

Mains courantes, écritures ordinaires

Par Christophe Deleu et Anna Szmuc
Avec l’aide précieuse de Jean-François Laé

La main courante rassemble, selon Jean-François Laé (Les nuits de la main courante, Stock), une multitude d’échanges écrits entre collègues de toutes sortes de métiers. La main courante la plus connue, c’est bien sûr celle des policiers. La main courante, dans une acception plus large, permet un aménagement du quotidien, ou tente de régler un problème. C’est une écriture elliptique, répétitive, peu élaborée, aux nombreux signes et codes. On pense aux mains courantes des capitaines de bateaux dont on retrouve l’équipage mort.

La main courante, c’est parfois une corvée, une obligation à écrire, à consigner. Mais c’est aussi un outil de mise à distance, de problèmes, d’individus. Elle a pour obligation d’être précise.

La main courante est aussi parfois le seul échange entre professionnels qui se croisent à peine, afin d’assurer la continuité d’un service, le bon déroulement d’une procédure à respecter : des renseignements sur un patient hospitalisé, nécessaires aux personnels qui se relaient à son chevet. Elle permet au personnel isolé de rompre avec sa solitude par l’écrit.

Dans cette émission, je souhaiterais « revaloriser » ce type de parole ordinaire, en la donnant à entendre. La main courante, par définition, est denrée périssable, elle est écrite sur des documents qui sont détruits au fur et à mesure. En la plaçant au centre de l’émission, on fait quitter à la main courante son statut d’écriture privée, vouée à l’oubli. Par sa lecture, on met aussi en avant son rythme propre, son langage qui ne cherche pas à plaire ni à séduire, mais se fixe comme objectif de transmettre avant tout.

Avec : Arlette Farge et Philippe Artières, historiens et Jean-François Laé, sociologue.

Extraits des livres : Le Cours Ordinaire Des Choses d’Arlette Farge
Les nuits de la main courante (Stock)
La fabrique des jeunes gens tristes de Keith Gessen (Editions de l’Olivier)

Lus par Iris Deroeux, Caroline Ducey, Nadia Lochert, Alain Chanel, Xavier Delcourt, Richard Herlin et Jérôme Sandlarz

Extraits des films :
Dossier 51 de Michel Deville
Le nouveau monde de Terence Malick
Camille Claudel de Bruno Nuytten
Vivement dimanche de François Truffaut
L’enfant sauvage de François Truffaut

Prise de son : Michel Maistre
Mixage : Michel Creis
Coodination : Anne-Vanessa Prévost