Archive for September, 2006

Test d’anglais pour les étudiants du Master

Enseignement d’anglais :
Les etudiants de master 1 et 2 sont invités à se présenter pour le test d’anglais, qu’ils soient ou non inscrits aux cours par internet, lundi 9 octobre en salle B005.
L’enseignant Timothy Mason les recevra et leur fera passer un test de niveau (de 3 à 6).
Le cours aura lieu tous les lundis de 9h à 12h (1er ou second semestre selon niveau).
rappel: le cours d’anglais est obligatoire pour les M1, et vivement conseillé pour les M2.
D’autres cours d’anglais pour sociologues peuvent être choisis au CATD,
contact: Timothy Mason : timothyjpmason@gmail.com
rappel : réunions d’accueil pour les étudiants, présence obligatoire :
m1: vendredi 6 octobre à 16h, salle b336
m2 : jeudi 5 octobre de 13h à 17h, à l’iresco, salle 159.

Liste des étudiants diplômés de licence de sociologie Jury de septembre

Nom Prénom Num. Etud. Mention

ACHERCHOUR Sabrina 193322 Passable

AKKOUCHE Nabila 156259 Assez Bien

BERENGUIER Virginie 195862 Assez Bien

CIZEAU Thibault 195451 Passable

CORET Alexandre 203347 Bien

FOUQUEREAU Anaïs 207456 Bien

GUEYE Oumar 189153 Passable

KHEMAR Abla 194493 Assez Bien

LAURENT David 194532 Bien

LOMON Taides 196149 Passable

NICOLLEAU Grégory 196991 Bien

SELLAMI Leila 184821 Passable

SPOHN Nicolas 194577 Assez Bien

TOSSDU Kossivi 198613 Passable

Réunion du jury d’admission du master 2

Le jury d’admission s’est réuni le jeudi 28 septembre : les candidats admis doivent prendre contact rapidement par mail avec leur directeur pour la signature du formulaire d’admission (disponible au secrétariat, salle B 348).
Ceux qui ne possèdent pas un master 1 de sociologie devront se faire délivrer une équivalence.
Une réunion d’information se tiendra à l’IRESCO le jeudi 5 octobre de 13 à 17h, salle 159 – Présence obligatoire.

JURY D’ADMISSION MASTER 2 – 06/07
SESSION JUILLET DIRECTEUR
ALI Abdou           Refusé
BENZAID S           Absente à l’audition Refusée
DE OLIVEIRA T R           directeur : BERCOT
KODAMA F         MASTER 1
MAPINDA         Refusé
MBENGUE Mame         oui si note sém. M1 doit compléter M1
NOUARI F           projet à revoir
POHN-WEIDINGER           directeur : LEVY-VROELANT
REMY D           directeur : LAFAYE
TOGNON D           directeur : BERCOT

SESSION DE SEPTEMBRE
ABDOUIBRAHIM S.           Refusé
AJEJ Sonia           Projet à recadrer directeur : TRAT
BAH Fatoumata           directeur : PETIT
DRAGON Jeanne         SIRACUSA
FUKUSHIMA Ai           directeur :GARDEY
KANTE Amadou           directeur :DIENER
KOUROUMA Kadia          anthropologue
MAR Mamadou          Refusé
MINDAY Sophie           directeur :DARGENT
NEJATBAKHSHE N.           directeur : GAZAGNADOU
NITTA Lais           admise en MASTER 1 directeur : MENORET
PREIRA Pascal           directeur : DAVAULT
SASSI Monia           directeur : CASCIARRI
TOURE Diah          admise en MASTER 1 directeur : SAMUEL ?
ZHENG Wei           directeur : LEVY-VROELANT

Nouvelles de rentrée

Le département de sociologie est très heureux d’accueillir, cette rentrée, Delphine Gardey, qui a été recrutée comme maître de conférences. Spécialiste des études de genre, elle est aujourd’hui — comme historienne et sociologue — principalement intéressée par l’analyse des relations femmes/sciences/techniques.
Barbara Casciarri, anthropologue au département de sociologie de l’université Paris 8, sera, cette année, en délégation de recherche au Soudan, à l’antenne de Kartoum du Centre d’Etudes et de Documentation Economiques, Juridiques et Sociales, le CEDEJ, situé au Caire (Egypte).
Tiphaine Barthélémy, maître de conférence en anthropologie au département de sociologie, soutiendra le 6 Octobre 2006, à 14 heures, une Habilitation à Diriger des Recherches en anthropologie, intitulée : Héritage, égalité, hiérarchie sociale. Transmissions patrimoniales dans la paysannerie, la noblesse et la bourgeoisie aux XIXème et XXème siècles, devant un jury composé de Georges Augustins, Professeur à l’Université Paris X ; Claude-Isabelle Brelot, Professeur à l’Université de Lyon II ; Olivier Herrenschmidt, Professeur émérite à l’Université Paris X ; Raymond Jamous, Directeur de recherches au CNRS ; Rémy Ponton, Professeur à l’Université Paris VIII et Paul Sant-Cassia, Professeur à l’Université de Durham. [La soutenance aura lieu à la Maison de l’archéologie et de l’ethnologie de l’université Paris X – Nanterre]
Claire Lévy-Vroelant, professeure de sociologie, a été élue au comité de rédaction de la revue European Journal of Housing Policies publiée par les éditions Routledge.
Léonie Hénaut, Néhara Feldman (sociologue) et Yazid Ben Hounet (anthropologue) seront cette année ATER (attachés temporaires d’enseignement et de recherche).
Le département de sociologie était particulièrement bien représenté au congrès de l’Association française de sociologie. Une dizaine d’enseignants étaient présents. Parmi eux : Régine Bercot (Risque et action pour le conjoint du malade Alzheimer), Aude Béliard, Marie Bonici (Apport méthodologique du traitement symétrique des deux catégories de sexe), Sylvain Bordiec (La socialisation juvénile dans les quartiers populaires par des institutions spécialisées), Claude Dargent, Françoise de Barros (Les émeutes des Minguettes en 1981), Léonie Hénaut (Mémoire, authenticité, valeur : ce qui se fabrique quand on restaure un oeuvre d’art), Josette Trat (Le virilisme dans les quartiers populaires)… C’est une collègue sociologue au département des sciences de l’éducation de Paris VIII qui a été élue président de l’Association française de sociologie, Dan Ferrand-Bechmann.

Emploi du temps du semestre 6

Les numéros figurant sur l’emploi du temps correspondent aux codes informatiques des EC.

