Archive for février, 2008

Quelques nouveaux cours

Grands Courants de la Sociologie et de l’Anthropologie : « La société à deux » – Une introduction à la sociologie de l’interaction. Lundi 18-21 heures. Axel Pohn-Weidinger
Trois questions principales ont façonné le raisonnement des sociologues depuis la naissance de la discipline : « comment un ordre social s’établit-t-il ? », « quels sont les facteurs qui déterminent le changement social ? », et : « qu’est-ce qu’une action ? ». L’objectif de ce cours sera de reconstruire la démarche d’un certain nombre d’auteurs qui se sont interrogés sur la dernière des trois questions, à savoir comment les individus arrivent à agir et à interagir, dans l’immédiat des relations face à face. Quelles sont les régularités et règles implicites des interactions éphémères et apparemment anodines qui tissent la trame de notre vie quotidienne, comment le/la sociologue peut-il/elle les décrire, et qu’est-ce qu’ils nous disent par rapport à une société donnée ? Notre point de départ sera une première formulation du concept d’interaction chez Simmel, en passant par des auteurs comme Mead, Blumer, Goffman, Schütz, et d’autres, pour enfin déboucher sur la théorie critique d’Axel Honneth.

Les étudiant(e)s auront à lire un texte par semaine. Le cours sera basé sur les lectures et sur un exposé approfondi délivré par un/e étudiant/e, qui engagera une discussion critique des concepts en question. Une bibliographie détaillée sera donnée en début de cours. L’évaluation sera basée sur l’exposé et sur la participation au cours (oral et par écrit).

Textes classiques de la sociologie – Axel Pohn-Weidinger, jeudi de 15 à 18 heures.
Depuis l’entrée en scène de la sociologie au milieu du XIXe siècle, la question de l’ordre sociétal et celle du changement social ont occupé une place centrale dans la réflexion sociologique sur la société. Quelles sont les forces qui contribuent à ce qu’un ordre sociétal se maintienne ? En quoi la société contemporaine diffère-t-elle de celle qui lui a précédé ? Quels sont les processus qui entraînent la transformation d’une société ? Restées irrésolues, ces questions ont donné naissance à une multiplicité de modèles sociologiques différents, qui sont autant de tentatives de réponse. Chaque nouvelle génération de sociologues a postulé aussi bien l’avènement d’une nouvelle société que la disparition d’une autre, si bien que la société moderne s’est ainsi substituée à la société traditionnelle, la société post-industrielle à la société industrielle, la société du risque à la société de classes, la société postmoderne à la société moderne, et ainsi de suite. Selon les auteurs, il faut attribuer ce changement à la rationalisation de l’action, à l’individualisation, à la civilisation des mœurs, à la division du travail, à la fin du travail, etc. L’objectif de ce cours sera de reconstruire quelques-unes de ces tentatives visant à conceptualiser aussi bien la structure que le changement des sociétés, dont les auteurs ont, par la suite, acquis le statut de « classiques » : Weber, Durkheim, Elias, Bell, Foucault, Beck et d’autres.

Chaque semaine, les étudiants devront lire un texte sur lequel le cours portera, et l’un d’entre eux fera un exposé approfondi engageant une discussion critique des concepts en question. Une bibliographie détaillée sera donnée en début de cours. L’évaluation reposera sur l’exposé ainsi que sur la participation (orale et écrite) au cours.

« 1968-2008 : 40 ANS DE MOBILISATIONS ETUDIANTES EN FRANCE », Claudette Lafaye, cours « Questions de sociologie » intitulé « Action collective, action publique » (jeudi 9h-12h)

