Témoignages d'étudiants

Revenir étudier à Paris 8 : le parcours de Chouchane


Il s'agit, en ce qui concerne le département de Lettres de Paris 8, de mettre en pratique ce que nous

pourrions appeler une politique de la littérature, et encore, dans le même temps, une politique de

l'enseignement des lettres : étudier des œuvres littéraires, les analyser, les comprendre, en montrer la

puissance, l'intelligence ; transmettre son savoir à partir d'une sensibilité propre, d'une pensée

critique, engagée ; s'impliquer hautement dans la transmission de ce savoir, donner à penser, faire

connaître le goût de lire, d'apprendre, suivre, soutenir les étudiants dans leurs travaux personnels et

choisis pour eux, et par eux-mêmes : voilà ce qui fait la singularité des enseignants du département

de lettres de Paris 8. C'est essentiellement dans une ambiance chaleureuse où étudiants du monde

entier, aux histoires différentes voire opposées, d'horizons sociaux multiples, se rencontrent,

échangent, sympathisent, que le travail de chacun semble pouvoir avoir une place. Ici, de tous

bords, on se solidarise, on s'encourage !

C'est principalement pour ces raisons qu'après une année passée en L2 de philosophie et de

littérature dans une autre université, je décide de retourner étudier à Paris 8 -où j'avais effectué ma

L1. Pour ne plus par exemple y connaître l'ennui et le manque de motivation dont je souffrais, ou

encore pour ne plus avoir à sentir que je fais du « rendement », par rapport à des travaux aux sujets

fortement classiques, voire parfois ennuyeux, dans un milieu...éminemment scolaire.

J'ai ainsi comme projet d'effectuer, après ma L3, un master de Littérature à Paris 8. Et pour

emprunter à Rimbaud sa formule conclusive :  En avant, route ! Vers les chemins de la

connaissance...

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Classes préparatoires ou université ? Venir et revenir à Paris 8 : le témoignage d’Axelle (L3)

Résumer en quelques lignes ce que m’ont apporté (et m’apportent toujours) mes études de lettres à Paris 8 me semble une épreuve bien difficile, mais, comme le dit Jean-Michel Delacomptée, professeur de littérature du XVIIème siècle, « de la densité, pas de blabla ! », aussi vais-je bravement relever le défi.

Pour le dire en quelques mots, je suis venue, je suis partie, je suis revenue. Je souhaitais étudier les lettres, et n’ayant que les programmes des diverses universités parisiennes qui proposaient cette formation pour me décider, j’ai opté pour Paris 8, séduite par la liberté qui semblait être accordée aux étudiants pour construire leur parcours, et par la diversité des cours proposés. La réalité fut à la hauteur de mes espérances : pas de cours magistraux en amphithéâtre, des séminaires en petit groupe, la possibilité de dialoguer directement avec des enseignants disponibles et prêts à suivre de près le travail des étudiants qui le souhaitent, des cours de soutien pour ceux qui auraient besoin de combler quelques lacunes, et surtout un panel étourdissant de cours proposés sur tous les sujets, du grec ancien au roman contemporain, en passant par la littérature médiévale, la poésie du XIXème siècle, etc., sans oublier les ateliers d’écriture créative et la possibilité d’effectuer un tiers de sa licence dans la discipline de son choix (histoire, philosophie, écriture contemporaine, cinéma…).

Ma première année fut une succession de découvertes littéraires mais aussi humaines, avec des enseignants qui ont su répondre à mon désir d’apprendre, se sont intéressés à mon parcours et m’ont soutenue lorsque, sur le conseil de certains d’entre eux, j’ai déposé une candidature bien peu conventionnelle pour entrer en classe préparatoire littéraire (dite « lettres supérieures », « hypokhâgne », ou encore HK pour les intimes). J’ai été admise la rentrée suivante au lycée Jules Ferry, où j’ai passé une année pour le moins studieuse mais indolore grâce aux connaissances acquises à Paris 8 en licence, qui m’ont fourni une avance sur mes camarades que je n’aurais pas soupçonnée après seulement deux semestres à l’université.

Je me trouve dans la position, assez singulière je crois, d’une étudiante ayant fait la double expérience de l’université et des classes préparatoires, et ayant été plutôt heureuse dans ces deux types de structures, que l’on présente souvent aux lycéens comme opposées dans leur approche de la transmission d’un savoir de type académique, et de l’usage qu’il convient d’en faire. Néanmoins, malgré les avantages indéniables que confère une formation en classe préparatoire (pluridisciplinarité, rigueur…), la méthode d’enseignement qui y est appliquée ne m’a pas convaincue. Le rythme imposé est parfois infernal, les étudiants n’ont souvent ni le temps ni l’énergie de réfléchir à ce qu’ils apprennent, les cours se réduisent à des séances frénétiques de prise de notes qui laissent bien peu de place aux rencontres avec les textes, à la discussion avec des professeurs par ailleurs remarquables, à la rêverie, au bonheur d’avoir fait de son mieux et au sentiment d’en sortir différent(e).

