Une vie d’étudiant à Bruxelles

A vrai dire je ne sais pas par où commencer, après un premier cycle de Sociologie à Paris 8, j’ai décidé de faire un Master de Sociologie à l’Université Libre de Bruxelles.
* Un campus :
ULB masquelin L’université est divisée en plusieurs campus dispersés à travers Bruxelles, et celui de la faculté de Sociologie se trouve sur le campus de Solbosch. Une allée centrale traversant le campus, et autour les bâtiments administratifs, de cours, les cafétérias, les restaurants universitaires, les nombreuses associations étudiantes, des instituts de recherche, des bibliothèques, une médiathèque (abonnement à vie pour un prix ridicule) et même un musée. De plus, un bois se trouve à quelques pas et les étudiants s’y retrouvent souvent durant l’été. Donc c’est plutôt évident que Paris 8 ce n’est rien à coté de ça, et on y trouve toujours quelque chose à faire ou quelqu’un à voir.
* Une ambiance :
Outre la journée d’accueil des cercles étudiants peu de temps avant la rentrée, dès le premier jour la bonne ambiance se fait sentir. En effet les Belges ont toujours eu une forte sociabilité donc ne soyez pas choqués de les voir faire comme s’ils vous connaissaient depuis des années, c’est normal. Une semaine après, généralement se déroule une nouvelle journée d’accueil entre étudiants dans une ambiance chaleureuse.
Les Cercles étudiants sont une partie intégrante du fort lien social entre les étudiants, et ne ressemblent en aucun cas aux associations étudiantes que l’on connaît. Mini bars (alcool et autres), et billards pour certains, ce sont des espaces ou les étudiants peuvent se retrouver et se détendre ou encore réviser durant les partiels. On n’est pas obligé de ne faire partie que d’un cercle, on peut très bien faire partie de plusieurs cercles et qui ne sont pas forcement dans la même section que nos études. Par exemple bien qu’étant en Sociologie je suis très souvent avec les Sciences Po et le cercle d’Histoire.
ULB Masquelin 2 La vie étudiante est aussi marquée par des événements comme l’anniversaire de la fondation de l’université qui se manifeste par un défilé des étudiants qui s’apparente à la techno parade. Ou encore les soirées étudiantes qui se nomment des TD, à ne pas confondre avec nos TD ! Il est d’ailleurs conseillé pour certains de venir avec les vêtements les plus pourris que l’on a car il faut penser à les jeter après.
* Les études :
Tout d’abord je ne suis pas là bas en Erasmus mais j’étudie à temps plein. M’inscrire n’a pas été très compliqué, j’ai juste du envoyer un dossier avec les intitulés des cours de Paris 8 et la question n’était pas de savoir s’y je pouvais m’inscrire ou pas mais en quelle année. Heureusement pour moi tout a bien marché.
Les cours sont pluridisciplinaires ce qui est un gros avantage, c’est pourquoi en plus de quelques cours de sociologie classique, j’ai pris des cours en sciences politiques, mais on peut aussi en prendre en Management, Gestion, Histoire, ou encore Biologie. Mais ça ne marche pas comme une mineure, je peux très bien prendre un cours de Biologie et un autre en Histoire.
Tout d’abord le Master c’est la préparation au mémoire avec un vrai travail de recherche sur le sujet, et suivis par des professeurs de l’institut de Sociologie. Mais c’est aussi des cours en petit effectifs, comme l’étude d’un livre avec un véritable débat sur l’auteur. Mais un des piliers central de la formation reste le fameux stage de terrain, ou l’on doit contacter une institution au choix. Cette dernière doit nous donner une recherche à effectuer sur eux-mêmes, par exemple je dois travailler au sein d’un milieu hospitalier sur la question des associations de patients, ou encore un ami qui travaille au sein d’une association sur le racisme travaillant sur l’accueil des bénévoles. C’est sans doute le meilleur moyen de faire ses preuves en tant que sociologue.
Quant à la validation, elle n’est pas faite que d’écrits, les rapports de stage, et de recherche sur le mémoire sont tout aussi présents. Pour aider à réviser, nous disposons de Syllabus qui sont des recueils avec des textes et le cours. C’est pratique pour ceux qui ont manqué un cours, ils l’ont à disposition déposé par le professeur. L’important n’est pas de tout recracher, mais aussi de pouvoir rendre une analyse venant de soi.
Les professeurs sont disponibles, et même ont plutôt de l’humour. Ne serait ce que ce prof qui s’est mit à imiter Barbie sur son poney en plein cours, ou ceux qui ne tombent pas d’accord comme j’ai pu le constater en début d’année. Les exemples sont nombreux mais je ne pourrais pas tout résumer ici alors je ne laisse que l’exemple de Barbie qui est devenue culte.
Un détail tout de même, lorsque vous leur parler du premier cycle, ne pas dire Licence mais Bachelier. Car pour nous LMD, c’est pour eux (et le reste de l’Europe) BMD, et oui le premier cycle c’est le Baccalauréat pour eux, mais ce n’est qu’une petite histoire de noms sans importances.