En cette année du quarantième anniversaire de mai 1968 et de la fondation de l’Université Paris 8, Claudette Lafaye consacrera l’EC « Questions de sociologie » intitulé « Action collective, action publique » (jeudi 9h-12h), à la question des mobilisations étudiantes en France depuis 1968.
A partir d’une lecture d’un ensemble de travaux sociologiques ayant pris pour objet les principaux mouvements étudiants qui se sont succédés depuis 1968, mais aussi de témoignages d’acteurs, on s’interrogera sur le caractère quasi incontournable de la référence à mai 1968 et sur les effets que celle-ci produit sur les mobilisations ultérieures. On sera attentif à distinguer, au delà de la constance de cette référence, deux types de déplacements :
les déplacements empiriques qui se font jour d’une mobilisation à l’autre (contexte, acteurs en présence, formulation des problèmes, nature des revendications, répertoire d’action, etc.) et les déplacements qui ont trait aux manières d’en rendre compte (construction de l’objet, hypothèses de recherche, cadre d’analyse théorique, etc.). En parallèle de cette réflexion, les participants traiteront et analyseront (en les complétant éventuellement), des données recueillies par questionnaires et par entretiens, dans le cadre d’un atelier/cours alternatif, sur la mobilisation contre la loi LRU.

I. Socio-anthropologie des minorités et des groupes marginalisés, Marcelo Frediani, Vendredi 12h-15h Domaine Anthropologie 3 & 4 (235298)
Ce que l’on appelle la socio-anthropologie est une démarche de recherche essentiellement interdisciplinaire, qui vise à étudier des groupes sociaux en leur propre contexte de vie. Dans une perspective ethnographique post-colonialiste ; sur base de l’analyse sociologique, la discipline s’inscrit au cœur des sociétés contemporaines cherchant à analyser l’évolution des multiples groupes et la formation des identités dans leur contexte et ainsi comprendre la multiplicité du vivre ensemble dans le monde actuel. Le cours donnera dans un premier temps des bases théoriques de l’étude socio-anthropologique des minorités et groupes marginalisés vivant dans les sociétés capitalistes avancées pour ensuite se pencher sur l’analyse de plusieurs exemples de recherche : « les groupes alternatifs » à la société capitaliste avancée, la contre-culture, les groupes alternatifs aux soins psychiatriques, les groupes Tsiganes en Grande Bretagne et d’autres minorités ethniques vivant en Europe.
Contrôle des connaissances :
1. Présentation en classe d’une lecture critique de textes proposés ou d’un travail personnel sur base des lectures proposées
2. Présentation d’un dossier de lectures
Bibliographie : sera donnée en début de cours.

II. Questions en Anthropologie Sociale Britannique : Textes et contextes, Marcelo Frediani, Jeudi 18h-21 Grands Courants (2236743)
Ce que on appelle l’Anthropologie Sociale Britannique en tant qu’une spécifié nationale est, selon certain auteurs (Kuper : 1973), une discipline qui historiquement a eu une vie très courte : allant de 1920 à 1970. Notre cours vise à donner une vision panoramique des études anthropologiques au Royaume Unie à cette période au travers étude de quelques textes fondateurs d’auteurs comme B. Malinowski, E. Evans-Pritchard, R. Firth, A. R. Radcliffe-Brown, M. Douglas ainsi que d’auteurs actuels. En outre, les questions de l’Anthropologie Politique et Economique, ainsi que de l’anthropologie de la religion seront abordées dans la perspective de montrer l’influence de la tradition dans les recherches actuelles.
Contrôle des connaissances :
1. Contrôle continu : Exposé oral d’un sujet du cours au choix ou d’un travail de réflexion personnelle
2. Examen oral : questions sur le cours
Bibliographie : sera donnée en début de cours.

Sociologie juridique et usages sociaux du droit- Zeghoudi Fathia- lundi 18-21 h
Ce séminaire est conçu en étroite collaboration avec le séminaire d’observation sociologique du tribunal de Bobigny organisé par JF Laé. Dans une perspective sociologique, il s’agira d’appréhender les phénomènes juridiques en se penchant notamment sur les phénomènes de juridicisation et de judiciarisation de la société moderne.
De même, le séminaire se conçoit comme une initiation à la sociologie pénale par l’analyse critique des phénomènes de délinquance, incivilité et insécurité. Le tout se fera à partir de l’étude de textes – des plus classiques (Durkheim, Tarde, …) aux plus récents (Wilson & Kelling, Mucchielli, Roché, …)- et par l’analyse des notes d’observation réalisées au tribunal.
L’évaluation comprendra une dimension écrite (notes d’observation, analyses de textes,….) ainsi qu’une dimension orale (participation, exposés, …).

