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L’étude des constructions fournit un point d’accès à la dynamique langagière dans une triple perspective linguistique, cognitive et sociale. Il en découle que la langue doit être considérée non pas comme un donné (c'est-à-dire un inventaire statique de signes) mais comme une entité en construction(s)

Thèmes de recherche

Projets de recherche

Jeu constructionnel et identité

L’interaction langagière et les formes linguistiques qui y participent ne sont pas de l’ordre du donné, en dépit de leur nature largement conventionnelle. Les constructions les plus anodines recèlent des strates de sens sédimentées au cours de leur histoire (certaines plus accessibles que d’autres) qu’il est possible de réactiver synchroniquement au gré des attentes sociales souvent conflictuelles qui conditionnent toute prise de parole. Ce décalage entre usage conventionnel et appropriation individuelle dans la synchronie crée un espace dans lequel les identités s’affirment, s’effacent, ou se (re)négocient.

Pour une nouvelle sociopragmatique

La sociolinguistique variationniste considère que, loin d’être en opposition avec l’usage standard de la langue, la variation en est le complément vital. Une variable est attestée lorsqu’il y a au moins deux façons différentes de dire « la même chose » (Labov), soit pour des raisons stylistiques, soit pour des raisons plus sociologiques. Loin d’être reléguée au rang d’imperfection ou d’accident, la variation (spatiale, historique, sociale) est au cœur même de la langue car elle libère un espace dans lequel peut émerger l’identité individuelle et collective des locuteurs. L’instabilité et l’évolutivité inhérentes à tout assemblage forme/sens dans une perspective centrée sur l’usage fait de la construction un sujet d’étude sociolinguistique privilégié. Le principal intérêt de la variation vient de ce que les innovations linguistiques sont souvent le fait de tentatives manquées de se conformer à la norme. Acquérir une langue consiste non seulement à en intérioriser les règles et les codes, mais aussi et surtout à se construire en tant qu’individu par un constant va-et-vient entre nos tentatives linguistiques et leurs effets sur les différentes communautés que nous intégrons au cours d’une vie. De ces « essais » il résulte un degré incompressible d’instabilité, visible au niveau des constructions par un jeu dans l’assemblage de forme et de sens.

Thèse

Modélisation cognitive de la variation et du changement linguistiques. Manuscrit (pdf, 2,95Mo), Résumé. Mention très honorable avec félicitations du jury à l'unanimité. Directeur : Jean-Rémi Lapaire (Bordeaux 3).

Jury : Ronald W. Langacker (University of California, San Diego), Michel de Fornel (EHESS, Paris, rapporteur), Wilfrid Rotgé (Paris 10, président et rapporteur), Jean-Rémi Lapaire (Bordeaux 3, directeur de recherches).