Le fait de venir de Paris 8 n’est aucunement un handicap, car beaucoup se font une idée fausse du niveau de cette université. Tout d’abord là bas, personne ne vous dira rien là-dessus, et puis ça peut apparaître comme un plus aux yeux des professeurs. Pour vous le prouver, une petite anecdote lors d’un rapport à propos de mon stage. Nous devions prendre rendez vous avec le professeur afin qu’il nous indique une bibliographie adaptée, et lorsque je lui ai dit que j’avais déjà contacté deux enseignants de Paris 8 (Marie Ménoret et Michel Joubert), il m’a dit que je n’avais pas à prendre de rendez vous, et que tout était bon. Le fait de venir d’ailleurs n’est aucunement un désavantage, et l’image que vous vous faites de Paris 8 (et moi aussi à une époque) est inexistante aux yeux des enseignants et des étudiants Belges. De plus lors des tractations concernant mon arrivée avec la présidente du département, il fut étudié le contenu des cours de Paris 8 et ça n’a posé aucun problème. Ils étaient même surpris de la présence accrue de petites enquêtes de terrain lors des EC de Terrain. Et je suis sur que c’est la même chose dans toutes les universités du monde, ainsi que les Belges.
*Vivre à Bruxelles :
La vie n’est pas spécialement chère, ça change de Paris ou le loyer atteint des sommets. Mais ce n’est pas un endroit pour faire un régime car on se laisse très vite prendre au jeu. Et oui les Belges aiment aussi manger, et ce n’est vraiment pas mauvais du tout. La ville prend parfois l’allure de village ou tout le monde se connaît, mais ça dépend des quartiers aussi. La ville étant petite on peut vite retrouver quelqu’un et croiser des amis n’est pas rare.
Un autre aspect est l’aspect pratique du pays, car en une heure de train vous etes sur la cote Belge. Il n’est pas rare de voir des étudiants partir là bas pour une journée ou le week-end (5 € l’aller retour). D’ailleurs en moins d’une semaine je me retrouvais embarqué là bas avec une bande de copains et nous nous y retrouvons au moins une fois par mois minimum. Comme là ce sont les révisions que c’est l’hiver, nous y allons moins souvent mais les Cercles sont là pour nous accueillir avec une ambiance nettement moins lourde que la bibliothèque.
Et l’aspect linguistique n’est pas un problème non plus, et malgré toutes les bêtises que racontent les médias Français, les Francophones et Néerlandophones s’entendent à merveille, mais il est vrai qu’il existe une petite bande d’excités minoritaires.

Pour conclure la Belgique est un endroit vraiment exceptionnel pour étudier, et malgré tout ce que l’on peut entendre sur les Belges, tout se passe à merveille. Des gens disponibles et tout à fait amicaux, il est temps de venir partager la vie d’étudiants de ce petit pays du Nord !

Voici les liens du catalogue de cours :
– 1er cycle : http://www.ulb.ac.be/catalogue/soco/BA-SOCA.html
– 2nd cycle : http://www.ulb.ac.be/catalogue/soco/MA-SOCO.html

Antoine Masquelin
M1 Sociologie Appliquée

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