Les réservations de places dans les EC se feront exclusivement par Internet :

Les mardi 03 et mercredi 04 octobre 2006 sur :
http://www.univ-paris8.fr Rubrique : Espace scolarité de l’étudiant de Paris 8

La rentrée aura lieu le lundi 09 octobre 2006.
Les salles seront affichées le 1er jour du cours (voir B349)


Lundi 15h–18h

ATELIER MÉMOIRE
C. LAFAYE
220902

Mardi 18h–21h
ATELIER MÉMOIRE
D. GARDEY
220904

Mercredi 15h-18h
Questions sociologie
Domaine anthop-3 &4
Socio de l’éducation :
Comparaisons internat.
(R Cusso)
220886

Jeudi 9h–12h
Questions sociologie
Domaine anthop-3 &4
Anthropo esthétique
(A. Hémond)
220890

Vendredi 18h-21h
Questions sociologie
Domaine anthop-3 &4
Sociologie de la santé
(M. Ménoret)
220999

Emploi du temps du semestre 5

Les numéros figurant sur l’emploi du temps correspondent aux codes informatiques des EC.

Les réservations de places dans les EC se feront exclusivement par Internet :

Les mardi 03 et mercredi 04 octobre 2006 sur :
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La rentrée aura lieu le lundi 09 octobre 2006.
Les salles seront affichées le 1er jour du cours (voir B349)

Lundi 12h–15h
Informatique 2
(P. Parmentier)
220876

Mardi 9h–12h
Pratique du terrain 2&3
Enquête en milieu étudiant : questionnaire
(C. Soulié)
220881

Mardi 12h-15h
Grands courants -2
Les notions médico-juridiques chez M. Foucault
(JF Laé)
220883

Mardi15h–18h
Pratique du terrain 2&3
Enquête sur la campagne électorale
(C Davault)220884

Mercredi 15h-18h
Questions sociologie
Domaine anthrop-3 &4
Socio de l’éducation :
Comparaisons internat.
(R Cusso)
220886

Mercredi 18h–21h
Informatique 2
(A. Régnier)
220888

Jeudi 9h-12h
Questions sociologie
Domaine anthrop-3 &4
Anthropo esthétique
(A. Hémond)
220890

Jeudi 12h-15h
Pratique du terrain 2&3
Observation
(M. Naffrechoux)
220891

Jeudi 12h-15h
Informatique 2
(J. Siracusa)
220892

Vendredi 9h-12h
Pratique du terrain 2&3
Initiation à l’enquête de terrain
(I. Diener et M. Samuel
220894)

Vendredi 12h-15h
Grands courants -2
L’interactionnisme symbolique
(C. Weckerlé)
220895

Vendredi 15h-18h
Pratique du terrain 2&3
Entret, observ : recueil
(JP Briand)
220898


Vendredi 18h-21h

Questions sociologie
Domaine anthrop-3 &4
Sociologie de la santé
(M. Ménoret)
220899

Emploi du temps du semestre 4

Les numéros figurant sur l’emploi du temps correspondent aux codes informatiques des EC.

Les réservations de places dans les EC se feront exclusivement par Internet :

Les mardi 03 et mercredi 04 octobre 2006 sur :
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La rentrée aura lieu le lundi 09 octobre 2006.
Les salles seront affichées le 1er jour du cours (voir B349)

Lundi 9h–12h
Lecture et traitement des catégories stat-2
(A. Béliard)
220873

Mardi 9h-12h
Présentation d’une grande enquête
Favret-Saada : les mots, la mort, les sorts
(C. Davault)
220874

Vendredi18h–21h
Lecture de textes classiques
De Durkheim aux auteurs contemporains
(B. Coulmont)
220875

Emploi du temps du semestre 3

Les numéros figurant sur l’emploi du temps correspondent aux codes informatiques des EC.

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La rentrée aura lieu le lundi 09 octobre 2006.
Les salles seront affichées le 1er jour du cours (voir B349)

Lundi 12h-15h
Questions sociologie
Domaine anthrop-1&2
Com sur lieux de travail
(C. Weckerlé)
220856

Lundi 12h-15h
Pratique du terrain-1
Observation
d’espaces publics
(JF Laé)
220863

Lundi 15h–18h
Grands courants -1
De l’évolutionnisme au marxisme
(T. Barthélémy)
220864

Lundi 18h–21h
Grands courants -1
Approches contructivistes
du monde social
(F. de Barros)
220865

Mardi 15h-18h
Pratique du terrain-1
Entretien
(J. Trat)
220866

Mardi 15h-18h
Grands courants -1
Perspect. théoriques sur les processus de socialisation
(R. Bercot)
220867

Mardi 18h-21h
Pratique du terrain-1
Questionnaire
(R. Ponton)
220868

Mercredi 9h-12h
Questions sociologie
Domaine anthop-1&2
Syst. migrat et mobilités internationales
(V. Petit)
220858

Mercredi 9h-12h
Grands courants -1
La socio de Max Weber et ses prolongements
(C. Dargent)
220869

Mercredi 15h-18h
Pratique du terrain-1
Enquêter sur les migrations internationales
ici et là-bas
(V. Petit)
220870

Mercredi 18h-21H
Questions sociologie
Domaine anthrop-1&2
Socio de la famille et anthropo de la parenté
(T. Barthélémy)
220859

Jeudi 12h-15h
Questions sociologie
Domaine anthrop-1&2
Introduction à la sociologie de la santé
(M. Joubert)
220861

Emploi du temps du semestre 2

Les numéros figurant sur l’emploi du temps correspondent aux codes informatiques des EC.

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La rentrée aura lieu le lundi 09 octobre 2006.
Les salles seront affichées le 1er jour du cours (voir B349)

Emploi du temps du semestre 2

Lundi 12h–15h

Questions sociologie
Domaine anthrop-1&2
Socio de la com sur les lieux de travail
(C. Weckerlé)
220856

Mardi 12h–15h
Introduction à la démographie
(C. Lévy-Vroelant)
220857

Mercredi 9h–12h
Questions sociologie
Domaine anthrop-1&2
Syst. migrat et mobilités internationales
(V. Petit)
220858

Mercredi 18h–21h
Questions sociologie
Domaine anthrop-1&2
Socio de la famille et anthropo de la parenté
(T. Barthélémy)
220859

Jeudi 12h-15h
Questions sociologie
Domaine anthrop-1&2
Introduction à la sociologie de la santé
(M. Joubert)
220861

Jeudi 15h–18h
Lecture et traitement des catégories statistiques-1
(J. Siracusa)
220862

Emploi du temps L1 semestre orientation

Les numéros figurant sur l’emploi du temps correspondent aux codes informatiques des EC.

