La festivisation de la culture
Entre connivence et confrontation : le MACBA
Cliquer sur la flèche bleue à gauche pour revenir en haut de la page
Pour accéder aux fichiers .pdf vous devez télécharger Adobe Acrobat Reader (gratuit)
Cliquez sur le titre de l'article pour l'afficher
| Sophie BOUDET-DALBIN | La culture du gratuit à l’ère d’Internet |
| Une
économie basée sur la nouvelle rareté : L’économie du futur, avait annoncé le théoricien du cyberespace John Perry Barlow, sera fondée sur les relations plutôt que sur la propriété. Comme l’écrivait déjà en 1971 l’économiste Herbert Simon : « Ce que l’information consomme est assez évident : elle consomme l’attention de ceux qui la reçoivent. Du même coup, une grande quantité d’information crée une pauvreté de l’attention et le besoin de répartir efficacement cette attention entre des sources d’information très nombreuses au milieu desquelles elle pourrait se dissoudre. » Grâce à sa capacité à produire, reproduire et faire circuler sans coût ni travail supplémentaire, le numérique est à l’origine d’une abondance d’informations, d’une profusion des données, d’une explosion des contenus générés par les utilisateurs et de l’hyperconnectivité des modes de vie. L’attention apparaît plus que jamais comme une ressource rare. |
|
| Ossian GANI | Analyse critique de l'usage de la culture dans la ville néo-libérale |
|
Un ensemble de concepts liés à la ville (la mixité, le vivre-ensemble,
la vie de quartier, la convivialité) tend à effacer et à nier toutes
références aux tensions sociales et aux classes sociales dans une
société présentée comme désormais réconciliée avec elle-même – ou ayant
le devoir de le faire. Le « renouvellement urbain » se pare de ses beaux habits culturels pour tenter de cacher la réalité de la violence sociale qu’implique toute politique urbaine ne tenant que peu compte de la réalité existante. La thématique de l’installation de lieux voués à la culture ou d’événements culturo-festifs répond ainsi à un double impératif : masquer la conflictualité et séduire les forces en présence. Le renouvellement urbain vise ainsi, à l’aide de la culture, à façonner l’espace urbain en renouvelant la population pour mieux la faire coïncider avec la nouvelle vocation dévolue à la ville : une production de l’espace conforme à la nouvelle économie de l’information et de la communication. Ainsi, les politiques urbaines marquent la dépossession du droit à la ville pour la classe populaire au profit de la néo-bourgeoisie. La ville est ainsi modelée selon les volontés et désirs de cette classe. La démocratisation annoncée n’a, non seulement, pas porté ses fruits, mais elle a également rendu flou le concept d’art et de culture. |
|
| Benjamin CLAVÉ | La festivisation de la culture |
| Les
mutations actuellement à l’œuvre dans le monde de la culture sont
intimement liées à une crise générale de notre société, voire, si
l’expression est encore pertinente, de la civilisation européenne. Nous
traversons actuellement une période particulièrement trouble qui ne
peut se réduire à de simples problèmes économiques. L’œuvre de Philippe Muray dessine une société qui fête sa victoire par un discours d’autocélébration tout en réanimant des forces historiques disparues depuis longtemps pour se convaincre de la justesse et du courage de son combat. L'auteur fait évoluer sa théorie de la modernité au fil de ses observations et parvient au tournant du XXIème siècle au concept d’ère hyperfestive. Il adhère à l’hypothèse hégélienne d’une mort de l’art. Cependant, la conclusion de l’ensemble de ses observations est paradoxale. Si la débâcle qu'est la société festive représente un terrain d’exploration sans fin, notamment pour la littérature, il serait toutefois absurde de considérer que cette régression est vouée à durer éternellement. L’histoire de l’Occident a été marquée par des cycles, des phases ascendantes succédant à des périodes de déclin. Le propre de ces périodes ternes est justement de ne pas avoir la capacité d’imaginer un quelconque renouveau.. |
