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La voix de Gilles Deleuze
THEMES COURS
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54- 31/01/1984 - 3

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Gilles Deleuze - vérité et temps cours 54 du 31/01/1984 -

« ... De manière à donner une image indirecte du temps. Cette Image-mouvement, tout d’un coup, pas tout d’un coup, par ci, par là... présentait un caractère véritablement scandaleux, des aberrations de mouvements, des aberrations de mouvements... Et ces aberrations de mouvements menaçaient le monde... Ils menaçaient de la faire basculer dans le temps, et dans un temps libéré... dans un temps qui ne dépendait plus du mouvement. S’il est vrai que... le temps était une image indirecte découlant des images-mouvements ou phénomènes, il était vrai aussi, que, les images-mouvements ou phénomènes présentaient des aberrations... qui risquaient de nous faire plonger, dans un temps sans fond... ... sans règle.. .... puisqu’il ne trouverait plus sa règle dans le mouvement. Au contraire, c’étaient les aberrations de mouvements qui nous précipitaient dans ce temps. Tout ceci pour dire qu’il ne faut pas prendre les grecs pour des enfants...

Hein... ... Et qu’est-ce que c’est ? Là, je vais vite parce que, qu’est-ce que c’est ?... A un certain niveau, qu’est-ce qui se passe ? Et ben, y a... l’affirmation perpétuelle : ... le temps est la mesure ou le nombre du mouvement, nous l’avons vu, ou l’intervalle du mouvement, nous l’avons vu ; l’année dernière on s’était beaucoup occupé déjà, donc je reprends pas ces doctrines là ; je me les donne toutes faites : les uns disant le temps, c’est l’intervalle du mouvement, les autres disant, c’est le nombre et la mesure du mouvement. Ils ont au moins quelque chose de commun, tous ceux qui disent cela. Ils font du temps, une dépendance du mouvement, ou du temps, une dépendance de l’image-mouvement... si bien que le temps ne peut dès lors, être qu’une image indirecte du temps.

Mais, comment définir le mouvement, alors ? Parce que ce serait un peu désordonné de dire que, le temps c’est la mesure de n’importe quel mouvement. Car, comme dira un grec plus tard, de deux chose l’une : ou bien le temps qui mesure le mouvement, est propre à ce mouvement ci, tel mouvement et pas tel autre ; et alors, il y aura autant de temps qu’il y a de mouvements... ou bien le temps sera la mesure de tout mouvement quelqu’il soit, et à ce moment là, il sera dans la situation de la quantité, du nombre, par rapport à ce que le nombre mesure, où je peux dire dix, mais dix c’est aussi bien dix pommes, que dix chaises, que dix personnes, et c’est une abstraction. La seule solution, évidemment la seule solution qui serait bonne pour sortir de cette difficulté, ce serait que..., il y a un mouvement de tous les mouvements. S’il y a un mouvement de tous les mouvements... alors oui, je peux dire, le temps est le nombre du mouvement.

Mais, c’est pas rien, qu’est-ce qu’il faut ? Il faut une astronomie très poussée... Cette astronomie très poussée vous la trouvez, par exemple, dans le "Timée" de Platon. Si je le résume d’une manière absolument grotesque, je dis cet aspect, je dis : il y a la terre et au centre, immobile, il y a un globe extrême, qui tourne dans un sens, et suivant un axe, ce globe extrême s’appelle la sphère des fixes, parce qu’il porte les étoiles, et entre la terre et la sphère des fixes, il y a... ... sept globes.... .... qui tournent... en sens inverse... de la sphère des fixes, mais bien plus, qui compliquent infiniment suivant des axes divers. Chacune de ces sphères porte une des sept planètes, bon... Vous me suivez ? C’est d’une incroyable complexité, c’est une astronomie très, très complexe, heu, qui mobilise toutes les mathématiques, qui mobilise toutes les mathématiques grecs, qui mobilise toute la géométrie grecque, qui mobilise tout l’équivalent d’une géométrie projective, enfin extrêmement complexe. Vous le verrez si vous parcourez, heu, les textes du Timée à cet égard.