Les réservations de places dans les EC se feront exclusivement par Internet :

Les mardi 03 et mercredi 04 octobre 2006 sur :
http://www.univ-paris8.fr Rubrique : Espace scolarité de l’étudiant de Paris 8

La rentrée aura lieu le lundi 09 octobre 2006.
Les salles seront affichées le 1er jour du cours (voir B349)

Lundi 9h–12h
METHODES DU TRAVAIL UNIVERSITAIRE
(D. GARDEY)
220833

Mardi 9h–12h
METHODES DU TRAVAIL UNIVERSITAIRE
(F. DE BARROS)
220837

Mercredi 9h–12h
Présentation des méthodes de la sociologie
(C. Naffrechoux)
220839

Jeudi 9h–12h
Présentation des méthodes de la sociologie
(C. Lafaye)
220844

Vendredi 9h–12h
Présentation des méthodes de la sociologie
(B. Coulmont)
220847

Samedi 9h–12h
METHODES DU TRAVAIL UNIVERSITAIRE
(M. SAMUEL)
220852

Lundi 12h–15h
Genèse de la sociologie
(M. Joubert)
220834

Mardi 12h-15h
Genèse de la sociologie
(R. Ponton)
220838

Mercredi 12h-15h
Catégorisation de la France contempor.
(C. Lévy-Vroelant)
220841

Jeudi 12h-15h
Genèse de la sociologie
(F. Duroux)
220845

Vendredi 12h-15h
METHODES DU TRAVAIL UNIVERSITAIRE
(M. MENORET)
220849

Samedi 12h-15h
Catégorisation de la France contempor
(A. Linossier)
220854

Lundi 15h–18h
Présentation des méthodes de la sociologie
(F. de Barros)
220835

Mercredi 15h-18h
Présentation des méthodes de la sociologie
(A.J. Auvert)
220842

Vendredi 15h-18h
Genèse de la sociologie
(C. Soulié)
220851

Lundi 18h–21h
METHODES DU TRAVAIL UNIVERSITAIRE
(N. FELDMAN)
220836

Mercredi 18h-21h
Catégorisation de la France contempor
(C. Avril)
220843

Jeudi 18h-21h
Catégorisation de la France contempor
(N. Feldman)
220846

Deux nouveaux ouvrages de Régine Bercot

Régine Bercot, professeure de sociologie à l’université Paris 8 est la co-auteure de deux nouveaux ouvrages :

R.Bercot et F. De Coninck, Les réseaux de santé ; une nouvelle médecine ?, Paris, l’Harmattan, collection logiques sociales, 2006

Les réseaux de santé apparaissent comme l’objet idéal. Ils permettraient d’assurer une médecine économique, proche du malade et conviviale. Dans la pratique, pourtant, ils ne se développent que lentement.
A travers l’étude de deux cas concrets l’ouvrage fait le tour des obstacles institutionnels, des hiérarchies professionnelles implicites et des enjeux organisationnels toujours sous-estimés, qui rendent un tel mode de travail difficile à mettre en oeuvre.
Il montre que lorsque des promoteurs suffisamment déterminés pour surmonter ces obstacles parviennent à mener à bien leur projet, on assiste effectivement à l’émergence de nouvelles pratiques. Le malade prend une place plus importante dans le soin, il est considéré comme un acteur à accompagner ; les protocoles d’intervention ou les pratiques plus informelles ont comme objectif de le rendre le plus autonome. Ces formes d’accompagnement supposent que professionnels, membres des associations, entourage familial et malades dialoguent et coopèrent. La demande sociale d’une santé qui soit partie intégrante du mode de vie y trouve ici son compte.

Régine Bercot, Alexandre Mathieu-Fritz, Les chirurgiens Eléments pour une analyse sociologique d’une crise de recrutement professionnel, Genre Travail et Mobilités (G.T.M.), Septembre 2006, Contrat de recherche entre l’A.P.-H.P. et le LATTS et GTM.
Synthèse du rapport :

Les chirurgiens. Eléments pour une analyse sociologique
d’une crise de recrutement professionnel
Depuis la fin des années 1990, il est communément admis par le corps médical, ainsi que par les responsables administratifs des hôpitaux et par les instances politiques de tutelle qu’il n’y a plus assez de chirurgiens. Autrement dit, tous s’accordent à constater que des postes de chirurgiens au sein d’hôpitaux, aussi bien publics que privés, demeurent vacants et qu’il faut prendre des mesures pour combler ce manque afin de garantir le bon fonctionnement des services chirurgicaux. Faut-il voir, à travers ce phénomène, une forme de désaffection pour la profession de chirurgien – certains parlent de « crise des vocations » –, et à son origine, une perte de son prestige ? Si tel est le cas, comment expliquer cette éventuelle perte de prestige, alors que la chirurgie semble toujours offrir (visiblement) des résultats plus satisfaisants au fil du temps et être à la pointe du progrès ? Cette première perspective d’analyse invite notamment à s’interroger sur les conditions actuelles d’entrée dans la profession et d’activité, ainsi qu’aux principaux changements qui, au cours des dernières décennies, les ont affectées. On peut se demander si les divers problèmes liés aux conditions d’exercice (judiciarisation, augmentation des primes d’assurance, baisse du pouvoir d’achat, revalorisation de l’acte chirurgical, (ré-)organisation du fonctionnement des hôpitaux avec la R.T.T., etc.), n’expliqueraient pas à la fois le mécontentement des chirurgiens – observables à travers leurs diverses prises de position publiques au cours des années 2000 – et la désaffection (supposée) des étudiants en médecine pour l’activité chirurgicale. D’aucuns voient dans le recul relativement récent du rang du premier – parmi les impétrants reçus au concours de l’internat et aux E.C.N. – qui choisit de devenir chirurgien, un des symptômes de la crise que traverserait aujourd’hui la chirurgie.
Au-delà de tels phénomènes, peut-on déceler, plus simplement, à travers les difficultés à pourvoir tous les postes en chirurgie au sein des hôpitaux, une crise liée cette fois à un déphasage entre le nombre d’individus formés à la chirurgie et les besoins effectifs en chirurgiens ? Existe-t-il de réelles difficultés à pourvoir les postes de chirurgie étant donné que les internes les mieux classés choisiraient moins prioritairement cette discipline ?
Les phénomènes de réduction, puis d’augmentation des postes d’internes en chirurgie laissent penser que les besoins en chirurgiens ne sont pas estimés correctement à moyen terme par les instances compétentes chargées de les évaluer, ou, à tout le moins, que celles-ci ne parviennent pas à prendre des décisions permettant de garantir le renouvellement démographique du corps chirurgical – sachant que ce renouvellement présente des contraintes spécifiques liées principalement à la longueur des études qui mènent à l’activité de chirurgien.

L’objectif de notre analyse est de tracer des pistes de réflexion permettant d’offrir des éléments de réponse à toutes ces questions. Certaines de ces pistes – à l’image de celle consacrée à l’analyse en termes de morphologie sociale et professionnelle des chirurgiens –, ont été approfondies, la quantité de données disponibles sur le sujet nous autorisant des développements relativement importants. D’autres pistes ont été explorées de façon plus synthétique, s’appuyant, principalement, sur des travaux menés par d’autres sociologues, mais également à partir des entretiens que nous avons réalisés auprès de chirurgiens. Enfin, certaines des pistes de recherche que nous avons empruntées ont débouché sur de nouvelles hypothèses de recherche que seules des enquêtes sociologiques ultérieures permettront de confirmer, d’infirmer ou d’amender.

