Archive for May, 2018

Les résultats de l’enquête 2017-2018 sur “le choix des études supérieures”

Depuis 2012, une grande enquête par questionnaires est réalisée par les étudiants en deuxième année de licence de sociologie et d’anthropologie de l’Université Paris 8 (Saint-Denis) et de l’Université Paris 10 (Nanterre). Cette enquête annuelle, portant initialement sur les étudiants de ces deux universités, a pris une dimension encore plus importante depuis l’an dernier avec la participation des étudiants d’Administration Economique Sociale de l’Université de Bretagne Occidentale (l’UBO à Brest) et la participation des étudiants de sociologie de l’Université du Havre Normandie.

Cette année, le thème de l’enquête est « le choix des études supérieures ». De manière plus précise, elle vise à décrire la diversité des trajectoires étudiantes et tente de saisir comment les étudiants construisent leurs orientations post-bac.

L’enquête a eu lieu en novembre 2017 et un peu plus de 4660 questionnaires ont été administrés dans des salles de cours tirées au sort afin de construire un échantillon représentatif des étudiants présents sur les campus. L’exploitation des matériaux a donné lieu à la production par les étudiants de 4 pages sur le modèle de l’Insee.

L’analyse des données par les étudiants s’est déroulée dans le contexte particulier de la mise en place de la réforme de l’accès à l’université par le gouvernement. Cette réforme repose sur le présupposé fort selon lequel les bacheliers s’orientent de manière inconsidérée vers l’université. Fondés empiriquement, les travaux des étudiants (dont certains sont accessibles par les liens ci-dessous) montrent au contraire que les orientations répondent à des logiques sociales précises. Ils confortent ainsi de nombreuses analyses sociologiques sur la construction des choix d’orientation.

L’option facultative d’apprentissage d’une langue ancienne par les collégiens : marqueur de parcours scolaire élitiste des étudiants à l’Université
Lola Lusteau (L3, sociologie) analyse le profil et le parcours à l’université des étudiants ayant fait le choix d’apprendre une langue ancienne au collège (latin ou grec ancien). Elle rappelle le rôle distinctif de ces options facultatives pour les familles de classes supérieures et insiste sur le sens du placement scolaire de ces familles. Elle montre que les étudiants concernés optent à l’université pour des formations plus prestigieuses que littéraires.

Stratégies et parcours scolaires des enfants de cadres
Agathe Donà et Prom Fam (L3, sociologie) étudient également le sens du placement des classes supérieures. Elles analysent les stratégies (qu’elles soient conscientes ou inconscientes) des classes supérieures (notamment des cadres et professions intellectuelles supérieures) quant à la scolarité de leurs enfants. Elles insistent sur l’investissement financier de ces familles dans la scolarité de leurs enfants avec le recours à des professeurs particuliers et des lycées privés.

Les influences des espaces scolaires et de la famille dans le choix des études supérieures
Marie Dauteuille et Leïa Martin (L2, sociologie) analysent les inégalités en matière d’accès à l’information sur les formations de l’enseignement supérieur. Elles émettent l’hypothèse que l’accès à l’information varie selon les ressources familiales des élèves et les établissements scolaires fréquentés (en zone prioritaire ou non, au collège et au lycée). Elles montrent que les inégalités se construisent dès le collège et que l’investissement de l’État en direction des Zones d’éducation prioritaire ou des Réseaux d’éducation prioritaire est insuffisant à les réduire.

Les carrières scolaires « contrariées »
Wafae Khaddour (L2, sociologie) s’intéresse aux carrières scolaires contrariées ou non-linéaires. Elle utilise trois indicateurs pour les définir : le redoublement au collège ou au lycée, le fait de ne pas obtenir son premier vœu de formation dans l’enseignement supérieur et enfin l’interruption du cursus ou la réorientation à l’université. Son hypothèse de départ est que les carrières étudiantes contrariées, souvent stigmatisées dans les discours publics, sont socialement déterminées. Elle propose des résultats en apparence inattendus. Les étudiants les plus dotés socialement et scolairement se réorientent et interrompent davantage leur cursus dans l’enseignement supérieur que les autres.