|
| Fabien TREMEAU | Musiques transgressives et système néolibéral ? |
| Pour
comprendre aussi bien le malentendu d’Adorno sur le jazz et plus
généralement sur la musique populaire, que l’avènement de la culture
rebelle du rock durant les années 1960 ou du rap aujourd’hui, il nous
faut essayer de remonter aux conditions d’existence particulières de
ces musiques, interroger leur esthétique et essayer de comprendre leurs
rôles dans la société. Adorno par sa critique de l’industrie culturelle et de la culture de masse rejetait toute culture populaire qu’il voyait pervertie et manipulée par le système capitaliste, musicien et musicologue averti, il consacra une grande part de sa critique à la musique s’opposant ainsi à la nouvelle culture estudiantine issue de Mai 68. Force est de constater que la nouvelle culture prônée par les étudiants de Mai 68 et en premier lieu la musique rock fut l’instrument du capitalisme pour imposer son nouveau mode de fonctionnement se basant sur une culture rebelle symbolisée par la jeunesse. |
|
| Marie-Paule SAKI | Entre connivence et confrontation : le MACBA (Barcelone) |
| Comment
concilier le monde artistique et le monde politique, notamment dans le
cas d’un musée comme le MACBA, qui revendique clairement le fait d’être
un lieu" de médiation et de récupération de l’espace public"? Parce
que, en effet, à l’autre bout de cet espace public, s’agitent des
hommes politiques tout aussi soucieux de s’approprier ledit espace.
Donc, de cette relation complexe, que naît-il, quel nouveau regard est
porté sur le travail artistique? Quelle est l’influence du monde
politique dans les choix artistiques opérés par le MACBA, et comment
qualifier cette influence? Le musée d’art contemporain de Barcelone est une institution culturelle où la plupart des responsables et des acteurs qui y travaillent, le revendiquent comme un espace où l’on choisit de faire de "l’art politique", où l’on choisit d’exposer ou de mettre en lumière des artistes, plus ou moins controversés, mais qui tous ont la particularité d’interroger notre monde moderne, de manière subversive, sur des sujets aussi brûlants que la mort, la sexualité, la religion, ou bien encore la guerre. |
|
| Astrid ROSTAING | L’irrévérence dans l’art contemporain : un système esthétique ? |
| Selon
les cas,
l’art contemporain peut susciter passion, perplexité, intérêt, mépris.
Depuis
le début des années 1990, on assiste à nombre de débats et forums ayant
pour
thèmes "Où va l’art ?", ou encore
"Tout l’art
contemporain est-il nul ?". Il s’agit donc ici
de
relancer le débat sur l’art contemporain, de l’enrichir sans prétendre
y mettre
un terme, en se concentrant sur un axe commun, un aspect qui, malgré
leur
pluralisme, rassemble les œuvres contemporaines entre elles :
l’irrévérence. |
|
| Jérôme BROGGINI | Une idée d'Europe |
| Mythes
et réalités constituent l’idée d’Europe de telle sorte qu’il
existe de multiples manières d’envisager une idée de l’Europe ou les
idées d’Europe. Dans quelles proportions les mythes et les réalités
sont-ils à la base de ce concept pluriel ? |
|
| Christine RAMEL | La diversité culturelle est-elle une valeur européene ? |
| La
"diversité culturelle" serait une réponse à cette grande lame de fond
de la mondialisation qui a tendance à uniformiser et standardiser la
culture, mais est aussi peut être une opportunité pour
accroître les échanges et offrir une "visibilité inédite à des cultures
jusque là largement ignorées de l'autre".
Mondialisation destructrice ou créatrice, si la question est loin
d'être tranchée, c'est en tout cas à une recomposition des systèmes et
organisations politiques et des représentations culturelles
que l'on participe actuellement. |
|
| Renaud ZUPPINGER | Déroute de l'imaginaire : L'Europe et le NON |
| … ou encore : de
quoi l’Europe est-elle le NON ?