Mais le Timée ne fait que ramasser toutes sortes de doctrines, heu, chez les grecs. Je dirais, le mouvement de tous les mouvements c’est quoi ? Ben, heu, c’est le plus petit commun multiple... à savoir, c’est le mouvement formé par l’ensemble de ces sphères... en tant qu’elles partent d’une certaine position par rapport à la sphère des étoiles fixes... et qu’il arrive à retrouver la même position... des sept astres errants... par rapport aux étoiles fixes... C’est-à-dire, lorsque, mais vous vous rendez compte... ce sera la grande année, ou ce sera l’éternel retour astronomique... inutile de vous dire que lorsque Nietzsche parlera de l’éternel retour, ça n’a absolument rien à voir, car enfin, à moins d’être idiot et inculte - ce que Nietzsche n’était pas, il ne pourrait pas présenter comme une pensée particulièrement nouvelle... un retour à cette vieille pensée de l’astronomie grecque, donc, y a pas de problème, il veut dire autre chose. Mais donc, si vous me comprenez un petit peu, voilà ce mouvements des mouvements : lorsque... les sept astres, les sept planètes ont retrouvé la même position par rapport aux étoiles fixes, or chacune dépend encore une fois d’un globe qui tourne suivant son axe, etc... à une vitesse donnée, ce commun multiple de la grande année, c’est terrible. Et on dira, voilà, voilà leur temps, je peux même dire que le temps dans son ensemble ; l’ensemble du temps, c’est... le nombre du mouvement des mouvements astronomiques...... Bien, j’ai aucune envie de développer ça, et puis je crois que, heu, heu, ça a été développé mille fois par un spécialiste de la physique grecque et médiévale qui s’appelle Duhem, pour ceux qui voudraient, heu, des développements sur l’astronomie grecque, heu, les livres sont gros, mais très passionnants, très intéressants, mais on s’aperçoit qu’il faut en savoir, heu, beaucoup de mathématiques, en tout cas, plus que j’n’en sais, pour suivre.

Bon, alors, qu’est-ce qui m’intéresse là-dedans ? C’est que ces grecs, et bien, ils savent bien, ils sont les premiers à savoir que ça va pas tout seul. C’est-à-dire, que partout, le mouvement présente des aberrations qui va faire douter de la possibilité de le mesurer par un temps. Et, c’est ces erreurs finalement, c’est ces aberrations que je voudrais qu’on voit plus en détail. C’est donc pas l’histoire du grand circuit et du mouvement astronomique, du grand planétarium que je me donne comme acquis ; peu importe, retenez-en cette vanité, d’une espèce d’harmonie parfaite, mais qui se fait sur des millénaires, la grande année, heu, ils ont des moyens de le calculer, mais certains vont jusqu’à dire que ça dure plus de dix mille ans, hein, la grande année avant que, avant que les sphères retrouvent la même position par rapport à l’année des fixes. Bon, heu, tout ça c’est, c’est très bien, mais ce qui m’intéresse moi, c’est les anomalies, les aberrations. Tiens, il y en a une que vous pouvez trouver tout de suite...

Première aberration, je dirais, c’est une aberration mathématique du mouvement... C’est pas difficile à comprendre, c’est que, les sept globes, les sept sphères ne peuvent retrouver la même position par rapport à la sphère des fixes qu’à une condition : si leurs rapports multiples, leurs rapports les unes avec les autres et avec les fixes sont des rapports dit "rationnels"... Vous me suivez ? Qu’est-ce qu’on appelle des rapports rationnels ? Vous me suivez toujours ? Mais je sens que, heu, j’abuse. Ce sont des rapports exprimables par un nombre entier, ou un nombre fractionnaire.

Supposez que les rapports astronomiques, ou certains de ces rapports ne s’expriment que dans des rapports irrationnels, du type racine de deux... Qu’est-ce qui se passe ? S’expriment dans des nombres irrationnels, tout est fichu... tout est fichu, on recommence l’irréductibilité des mouvements entre eux, la grande année ne reviendra pas, à moins ; or les mathématiques grecques avaient rencontré le mystère incroyable du nombre irrationnel, c’est-à-dire d’un nombre qui ne pouvait s’exprimer ni en entier, ni en fractionnaire ; et ils l’avaient découvert de la manière la plus simple, avec les histoires de diagonale non, heu, le triangle... Hein, et ça avait secoué, ça avait fort secoué les mathématiques grecques. Voilà une aberration du mouvement, que les rapports entre vitesse et position s’expriment suivant des rapports irrationnels. Et peut-être est-ce qu’on pouvait compenser des irrationnels ? Mais, à ce moment là ça explique que le planétarium soit, heu, et qu’il faut pas, il faut pas se presser de faire dire aux grecs des bêtises. Notamment, faut pas trop se presser de leur faire dire qu’ils croyaient que, c’était la terre qui était immobile et que les choses tournaient autour de la terre. Car, il y a déjà chez les grecs, des systèmes dit, au moins partiellement, "héliocentriques", où c’est des planètes qui tournent autour du soleil.