Pourquoi choisir une université de proximité ?
Jolanne Girard, Lucie Tanguy et Léa Lefèvre (L2, AES) s’intéressent aux raisons avancées par les étudiants pour expliquer le choix de l’établissement au sein duquel ils poursuivent leurs études. Jolanne, Lucie et Léa montrent que la proximité de l’établissement est un critère déterminant pour les étudiants des universités de Brest et du Havre. Ce critère est moins fréquemment avancé par les étudiants des universités de Nanterre et de Saint-Denis. Elles mettent en relation ce constat avec l’offre de formations dans ces différents territoires.

L’influence du capital économique des parents sur le choix des études supérieures
Killian Suzanne et Rosa-Anita Baeskens (L2, sociologie) évoquent également la question de la proximité de l’établissement et montrent que ce critère est davantage avancé par les étudiants de milieux populaires. Dans ce travail, ils réactualisent des analyses classiques en sociologie sur l’influence des ressources économiques et sociales des parents sur la trajectoire de l’étudiant. Ils montrent que ces dernières sont déterminantes pour penser les choix d’orientation au moment d’émettre un vœu de formation dans l’enseignement supérieur mais également en amont de ce vœu.

L’enquête sur « le choix des études supérieures » a été coordonnée cette année par Mathilde Apelle (Paris 8), Fanny Bugeja-Bloch (Paris-Nanterre), Marie-Paule Couto (Paris 8), Corinne Davault (Paris 8), Margot Delon (Paris 8), Nicolas Larchet (Le Havre), Myrtille Picaud (l’UBO) et Pierre-Edouard Weill (l’UBO).

Merci à Leïla Frouillou pour son aide sur ce projet.

La presse parle de l’enquête des étudiants :
– Le Parisien évoque la participation des étudiants de Paris 8 et de Nanterre au colloque de l’Anthropologie pour tous : http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/aubervilliers-des-lyceens-fiers-integres-et-ambitieux-c-est-la-sociologie-qui-le-prouve-27-05-2018-7738677.php
– Le Monde évoque la participation des étudiants aux ateliers alternatifs dans le cadre de la mobilisation à Paris 8 : https://www.lemonde.fr/campus/article/2018/04/24/avec-les-cours-et-ateliers-alternatifs-je-passe-plus-de-temps-a-la-fac-qu-avant_5289742_4401467.html?

 

D’autres “4 pages” des années précédentes :
Les résultats de l’enquête 2016-2017 sur le rapport au politique et au militantisme des étudiants
Les travaux des étudiants de Paris 10 sur le rapport au politique et au militantisme (2016-2017).
Les travaux des étudiants de Paris 8 et de Paris 10 sur le le logement et l’habitat (2012-2013).
Les travaux des étudiants de Paris 8 et de Paris 10 sur le le logement et l’habitat (2013-2014).

La « Maison des syndicats » sous le regard d’étudiant.e.s salarié.e.s

La « Maison des syndicats » sous le regard d’étudiant.e.s salarié.e.s
Une enquête collective « hors les murs » à la Bourse du travail de saint-Denis.

Ce dossier présente le travail réalisé par les étudiant.e.s du parcours « sociologie » du Master 2 de sciences sociales de l’Université Paris 8 au long de l’année universitaire 2017-2018. Chaque année les étudiant.e.s réalisent, avec le soutien d’un.e enseignant.e du Département de sociologie et d’anthropologie, une enquête collective dans le territoire proche de l’Université (à Saint-Denis ou en Seine-Saint-Denis), en lien avec des institutions ou associations locales, afin à la fois de produire des connaissances originales sur un thème ou un lieu, et de se former au travail d’études sociologiques en réponse à la demande d’acteurs locaux, ou en collaboration avec eux.