L’hypothèse d’une relative indépendance des phénomènes de crise affectant la chirurgie semble pouvoir être confirmée au vu des éléments recueillis : la crise de recrutement n’est pas l’expression d’une crise des vocations et n’est pas non plus la conséquence de la crise des identités professionnelles qui touchent aujourd’hui tendanciellement les praticiens les plus âgés, qui ont connu une période d’activité plus favorable (sur le plan de la reconnaissance sociale, professionnelle et économique et en termes de pouvoir). Cette crise de recrutement est due principalement aux politiques de réduction des effectifs à l’issue de la première année de médecine et à l’entrée de l’internat au cours des années 1970 et 1980, et à l’absence de politiques sur le plan de la démographie médicale et chirurgicale s’inscrivant sur le moyen terme. Il a fallu attendre les premiers effets de la pénurie pour que des voix s’élèvent ; il a fallu attendre également que le problème touchent les C.H.U. pour que les « dominants » du champ médical s’en inquiètent réellement, alors que le problème aurait pu être totalement anticipé.
Le recul du rang des choix n° 1 pour la chirurgie à l’issue des épreuves classantes nationales est dû principalement à la féminisation des étudiants en médecine ; à cet égard, rappelons que la faible attractivité de la chirurgie auprès des femmes n’est pas un fait nouveau : en ce sens, il n’y a pas désaffection, c’est-à-dire, perte de l’intérêt, puisque cet intérêt est plutôt quelque chose à construire.
Enfin, il se peut, en revanche, qu’une « crise » ou plutôt un changement d’un nouveau genre soit en train de se jouer : certains chirurgiens déconseillent fortement à leurs enfants de devenir chirurgiens ; nous ne savons pas si ce phénomène est plus prononcé que par le passé, mais il est fort probable que le mécontentement actuel d’un grand nombre de chirurgiens face à leur activité les conduisent, plus qu’auparavant, à tenir ce genre de discours à leurs enfants. Nous assisterons donc peut-être, d’ici une vingtaine d’années, à un recul de la proportion des « dynasties » de chirurgiens.
Un très grand nombre de discours sur la crise du recrutement des chirurgiens établissent des liens entre le manque de praticiens et la désaffection pour la discipline ; entre le recul des choix n° 1 pour la chirurgie et une « crise des vocations » ; certains disent : « même le dernier de l’internat ne choisit pas chirurgie » : « et pour cause ! » pourrait-on lui répondre, car le dernier sait qu’il n’a aucune chance d’obtenir un poste en chirurgie au vu de ses prestations aux E.C.N.. Des données parfois très fantaisistes sont mobilisées jusques et y compris chez les acteurs politiques de l’Assemblée nationale (on peut prendre pour exemple la moyenne d’âge des chirurgiens qui passe de 47 ans… à 57 ans). Bien souvent, on explique la désaffection par le nombre de postes d’internes ou de praticiens diplômés qui sont vacants ; or, il y a toujours des postes d’internes qui demeurent vacants (dont on apprécie globalement l’importance en mesurant le taux d’inadéquation) afin d’élargir les possibilités de choix de lieu de stage semestriel des internes. Autrement dit, ce n’est pas toujours ce qui est réel, objectif, qui a changé, mais le discours sur cette réalité, même s’il faut bien reconnaître que certaines disciplines chirurgicales semblent plus prisées que d’autres.
En bref, un grand nombre de discours relèvent du paralogisme – i.e. d’un raisonnement faux fait de bonne fois –, et font partie intégrante de diverses formes de rhétorique professionnelle portée par certains représentants français de la chirurgie, c’est-à-dire de discours stratégiques dont les objectifs sont de revaloriser cette discipline. Selon nous, une des pistes de ce travail de transformation du groupe professionnel doit être celui de la féminisation de l’activité – s’il paraît toujours souhaitable de recruter parmi les meilleurs de l’internat.

