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Le master “Littérature : Textes, Langues, Théories” s’adresse aux étudiants passionnés par la littérature, qui souhaitent s’initier aux nouveaux champs de la critique, développer leur réflexion sur les rapports entre le sujet et la société, s’interroger sur les relations entre la langue et l’œuvre littéraire, dans leurs dimensions européenne, multilingue et multiculturelle.

Le master “Littérature : Textes, Langues, Théories” met l’accent sur les apports réciproques de la Littérature et des Sciences humaines.

Il s’attache par la pluridisciplinarité à développer l’activité critique et créatrice dans une réflexion sur les enjeux politiques, historiques, épistémologiques et esthétiques des œuvres, des discours, des littératures. Il vise à favoriser l’échange permanent entre les littératures nationales, les langues et les littératures étrangères.


Séminaires de Master

Il est fortement recommandé de suivre le séminaire de master de son directeur de recherche.

Il est possible de suivre d’autres séminaires au sein des départements de l’université de Paris 8 et à l’extérieur, en relation avec les sujets de recherche et après concertation avec le directeur de mémoire.

Une brochure complète du master 2012-2013 est disponible au secrétariat du master, au bureau B 341, Mme Ghislaine Benetti, tél. : 01.49.40.68.16, mail : gbenetti@univ- paris8.fr


Annie Epelboin

L’écriture de la compassion (2)
1er semestre, jeudi 12h-15h

On continuera de s’interroger sur les moyens propres à la littérature d’induire l’empathie du lecteur et sur les ambigüités auxquelles elle le conduit, dès le milieu du XIXe siècle. On verra comment le désarroi du lecteur permet dès lors de penser l’éthique dans la complexité : la lecture mène au doute, à l’hésitation, voire à l’indécision, qui donne accès à la méditation réflexive. Qui émeut finalement davantage : La Douce ou son mari ? Bartleby ou son patron ? Le fou ou son médecin ? Samsa ou sa sœur ? C’est précisément dans cette tension et ce non-choix que le lecteur est amené à se déplacer affectivement vers l’Autre, découvrant dans l’entre-deux des personnages une distance fertile. Car il ne s’agit pas, dans ces textes de rappeler à une quelconque doxa, mais de dilater l’imaginaire du cœur par des constructions narratives qui amènent le lecteur à penser le vivre-ensemble, à désirer s’y sentir responsable.

Indications bibliographiques :
- Gogol, Le Manteau
- Kafka, La Métamorphose
- Melville, Bartleby
- Dostoievski, La Douce
- Tchekhov, Chambre N° 6 (Salle 6)
- Gradowski, Au cœur de l’enfer
- Levinas, Autrement qu’être
- Barthes, Cours et séminaires du Collège de France 1978-79
- Bergson, Les données immédiates de la conscience etc.


Claire Joubert

La critique noire : présence africaine entre les langues
1er semestre, jeudi 18h-21h, Musée du Quai Branly Salle 1

Une part déterminante de la force critique de l’activisme culturel noir antiraciste et anticolonialiste du XXe siècle tient à sa projection internationale, et donc à ses résonances et ses translations entre les langues de la diaspora. Diaspora, Internationalisme, panafricanisme, ne sont que quelques unes des configurations de ces inventions politiques majeures qui ont déstabilisé et fissuré, jusqu’à la Décolonisation puis dans ses suites postcoloniales, les hégémonies enserrant le système des relations internationales. Le rôle de la traduction a été, plus qu’un instrument nécessaire, celui d’une problématisation politique active, régulièrement activée pour une politique culturelle de la différence. La mise en lumière de cette histoire permet de réinterroger les théories postcoloniales anglophones, qui ont frayé des analyses importantes de la politique des langues dans la domination coloniale : car les langues du colonisateur ont également trouvé, dans ces créations de réseaux inter-langues et transcoloniales, une valence anticoloniale qui a été décisive pour l’effondrement des impérialismes européens modernes. Qui reste, également, une puissance critique dans le rapport politique international de la Mondialisation. Le cours présente l’histoire et les enjeux de ces effets de traduction, en se concentrant sur les rapports entre anglais et français : sur les solidarités, les confrontations et les circulations transatlantiques de la pensée et des œuvres, des artistes, intellectuels et activistes, entre Antilles françaises et British West Indies, pays africains anglophones et francophones, Etats-Unis, Paris, Bruxelles, et Londres. Sur ce matériau d’histoire culturelle, le questionnement théorique réexamine le rapport poétique – politique, en l’interrogeant à la lumière, comparatiste, de la différence des langues.

