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La voix de Gilles Deleuze
THEMES COURS
 ANTI-OEDIPE ET AUTRES RÉFLEXIONS - MAI/JUIN 1980 - DERNIERS COURS À VINCENNES (4 HEURES)
 SPINOZA - DÉC.1980/MARS.1981 - COURS 1 À 13 - (30 HEURES)
 LA PEINTURE ET LA QUESTION DES CONCEPTS - MARS À JUIN 1981 - COURS 14 À 21 - (18 HEURES)
 CINEMA / IMAGE-MOUVEMENT - NOV.1981/JUIN 1982 - COURS 1 À 21 - (41 HEURES)
 CINEMA : UNE CLASSIFICATION DES SIGNES ET DU TEMPS NOV.1982/JUIN.1983 - COURS 22 À 44 - (56 HEURES)
 CINEMA / VÉRITÉ ET TEMPS - LA PUISSANCE DU FAUX NOV.1983/JUIN.1984 - COURS 45 À 66 - (55 HEURES)
 CINEMA / PENSÉE - OCTOBRE 1984/JUIN 1985 - COURS 67 À 89 (64 HEURES)
 - CINEMA / PENSÉE + COURS 90 À 92
 - FOUCAULT - LES FORMATIONS HISTORIQUES - OCTOBRE 1985 / DÉCEMBRE 1985 COURS 1 À 8
 - FOUCAULT - LE POUVOIR - JANVIER 1986 / JUIN 1986 - COURS 9 À 25

63- 22/05/1984 - 3

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Gilles Deleuze - vérité et temps cours 63 du 22/05/1984 - 3

.. Voyez, puisque ça s’echange. Je dis, c’est la première dimension, et je reviens à mon appel de la dernière fois.

Si vous faites une recherche, je vous le disais : voilà, on est en train d’essayer de voir si on peut former une notion d’image-cristal. Déjà, certains d’entre vous m’ont dit - pendant notre courte recréation au froid - que à ce premier niveau actuel-virtuel, je laissais tomber énormément de choses. Parce que dans le domaine des images virtuelles, qui s’occupe de ça ? L’optique. Bon. Moi-même, j’emploie le mot image virtuelle, mais j’ai justifié mon emploi, en un sens qui n’est pas orthodoxe quant à l’optique. Bon. Mais pas d’importance. Je vous dis : cette première dimension actuel/virtuel, si vous vouliez là poursuivre - je prétends avoir dit vraiment le minimum - Il faudrait vous adresser à l’optique, et voir ce que vous pouvez en tirer. Et je recommence mon appel : Il ne s’agit pas simplement d’appliquer de l’optique, il ne s’agit pas de vous donner un shéma d’optique, et puis de l’appliquer. Il s’agit, comme je vous le disais la dernière fois : d’extraire des schémas scientifiques, certaines caractéristiques qui pourront appartenir à un concept philosophique. Ce n’est pas une tâche "d’application". Vous allez retenir des opérateurs scientifiques pour les transformer en dimensions conceptuelles. Bon, et puis c’est tout. A ce moment là, vous n’aurez pas grand souci de : "est-ce que ça peut se dire scientifiquement ?" à ce moment là, vous serez très étonnés que les hommes de science - qui sont beaucoup plus intelligents qu’on ne le dit - vous disent d’avance, c’est très curieux. Ils vous disent : « mais oui ! », à ce moment là, il y a moyen de parler. Si on prétend pas réfléchir sur les sciences et si on ne prétend pas appliquer des schémas à des domaines qui ne leur conviennent pas, on peut très bien s’entendre avec les hommes de sciences et ils vous apprennent à ce moment là, beaucoup.