L’image que les jeunes et les chirurgiens se font de la transformation du métier est liée à différentes variables. Il existe une sorte de mythe du chirurgien tout puissant pouvant tout obtenir de l’institution comme des équipes et des malades qui fait parfois référence et qui, bien entendu, ne peut être confronté sans nostalgie à la réalité. Si ce mythe se manifeste parfois dans les imaginaires, la réalité historique est moins linéaire et la chirurgie a dû s’imposer comme spécialité. Aujourd’hui, le métier se transforme tant dans l’exercice concret de l’activité que sur le plan des conditions sociales de son exercice ; plutôt que de crise, il nous paraît plus judicieux de parler de différentes évolutions qui interpellent les modalités d’accès et d’exercice du métier.
La chirurgie comprend un certain nombre de dimensions qui la rendent attractive. Elle apparaît comme un métier total – complet – au sens où les éléments de figures professionnelles diverses s’y côtoient. Inscrit dans la décision et le faire, le chirugien est un professionnel basant à la fois ses actes sur la rationalité et sur l’art. Métier du recours vital, il imprime sa marque sur le corps de l’autre. En ce sens, il détient non seulement un pouvoir d’action qui lui vaut l’admiration sociale de différents cercles (équipes, patients, confrères, etc.), mais il détient le pouvoir d’entrer dans le corps de l’autre et de le transformer.
Nous avons pu pointer le fait que le développement des techniques est attractif pour les jeunes qui cherchent à se spécialiser. Or ce développement est important dans différentes spécialités chirurgicales.
Le chirurgien ne peut exercer son activité que s’il parvient à maîtriser le stress lié à l’enjeu humain et parfois vital. Si la relation à la mort n’est pas présente dans toutes les chirurgies, l’importance du geste – quel qu’il soit – pour le patient suppose une grande maîtrise qui s’acquiert par l’exercice concret et la répétition des actes. S’il s’agit d’un métier d’art où chaque acte apparaît comme un prototype, il reste que la dextérité, la confiance en soi s’éprouvent dans la régularité de l’exercice. Métier où le risque d’erreur et le risque de faire insuffisamment bien est toujours présent. Il apparaît que le doute accompagne également sa propre évaluation.
Cependant, ce doute voisine avec l’affichage d’une forte certitude. C’est en tout cas le regard renvoyé par l’environnement. Le chirurgien doit gérer son propre stress et celui des équipes en relativisant et en ne faisant pas paraître sa déstabilisation. Sauver la face apparaît ainsi essentiel tant pour la renommée et la confiance que le chirurgien construit vis à vis de lui-même que pour sa réputation.
Ainsi, il apparaît que l’on ne parvient à affronter le stress que si un certain nombre de conditions aident à l’assumer. Ces dimensions sont à la fois d’ordre psychologique (et supposent un travail sur soi) et social. Si l’on s’intéresse à la question du service et à la relation psychologique entretenue avec le patient, on se rend compte qu’il peut y avoir une contradiction entre le besoin psychologique de relation avec le chirurgien éprouvé par le patient et le besoin de mise à distance que le chirurgien souhaite construire pour opérer avec plus de sérénité.
L’acte lui-même est certes un acte de réparation, mais il comporte une dimension créative forte. On peut donc dire que lorsqu’il y a un acte réussi, la satisfaction est inhérente à l’acte. A l’inverse d’autres activités, le travail de chirurgien comporte en lui-même une possibilité de gratification.
Cependant, la gratification et la reconnaissance sociale restent des éléments importants comme pour d’autres activités – on pourrait même ajouter plus que dans d’autres activités. On a pu ainsi remarquer l’importance que le chirurgien accorde à la reconnaissance du patient et de son entourage. L’acte de réparation est objet d’un fort investissement subjectif – qui peut s’apparenter à une prouesse –, sa mise en œuvre génère une attente forte. Celle-ci est à la mesure de l’investissement dans l’acte d’opération, du déploiement de sa propre énergie, de sa dimension d’invention et de réaction.
Quels sont les retours – reconnaissances et appuis – sur lesquels les chirurgiens peuvent compter ?
Sans évoquer à nouveau chacun des éléments développés dans le texte, revenons sur quelques points essentiels. La carrière menant à un statut de P.U.-P.H. est longue. Elle suppose de faire de nombreux sacrifices tout au long des études, puis de la vie professionnelle. Il n’y a pas de certitude sur la possibilité de faire carrière. Les chirurgiens de l’A.P.-H.P. sont relativement mieux lotis que d’autres métiers de l’hôpital – dont les membres occupent des postes de haut niveau. Mais, pour le jeune sortant qui souhaite faire chirurgie à l’issue de l’internat, la voie d’accès demeure très incertaine, marquée relativement par un choix réalisé le plus souvent par défaut, étant donné le nombre de places existantes pour les disciplines les plus prisées.
L’activité du chirurgien de l’A.P.-H.P. se situe en tension entre des dimensions qui s’articulent plus ou moins bien entre elles, en tous cas, de manière plus ou moins satisfaisantes : cependant, opérer, faire de la recherche, encadrer les étudiants, réaliser des tâches administratives sont des tâches qu’il est très difficile, voire impossible de mener conjointement – sauf à sacrifier la vie hors travail. Il serait intéressant d’approfondir les modalités des arbitrages qui permettent d’assumer les différents angles du triangle : opérer, rechercher, former. L’activité dans le cadre de l’A.P.-H.P. présente un certain nombre d’avantages ; on peut souligner ainsi la qualité des moyens liés à l’acte de chirurgie, même si parfois, certaines conditions matérielles et de logistique demeurent quelque peu indigentes. Une sorte de complémentarité dans les moyens s’organise à la marge (par exemple, pour la formation continue) entre les moyens offerts par l’A.P.-H.P. et ceux de l’industrie pharmaceutique ; une sorte de statu quo – arrangeant les différentes parties – semble assez bien fonctionner.
La composition des équipes joue aussi sans aucun doute un rôle par rapport à ce contenu d’activité. Le rôle des internes est également important dans différents services. Il serait intéressant de pouvoir rendre compte de manière plus précise des modalités de prise en charge des malades par les internes. En effet, dans leurs propos, les chirurgiens insistent beaucoup sur l’absence de délégation, sur le fait qu’ils prennent le malade en charge tout au long de son parcours. Il serait donc intéressant de voir comment s’effectue le partage des tâches.
L’activité au sein de l’A.P.-H.P. cadre également des missions qui conviennent bien aux chirurgiens, tant dans leur contenu que dans leur principe de fonctionnement. Ainsi, les modalités de rémunération ne conduisent pas à un rythme d’activité effréné d’opérations, les cas traités sont sans doute moins répétitifs et plus stimulants que ceux que présentent certaines activités privées. Institution prestigieuse, l’A.P.-H.P. constitue un bon support pour acquérir une forte reconnaissance de la part des pairs.
La reconnaissance financière est parfois estimée par les chirurgiens à l’aune des meilleures situations dans le privé et il est clair qu’alors on peut constater un différentiel appréciable dans les niveaux de rémunération, mais on pourrait aussi ajouter, pour balancer cette remarque, que les conditions d’activité ne sont pas les mêmes non plus. L’A.P.-H.P. assume ainsi la charge des risques juridiques (lorsqu’il y en a) liés à la pratique chirurgicale. Les conditions d’activité permettent de trouver du renfort dans les équipes de travail lorsque cela s’avère nécessaire… il n’est pas non plus impossible pour un chirurgien de l’A.P.-H.P. de compléter son revenu par des vacations dans le secteur privé. Ceci relativise l’inconvénient qu’il y aurait à travailler dans une structure publique.
La question de la reconnaissance n’est pas uniquement institutionnelle, elle est également sociétale et relationnelle. Le niveau de formation du malade, son accès à l’information se transforment. Non seulement le malade souhaite de plus en plus comprendre, mais il souhaite participer à ses choix de santé. Le type de relation parfois asymétrique qui pouvait parfois s’exprimer entre chirurgien et malade n’apparaît plus viable. Le chirurgien ne peut plus se permettre de négliger la relation au malade et de le considérer exclusivement comme objet d’expertise. La loi oblige à une information, l’expertise conduit à donner beaucoup plus d’explications, à faire œuvre de pédagogie pour informer le malade. Cette question de l’information est excessivement complexe, et sujette à caution. On peut penser que le chirurgien peut y gagner une meilleure compréhension de la difficulté de son métier par le malade, qui attend parfois une réparation quasi mécanique de son corps. Cette nouvelle place du malade n’est pas toujours négociée de la même manière par les chirurgiens. Si certains s’en accommodent et s’en saisissent pour bâtir de meilleures relations, d’autres semblent moins à l’aise. Cette différence d’attitude peut être liée à des manières différentes de poser la focale. On ne peut pas, en effet, parler d’un seul modèle de malade et les chirurgiens ont à faire à une forte diversité de cas. Mettre la focale tantôt sur les malades les moins respectueux et les plus désinvoltes, tantôt sur les plus reconnaissants et ceux avec lesquels on dialogue le mieux, modifie certainement la vision que les chirurgiens ont des relations aux malades.

En chirurgie, les conditions de choix d’une spécialité rendent difficiles et parfois assez aléatoires le choix de la discipline convoitée. Il importe ici de pointer le fait que les femmes sont majoritaires parmi les personnes ayant réussi le concours d’internat. Elles auraient donc vocation à alimenter le vivier des chirurgiens tout comme celui des autres disciplines médicales. Cependant, elles ne s’orientent que rarement vers le métier de chirurgien. Ses conditions d’exercice ne permettent pas de concilier vie familiale et vie professionnelle et on peut se demander si les conditions actuelles d’exercice, la surcharge de travail et des horaires laissant peu de place à la vie hors travail ne vont pas encore accroître le fossé. De plus, la génération actuelle des hommes est également sensible à la qualité de vie et à la possibilité d’exercer des loisirs. Maintenir l’attractivité de la chirurgie supposerait certainement de reconsidérer les conditions de l’activité et de la charge de travail.
En outre, l’image donnée par certains chirurgiens ne concourt pas à la rendre attractive ; on peut évidemment se demander dans quelle mesure ceux qui ont un comportement machiste et irrespectueux des étudiants le font volontairement. L’hypothèse que l’on peut faire est que, dans cet univers, l’arrivée des femmes ne semble pas réellement souhaitée. De ce fait, leur légitimité est facilement contestée. Les relations entretenues par les chirurgiens qualifiés avec des jeunes femmes internes ou externes conduisent à un sentiment de rejet, d’échec et de doute concernant leur professionnalité en construction. Ces formes de relation qui apparaissent contestables ont un effet sur les choix que feront les internes. Si ceci ne correspond qu’à des indices, il serait possible de le vérifier par des enquêtes de plus grande ampleur.