Sans doute n’aurais-je pas émis le même jugement si je n’avais pas fait l’expérience, avant l’hypokhâgne, du travail que l’on demande à un étudiant à l’université, en particulier à Paris 8, et qui me semble plus intelligent, plus durable, si l’on se donne la peine de s’y consacrer, que cet enchaînement sans fin de dissertations et d’oraux que j’ai connu en classe prépa. Certes, le parcours qu’offre l’université n’est pas un chemin tout tracé, et il appartient à chacun de dessiner le sien. Cette liberté est aussi une responsabilité : il faut choisir ses cours, décider de ce que l’on aime, faire l’effort de se confronter à ce qui, de prime abord, ne nous dit rien, s’astreindre de soi-même à la régularité, ne pas rester passif face aux objets d’étude et aux enseignants que l’on s’est choisis. L’enrichissement est à la mesure de l’investissement personnel, négligeable ou immense.

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De Saint-Denis à Cornell : le témoignage de Benoît, étudiant et enseignant au département de littérature française de Paris 8

 

La découverte de Paris 8 en Master 2, après des classes préparatoires et une Licence-Maîtrise dans une autre université, fut une césure fondamentale dans mes études. 

Je trouvais ici ce qui m’avait toujours porté, au fond, vers les Lettres : de quelque époque ou langue qu’ils soient, le texte et l’œuvre au-devant de nous, défis à la pensée et au commentaire, questionneurs et incitateurs de vie, et non unités figées d’un savoir acquis. La diversité et la haute qualité des enseignements, l’insertion dans une histoire et une actualité critique, l’excellente ambiance entre des étudiants venus d’horizons très différents (étrangers de tous pays, normaliens, personnes en reprise d’étude, « historiques » de Paris 8…) ont donné une nouvelle motivation à mon parcours.
Dans ce contexte stimulant, j’ai trouvé un prolongement personnel et pratique à ce qu’Henri Meschonnic appelait « l’inconnu du poème » dans la publication de textes et peintures inconnus du poète Tristan Corbière, jusqu’à la découverte d’un important album. Ce travail fut toujours encouragé et aidé par les enseignants et différentes instances de Paris 8.
Après avoir réussi mon Master 2 et obtenu l’admissibilité à l’agrégation de Lettres modernes, j’ai pu candidater à une allocation doctorale. L’expérience d’enseignement qui s’en suivit (monitorat) fut très riche. Sans jamais perdre de vue la perspective des concours et/ou celle de la valorisation professionnelle des études, il s’est agi de situer le cours dans l’invention critique, en partant de problématiques ouvertes : comment l’œuvre dessinée d’un poète éclaire-t-elle et fait-elle sens avec son œuvre écrite ? comment approcher la lecture à haute voix de façon critique ?
Au terme de mon contrat d’allocataire-moniteur, j’ai bénéficié du programme d’échange entre Paris 8 et Cornell University, qui propose chaque année un poste de lecteur aux étudiants en Master ou Doctorat. Je m’apprête donc à découvrir un nouveau monde universitaire : c’est unenouvelle fertilité de Paris 8 dans mon parcours.

 

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Le CAPES de Reza : témoignage d’un étudiant salarié de Littérature française.

 

J’ai été reçu au CAPES de Lettres modernes en juillet 2011 après avoir suivi la préparation proposée par le département de Littérature française de Paris 8. J’ai pu réussir ce concours tout en poursuivant mon activité professionnelle car ma situation d’étudiant salarié a été prise en compte dès mon entrée en L3 par équivalences. L’offre de cours était en effet compatible avec la poursuite d’une activité salariée.

La préparation au CAPES est organisée au département de Littérature française de Paris 8 dans des conditions très favorables. Les petits effectifs permettent une communication vive, directe et privilégiée entre les étudiants et les enseignants. Ils permettent également un entraînement intensif. Pour préparer les épreuves écrites, nous avions chaque semaine des devoirs à rendre et deux sessions d’examens blancs. Pour préparer les oraux, j’ai passé une dizaine de colles. Je n’ai cessé de progresser dans la maîtrise des épreuves, dans la connaissance de l’histoire littéraire et de l’histoire de la langue.
Je suis particulièrement reconnaissant à l’égard des enseignants qui m’ont patiemment expliqué les techniques du commentaire stylistique, de la dissertation, de la phonétique historique, qui m’ont prodigué conseils et encouragements. Mes atouts et mes faiblesses ont été précisément estimés par un suivi individualisé. Ma motivation et mon engagement personnels ont été encouragés par des enseignants très disponibles.

