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Licence
Apprendre à lire en plusieurs langues, comparer les littératures, s’initier à la traduction littéraire, acquérir des méthodes pour construire sa pensée, découvrir la bibliothèque mondiale, comprendre les savoirs propres à la littérature comparée et son histoire critique, tels sont les jalons que le département de littérature comparée se propose de mettre en place en licence. Les cours codés EC peuvent être validés dans la mineure Ecritures contemporaines. Les cours codés TEC dans la mineure Traduire Editer Comparer. Enseignements et descriptifs des coursCéline Barral Satire et polémique : les règles du combat La noble satire et la vulgaire polémique sont opposées depuis l’Antiquité, bien que rien ne permette clairement de les dissocier sinon peut-être un rapport plus ou moins explicite, direct, ou au contraire « littérarisé » au réel. Lieu de l’expression apparemment la plus sincère, satire et polémique doivent pourtant se plier à des codes, à des règles, à des contextes d’édition et de réception, à l’emprise du pouvoir sur les publications... Nous étudierons ces deux pôles de la littérature en armes – satire et polémique – à partir d’un vaste panorama de textes allant de l’Antiquité au 20e siècle, et de la Grèce à la Chine.
Le cours introduira des notions de rhétorique ainsi que des méthodes d’analyse de discours et d’histoire des textes, mais cherchera aussi à discuter les pouvoirs et les effets propres de la littérature, en se demandant si la littérature satirique est une littérature armée, ou au contraire si la satire ne tend pas à désarmer la littérature, en lui ôtant ses forces propres et en la soumettant à l’histoire, à l’actualité, à tout ce qui lui est extérieur.
Une brochure de textes sera distribuée au début du semestre. Les étudiants qui veulent suivre ce cours sont invités à parcourir au préalable l’un des livres suivants :
Marie Daney de Marcillac Le monstrueux dans les contes et nouvelles fantastiques du XIXème siècle : Gautier, Poe, Hoffman Ce cours interrogera l’avènement d’un nouveau type de monstres au XIXe siècle en Europe : les monstres humains. Dans La Perception contemporaine du monstre, Pierre Ancet montre qu’il « n’est pas de pire monstre que celui en qui on peut se reconnaître ». Le monstre humain apparaît dans un contexte particulier qu’il s’agira de reconstituer : romantisme noir, modernité littéraire, élan scientifique, tératologie et décadence. Deux genres littéraires brefs, le conte et la nouvelle fantastique, semblent être plus particulièrement le lieu d’émergence de telles créatures. Nous procéderons ainsi à une lecture comparée des contes et des nouvelles de Gautier, Hoffmann et Poe articulée à l’histoire des idées du XIXème siècle.
Traductions et adaptations de l’Odyssée dans la littérature de jeunesse du XVIIe siècle à nos jours Parmi les réécritures des textes antiques, leurs adaptations en direction d’un jeune public occupent une place singulière. Quelles métamorphoses du texte ancien fondateur implique la prise en compte d’un jeune lecteur moderne qu’il s’agit non seulement de divertir, mais aussi d’éduquer ? Nous étudierons les modalités de transposition des grands mythes en petits formats : résumé, illustration, simplification de la langue etc. Pour mener à bien cette interrogation, nous nous centrerons sur le cas de l’Odyssée d’Homère et de ses traductions et adaptations « d’après Homère » en Europe du XVIIe siècle à nos jours. Des spécialistes et des acteurs de la littérature jeunesse interviendront dans ce cours. Bibliographie indicative :
