Soutenance : S’approprier son travail au bas du salariat

Christelle Avril, professeure agrégée au département de sociologie de l’université Paris 8, soutiendra mercredi 28 novembre 2007, sa thèse de sociologie, S’approprier son travail au bas du salariat. Les aides à domicile pour personnes âgées.

Thèse pour l’obtention du doctorat en sociologie de l’EHESS Paris, sous la direction d’O.Schwartz

La soutenance a lieu le mercredi 28 novembre 2007 à 9h,
Grande Salle de l’ENS Ulm
48 boulevard Jourdan, 75014 Paris
Membres du jury :

  • Stéphane Beaud, Professeur à l’Ecole Normale Supérieure (Ulm)
  • Didier Demazière, Directeur de recherche au CNRS
  • Margaret Maruani, Directrice de recherche au CNRS
  • Francine Muel-Dreyfus, Directrice d’études à l’EHESS
  • Olivier Schwartz, Professeur à l’université Paris V

Cette thèse porte sur le rapport au travail d’aides à domicile pour personnes âgées intervenant dans une petite ville riche de la banlieue parisienne. Cet objet permet de montrer la diversité des modes d’appropriation du travail par ces femmes aux faibles ressources sociales. Il permet également de mettre en lumière la configuration des relations sociales (relations de classes et “relations inter-ethniques?) dans laquelle ces femmes sont insérées à l’occasion de leur travail. La recherche repose principalement sur une enquête ethnographique mais combine aussi une enquête statistique et une enquête socio-historique. En articulant avec précision ressources sociales et ressources de la situation de travail, cette étude fait apparaître deux groupes professionnels et sociaux parmi les aides à domicile :
Un premier groupe, plutôt composé de femmes “blanches? appartenant aux classes populaires respectables, refuse de s’identifier à sa position professionnelle. Pourtant, leur situation de travail leur permet de continuer à entretenir des relations socialisatrices avec leur groupe de référence : le monde des petits patrons (artisans et commerçants).
Un deuxième groupe est composé de femmes des classes populaires vulnérables. Il s’agit de femmes “blanches? sans ressources sociales et de femmes immigrées “noires? et “arabes? (Afrique et Antilles) plutôt diplômées mais sans ressources familiales en France métropolitaine. Ces femmes ont la particularité d’être fières d’être aides à domicile. Leur implication auprès des personnes âgées suscite l’appui et la reconnaissance des femmes des classes supérieures qu’elles côtoient comme la directrice de l’association. Elle leur permet ainsi de conquérir un statut social.
Le rapport au travail retentit aussi sur la vie privée. Les rapports différents au travail des deux groupes font ainsi apparaître deux modèles d’articulation entre travail et vie privée pour les femmes des classes populaires. Le stigmate racial est l’un des moyens mobilisé par le groupe des Blanches pour maintenir son statut social : elles l’utilisent pour discréditer le rapport au travail et à la vie privée du groupe des “Noires? et des “Arabes?.

Renseignements auprès de Christelle Avril