Et, pourquoi, qu’il y a des systèmes partiellement, heu, héliocentriques dans le grand planétarium ?

C’est bien forcé ; encore une fois aucun des globes n’a la même, heu, mobilité, n’a la même vitesse, n’a le même axe de rotation... Donc, ça se complique, il faut parfois introduire des systèmes partiels héliocentriques pour pouvoir neutraliser les rapports irrationnels...

Bref, sauver l’idée d’un temps qui mesure le mouvement, se heurte immédiatement à des anomalies proprement mathématiques du mouvement physique... et d’une.

Deuxième point, il va y avoir des anomalies physiques, et les grecs le savent bien... Pourquoi ?

La planète la plus proche de nous, c’est la lune comme chacun le sait... le globe le plus proche de la sphère terrestre, c’est le globe qui porte la planète lune. Entre la lune et nous, qu’est-ce qu’il y a ?

Il y a ce que les grecs vont nommer d’un nom si poétique : "notre monde, notre monde, notre atmosphère, là, où nous vivons tous et menons nos affaires, le monde sublunaire. Nous sommes les créatures sublunaires." C’est difficile de se considérer après de la même manière quand on vous dit je suis pas un sublunaire, voilà, bon, tout est bien. Est-ce que le monde sublunaire... répond au, à ce que je pourrais appeler, là je glisse ce mot parce qu’il est employé, au métaschématisme du grand planétarium ?...

Chez Leibniz encore, vous trouverez : Metaschematismus

Voyez, c’est le grand schème ; c’est le grand schème céleste, le grand mouvement qui entraîne tous les globes, y compris celui de la lune, dans des sens et des directions etc...

Mais, nous, sublunaire, et notre terre, est-ce qu’elle obéit comme ça, aux règles proportionnelles, aux rapports qui règnent dans le monde supralunaire ?

Ou bien est-ce que notre monde sublunaire jouit d’une large indépendance qui fait sa dysharmonie, son anomalie ?...

Et qui va être la seconde aberration du mouvement : à savoir, dans le monde sublunaire, le mouvement n’est plus une rotation.

Il y a une aberration physique du mouvement. Cette fois-ci, ce n’est plus l’aberration mathématique des rapports irrationnels, c’est l’aberration physique d’un mouvement qui n’obéit pas au métaschématisme, et qui obéit sans doute à des schèmes sublunaires... qui obéit, qui obéit pas, qui obéit plus ou moins.

Et, en effet, les grecs allaient très loin, jamais les planètes, sauf quelques mystiques, les grecs en avaient, jamais les planètes ne déterminent directement ; le cours et le mouvement des planètes ne déterminent pas le cours du monde. Et pourquoi ? Parce que... le cours des planètes détermine le mouvement céleste, d’accord. Il y a le temps qui est la mesure du mouvement céleste dans toute sa complication... c’est donc le règne du métaschématisme... ... mais... ... dans notre atmosphère sublunaire, dans notre activité sublunaire, si le mouvement obéit aux influences célestes, ça ne peut être qu’indirectement et d’une manière extrêmement tortueuse.

Seconde aberration : l’aberration physique du mouvement. Est-ce qu’elle aussi, elle ne va pas nous laisser entrevoir un temps à l’état pur, libéré du mouvement, ou bien, ou bien... lié à un tout autre mouvement, dont il ne serait plus le nombre, et dont il serait quoi alors ?...

Et voilà ce que nous raconte Aristote, et je voudrais terminer là-dessus pour que vous réfléchissiez, que vous ayez de quoi à réfléchir. Aristote nous raconte quelque chose très, très belle... c’est comme la hiérarchie des êtres chez Aristote... Heu, voilà, ce qu’il nous dit Aristote, et ben, il nous dit... : "les êtres, ce sont des formes..." ouais, bon, c’est bon, d’accord, bon. Les grecs, ils disaient souvent des choses comme ça, que les êtres étaient des formes. Heu, mais voilà... qu’est-ce que c’est la forme ?... C’est ce qui appartient en premier, à un être.