Réunions de rentrée (Licence : L1, L2 et L3)

Pour les nouveaux étudiants inscrits en L1 :
lundi 25/09/06 à 10h Amphi B1
OU
lundi 02/10/06 à 14h Amphi B1

**************************************
Pour les étudiants inscrits en L2 et L3 :
lundi 25/09/06 à 14h Amphi B2
OU
lundi 02/10/06 à 10h Amphi B2

La présence de tous est obligatoire

Dates des rattrapages en Master

MASTER 1 et 2
EXAMENS de SECONDE SESSION (septembre)
Enseignant- Date- Heure – RdV

BERCOT R. (sém. de Labo.) Mardi 19 septembre 9h/13h B 332
PETIT V. Mardi 19 septembre 9h/12/12h B 333
Siracusa (Analyse du travail) Mercredi 20 septembre 15h B 332
COULMONT B. Lundi 25 septembre 18h/21h B 332
BARTHELEMY T. rendre partie (avec plan) ou totalité du mémoire : minimum 20 pages avant le 20 septembre, 12h

Rentrée Master

PERMANENCE de R. Bercot pour les étudiants désirant s’inscrire en Master :
Mardi 19 septembre de 17h à 18h salle B 332.

MASTER 1 :
– deuxième jury M1, session de septembre :
dépôt du dossier avant le 29 septembre 2006 (JURY LE 4 OCTOBRE – 14h).

– REUNION D’ACCUEIL DES ADMIS en MASTER 1 : Vendredi 6 octobre à 16h salle B 336.

MASTER 2 :
– deuxième jury M2, session de septembre :
dépôt du dossier avant le 25 septembre 2006 (JURY LE 28 SEPTEMBRE – 15h).
– Audition des 2 candidats qui devaient revoir leur projet : 28 SEPTEMBRE – 17h

Jury pour les projets M1/M2 recherche revus et corrigés : 4 OCTOBRE – 15h30.

– REUNION D’ACCUEIL DES ADMIS en MASTER 2 : Jeudi 5 octobre de 13h à 17h à l’IRESCO, 59 rue Pouchet – 75017.

DÉBUT DES COURS SEMAINE DU 9 OCTOBRE

Calendrier examens 2ème session septembre 06

Licence de sociologie
Examens 2ème session

La salle sera indiquée le jour et l’heure de l’examen

Auvert A. Présentation des méthodes de sociologie Ven 22/09/06 à 12h00

Avril C. Catégorisation de la France contemporaine Mer 20/09/06 à 18h00

Barthélémy T. Domaine Anthropo. Question de Socio. : Parenté Mer 20/09/06 à 18h00

Barthélémy T. Grands courants : évolut. vers le Marxisme Ven 22/09/06 à 12h00

Béliard A. Statistiques 2 Mer 20/09/06 à 18h00

Bercot R. Question de socio : organisation du travail Mar 19/09/06 à 14h00

Biheng M. Grande enquête 20/09/06 à12h

Biheng M. Expression écrite et orale 20/09/06 à12h

Bonte P. Domaine : Anthropologie sociétés nomades Ven 22/09/06 à 12h00

Bouret A. Grands courants

Briand J-P. Analyse des entretiens Ven 22/09/06 à 15h00

Casciari B. Domaine : Tech./eau Dossier à rendre
mardi 19/09/06 15h00
Casciari B. Terrain 3 Dossier à rendre
jeudi 21/09/06 9h00

Coulmont B. Question de Sociologie : sexualité Lun 25/09/06 à 12h00

Coulmont B. Question de socio : Sociologie des religions Lun 25/09/06 à 18h00

Cusso R. Intro. démographie Mer 20/09/06 à 15h

Dargent C. Statistiques 2 Mer 20/09/06 à 9h00

Dargent C. Terrain questionnaire Jeu 21/09/06 à 15h00

Davault C. Lecture textes classiques Lun 18/09/06 à 9h00

Davault C. Terrain Dossier à rendre
Lun 18/09/06 à 9h00

Diener I. Domaine économie et écologie Lun 18/09/06 à 12h00

Diener I. Aires culturelles Afrique Lun 18/09/06 à 12h00

Duchesne V. Hist./Epis. Anthropologie Lun 18/09/06 à 09h

Duroux F . Question de socio : genre

Gazagnadou D. Grands courants de l’Anthropologie ev. et dif. 22/09/06 à 9h00

Gazagnadou D. Grands courants de l’Anthropologie 22/09/06 à 9h00

Grumbach M. Statistiques 1 Lun 25/09/06 à 9h00

Grumbach M. Question de socio : modernité Lun 25/09/06 à 9h00

Hémond A. Terrain : Anthropologie esthétique Mer 20/09/06 à 9h00

Hémond A. Domaine : Anthropologie politique Mer 20/09/06 à 9h00

Herrenschmidt C. Domaine : Anthropologie linguistique

Herrenschmidt C. Lecture textes classiques

Joubert M. Lecture textes classiques

Lafaye C. Terrain entretien Jeu 21/09/06 à 15h00 (“Dossier à rendre composé d’un guide d’entretien + 2 entretiens
retranscrits + analyse”)

Lafaye C. Question de Sociologie : act. Pub. act. Coll. Jeu 21/09/06 à 9h00

Lévy-Vroelant C. Question de Sociologie : Sociologie urbaine lun 25/09/ à 12h

Linossier A. Lecture textes classiques

Ménoret M. Grands courants Sociologie USA 22/09/ à 12h

Ménoret M. Question de Sociologie : Sociologie de la santé 22/09/ à 18h

Naffrechoux M. Terrain : observation Mer 20/09/06 à 12h00

Pellegrini P. Aires culturelles Europe

Petit V. Intro. démographie 19/09/06 de 9h à 12h

Ponton R. Atelier mémoire

Ponton R. Statistiques 1 25/09/ à 11h

Reigniez P. Domaine : Anthropologie techniques

Samuel M. Grands courants

Samuel M. Mémoire Licence

Siracusa J. Informatique 2 le mercredi 20 à 12h 00 en salle C 208.