D’où la question que je lançais, bon. Si nous sommes à la recherche d’un autre élément, et puis d’un autre encore, de nouveaux éléments de l’image-cristal, nous n’avons là qu’un premier élément. L’image-cristal est un point, mais elle a des éléments.
-  C’est le point de la toupie. mais avec des éléments puisque c’est coalescence. C’est un circuit. Image actuelle/son image virtuelle. C’est pas le seul cas. Pour ceux qui connaissent un peu l’atome épicurien. L’atome épicurien est indécomposable, et pourtant il a des parties. Le point physique a des parties, le point mathématique aussi, le point physique a des parties. Ou plutôt il a des éléments. Il a des éléments insécables. Donc Il n’y a pas de difficultés là. Je dis, c’est la cristallographie dont on veut, à laquelle on veut arracher quelque chose. Si ça rate, ça rate, tant pis, bon, bah, ils diront : c’est ridicule, tout ça.

Si ça marche très bien, à ce moment là - c’est les cristallographes à qui il faut demander des choses. Il ne faut pas leur demander de nous traiter comme si on voulait faire de la cristallographie. C’est-à-dire, là aussi, ils savent très bien, ils comprennent très bien si on leur explique ce qu’on veut. Il s’agit pas de revenir à l’école et de suppléer les savoirs que nous n’avons pas. Il s’agit d’arriver à faire une "capture", une greffe. Des greffes de sciences sur des concepts philosophiques, des greffes de sciences qui se développeront pas scientifiquement, et qui pourtant auront des rapports de résonance avec ce que fait la science. Alors, faire une greffe de science, ça consiste à, déjà, faire des sélections indépendamment, des enchaînements qui unissent les opérateurs scientifiques eux mêmes. C’est pour ça, je voudrais dire - avant de vous expliquer ce qui va se passer - je voudrai dire, moi, ce que je retiendrai de la cristallographie.

-  J’ai ma première dimension : actuel-virtuel et leur échange, voilà. Et puis, je sais rien d’autre, supposons, j’ai développé dans le sens de l’optique ce que je n’ai pas fait.... à vous de le faire si ça vous intéresse. Et puis, je feuillette un manuel de cristallographie. Et je tombe sur quelque chose qui revient tout le temps : Limpide-opaque - ça c’est de la cristallographie. Seulement, c’est pas des concepts. La science ne forme pas de concepts. On le verra : c’est des opérateurs. C’est des opérateurs chimiques. Il y a des opérateurs géométriques, algébriques, physiques, chimiques. Limpide-opaque, c’est un opérateur cristallographique. Je me dis : tiens - je peux ne rien comprendre. Ce que je veux dire c’est que si vous n’avez pas l’idée d’abord, vous l’aurez jamais - Je me dis bon, c’est bon ça. Je le mets de côté. Ca veut dire quoi ? Pour moi, je vais retenir cette dimension : limpide-opaque avec des questions : est qu’il n’y pas un échange proprement cristallographique où le limpide devient l’opaque et l’opaque limpide ? Ca serait bien. Car si l’hypothèse est vérifiée, je pourrai dire : C’est la suite de l’échange actuel-virtuel.
-  Il faudra que je montre que l’échange actuel-virtuel est relancé par un échange limpide-opaque ; l’opaque devenant limpide et le limpide devenant opaque.

J’aurai donc mon premier couple pour définir l’image-cristal : actuel /virtuel et bonheur, bonheur, un second couple m’arrive : limpide-opaque. Et je sens qu’il est très joli. Et que c’est un déplacement : j’aurai : actuel-virtuel sur une ligne, le couple se déplacera et formera un nouvel échange, nourrira un nouvel échange, entre le limpide et l’opaque.
-  Et joie : on aura fait du limpide et de l’opaque, une dimension d’un concept philosophique.

Si je feuillette mon manuel de cristallographie toujours, et je vois que réapparait tout le temps un troisième truc, un troisième couple qui, moi, me plait. C’est question de "goût". C’est pour ça qu’il ne faut pas me dire : « bon, bien sûr il y a autre chose qui est possible » Vous, ça va être d’autres qui vous plairaient, si vous feuilletez votre manuel. J’en laisse tomber énormément ! Je prends des opérateurs comme ça, pour voir si je peux en faire quelque chose.