Katherine Doig Atelier de lectures Que signifie lecture, dans le contexte des études littéraires ? Pour nommer les démarches qu’on entreprend vis-à-vis des textes littéraires, on parle couramment, et souvent indifféremment, de lire, construire une lecture, comprendre, interpréter, expliquer, commenter. Si étudier un texte consiste d’abord à en construire une lecture, de quoi s’agit-il et comment fonctionne ce processus ? Ce cours sera nourri de théorie (à la fois pour aborder la notion de lectures, et pour fournir un cadre théorique pour en construire nous-mêmes) mais il se voudra surtout un lieu de pratique littéraire, de travail actif et d’échange. Ainsi nous aborderons un texte sous plusieurs angles pour tenter d’actualiser son potentiel de pluralité et de multiplicité. Combien de sens différents peut arborer un seul texte ? Combien d’interprétations diverses voire incompatibles peut-on imaginer à partir d’un même récit ? Et comment conjuguer ou comparer les sens différents qui en ressortent ? Nous prendrons pour support la nouvelle de Gabriel García Márquez, Pas de lettre pour le colonel (El colonel no tiene quien le escriba).Ce cours est destiné aux L1, L2 et L3, et se veut utile pour les étudiants en littérature française aussi bien que pour les comparatistes. Sa visée est triple : d’abord et surtout, une pratique de l’interprétation plurielle, une réflexion sur l’ouverture (caractère, mais aussi processus) de l’oeuvre ; deuxièmement, l’apprentissage d’éléments de base de la théorie littéraire ; et enfin, l’acquisition d’une démarche méthodologique réfléchie, fonctionnelle et utile. Mode de validation : un devoir écrit (2 pages environ) à rendre à mi-semestre et un devoir sur table final.
Annie Epelboin Le « roman russe » A la jointure des XIXe et XXe siècles, la prose fictionnelle russe a fait irruption sur la scène littéraire française au prix de quelques péripéties de réception (rejet puis engouement) et de traduction. On s’efforcera d’en comprendre les enjeux en étudiant d’abord la variété des contextes qui favorisent l’émergence d’une image de l’Autre culturel, image mouvante, moulée sur les peurs et représentations collectives du moment. Mais surtout on abordera directement la lecture des grands auteurs (Dostoïevski, Tolstoï) par leurs petits textes afin d’en comprendre la force novatrice et souvent déconcertante pour le public occidental. On interrogera le destin de ces œuvres chez quelques uns des écrivains qui s’en sont réclamés (V. Woolf, T. Mann, Gide, Aragon) en confrontant les réceptions diverses et toujours « en progrès » d’œuvres aux virtualités de lecture et d’appropriation quasi- illimitées.
Bibliographie :
Littérature russe
Mathias Verger Editer, imprimer, écrire à la Renaissance L’invention de l’imprimerie occidentale avec Gutenberg puis le développement et la diffusion rapide du livre imprimé à la Renaissance ont bouleversé le monde littéraire et plus largement la culture européenne. Comment cette révolution technologique qu’est l’imprimerie transforme-t-elle les pratiques littéraires (nouveaux métiers : éditeurs, imprimeurs, typographes), l’écriture autant que la lecture, et jusqu’à la pensée même de l’écriture dans son rapport avec la lettre ? La technologie du livre ouvre des reconfigurations socio-économiques, politiques et poétiques du champ littéraire. Ce cours envisagera les rapports entre édition et imprimerie, édition et traduction, et plus largement les moyens de diffusion de la culture à la Renaissance. Des séquences plus strictement littéraires s’attacheront à montrer le lien entre le développement de l’imprimerie et la construction des langues nationales à laquelle participe activement la littérature. Une visite aux Archives Nationales est aussi prévue afin d’observer très concrètement la réalité du livre ancien et de prendre contact avec les manuscrits, incunables et autres livres imprimés. Une bibliographie sera distribuée au premier cours. Poésie et aphasie. Henri Michaux et Paul Celan Le terme d’aphasie renvoie autant à l’idée du mutisme (étymologiquement, aphasie signifie « sans parole ») qu’à des dérèglements ou désordres divers du langage. Comment la poésie, qui semble a priori relever d’une maîtrise particulièrement sensible et précise de la langue, peut-elle alors être en rapport avec le désordre linguistique ou l’impuissance à articuler ? La