Cette année, le terrain choisi est une institution bien établie dans la commune : si la Bourse du travail est connue comme étant la « Maison des syndicats », c’est aussi dans le cas de Saint-Denis un bâtiment municipal important qui héberge des associations et de nombreuses manifestations ou événements politiques et culturels. Pourtant, si les historien.ne.s ont beaucoup étudié les premières Bourses du travail, ces espaces qui constituent une ressource précieuse pour les syndicats et associations ou lors des mouvements sociaux ont fait l’objet de peu de travaux récents, et c’est le cas de la Bourse de Saint-Denis. L’objectif de cette enquête collective était donc double : faire connaître le lieu sous ses différentes facettes, et en particulier l’activité syndicale, à des étudiant.e.s qui n’en étaient pas toujours familier.e.s ; produire au-delà de cette découverte des connaissances sur les actions quotidiennes des femmes et des hommes qui font vivre ce lieu héritier des luttes ouvrières. Les activités et organisations retenues par les étudiant.e.s sont variées : les permanences syndicales, le travail des gardiens, la boutique du Secours populaire, les formations syndicales, les cours de remise à niveau pour adultes, la Coordination des Sans Papiers 93, les rapports de genre dans les syndicats, et l’Association Pour l’Emploi, l’Information et la Solidarité des chômeurs et travailleurs précaires.

Bonne lecture !

Lien vers le dossier :La « Maison des syndicats » sous le regard d’étudiant.e.s salarié.e.s. Une enquête collective « hors les murs » à la Bourse du travail de saint-Denis.

Parcoursup

Vous êtes sur liste d’attente pour entrer en licence de sociologie. Nous espérons que vous recevrez bientôt un “oui” et ainsi vous voir à la rentrée. Le classement qui vous a été transmis n’a pas été réalisé par les enseignants du Département de sociologie et anthropologie, mais par une commission nommée sur ordre du recteur, et qui a utilisé des critères de classement que nous ne connaissons pas.
En l’état, sachez que, quel que soit votre rang de classement, 1er ou dernier, 347e ou 853e, vous êtes bienvenu.e en licence de sociologie.

Rattrapage des cours de langue

Le Centre Des Langues tient à vous informer des modalités exceptionnelles de rattrapage de cette année. Il s’agit de rattrapages à distance. Les étudiants concernés ont jusqu’au 29/05/18 pour s’inscrire sur moodle dans la section réservée aux rattrapages du CDL. Ils recevront ensuite une convocation par mail leur indiquant le jour de l’examen et ses modalités que voici:

– Ils se connectent le jour de leur examen sur une page Moodle sur laquelle ils trouveront leur sujet et le mail de l’enseignant à qui ils doivent envoyer leur copie en format word ou pdf.

– Le sujet étant mis en ligne à partir de 10h, ils ont entre 10h et 20h pour nous envoyer leur devoir. Ce créneau laisse suffisamment de marge à chaque cas particulier pour s’organiser (accès à un ordinateur, cellule handicap, étudiant salarié) et se mettre dans de bonnes conditions pour préparer son examen.

– Le plagiat / la triche : sur leur convocation et sur le Moodle où ils trouveront les sujets, les étudiants seront prévenus qu’en cas de plagiat / triche, les enseignant.e.s rempliront une fiche de signalement, que leurs départements/UFRs seront prévenus, et qu’une procédure disciplinaire peut être engagée.

Nous espérons ainsi permettre à chaque étudiant n’ayant pas obtenu la moyenne directement ou par compensation de bénéficier d’un rattrapage le plus juste possible.

La « maison des syndicats » sous le regard des étudiants.

Le 24 mai 2018 après midi, de 14h à 17h , les étudiant.e.s du parcours ETT du Master de Sciences sociales présenteront leur enquête collective « hors les murs » menée cette année à la Bourse du travail de Saint-Denis. Cela aura lieu à l’Université Paris 8, en salle B134 ou en B135.

Leur travail sera discuté par Karel Yon (chercheur au CNRS, CERAPS, Lille), et Charles Berthonneau (docteur en sociologie, LEST, Aix-en Provence).

Nous vous espérons nombreux.ses à cette présentation.