-  Alors, troisième couple qui revient tout le temps, c’est : germe et milieu. Germe/milieu, parce que le cristal, ça n’existe pas. Ah ! tiens ça n’existe pas ! Non, un cristal, ça n’existe pas, un cristal c’est une limite. Chacun sait qu’un cristal, ça croit par les bords, croissance par les bords. C’est une limite. Limite entre quoi et quoi ? Limite entre un germe dit cristallin et un milieu dit cristallisable. Bon, et le cristal, c’est ce que le germe a fait cristalliser d’un milieu cristallisable. ça a une drôle d’existence ! Voyez germe/milieu, d’avance, va constituer aussi un échange. Je ne sais pas encore bien comment. Voilà que j’ai mes trois couples :
-  actuel-virtuel,
-  opaque-limpide,
-  germe-milieu.

Si je n’ai pas ces trois dimensions, je dis : je renonce à mon "image-cristal". Moi, ces trois là me suffisent. Là-dessus, vous pouvez me faire toutes les objections du monde. Vous pouvez me dire : « Ah bah moi, elles ne me suffisent pas ! » Vous pouvez me dire : « Moi, il m’en faut d’autres ! », vous pouvez me dire : « Moi, il m’en faut plus ! ». Moi, je dis : moi ça me va. Voyez en quel sens il n’y a jamais lieu de faire des objections ! Il y a lieu de faire autrement, ou de faire mieux ; ajoutez-moi des dimensions, très bien ! Prenez en d’autres, très bien aussi. On verra ce qui marche, ce qui ne marche pas. La question, c’est : Est-ce qu’on aura formé un concept consistant ? C’est-à-dire vraiment coalescent d’image-cristal, ou l’échange. Alors voyez, je définirais du coup l’image-cristal pour mon compte, comme :
-  le lieu d’un triple-échange :
-  actuel-virtuel,
-  opaque-limpide,
-  germe-milieu.

Et je dirais, au cinéma - mais on pourrait faire la même recherche dans la peinture - au cinéma ce que j’appelle des images-cristal, c’est finalement des images qui réunissent ces trois dimensions. Quitte à voir : quels sont les auteurs qui font, qui procèdent par images-cristal ? Et en quoi, ça nous importe. Et alors, voilà ce que je voulais faire. Vous m’accordez tout ça à titre d’hypothèse, puisque j’ai justifié un tout petit peu d’une manière insuffisante ma première dimension actuel-virtuel et leur échange. Sur les deux autres : c’est un programme que je viens de dessiner, et programme uniquement lié, encore une fois, à mon goùt, à moi. C’est ça dont j’ai envie.

« Sous les concepts », comme disait Nietzsche, « il y a toujours un "j’ai envie" ». Pourquoi ? Pourquoi ça plutôt qu’autre chose ? Ce n’est pas des questions à se poser ! c’est autant de temps perdu : " pourquoi ça plutôt qu’autre chose." Si c’est autre chose ? Faites le ! que quelqu’un le fasse. Alors à ce moment là, il n’y aura pas de question « pourquoi ça plutôt qu’autre chose », puisque « pourquoi ça plutôt qu’autre chose encore ». Que le troisième le fasse. De tout manière il n’y aura jamais lieu de discuter ! Il n’y aura que des travaux convergents. Ou bien, il y aura des travaux qui tombent dans une impasse. Jamais de discussions, la philosophie n’a jamais procédé par discussion ni objection.

Alors, voilà. Alors, là-dessus, moi, c’est ça là-dessus, c’est là-dessus que je voudrais qu’on finisse. Il y a ici quelqu’un qui, pour des raisons qui sont les siennes, est à la fois à cheval sur le cinéma, et a fait des études où il a rencontré la cristallographie d’un point de vue scientifique. Et j’ai dit notre pacte, si ça lui convient toujours, c’était un peu, lui, revoir tout ce qu’il sait en cristallographie, il en sait plus que moi, sous les conditions que je viens dire. Pas essayer de nous donner des schémas de cristallographie qui nous dépasseraient mais voir lui - tout comme c’est comme ça, moi j’ai dis d’abord, mes trois dimensions que j’extrayais. Si lui, ça peut bien être les-mêmes, mais à ce moment là je suis sûr que ce sera d’un autre point de vue, ou lui peut repérer par exemple, là, en cristallographie, en domaine très passionnant, qui est celui - je le dis pour ceux qui savent, pour les mathématiques - je ne sais si il va en parler - l’isotropie et l’anisotropie. À savoir, le cristal a été souvent défini comme un corps anisotrope, c’est-à-dire dont les propriétés varient de valeur suivant les directions. C’est une notion très intéressante. Sûrement, quant à l’image-cristal, on peut en tirer quelque chose à savoir : c’est une image "anisotrope", dont les propriétés varient suivant les directions.