poésie serait-elle parfois menacée par le silence ou le bégaiement ? L’aventure de l’écriture poétique au XXème siècle semble témoigner largement des rapports que la poésie entretient avec les difficultés de la parole. Les troubles de la langue peuvent être en résonance avec des traumatismes personnels, les catastrophes de l’histoire ou des esthétiques de la fragilité et de la menace. Si les poésies d’Henri Michaux et de Paul Celan constitueront le fil directeur du cours, le parcours poétique du semestre saura lui-même faire des écarts pour inclure d’autres tentatives poétiques (Ghérasim Luca, Oskar Pastior, Andrea Zanzotto,…). Les rapports entre poésie et aphasie poseront aussi la question de la lecture (silencieuse ou à voix haute ?) et permettront d’ouvrir quelques perspectives sur la « poésie orale » et ses performances expérimentales. Dans notre orientation qui aimerait interroger la poésie et la question de ses articulations problématiques, le cours proposera aussi quelques séances d’atelier expérimental de lecture et mise en voix afin de rendre à la lecture de poésie toute sa vitalité musicale. Une bibliographie sera distribuée au premier cours. Gonzalo Yañez Quiroga Poétiques ou politique ? Poétiques et politique ? Ces questions ne nous mèneront sûrement pas vers un lieu sûr, mais plutôt vers l’assurance du dire. Elles ne s’excluent pas l’une l’autre mais se problématisent et se traduisent entre elles. Nous analyserons comment agissent (ou pas) politiquement les poétiques que nous aborderons – et ce dernier verbe ne va pas sans nous rappeler l’aventure rimbaldienne. La réflexion ne prendra pas appui sur un aspect discursif ou pamphlétaire, mais essayera de montrer de quelle manière elles s’inscrivent dans leur contexte socio-historique et si elles modifient ou non la réalité – concept que nous serons du même coup invités à déconstruire –, mettant en évidence le divers constitutif de chaque poétique. Bibliographie succincte :
Marie-Jeanne Zenetti Auteur, éditeur, lecteur Ce cours propose une réflexion sur l’expérience de lecture, dans le but d’étudier les enjeux qu’elle recouvre et les acteurs qu’elle implique. Au-delà du tête-à-tête entre lecteur et auteur, il s’agira tout particulièrement de penser la figure de ce « passeur » qu’est l’éditeur. Porteur d’une certaine vision de la littérature, celui-ci imprime sur le texte un ensemble de marques qui transforment le manuscrit en livre, jouant ainsi un rôle déterminant dans la transmission des œuvres. Comment penser les enjeux liés à l’édition ? Quels rapports lient les auteurs à leurs éditeurs ? Comment comprendre et analyser les choix éditoriaux ? A travers ces questions, il s’agira d’étudier l’empreinte que l’éditeur imprime sur le livre et de voir comment elle témoigne du caractère interprétatif et critique du geste éditorial. Il s’agira également d’interroger les notions d’auteur, de lecteur et d’éditeur, d’étudier l’élaboration progressive et les variations historiques dont elles ont fait l’objet. Littérature et art contemporain Ce cours propose d’interroger le rapport entre littérature et art contemporain à travers un parcours de lecture qui rassemble des œuvres littéraires du vingtième et du vingt-et-unième siècles. Si certains écrivains choisissent de représenter le monde de l’art, nous verrons que ce n’est pas seulement dans le but de constituer leur œuvre en miroir de celui-ci, mais qu’ils cherchent souvent à brouiller délibérément les limites entre l’une et l’autre pratique. Alors que l’écrit occupe une place toujours plus visible dans les galeries et les musées d’art contemporain, certains écrivains collaborent avec des artistes ou tentent de s’approprier des notions comme celles de performance ou d’exposition. Il s’agira d’interroger ces échanges complexes, entre complicité et rivalité, et leurs conséquences sur notre manière de voir et de penser la littérature aujourd’hui. Bibliographie indicative :
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