Mardi 12h-15h Urban sociology, L3 – Claire Lévy-Vroelant
The course develops central perspectives on urban structuration, formation and transformation processes, based on a critical lecture of classical and current literature and research in urban sociology.
After a general presentation of possible definitions and approaches of the urban phenomenon, differents figures of the city will be discussed: interactions and identities; juxtapositions and neighbourhoods, circulations, mobility and temporality. The link between social and spatial, and their different possible expressions will be studied.
There will be also a focus on the way current « urban problems » are defined by media (like « Politique de la Ville » in France). Each of these topics will be discussed in reference to one or several key articles which have to be read and discussed by all participants.

Cours en 1ère année de Licence de sociologie : Lecture et traitement des catégories statistiques (niveau 1), second semestre, vendredi de 12 h à 15 h, Sébastien Bauvet
Les statistiques constituent un domaine essentiel de la sociologie, puisque cette dernière est conduite à manipuler et/ou à recueillir des données pour nourrir ses hypothèses ou appuyer ses analyses. Ce cours aura pour objectifs de familiariser les étudiants avec les notions et les outils relatifs aux statistiques descriptives (c’est-à-dire concernant le recueil et le classement des données), et de les amener à réfléchir à la construction de catégories pourtant souvent présentées comme « naturelles » dans le sens commun.
De premières séances transversales formeront les bases fondamentales pour tout lecteur de statistiques descriptives. Les séances suivantes s’organiseront autour de thèmes et études classiques en sociologie (pratiques culturelles, sondages, monde du travail, etc.) qui mobilisent les catégories statistiques.
Permanence : vendredi de 15 h à 16 h.

Poste d’ATER

La commission de spécialistes de la 19e section réunie ce matin a recruté Mademoiselle RIBEIRO I. sur un poste d’ATER pour le second semestre 07-08.
Classement des candidats :
-2 Aranha Saboia V.
-3 Tattolo G.
-4 Martinez Christian

Chantier interdit au public

Jounin Nicolas Chantier interdit au publicLa thèse de Nicolas Jounin, maître de conférences au département de sociologie de l’université Paris VIII, est publiée aux éditions La Découverte, sous le titre : Chantier interdit au public. Enquête parmi les travailleurs du bâtiment

Le secteur de la construction a souvent défrayé la chronique, mais derrière les éclats des réalisations grandioses, des « affaires » judiciaires, des faits divers tragiques, le quotidien du travail des chantiers demeure obscur. C’est ce quotidien qu’explore ce livre. L’auteur, qui s’est immergé durant une année dans le monde du béton armé parisien, en tant qu’ouvrier, retrace ici l’itinéraire de son enquête. Au fil des expériences et des rencontres, il expose les conditions d’emploi et de travail liées au recours croissant à la sous-traitance et à l’intérim : division des collectifs ouvriers, infériorisation et culpabilisation des sous-traitants et des in-térimaires, pratiques illégales d’employeurs, contradictions pesant sur la sécurité au travail, recours massif à une main-d’œuvre étrangère fragilisée et parfois sans papiers, racisme et discriminations…
L’enquête ébranle au passage certaines idées reçues : beaucoup de précaires ne sont pas instables ; les sans-papiers ne travaillent pas forcément au noir ; les règles de sécurité ne protègent pas toujours les ouvriers… Elle témoigne également des résistances des travail-leurs concernés. S’ils s’affrontent rarement à leurs employeurs, ils entretiennent en revanche une révolte souterraine qui peut menacer à l’occasion les constructions et contraindre les employeurs à mettre en œuvre des aménagements. L’implication physique de l’auteur dans son enquête permet une restitution fine des situations rencontrées et offre une immersion impressionnante dans cet univers méconnu du bâtiment.