Ca, moi, j’ai laissé tomber complètement. C’est un cas. Autre cas que je prends : il y a des choses très, très bizarres qu’on appelle les cristaux liquides. Moi, je ne vois le moyen de me servir des cristaux liquides qui pourtant concernent l’image, qui concerne les problèmes d’images, que d’une manière très très secondaire, parce que j’arrive pas. Je n’arrive pas en faire une dimension propre. On pourrait concevoir un échange liquide-solide, je ne sais pas. On pourrait ! Donc c’est dire que rien n’est préfiguré d’avance dans une telle recherche. D’où alors ma question ? Et si vous voulez, ceux à qui ça convient, il faut ou bien suivant leur goût que vous ajoutiez les directions, c’est : Quelle direction donnerait Jouanni pour une recherche de ce genre ?

Jouanni : (inaudible)I l y a plusieurs..là, c’est très souvent qu’on voit grandes choses qui peuvent se développer par rapport à ce travail. Parce que pour les cristaux qui sont anisotropes, l’autre problème qui se pose par rapport à ça, c’est que, quand enfin on a un régime particulier, qui se développait en cristallisant, ils vont obtenir une certaine forme. A d’autres températures, en d’autre pression, il y aura une forme différente cristallisée, il y aura d’autres propriétés physiques ou chimiques. Et il y arrive que d’autre opposé, qui ne sont pas dans une formule chimique, n’est pas du tout (inaudible) cela varie enormément selon la molécule de départ et selon ensuite la forme géométrique. Donc on ne peut dire véritablement qu’il pourrait y avoir des formes cristallines dans un certain sens, avec certaines propriétés
-  ouais !

C’est pour ça que je n’ai pas cherché dans cette direction Les cristaux liquides sont une matière qui n’est plus tellement liquide et qui n’est pas encore tout à fait solide. il suffit de la chauffer et de faire passer un truc à l’intérieur pour que d’un seul coup se forme une cristallisation qui le fasse changer de couleur(.. ) c’est beaucoup plus jouer sur une différence de couleur d’un produit parce qu’il change de caractéristiques donc je ne voyais pas tellement comment ... Etant donné que c’était pas lié particulièrement à la structure ou à la construction en forme de faces ou de facettes ou directions. (..) c’est vraiment un changement de nature (...) En gros, c’est ça.

G.D. : Tu ne vois pas la possibilité de les situer, les cristaux liquides, par opposition aux deux états- dont là on devance, dont là on n’a pas encore parlé - l’amorphe.
-  L’amorphe, c’est en gros ce qui n’a pas de direction privilegiée.
-  Cristallin, c’est ce qui a des directions privilégiées.

Jouanni : Mais le problème c’est que les cristaux-liquides, ont une organisation en tant que fluides, et ils en ont une autre en tant que solides. Donc on peut pas vraiment dire que c’est un liquide. Ce n’est pas du mercure, par exemple qu’on peut faire couler à la limite. Ce sont vraiment des cristaux qui sont en état de fluidité qui commence ; et qui sont en état de solide qui commence également.

-  Alors, est-ce qu’ils n’auraient pas un rôle possible dans les circuits amorphe-cristallin ?

Jouanni : En tout cas, leur nature... Ils ne nous apprennent pas grand chose. Ils nous apprennent quelque chose sur le phénomène de cristallisation : ça commence d’un seul coup en quelque seconde, ils peuvent passer d’un forme liquide ou presque à une forme solide. Mais ils ne nous apprennent pas comment peut fonctionner un phénomène de la germination !

