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La voix de Gilles Deleuze
THEMES COURS
 ANTI-OEDIPE ET AUTRES RÉFLEXIONS - MAI/JUIN 1980 - DERNIERS COURS À VINCENNES (4 HEURES)
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 CINEMA / VÉRITÉ ET TEMPS - LA PUISSANCE DU FAUX NOV.1983/JUIN.1984 - COURS 45 À 66 - (55 HEURES)
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60-17/04/1984 - 1

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Gilles Deleuze vérité et temps cours 60 du 17/04/1984 - 1 transcription : Ana Lanfranconi

Vous voulez bien fermer ? Notre thème c’est : comment a opéré ou comment s’est produit le dégagement d’une image-temps - vous voulez fermer ? - Comment s’est produit le dégagement d’une image-temps. Ou, ce qui revient au même : comment s’est renversé le rapport de subordination temps/mouvement ?

Et on est resté longtemps, longtemps, longtemps, sur - ce qu’on peut appeler en gros - la philosophie antique. Pour montrer comment, bien sûr, c’est vrai, ils se faisaient du temps, une image telle que le temps dépendait du mouvement. Mais qu’en même temps, il y avait tellement d’anomalies du mouvement, que plus ces anomalies du mouvement étaient prises en considération, plus le temps tendait à renverser sa dépendance et au lieu de dépendre du mouvement, c’était le mouvement qui dépendait du temps. Et que cela était pressenti, cela était vécu - soit sous la forme de crise, soit sous la forme de peur - était vécu par les penseurs de l’antiquité.

Alors, comme on est resté très longtemps sur ce point donc, cela m’interessait et puis ce point on l’a terminé, avant les vacances. -Sur ce point est ce qu’il y.. sur tous ces points, est-ce qu’il y a des remarques ? ou est-ce que tout va bien ? est-ce que vous avez... par ‘tout va bien’ j’entends que vous ayiez tout oublié, que vous vous rappeliez tous... donc, tout va bien.

Et puis je saute bien de choses puisque sinon ça n’en finirait pas et j’avais dit, il me semble que l’acte même - mais il y en a un acte infiniment préparé par ce qui précède, on l’a vu - l’acte même du renversement du rapport du mouvement/ temps, c’est Kant... c’est Kant qui tire les conclusions de tout ce qui a précédé, concernant les anomalies : il recueille toutes les anomalies pour faire le renversement.

Je vous rappelle, en effet, que tout mon thème d’avant, s’écroule si vous ne tenez pas compte de ceci : oui, dans l’antiquité, de toutes sortes de façons différentes, le temps dépend du mouvement - mais ça peut être d’abord le mouvement extensif du monde, ça peut être le mouvement intensif de l’âme - mais même dans la mesure où il dépend du mouvement, où le temps dépend du mouvement, où l’image-temps est tirée du mouvement, même dans cette mesure, les penseurs de l’antiquité sont les premiers à marquer des anomalies de mouvement et au niveau de ces anomalies - risque de se faire cette espèce de jeu de bascule- où, au niveau des anomalies, c’est le temps, qui va se subordonner le mouvement au lieu de rester subordonné au mouvement.

Alors, quand je dis, d’une certaine manière Kant tire les conséquences de toutes les anomalies cosmologiques et psychologiques -mouvement du monde, mouvement de l’âme -, il tire les conséquences de toutes les anomalies psychologiques et cosmologiques pour, en quelque sorte, opérer ce renversement même - l’opérer en tout cas en philosophie - ce renversement du mouvement par rapport au temps, c’est maintenant le temps qui va être en quelque sorte premier, par rapport au mouvement. C’est plus important que s’il n’y avait plus de mouvement - c’est pour ça qu’on s’exprimera parfois comme s’il y avait plus de mouvement et qu’il y avait du temps - parfois c’est que, en effet, le mouvement a pris une valeur tellement secondaire ; d’autres fois c’est pas ça, il peut, au contraire, avoir garder sa pleine valeur mais il se trouve qu’il est subordonné au temps, au lieu que ce soit à l’inverse, il faut donc introduire tout le temps, des nuances.

Or, je voudrais qu’on voit aujourd’hui, pour en terminer avec toute cette partie philosophique, c’est précisément : comment Kant opère. Et comme toujours chez Kant - là, j’arrive assez effondré maintenant -pas du tout parce que c’est la rentrée- c’est... chaque fois que j’ai à parler de Kant - ça m’est déjà arrivé, mais pas à ce point-là - je dis bah, c’est déjà tout fait pour moi, quand même je le connais, et puis, je me remets dans des textes et à nouveau il y a des choses dont j’arrive même à me tirer, j’y arrive pas. Hier soir je croyais que c’était très au point mais puis ce matin je me suis aperçu que pas du tout...