Soulié C. Génèse Sociologie 22/09/à15h

Soulié C. Terrain : entretien 19/09/ à 9h

Terrolle D. « Méthodes » Histroire et epistémologie

de l’Anthropologie Mer 20/09/06 à 15h00

Terrolle D. Terrain urbain Remise de dossier
Mer 20/09/06 à 15h00

Trat J. Question de Socio. : rapports hommes/femmes 19/09/06 de 15h à 18h

Trat J. Terrain : entretien 19/09/06 remettre un dossier complémentaire

Réunions de rentrée (Licence : L1, L2 et L3)

Le département de sociologie organise plusieurs réunions de rentrée les lundis 25 septembre et 2 octobre. Elles sont destinées aux étudiants suivant des cours dans le département.
Réunion d’accueil L1 sociologie :
lundi 25 septembre à 10 heures et lundi 2 octobre à 14 heures Amphi B1
Réunion d’accueil L2-L3 sociologie :
lundi 25 septembre à 14 heures et lundi 2 octobre à 10 heures Amphi B2

Un Journalier

Par Jean-François Laé, professeur à l’université Paris 8

Après sept mois passés à Montréal (enseignement à l’UdM — l’Université de Montréal –, séminaires, rencontres diverses…) et de retour à Paris 8 vers mes étudiants et cher(e)s collègues, je me propose de vous livrer quelques rencontres d’archives au hasard du temps passé de l’autre côté de la mare. Sous forme légère, voilà un journalier (expression des infirmières des hôpitaux des années 60), des éléments qui m’occupent en ce moment : l’infime, les détails, les documents sans intérêt et abandonnés.

Lundi : Infos-crime

Passionnant, une chaîne de télévision en continue (info-crime), avec chaque minute, la photographie d’un repris de justice, d’un vol au guichet, d’une banque ou d’un dépanneur ou encore, la photo de celui ou celle qui a disparu. Massivement, ce sont des caméras qui ont pris un visage devant le distributeur de billet, un visage toujours couvert par l’écharpe et le bonnet d’hiver. Comme dans les films, l’homme est masqué, seuls les yeux apparaissent vaguement. Mais l’on suppose que même couvert, on peut reconnaître quelqu’un. Comment identifier un personne masquée ? Un bout d’oreille pourrait-il trahir une identité ? Une monture de lunette, une mèche de cheveux, une montre, la couleur du bonnet ? Le programme Info-Crime -« CrimeStoppers » ailleurs en Amérique du nord- a été mis sur pied dans plus de 600 villes nord-américaines, dont plus de 25 au Canada ( Toronto, Winnipeg, Ottawa, Calgary et Hamilton-Wentworth). Il est financé par la Chambre de commerce de Montréal. Vous pouvez gagner mille dollars en une minute !

Si vous offrez une information concernant la personne recherchée : « Pour retracer cet individu, veuillez SVP nous aider à le trouver. Soyez assuré d’un traitement en toute confidentialité. » C’est le signalement qui est intéressant : taille et poids évidemment, mais aussi les tatouages sur le bras gauche, « Woody, Woodpecker », il possède des outils de cambriolage ». Depuis 1995, on peut signaler de façon « volontaire, anonyme et confidentielle des actes criminels afin de venir en aide aux services policiers. » Protéger ses citoyens et maintenir leur sécurité, que ce soit à la maison, à l’école, au travail ou dans la rue, Info-Crime marche fort bien, « c’est un moyen d’éveiller la conscience sociale des citoyens » dit-on. Dès le 1er janvier, j’ai donc regardé longuement par ma fenêtre de l’appartement qui donne sur la rue St Hubert, sait-on jamais. On pourrait faire cette histoire de l’identification, de la dénonciation, de l’hétérocontrôle qui s’exerce en certains lieux et qui « élève la conscience »

Mardi : Les centres commerciaux.

Evidemment toutes les villes d’amérique du nord sont peuplées de centres de distributions, un commerce gigantesque et pour le moins dynamique, que j’ai fréquenté assidûment. Ce n’est pas les contrôles des caméras qui ont retenu mon attention, mais le monde du vocabulaire pour dire et distinguer tel ou tel centre en tel ou tel espace. Contrairement aux apparences, les innovations n’ont de cesse et les spécialisations sont d’une précision redoutable. Le sociologue sourira, pourtant rien n’est laissé au hasard, Factory n’est pas Outlet Center, Entertainment Center n’est pas Power Center… Commençons par les quartiers chics et les quartiers d’affaires, le nom choisi sera de Central Business District. Dans les quartiers résidentiels classes moyennes, Neighborhood Business District ou Secondary Business District seront préférés dans lesquels le supermarché de taille modeste fait traction. Si l’on s’éloigne de ces zones socialement centrales, on glisse assez vite sur le Shopping Center ou c’est la pharmacie (drugstore) qui fait le centre. Plus loin encore, on entre dans le « commercial divers » où tout se mêle, General Merchandise Store. Vient ensuite les magasins populaires, Variety Story et les Dollarama en pagaille. Le commerce attractif en bas de l’échelle, c’est la surface spécialisée en jeu pour tous âges, une caverne d’Ali Baba où tous les jeux sont permis. Evidemment, le jeu populaire est toujours aux aguets, le hasard, la chance ou le crime pour rire. Un projet de recherche pourrait là trouver son miel, déterrer et décrire les nouveaux jeux populaires, les dérivés des films qui remplacent la fête foraine et le jeu du loto. Autre pôle gigantesque d’activité, les grandes surfaces spécialisées pour faire sa maison et qui développe parallèlement des centres de loisirs. Etudier le récréatif dans les galeries marchandes nous apprendrait sur leur attraction du samedi-dimanche. On ne fait pas que de consommer, loin de là, on sort en couple et en famille, on va s’amuser. Pourquoi délaisser cet amusement ? Le centre de loisirs est là et non plus sur les berges du fleuve. Festival Mall, Festival Center, un nouveau lieu d’enquête sur le temps privé populaire.

Mercredi : travailler

Je fais une incursion dans une entreprise du bâtiment, à une heure de voiture de Montréal, là où un étudiante, Julie R. dirige le personnel administratif et ouvrier, soit soixante personnes, On y fabrique des montes-charges et des échafaudages métalliques automatisés. L’ambiance est détendue. Je visite tous les ateliers et les bureaux, la fabrication et les recoins. On me propose de venir à la réunion d’atelier de tous les salariés à 11h. 45, qui discuteront de tout. La plupart ont moins de 35 ans. Assis-debout, adossés, sandwich en main, la détente est au rendez-vous. Boîtes plastiques et carottes circulent, les infos défilent. Apparemment sans ordre, la parole se prend. Savez-vous qu’il y a une fête-vente à tout dimanche prochain ? Savez –vous que Jacques à 10 actions de l’entreprise à vendre ( 800 dollars l’unité) ? Que la crèche d’entreprise ouvrira en septembre, c’est sûr. Un vieux bâtiment a été acheté à 400 mètres de là et les pères de l’entreprise concernés œuvre à la restauration. Savez-vous que l’accident de Boston n’est pas lié au matériel de l’entreprise mais à une erreur humaine ? Je me crois dans une assemblée informelle de voisinage en HLM, loin de l’esprit syndical attendu. Point de revendication, on collabore à toute initiative de l’entreprise. Les rires l’emportent de loin. On cherche 4 nouveaux employés pour le montage d’échafaudage, si vous avez des amis ? Je demande à voir les vestiaires, curiosité pour regarder les armoires : photos de photos à l’occasion. On mime la punition corporelle sur l’une d’elle.