G. D. - De germination !

..qui est lui tout à fait différent. Il y a un problème de dynamique. Pour la germination il y a un gros problème (..) Il faut dès qu’une face est terminée qu’une nouvelle puisse s’amorcer et cela peut prendre énormément de temps. il faut qu’il y ait un phénomène physique très lent - et que les chimistes cherchent désespèrement à accélerer - qui le provoque. C’est un phénomène totalement présent que l’on a avec les problèmes de cristalllisation dirigée, que l’on n’a absolument pas avec les cristaux liquides.

G.D.- C’est déjà important, ce que tu viens dire, parce que ça nous laisse pressentir ce qui sera finalement notre conclusion. À savoir, que les propriétés spatiales de l’image-cristal sont très particulières. Et ne peuvent pas s’expliquer. Notamment, le fait qu’il y ait des directions privilégiées, qui impliquent tout un espace qui finalement, là je dis presque une bêtise, qui est irréductible à l’espace euclidien. À savoir, ne peuvent plus s’interpreter directement, en fonction de structures spatiales, mais mettent nécéssairement en jeu un vecteur temps. C’est le rapport image-cristal/temps qui va être finalement le rapport essentiel pour nous.

-  Jouanni (inaudible) il y a un phénomène difficile à percevoir (.) On est confronté à un problème cruellement confronté à un problème, on manque de technique. Alors, jusqu’à présent, on pourrait penser qu’un plus de téchniques, pour un plus de perfection, pour arriver à un limite, pour arriver à un résultat. C’est-à-dire qu’on casse la molécule, on l’a détruit, on empêche qu’elle progresse , on a une preuve que... Pour les diamants synthétiques , un problème qu’on arrive pas à résoudre. Alors, maintenant en chimie on est confronté à un problème de temps (.) qu’on arrive pas à résoudre parce qu’il faut un temps (inaudible) Donc on peut penser que le cristal est une forme pur du temps. sa germination quand commence à se provoquer les premières réactions de cristallisation la seule chose qui permette à ces diamants de se developper (.) le milieu extérieur le milieu extérieur au bout d’un certain nombre d’années si un certain nombre de conditions une germination et peu peut être une deuxième, tout est complètement conditionné mettre en présence des atomes ; Il n’a pas un mécanisme d’élan vital (..)c’est vraiment la nature qui elle même crée un mouvement qui provoque l’apparition de cette matière. ;(.) Ce qui est intéressant dans le cristal, c’est quand on voit.(.) On a affaire à quelque chose de vivant (...)

Gilles Deleuze : Alors toi jusqu’à maintenant, cela pourrait être notre conclusion, le rapport cristal/temps. Mais alors, auparavant : puisque que tu dis, que toi non plus, tu ne tirerai pas grand chose de l’anisotropie, ni grandes choses des cristaux-liquides... toi alors, qu’est-ce que tu retiendrais comme caractéristiques utilisables ?

Il y a une chose qui m’intéresse beaucoup dans les films, dans les images-cristal dans la publicité. Il y a une chose qui ne fonctionne pas dans l’ordre chronologique des événements. Quand on observe le développement ou la cristallisation, le phénomène de cristallisation, on s’apercoit que dès qu’apparait un germe qui le dépasse, celle ci se développe dans toute une série de(inaudible) cela se fait tout à fait de façons non chronologique. (inaudible)

G. D. Ca, c’est très important. C’est très important parce que ça nous permettrait de dire que, à mon avis, traduit dans le concept que l’on cherche - mais ça sera déjà notre conclusion - c’est qu’il faut distinguer le cristal, à supposer qu’on l’ait défini, qu’on l’ait complètement défini, il faut distinguer l’image-cristal et ce qu’on voit dans le cristal. Là, on reprend donc, on retrouverait, notre thème du voyant. Il y a toujours ( inaudible)