« Rapprocher les institutions européennes des citoyens » et offrir à ceux-ci « un meilleur contrôle démocratique » telle était l’ambition de la Déclaration de Laeken (décembre 2001). Comment résonnent ces mots aujourd’hui que l’on a vu avec quel dépit, quelle morgue parfois, les élites gouvernantes ont accueilli le vote désobéissant des Hollandais, des Français et plus récemment des Irlandais. L’insulte parlementaire à la française piétinant le choix de 55% des électeurs ne changera rien à la chose et le Congrès s’est réuni avec frais et tapage à Versailles. Que faut-il déplorer le plus : le gaspillage, le mépris ou la sotte incompréhension qui a engendré tout ce gâchis. Gâchis car la nauséeuse impression que quel que soit le résultat des urnes celui-ci sera contourné par la force et la ruse des puissants a conduit à mesurer l’abîme entre gouvernants et gouvernés et a tué l’idéal d’un projet commun : comment des peuples ainsi baffoués peuvent-ils vivre une telle régression, s’en accomoder ? |
|
| Stéphanie TIBY | Entre folklore, nostalgies et perditions |
| Quel est
notre rapport au passé aujourd’hui? Cette question, somme toute, très
simple, est jalonnée d’embûches et de contresens. Parle-t-on ici de
mémoire collective, de traditions, de coutumes, d’Histoire? Dans le
contexte actuel, chacun appréhende le passé avec sa propre sensibilité
et cela, donne lieu à des situations et des approches assez
particulières, du traditionaliste au « druide illuminé », il n’y a
parfois qu’un pas. Mais une question subsiste, qu’en est-il réellement
de la mémoire? Comment ne pas dénaturer une tradition, une identité?
C’est une interrogation à laquelle les folkloristes tentent de répondre
et que les nostalgiques ne se posent pas. |
|
| Charlotte BOHL | Culture, mémoire et identité collective dans l’espace transfrontalier Grande Région |
| L’intégration
européenne, née de la volonté d’établir la paix en Europe à entièrement
remis en question la signification de la notion de frontière. Ces
espaces, lieux de passages, de rencontres entre cultures, zones de
transitions et traits d’union entre les peuples cristallisent de
nombreux défis de l’Europe aujourd’hui. En est témoin cet événement
phare de l’intégration européenne : l’année culturelle "Luxembourg et
Grande Région, Capitale européenne de la culture". Observer la "Grande Région", Eurorégion composée du Grand Duché de Luxembourg, des communautés francophones et germanophones de Belgique, de la Lorraine, de la Rhénanie-Palatinat et de la Sarre revient à observer l’Europe avec un microscope. |
|
| Sophie BOUDET-DALBIN | Internet et le cinéma |
| Vers
une meilleure compréhension d'internet
pour le développement
de la distribution numérique de films. Cet article, bien qu'écrit
en 2004, met à jour des enjeux problématiques que la recente
actualité n'a fait que confirmer ; il est ainsi très clair
aujourd'hui plus qu'hier qu'au-delà
du mot et des mythes, Internet est une technique qui ne crée pas en soi
du
sens. Donner aux
nouvelles
technologies de communication un rôle de pilote de transformation
sociétale,
c'est confondre performance et sens. Internet permet de communiquer
plus
facilement mais ne dit pas quoi ni pour qui. À chaque
fois qu'apparaît un
nouveau moyen de communication et d'information, les mêmes oppositions
et
discours idéologiques refont surface. Deux thèmes sont récurrents : la
substitution des médias et la dynamique propre à la technologie. |
|
| Pauline GALLINARI |
à l'heure de la guerre
froide (1947-1953)
|
|
Dans une
période extrêmement tendue d’un point de vue géopolitique, le Parti
communiste se présente à partir de 1947 comme le rempart français face
à ce qu’il qualifie d’« impérialisme américain ». Dans cette lutte
idéologique, la culture et l’art font partie des moyens à mobiliser
pour le PCF. C’est dans ces circonstances que l’intérêt communiste pour
le cinéma se manifeste de différentes manières. Quel est alors le parti
pris cinématographique du PCF ? Quelles sont les actions menées ?