Premières indications bibliographiques :
- Du Bois, W.E.B., The Souls of Black Folk (1903), Oxford University Press, 2008
-  Edwards, Brent Hayes, The Practice of Diaspora : Literature, Translation, and the Rise of Black Internationalism, Harvard University Press, 2003
- Friedman, Alan Warren (ed.), Beckett in Red and Black : the Translations for Nancy Cunard’s Negro (1934), University Press of Kentucky, 2000
- Frioux-Salgas, Sarah, et al. (dir.), Présence africaine. Les conditions noires : une généalogie des discours, Gradhiva, 10, 2009
- Gilroy, Paul, The Black Atlantic. Modernity and Double Consciousness, London, Verso, 1993. Traductions françaises : L’Atlantique noir. Modernité et double conscience, trad. par Jean-Philippe Henquel, Lille, Kargo et Paris, Eclat, 2003, et sous le même titre par Nordmann, Paris, Amsterdam, 2010.
- Hall, Stuart. « Cultural Identity and Diaspora » (1989), reptd. dans Patrick Williams et Laura Chrisman, Colonial Discourse and Postcolonial Theory : A Reader, Hemel Hempstead, Harvester Wheatsheaf, 1993
- Mangeon, Anthony. La Pensée noire et l’Occident. De la bibliothèque coloniale à Barack Obama, Sulliver, 2010.
- Présence africaine. Revue culturelle du monde noir (créée en 1947, par Alioune Diop).
- Smouts, Marie-Claude (dir.), La Situation postcoloniale. Les postcolonial studies dans le débat français, Paris : Presses de Science Po, 2007
- Young, Robert. Postcolonialism : an Historical Introduction, Oxford : Blackwell, 2001. Autres textes de James Baldwin, Aimé Césaire, Ralph Ellison, Franz Fanon, Edouard Glissant, V.Y. Mudimbe, Ngugi wa Thiong’o, Malcolm X – à préciser.


Martin Mégevand

Drames anglophones et francophones africains et antillais
1er semestre, lundi 12h-15h

On propose d’aborder les dramaturgies nées durant les Indépendances et dans les décennies qui ont suivi sous l’angle de la théâtrologie comparée : les rapprochements et divergences entre les œuvres seront pour l’essentiel étudiés sur le plan dramaturgique, mais l’objet du séminaire est d’envisager les œuvres à l’aide des notions forgées par les principaux théoriciens du postcolonial (Bhabha, Spivak, Young, Moura, Mbembe, Combe). On se concentrera sur des œuvres de Soyinka et Walcott, pour la partie anglophone, de Labou Tansi et U’Tamsi pour la partie francophone, avec retour sur celles de Césaire Senghor et Dadié.

Indications bibliographiques :
- Chevrier, Jacques, La littérature nègre, Armand Colin, 1984, 1999
- Combe, Dominique, Les littératures francophones. Questions, débats, polémiques. PUF, 2010
- Glissant, Edouard, Poétique de la relation, Gallimard 1990
- Hiddleston, Jane, Understanding Postcolonialism, Acumen, Stocksfield, UK, 2009
- Kesteloot, Lilyan, Histoire de la littérature négro-africaine, Karthala AUF, 2001
- Moura, Jean-Marc, Littératures francophones et théories postcoloniale, PUF, 1994

Une bibliographie complète sera distribuée à la première séance. Il est recommandé de lire les livres de Moura et de Combe avant le début du semestre, ou, pour les étudiants anglophones ou spécialisés en littérature anglaise, de lire le manuel de Jane Hiddleston.

 
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