Je dis : c’est ça qu’on voit dans le cristal ! C’est tout notre renversement image-mouvement/image-temps. L’image-temps, elle se livre dans le cristal. Dès lors, ça ne peut pas être le temps chronologique qui est lié fondamentalement à un temps sensori moteur et qui se déploie dans un espace parfaitement euclidien, et qui se déploie dans les milieux réels. Car, grâce à ce qu’on n’a pas encore analysé, à savoir le couple germe-milieu, on s’apercevra que le milieu change complètement de sens, cesse d’être un milieu réel quant il devient un milieu cristallisé ou même un milieu saisi comme "cristallisable". Si bien que le milieu qui est intégré au cristal, est un milieu cristallisé - qui n’a plus rien à voir à voir avec un milieu réel encore une fois, avec un milieu réel - d’où les caractères particuliers de l’espace qu’il prend. Et ce temps donc l’on voit dans l’image-cristal ainsi constituée, c’est nécéssairement, il fallait nécéssairement que ce soit un temps non-chronologique. Alors, là-dessus, on se trouve devant des problèmes, ou toi, tu sais peut- être d’avance. On dira, l’image-temps directe, c’est forcément l’image d’un temps non-chronologique. Alors que l’image indirecte du temps, elle garde toujours un rapport avec la chronologie même quand la chronologie est bouleversée.

Mais il y a bien des manières de faire un temps non-chronologique. Et en rapport avec la nouvelle nature des milieux, milieu cristallisé, espace riemannien, espace topologique (dont je parlais la dernière fois), il y a bien des manières. Si bien que à la limite, je dirais : il faudrait parler de temps non-chronologique parce que temps probabilitaire, de temps non-chronologique parce que, je ne n’ose pas dire quantique. Mais avec sauts discontinus. Il y aura toutes sortes de figures de temps non-chronologique.

Alors, m’intéresse beaucoup que, là, tu viens de parler de la nécéssité, dans le processus de cristallisation, d’introduire un temps non-chronologique. Du coup, là, c’est un domaine que je ne connais pas du tout en cristallographie. Est-ce qu’à ta connaissance, ces temps non-chronologique, est ce qu’il y a des physiciens et des chimistes qui ont essaye de lui donner un statut ? Notamment, ce à quoi on pensait immédiatement, c’est que c’est des temps probabilitaire. Ou est-ce que c’est pas ?.. Et en même temps je me dis, c’est sûrement pas des temps probabilitaires.

Jouanni : (inaudible) à cause de cette spirale, le cristal ne va se pas developper..

G.D. : On pourrait s’arranger. Est-qu’on peut s’arranger sur le mode suivant ? Le temps qu’on voit dans le cristal, c’est-à-dire qui appartient au cristal, est de toute manière un temps non-chronologique. Mais il y a aucune raison à considérer qu’il n’a pas d’unité qui soit déterminée négativement. Donc, il n’y a pas un temps non-chronologique, il y a toutes sortes de temps non-chronologiques. Lorsque le temps non-chronologique passe par des plans. Si je comprends bien, c’est très lié, alors, au caractère anisotrope, parce que les plans passent par des directions privilégiées. C’est-à-dire, là, il y a un rapport avec l’anisotropie comme base. Il y aurait pas cette organisation planique, si il n’y avait pas les directions privilégiées. Donc, je peux dire : à ce niveau du développement des plans - je retire à mon mot probabilitaire qui est surement mal adapté - il y a déjà un certain type de temps non-chronologique au sens exact que tu viens de dire. Ca ne se dispose pas, les points du réseau ne se disposent pas suivant un ordre de connection chronologique. Donc c’est un premier type du temps non-chronologique. Lorsque tu invoques l’opération synthétique, que tu définis très bien, moi, ça me plait beaucoup, là, ce qui fait naitre cette espèce de spirale, de spirale de catastrophes. Ca ne rétablit pas une chronologie, évidemment c’est un autre type de temps non-chronologique. Et j’ai le sentiment que, surement il y en a toutes sortes de figures de temps non-chronologiques. Est-ce que ça irait ça ? Moi, ça m’irait bien parce que c’est ce qui nous resterait à faire après l’image-cristal, précisément les figures du temps qu’on découvre dans l’image-cristal, qui ont en commun, qui ont uniquement en commun ce caractère négatif.