Alors, je vais aller très lentement, et puis faut pas m’en vouloir parce que... faut pas m’en vouloir parce que... J’ai l’impression que c’était fait. Chaque fois, chaque fois il me fait cet effet là. Je me dis je le tiens, et puis rien du tout, je ne tiens rien du tout et c’est difficile, parce que... Je me dis, la seule manière quant vous prenez un texte de Kant, vous voyez un langage quand même très dur, un langage extrêmement rigoureux, très dur - c’est difficile à lire, c’est pas du Descartes, qui semble se lire très facilement, mais vu la difficulté, elle est déjà dans le style. Quand vous lisez ça, si vous arrivez à en extraire quelque chose, vous vous dites ; Mais comme c’est simple ce qu’il dit , il y a comme trois temps : on lit une page, on se dit ou est le sujet ? ou est le verbe ? tout ça - bien sûr, c’est traduit de l’allemand, si vous prenez le texte allemand - c’est difficile.

Deuxième impression, à force de travail, vous en extrayez des propositions, et vous vous dites : "ah mais oui, mais c’est complètement évident", mais vous avez déjà pris dans un engrenage, et vous allez voir que ces pseudo-évidences débouchent sur des choses qui posent tel problème, que finalement on a presque envie de prendre un autre langage que philosophique, on a presque envie de prendre un langage poétique, pour essayer de - et après tout c’est ce qu’il a fait lui-même puisque sa dernière œuvre- quand il était pourtant bien vieux, bien vieux, là où les autres ont fini depuis longtemps d’écrire - sa dernière œuvre, c’est-à-dire, sa troisième Critique, la Critique du Jugement, atteint une expression poétique intense.

Alors, bon, ce que je voudrais-là, c’est suivre le bon chemin, et puis même, vous ne vous inquiétez pas s‘il y a des moments de confusion très grands, vous me le dites, Deleuze, et on essaie de débrouiller. Le premier point, il me semble, c’est quand on regarde la "Critique de la Raison Pure", on voit à la fois affirmer formellement ‘’le temps dépend du mouvement ‘’, non pardon, ‘’le mouvement dépend du temps’’, et pas du tout à l’inverse, et c’est même l’élément de ce qu’il appelle, ou un des éléments principaux de ce qu’il appelle lui-même, une révolution en philosophie.

C’est le mouvement... c’est le mouvement qui dépend du temps, mais la manière dont il le montre, au début de la Critique de la Raison Pure" semble être enfantine. Et elle l’est, seulement qu’est ce cela nous réserve ? Comment est ce qu’il procède ? Il me semble qu’il procède comme ceci. Je multiplie - donc ça c’est mon premier point- je multiplie les subdivisions.

a - il nous dit un peu près, « Le mouvement extensif, c’est-à-dire, le mouvement local, qu’il se définit par ‘’changement de position d’un mobile’’- le mouvement extensif suppose le temps -pour quoi ? parce qu’il se fait nécessairement dans des espaces-temps différents » ; en d’autres termes, le mouvement extensif suppose des temps différents. Le mouvement extensif, c’est ce qui est dans des temps différents. En d’autres termes, le mouvement extensif renvoie à la notion de succession. Qu’est-ce que c’est la succession ? La succession, c’est le rapport entre les parties du temps ; la succession, c’est le rapport entre des parties de temps. Tous ça est élémentaire. J’en tire déjà la conclusion que je peux considérer le temps du point de vue du rapport entre ses parties. C’est un premier aspect sur le temps.

Si le mouvement extensif renvoie à la succession, c’est-à-dire, au rapport des parties de temps, je vois que par là même, il renvoie au temps sur son premier aspect. Ce qui veut dire quoi ? Premier aspect du temps, c’est le rapport entre ses parties. Ce qui veut dire que le temps est composé de temps à l’infini, le temps est composé de temps à l’infini soit -il y a donc des parties de temps- le rapport entre ces parties, c’est la succession. Le temps est composé de temps, remarquez déjà que -si je réfléchis à ce que je suis en train de dire - ça suffirait pour me faire conclure que le temps n’est pas un concept. Pourquoi ? Parce que le concept n’est pas composé de quelque chose qui lui est homogène, un concept se divise en d’autres concepts suivant des différences qu’on appelle, spécifiques. Par exemple, les mammifères se divisent en lion, bœuf, etc. Mais le temps est différent, il se divise en temps, il se divise en parties de temps. Kant insistera énormément sur ceci : il y a une irréductibilité des différences spatio-temporelles aux différences spécifiques ou conceptuelles. Je retiens que cet aspect pour le moment. Le mouvement extensif suppose le temps du point de vue du rapport entre les parties du temps ; le rapport entre les parties de temps étant la succession. La conclusion de ce point, si minuscule soit-il, elle est déjà formidable.
-  Je ne peux pas définir le temps par la succession.