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Marine, L3 Littérature française

Je suis arrivée cette année à Paris 8, en licence 3 de littérature française, après une classe prépa. Et je dois avouer que je ne m’attendais absolument pas à trouver, en entrant à l’Université, un cadre donnant, voire, favorisant le goût des études, l’envie de lire, d’écrire, l’envie de donner le meilleur de soi-même. Il me semble que ce cadre tient à Paris 8 en particulier : aux qualités pédagogiques et humaines des enseignants, aux conditions d’études également, car les cours y sont dispensés en petits effectifs. Les professeurs connaissent donc personnellement leurs étudiants ; et les étudiants connaissent leurs camarades ! Moins d’anonymat…mais une très grande liberté, dans les modalités d’évaluation par exemple, qui laissent très souvent place pour des productions véritablement personnelles ; dans le choix des cours également : leur diversité (il y en aura forcément un sur votre auteur ou courant favori) et leur intérêt (j’insiste sur ce dernier terme) limitent les déceptions ! Je compte poursuivre l’an prochain en master de littérature française.

Dès la rentrée, les nouveaux étudiants peuvent rencontrer leur homologue « tuteur » (généralement un étudiant en master), chargé de guider leurs premiers pas, ainsi que leur professeur « référent », qui se propose de les conseiller dans leur parcours universitaire.

Personnellement, je conseillerais Paris 8…

…à tous les élèves inscrits dans les lycées des environs (j’habite moi-même à deux pas de la fac, ce qui m’évite de perdre plusieurs heures par jour, et une bonne dose d’énergie) dans les transports !
…à tous les élèves ou étudiants désireux d’étudier dans un univers authentique et chaleureux.
…à tous ceux qui souhaitent perdre leurs clichés sur l’université…et sur beaucoup d’autres choses (ce fut mon cas).

Et puis, en ce qui concerne le choix de la filière…écoutez vos désirs…pas les statistiques du gouvernement ! Je veux dire, si vous aimez lire et écrire, alors, sans hésitation, il faut vous inscrire en licence de littérature ! Et si je puis faire part de quelque chose de très personnel : on éprouve un vrai bonheur à progresser dans ses aptitudes (parce que cela redonne confiance, parce que chaque progrès est une conquête personnelle, un pas de plus vers l’émancipation) et je certifie qu’on progresse d’autant plus rapidement que l’on aime ! Enfin, pour terminer, je vous dirai que choisir les lettres, ce n’est pas uniquement choisir une discipline universitaire. C’est aussi et avant tout choisir de s’aventurer au cœur, au plus profond de l’humain. Emotions garanties…

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Etienne, L2 Littérature Française

Après avoir obtenu un Bac ES mention Très Bien à Sète (34), j’ai décidé de m’orienter vers les classes préparatoires aux études littéraires à Paris. J’ai ainsi été admis au Lycée Jules Ferry en Hypokhâgne. Après une année riche en découvertes et en apprentissages, j’ai compris que l’atmosphère des classes prépa ne répondait pas de manière assez précise à mes attentes.

J’ai entendu parler de l’Université Paris 8 par ma professeur de Littérature en prépa.. Sans réellement savoir où j’allais, ne connaissant pas trop les universités parisiennes, je m’y suis inscrit en deuxième année de Licence de Littérature Française grâce à l’équivalence délivrée suite à l’année d’Hypokhâgne. J’y ai trouvé tout ce que je recherchais : des professeurs disponibles et vraiment à l’écoute de chacun, en contact proche et régulier avec leurs élèves, des cours de haut niveau, en petit effectif (40 élèves grand maximum pour chaque cours), une université remplie d’une histoire passionnante, ouverte sur le monde et pleine d’engagement. Le fait que les élèves des trois années de licence soient mélangés dans des cours que chacun a réellement choisis pousse les élèves à confronter leurs approches et expériences et finalement à s’entraider et ainsi à mieux cibler leurs difficultés ou aptitudes. De plus cela permet aux professeurs de cerner plus aisément les problèmes et questionnements propres à chaque élève, et ainsi de pouvoir y répondre de manière claire et précise. C’est une des particularités de Paris 8 qui me plait le plus je crois.

J’ai démarré une mineure en Anthropologie proposée par le département de Sociologie que je vais abandonner pour mieux me consacrer à la littérature et pouvoir partir pendant un an, l’année prochaine, à Bologne, en Italie, avec le programme Erasmus. Je n’ai pas, aujourd’hui, de projet précis pour la suite de ma formation après la licence mais il y a de fortes chances pour que ce soit à Paris 8…

 
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