C’est çà le boulot, un coup de bate et çà avance plus vite. La journée se passe de rire en rire. Il y a toute une histoire à faire des photographies scotchées dans les vestiaires des ateliers au travail, dans les camions des routiers, dans les bureaux parfois, dans les cabines de travail. Soit une autre manière d’interroger le privé dans le travail, la place de l’intime et de la sexualité dans l’entreprise.
Je reviens à la réunion, pourquoi suis-je tétanisé ? Parce que je m’attendais à du conflictuel ouvert ou des prises de bec, protestations et revendications. Or, c’est un repas réunion qui se déroule où toutes les nouvelles sont à prendre, des offres et des demandes de services, si loin de l’entreprise, si loin de la plainte et du grognement. On parle layette, landau et voiture ; médecine, vélo et barbecue. Je rêve, je serai donc le seul grincheux du groupe ? Pourtant, en sortant, je vois une petite file d’attente d’ouvriers dehors derrière une camionnette ; Il crachine et fait froid, le côté gauche du véhicule s’ouvre automatiquement, cent sandwichs apparaissent. Ils ont vingt minutes pour manger. Tous les jours à 13h. la camionnette va de chantier en chantier servir les sandwichs, un service organisé par la corporation du bâtiment. Tout est bon dans l’entreprise. Cette camionnette est un vrai bonheur. Manifester son entrain est une règle. Alors soyons joyeux.

Jeudi : La société du contrat

On le sait, la société nord américaine s’alimente sur la confiance coproduite par les individus qui doivent se montrer à la hauteur de l’exigence. Les quelques institutions d’accueil des hommes et des femmes à la rue, des toxicomanes demandeur d’aide sont tenues par cette même toile de fond : le contrat avec autrui. Dans mon cours sur la prise d’écriture populaire ( à l’UdM) les étudiant(e)s étaient invités à trouver des archives contractuelles. Ainsi ce document est arrivé.La Maison de rééducation l’Eude de Montréal propose à chaque nouveau pensionnaire un contrat dit « contrat de non-suicide ». il se présente ainsi.

« Par la présente, je m’engage formellement, durant mon séjour à la Maison de L’Eude, à ne pas attenter à ma propre vie et cela de quelque façon que ce soit.
Nous, le personnel de la Maison de l’Eude , nous nous engageons en retour à t’être disponible en tout temps, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, pour l’écoute et la présence dont tu pourrais avoir besoin.
Date.
Le résidant.
Membre du personnel. »

La technique contractuelle n’a pas de limite. C’est une source privilégiée pour comprendre les disciplines et les contrôles. C’est un moyen d’investissement des corps et des lieux. Le corps là est assigné à un lieu à cette condition : ne pas attenter à sa propre vie ». Combien d’établissement use de ce procédé pour tenir les corps en place ? Le contrat est une réponse à une peur institutionnelle, on t’aidera, mais ne sort pas par la fenêtre. On peut se demander si les auteurs croit une seule seconde à l’efficace de ce pacte ; ou n’est-ce pas simplement l’expression du désespoir institutionnel ? Ce document fait scintiller les spasmes des professionnels. Peut-on prendre ces documents comme le reflet de ce qui les préoccupe massivement ? Mourir ici est insupportable. Il faut repousser cela ailleurs. Pas ici s’il vous plaît. Le contrat est une machine de croyance incroyable, qui porte souvent une efficace incontestable mais qui connaît aussi ses ratés. On peut ainsi interroger les croyances qui font ou non corps avec le contractuel. Toutes les croyances ne sont pas égales dans les écrits.

vendredi : redresser le langage.

Chez un brocanteur du quartier Saint Michel au hasard de mes curiosités, je trouve un étrange jeu de carte. Des phrases se succèdent les unes les autres, les unes en caractère gras, les autres en italique. L’auteur est l’abbé Etienne Blanchard. et porte le titre « le bon langage ». Est-ce un jeu ou de la littérature ? la date de fabrication indique 1952. Serions-nous dans une colonie avec son sauveur père Abbé ? Il ne faut pas oublier que l’Eglise fut présente dans toutes les institutions, créée souvent à son initiative, jusque dans les années 70. Les communes, l’état civil, toutes les formes de certification furent sous sont emprise directe et incontestée.
Prenons une carte :

-En arrivant, j’ouvre ma malle.
-En arrivant je dépouille mon courrier.

-Jules et Lucie, ça fait un beau match.
-Jules et Lucie forment un couple assorti.

-Je pensionne sur la rue St Denis
J’ai ma pension rue saint Denis.

-Il m’obstine qu’il fait beau
Il soutient qu’il fait beau.

Une autre carte :

Il poffe comme toute.
Il se pavane.

Il est parent avec moi
Il est mon parent.

Sa fortune est plate
Il est sans sou

Va maller ces lettres
Va poster ces lettres

Chaque joueur prend une carte et lit la première phrase ; celui des autres joueur qui parvient à la rectifier correctement gagne un point. Curieuse littérature que ce genre de jeu populaire ou plutôt, à l’adresse du peuple Québéquois qui parle par image. C’est l’espace scolaire qui s’empare de la famille et du petit peuple. Redresser la langue est une vieille affaire qui perdure jusqu’à l’Université de Montréal. On pourrait s’interroger sur les nouvelles formes d’apprentissage de la langue, sur les techniques de redressement du « parler » et de « l’écrire ». Quelles sont les techniques utilisées dans les centres d’alphabétisation ? Quels sont les jeux inventés pour tenir le bon langage ? La discipline de la bonne langue prend quel chemin pour parvenir à ses fins ? Lire des vers, apprendre à sentir des parfums ?

Ces divers documents jalonnent bien des enquêtes, des documents passés inaperçus, une photographie dans lieu sans nom, une petite carte qui traîne, une galerie de papier parfois austère. Alors terminons par un samedi, ce jour d’enterrement et ces photographies qui présentent une famille réunie autour de la défunte, bien habillée avec son fichu sur la tête, le cercueil ouvert.

A l’écriture qui borde le cercueil, il semble que ce soit une famille polonaise habitant à Montréal. Mais quel est l’intérêt de ce document photographique ? C’est qu’on ne trouve guère de photographies de ce genre dans les albums familiaux, elle y ont été souvent retirées, là aussi parce qu’elles dérangeaient, elles gènent le cours des choses, trouble l’ordre du cadre social. Ces photos ont été retrouvées par hasard chez un brocanteur lors d’un déménagement. Comment appréhender cette situation qui disparaît ? Alors que cette photographie est rendue possible jusqu’en 1970 (date probable de celle-ci si l’on regarde vêtements et coupe de cheveux), comment ce geste deviendra impossible, voir indécent ?

Alors peut-on relever ce glissement insensible, la mort ne peut plus apparaître en photographie dans l’album de famille (alors qu’il donné massivement à la télévision).