Etant des images directes, des images-temps directes, elles ne sont pas chronologiques, Puisque la chronologie, c’est la subordination du temps en mouvement.
-  Si vous renversez la subordination du temps-mouvement, si vous assurez l’indépendance du temps, ce que fait l’image-cristal, évidemment , vous ne pouvez plus être un temps chronologique. Vous avez précisément ce qu’on peut appeler le vrai temps. Mais le vrai temps, ça peut être une multiplicité des temps très différents. Est ce qu’il y a d’autres ? Moi, je vois déjà plusieurs types possibles mais j’arrive pas à les rattacher au cristal. Parce qu’en effet, il y a des phénomènes de fragmentation, je dis. Les phénomènes de fragmentation vont être essentielles.

Anne Querrien (inaudible) Jouanni (inaudible)

G.D. : Je vous dire là , à propos des parallèles avec la musique, je me souviens d’un texte que j’ai lu, il y a longtemps déjà, il y a 5,6 ans, un texte de Boulez qui présentait, qui était sous le thème général : "le temps musical". Et j’avais été frappé par ceci qu’il analysait quatre œuvres ou cinq œuvres, une œuvre de Ligeti, une œuvre de Messiaen, une œuvre de Cartère et une œuvre de lui-même. Oui, je pense que ce sont les quatre. Et dans dans les quatre cas, il dégageait - il faut que je le trouve, ce texte - il dégageait un type de temps non-chronologique, Notamment je me rappelle qu’il faisait, très rapidement, une analyse du temps probabilitaire chez Messiaen. Alors que lui, (Boulez, pourtant il aimait Messiaen, mais il ne voulait surtout pas un temps probabilitaire. Donc là, il faudrait voir si on pourrait pas... parce que c’est évident que l’idée, dont on a un petit peu parlé dans le courant de cette année, l’idée de cristal sonore, est parfaitement fondée, ne serait ce que par les propriétés sonores du cristal.

Donc à partir de la dimension sonore du cristal, il faudrait tenir compte (inaudible) on pourrait redécouvrir des temps musicaux qui, eux-mêmes, sont par nature sont des temps non-chronologiques. Il y a bien un temps chronologique, qui est la cadence ou la m ? en musique, mais le temps musical est par nature, un temps non-chronologique, le temps rythmique est par nature non-chronologique, et encore, c’est pas le seul temps. Donc, à tout cet égard. Alors là ce que tu ajoutes, me parait très, très important, et finalement ça nous lance pour la conclusion après.

Mais alors, je reviens à ma dernière question parce que tu pourrais le développer la prochaine fois. Ou bien, toi, ce qui t’a intéressé, c’est le temps et si tu veux bien tu reprendras quand on en sera là, puisque tu as lancé le thème, il me semble, parfaitement. Est-ce que tu as des directions avant cette découverte du temps non-chronologique ? Est-ce qu’il y a des aspects du réseau cristallin qui t’apparaissent devoir être retenus autant que, l’opaque-limpide ou germe-milieu.

Jouanni (inaudible)

Tant mieux ! Tant mieux, ça va être l’échange !

Jouanni (inaudible)

G.D. : Attends, c’est très intéressant mais il faut que je t’arrête, parce qu’il y a un cours après, je veux pas des histoires. Voilà ce qu’il faut. Tu retiens ça. Ce que tu vas faire - si tu veux bien - C’est toi qui commence la prochaine fois, sur les deux thèmes cristal... tu réfléchis si il n’y a pas d’autres à ajouter, et tu développes, tu vas apporter des choses nouvelles sur limpide-opaque et sur germe-milieu. Germe-milieu, t’en a un peu parlé aujourd’hui, mais c’est toi qui commencerais la prochaine fois.

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La voix de Gilles Deleuze en ligne
L’association Siècle Deleuzien


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