La succession, c’est un mode du temps. Quel mode du temps ? La succession, c’est le mode du rapport entre les parties du temps. Dés ce moment là, vous comprenez- on est en train de se méfier, on se dit bon, à partir de choses si simples, il est déjà en droit de conclure que le temps ne peut se définir par la succession puisque la succession définit uniquement le rapport entre les parties du temps. en quoi, il faut s’attendre au pire-là, bah, il faut s’attendre au pire et cela est bien difficile parce que beaucoup de gens définissent les temps par l’ordre de succession ; voilà que Kant s’interdit de définir les temps par la succession.

Et voyez ce qu’il nous suggère : C’est parce qu’on a défini, entre d’autres choses, c’est parce qu’on a définit le temps par la succession, qu’on l’a fait dépendre du mouvement. Si on s’était aperçu que le temps ne peut pas se définir par la succession, parce que la succession ne définit que le rapport entre les parties du temps, alors, on aurait pas pu faire dépendre le temps lui-même du mouvement, on se serait aperçu que, au contraire, que c’est le mouvement extensif, qui se fait suivant la succession, c’est-à-dire, suivant le rapport entre les parties de temps successives - c’est les parties de temps qui sont successives. Là, le premier point.

Ça va jusqu’à là ? Vous me dites au fur et à mesure, parce que c’est.. b-Deuxième aspect Même chose pour le mouvement intensif. Qu’est-ce que c’est le mouvement intensif ? Le mouvement extensif, c’est ce qui est dans des temps différents, suivant la règle de la succession. Le mouvement intensif, c’est quoi ? C’est ce qui est, "en même temps". Ce qui est en même temps : cela a un nom, c’est le simultané, qu’on oppose, en effet, au successif. Le successif, c’est ce qui est dans des temps différents, le simultané, c’est ce qui est en même temps. En quoi la quantité intensive est elle, en même temps ? De deux manières, je crois, et on l’a vu, donc je reviens pas là-dessus. Je l’indique, je le rappelle. D’abord, parce que sa multiplicité est une multiplicité virtuelle ; sa pluralité n’est pas successive : la pluralité contenu dans trente degrés, n’est pas successive - Quand vous dites : ‘il fait trente’. Le trente degrés est donné en même temps.

Et deuxième raison, il me semble, c’est que des degrés différents d’intensité peuvent remplir un seul et même espace-temps. Je veux dire, une chaleur de quinze degrés ne remplit pas moins cette pièce, qu’une chaleur de trente degrés - si c’est enfantin, c’est très important-.

Sous ces deux aspects, la quantité intensive pourra être définie comme ce qui remplit un temps - en d’autres termes, j’ai un deuxième aspect du temps : la succession, elle me permettait [...] il se servait de la simultanéité pour définir l’espace. Il nous disait : ‘’le temps, c’est l’ordre de succession ; l’espace, c’est l’ordre des simultanéités’’. Kant nous dit : Non, la simultanéité appartient au temps, de même que la succession. La simultanéité c’est en même temps, le "en même temps" n’appartient pas moins au temps que dans des temps différents. C’est enfantin

Mais c’est un second aspect du temps, la succession, c’est la détermination d’un rapport entre les parties de temps ; la simultanéité, c’est la détermination d’un contenu éventuel du temps. Ce qui vient remplir un temps, ce qui est en même temps. Je n’envisage plus le temps dans sa série, j’envisage le temps dans son contenu. La série, c’est le rapport entre les parties - j’envisage dans son contenu, c’est-à-dire, dans ce qui vient remplir un temps. Et je dois dire à la fois : je ne peux pas définir le temps par la succession puisque la succession ne concerne que la série du temps, c’est-à-dire, le rapport entre ses parties et, aussi bien, je dois considérer la simultanéité comme elle-même, un second mode du temps : Non plus le temps envisagé dans le rapport entre ses parties, mais le temps envisagé par rapport au contenu qui vient le remplir.
-  En d’autres termes, je ne pourrais définir le temps ni par la quantité intensive, ni par le mouvement intensif, ni par le mouvement extensif.

Je peux déjà deviner, je peux déjà deviner les conséquences, on n’a pas fini de les épuiser. Pourquoi ? à la limite, il n’y aura pas de monde, il n’y aura pas d’âme. Vous vous rappelez : l’âme, c’était la substance dont découlait le mouvement intensif ; le monde, c’était la substance dont découlait le mouvement extensif. Il y aura plus d’âme ni de monde, sauf, peut-être en des sens radicalement nouveaux. Qu’est-ce qu’il y aura, pour le moment ? On a même pas le temps, pour le moment, on a même pas le temps ! Tout ce que je peux dire, c’est ‘’le temps ne dépend pas du mouvement’’. Et, alors, qu’est-ce qu’il est, le temps ? Est-ce qu’il est succession ? Non, il n’est pas succession, puisque la succession, c’est seulement la détermination du rapport entre ses parties ; c’est seulement la série du temps. Est-ce qu’il est simultanéité ? Non, il est pas simultanéité ; la simultanéité, le "en même temps", c’est seulement la détermination du contenu du temps.