Collection : Textes à l’appui / Enquêtes de terrain
Thème : Sociologie, société
Parution : février 2008
ISBN : 978-2-7071-5383-8
Nb de pages : 276
Prix : 23 €

Pour en savoir plus
Table des matières de Chantier interdit au public
Page de Nicolas Jounin (bibliographie, articles en ligne)
Une interview de Nicolas Jounin dans Le Moniteur-Expert

Un troisième stage de terrain pour les étudiants en licence de sociologie

UN TROISIÈME STAGE DE TERRAIN POUR LES ÉTUDIANTS EN LICENCE DE SOCIOLOGIE

Après les deux stages de terrain organisés l’année dernière dans la région Rhône-Alpes (département de l’Ain), un nouveau stage a été proposé aux étudiants en licence de sociologie au cours du premier semestre de l’année universitaire 2007/2008, cette fois dans la région Auvergne, plus précisément à Bergonne, petite commune située à 5 kilomètres d’ Issoire.

Après six séances de préparation au cours desquelles les étudiants ont choisi leur thème d’enquête, rassemblé une documentation et pris des premiers contacts, les 13 étudiants inscrits, encadrés par deux enseignants, Françoise de Barros et Michel Samuel, ont effectué entretiens et observations sur le terrain pendant huit jours. Puis ce fut la phase de l’analyse des données et de l’élaboration des rapports d’enquête.

Les treize étudiants stagiaires et leurs deux enseignants
Les treize étudiants stagiaires et leurs deux enseignants, à la gare de Clermont-Ferrand, avant le retour sur Paris

Les titres des rapports montrent la diversité des thèmes abordés :

  • – Histoire du vignoble de la commune de Boudes,
  • – Préenquête sur le bassin d’emploi de la Communauté de communes « Bassin Minier Montagne »,
  • – Les migrations internationales dans un bassin minier d’Auvergne,
  • – L’évolution des pratiques alimentaires,
  • – L’entrée en politique et le parcours d’élue municipale de quatrre femmes élues en milieu rural,
  • – La diversité de l’offre de logements locatifs dans la Communauté de communes « Lembron-Val d’Allier »,
  • – L’implication des parents dans les activités péri et extrascolaires de leurs enfants,
  • – Les loisirs des jeunes de 15-25 ans à Brassac-les-mines,
  • – Les élèves du lycée agricole Saint-Joseph

Quant aux petits textes élaborés par les étudiants, ils sont révélateurs de l’ambiance dans lequel s’est déroulé le stage !
“A Bergonne, il existe un endroit chaleureux et accueillant : la maison-gîte des Bardiau. Une fois que l’on sait se repérer dans les couloirs, escaliers et diverses portes, tout va bien, même si le dimanche matin, Niakhalé errait dans les couloirs et cherchait encore sa chambre. Mais les nuits n’y sont pas si calmes : il faut supporter les ronflements de Cyprien, les promenades intempestives des chats sur les lits et le fantôme qui rode dans la cour (Carolina est la seule à l’avoir rencontré). »

Vue du gîte où étaient logés étudiants et enseignants
Vue du gîte où étaient logés étudiants et enseignants, depuis la cour intérieure

“Malgré nos appréhensions de Parisiens ou de Banlieusards, nous avons été agréablement surpris par l’accueil que nous avons reçu des enquêtés : pas un ne nous a mangés !!! Nous sommes même repartis le ventre plein ou les yeux pétillants notamment pour les étudiant(e)s qui avaient choisi comme sujet la viticulture…?

“On a pu tester les limites du travail d’équipe quand, au cours d’un entretien, l’un ou l’une d’entre nous est en mode veille et se rallume soudainement en répétant exactement la question posée 10 minutes auparavant ! Ne le répétez pas à Arnaud ni à Julia : ils ne s’en sont pas rendus compte?.

“Les stages de terrain révèlent les personnalités… et c ‘est d’autant plus vrai pour Françoise. A ceux qui l’ignoraient, nous avons décidé de dire la vérité vraie : Françoise a, dans une autre vie, été pilote de F1. Cette passion honteuse ne pouvant être assouvie en temps normal (c’est quand même délicat entre Clermont-Ferrand et Paris), notre enseignante a lâchement profité de la semaine de stage pour s’adonner à ces pratiques violentes et dangereuses. Tous les Kangoo-riders peuvent en témoigner. Mais rassurez-vous, en général, elle prend le train…?

Auparavant…
2e stage de terrain, avril 2007
Premier stage de terrain, octobre 2006