Enfin, bien sûr, quels sont leurs résultats ?
Ces différentes questions vont être abordées ici dans la période
1947-1953, qui correspond à l’une des phases les plus dures de la
guerre froide ; dans quelle mesure cette conjoncture internationale
influence-t-elle la politique culturelle et plus précisément
cinématographique du PCF ? |
|
| Nicolas STENGER |
le
cas de Denis de
Rougemont
(.pdf)
|
| Cet
article propose d’analyser les premiers
temps forts de la construction européenne à travers le parcours
singulier de
l’écrivain suisse Denis de Rougemont. La séquence est courte (fin des
années
1940), correspondant à ce que Rougemont nomma la « campagne
des
congrès », en référence à la « campagne des
banquets » préparant
la révolution de 1848. C’est une époque d’effervescence intellectuelle,
où tous
les espoirs étaient permis, et les désillusions nombreuses ;
une époque
également de recomposition du paysage intellectuel.À travers
l’analyse de l’œuvre de Rougemont, j’espère enfin apporter quelques
modestes
éléments à la discussion sans cesse renouvelée sur la culture
européenne. |
|
| Marion VALENTINE | La chorégraphie in situ : impacts sur le public de l’espace urbain |
| L’art
en espace urbain interroge les conditions traditionnelles de visibilité
et d’appréciation de l’art. Il influence les modalités de présence du
spectateur dans le champ de la danse et les conditions de réception.
Dans un questionnement des mécanismes à l’oeuvre, il s'agit ici
d'observer
plus spécifiquement des démarches chorégraphiques qui prennent comme
point de départ esthétique et pratique l’ensemble des relations
humaines qui parcourent les sites urbains, tenant compte du site urbain
en tant que contexte social. |
|
| Julie GONCE | L’expression artistique dans les Balkans ex-yougoslaves |
| De
cette transition à plusieurs échelles qui s'est opérée lors des guerres
yougoslaves des
années 1990, à une perspective d’intégration européenne plus ou moins
engagée
selon les pays, le présent propos va s’intéresser au rôle de la
culture, à la
place
détenue par la création artistique et aux enjeux qui lui sont
inhérents.
Comment l’environnement influence-t-il la création
artistique ? Quelle a
été la finalité de cette création en temps de guerre, ? Quelle place a
détenu
la culture ? Comment le nationalisme a-t-il généré l’émergence
d’une
créativité artistique aussi riche et d’une efficacité
redoutable ? Dans
quelle mesure la création artistique participe-t-elle à la
(re)construction
identitaire ? Et aujourd’hui, enfin, quel rôle joue, ou
devrait
jouer, l’Union
européenne ? |
|
| Renaud ZUPPINGER | Diffractions sur la mer et l'Europe : bâton rompu |
| L'eau
casse
l'épieu, brise la règle, infléchit la droite, dévie les certitudes,
brouille
les repères, disperse le soleil en myriades de paillettes volatiles,
d'éclaboussures d'astre. L'eau reflète, elle inverse. L'eau ment. Tous les vocables de l'eau, de la mer, de l'océan trichent avec les étymologies et s'offrent au jeu des mots, ambivalences et oublis, histoire de sens, histoire des sens abusés et amusés. Les sens sont flottants et dérivent en mille langues qui déferlent sur le chercheur de limites. Chercheur d'extrême ou d'absolu aussi bien que chercheur de frange, de bord, de côte, de clôture... En un mot la mer, l'eau, l'océan, le fleuve, la mare n'ont jamais été plus limite que lien, pas plus intimité qu'infini, dedans que dehors, creux que plein. Que peut bien encore signifier la mer pour nos yeux "modernes" ? |