Alors, qu’est-ce qu’il est, le temps ? Qu’est-ce qu’il y a d’autre que succession et simultanéité ? Il y a la permanence. Et en effet, la permanence ? C’est ce qui est en tout temps. La succession, c’est la règle de ce qui est dans des temps différents ; la simultanéité, c’est la règle de ce qui est en même temps ; la permanence, c’est la règle de ce qui est dans tout temps. De ce qui est dans tout temps on dit que cela est permanent, que cela dure. En effet, d’une certaine manière, le temps, c’est la permanence. C’est ni le successif, ni le simultané. Ni la succession, ni la simultanéité, c’est la permanence. Qu’est ce que ça veut dire, ça ? Le temps comme quelque chose de permanent, oui, oui, mais en même temps : ce qui est dans le temps, ne cesse pas de changer. Ce qui est dans le temps, ne cesse pas de changer, soit suivant les rapports de succession du mouvement extensif, soit suivant le mouvement de la quantité intensive, ce qui est dans le temps ne cesse pas de changer. À la fois du point de vue du contenu et du point de vue des parties du temps.

D’où la définition de Kant : le temps, c’est la forme de ce qui change, mais la forme de ce qui change, ne change pas. Forme immuable de ce qui change, tel sera le temps.

En même temps, je me suis déjà trop avancé. Forme immuable de ce qui change, et pourquoi ? Et pourquoi, c’est une définition du temps ? Forme immuable de ce qui change - voyez que, au moins, ça a un avantage : en apparence, au moins, je ne le définis plus ni par la succession ni par la simultanéité, j’ai découvert un troisième aspect du temps : la permanence : forme immuable de ce qui change. Voilà, est-ce que ça m’avance vraiment ? Pourquoi est-ce que le temps comme forme de ce qui change, est nécessairement forme immuable ? Parce que si la forme de ce qui change, change elle-même, il faudrait qu’elle change dans un autre temps. Il y aurait emboîtement de temps. C’est difficile tout ça. Forcément, la forme de ce qui change ne peut elle-même changer. Il faudrait qu’elle change dans une autre forme qui elle-même ne changerait pas.

Bien, acceptons tout ça, je veux dire, c’est pas à discuter tout ça, c’ est déjà tellement difficile à comprendre qu’on n’a pas envie de discuter sur tout ça. Mais en même temps, forme immuable de ce qui change [...], est-ce que c’est ça la définition de temps ? Non, parce que, la permanence, elle est dans le temps. Je veux dire, forme immuable de ce qui change, peut-être que c’est ça le temps mais je ne peux jamais percevoir la forme immuable de ce qui change. Je vais pas la percevoir, d’où la formule de Kant : en même temps qu’il définit le temps comme forme immuable de ce qui change, il nous dit ‘’le temps ne peut être perçu en lui-même’’.

Qu’est-ce que c’est, en effet, le permanent ? Le permanent est dans le temps, le corrélat du temps lui-même. C’est le corrélat du temps tel qu’il apparaît dans le temps. La permanence, c’est la permanence de quelque chose dans le temps, qu’est-ce que c’est, ce quelque chose de permanent ? Ce quelque chose de permanent -comprenez, c’est dans le temps, je vais pouvoir dire : c’est lui qui passe par des états successifs ou c’est lui qui possède des états simultanés, c’est ce quelque chose dans le temps, que j’appelle permanent, dont les états seront dits successifs ou simultanés... Par exemple je dis "la table, qu’elle est blanche et rectangulaire" c’est une attribution simultanée. Je dis de la table, qu’elle noircit - c’est une attribution successive : de blanche, elle devient noire. Le permanent, c’est le sujet, la table. Le permanent est dans le temps. Il est le représentant perçu, il est dans le temps le représentant perçu, du temps qui ne peut pas être perçu. Et encore j’ai pris un exemple spatial, c’est-à-dire, qui ne vaut pour le temps qu’indirectement avec la table-là.

Prenons un exemple directement temporel, c’est non plus la chose, mais le "moi". Je dirais que le moi a tel ou tel état, dans un temps donné - c’est l’intensité, l’intensité de la sensation. Je dirais aussi que le moi passe d’un état à un autre état, c’est la succession. Et je dirais, enfin, qu’il y a une permanence du moi à travers ces états. Le moi est dans le temps. Le moi temporel est le corrélat dans le temps, de la forme du temps, imperceptible en elle-même.

Voilà le premier point achevé.

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La voix de Gilles Deleuze en ligne
L’association Siècle Deleuzien


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