La forme, c’est ce qui appartient en premier à un être, bon... par exemple... "avoir des cornes", pour quelle raison ? Il a raison, Aristote, faut pas discuter.

"Avoir des cornes" est la forme de l’herbivore...

Mais, même si vous me sortez un herbivore sans corne, Aristote a une réponse pour ça...

Et, évidemment que la corne n’a pas pu se développer, il le montre très bien..., et il est imparable, et c’est des choses que l’histoire naturelle du 19° siècle maintiendra entièrement.

L’herbivore, donc pas tous les herbivores, hein, les vertébrés, en tout cas, vous, vous me comprenez quoi, c’est ça sa forme, "avoir des cornes".

La forme du triangle, c’est quoi ? Ce qui lui appartient en premier. Qu’est-ce qui appartient en premier au triangle, tout comme à l’herbivore, "avoir des cornes" ? Ce qui appartient en premier au triangle c’est... être constitué de trois droites enfermant un espace...

Bon... voyez, c’est pour cela que je vous dis toujours, pour faire de la philosophie, il faut que vous sachiez des choses, heu, il faut, ça implique un savoir qui est comme un savoir par cœur, parce que tout comme faire des mathématiques ça implique un savoir, heu, si vous savez pas ça, ça vous gênera pas pour beaucoup de choses, mais il y a des choses où ça vous gênerait, heu, heu.

D’autre part, il faut pas confondre la forme et les propriétés essentielles...

La forme ou l’essence d’une part, d’autre part les propriétés essentielles. La forme ou l’essence, c’est ce qui appartient en premier à un sujet... hein, d’accord, et les propriétés essentielles... c’est ce qui s’applique au sujet pris universellement...

C’est déjà une distinction forte, très maligne, hein, c’est ce qui appartient au sujet pris universellement. Vous me direz, mais la forme ou l’essence elle appartient au sujet pris universellement, à savoir tous les triangles... sont constitués par trois droites, oui, oui, ce qui appartient en premier au sujet... s’attribue à ce sujet universellement. Mais pas l’inverse. Y a des choses qui s’attribuent au sujet universellement et qui n’appartiennent pas en premier, qui appartiennent par voie de conséquence.

Elles découlent de l’essence ou de la forme... mais ce sont, ce ne sont pas des essences ou des formes, ce sont des modifications, des "pathai" comme disent les grecs, des "pathai"... Ah, et qu’est-ce que c’est ? Et ben, avoir des formes c’est l’essence de l’herbivore, mais avoir un troisième estomac, c’est... la propriété qui en découle, et qui se dit du sujet universellement. Tous les herbivores cornus ont un troisième estomac, ou doivent l’avoir, il suffit de le chercher...

Vous me suivez ?...Tous les triangles ont leurs angles égaux à deux droits. Voilà, ça c’est la propriété essentielle qui découle de l’essence... hein... Maintenant vous avez votre critère de hiérarchie des êtres.

Pour chaque type d’être vous vous demanderez : quel est le rapport plus ou moins étroit, plus ou moins étiré entre essence et propriétés essentielles. A savoir, de quelles manières les propriétés essentielles découlent-elles de l’essence ?

Elles en découlent toujours. Mais de quelles manières, par quels intermédiaires ?

premier cas :... l’essence entraîne immédiatement les propriétés essentielles... ...

Ce sont les pures formes... ...Y a pas de matière. Pures formes sans matière..., je simplifie, du type, le premier moteur, ce qu’il appelle le premier moteur, Aristote, et tout ce que pense le premier moteur... Voilà, les propriétés essentielles des pures formes découlent directement de ces formes...

Alors, je voudrais bientôt, je voudrais m’arrêter, je vous le donne, je reprendrai ça la prochaine fois, on partira de là.

Deuxième stade : supposez qu’il y a un écart, vous avez besoin d’un intermédiaire pour passer de l’essence aux propriétés essentielles, de la forme aux propriétés essentielles... Vous direz à ce moment là que... de telles formes impliquent une matière, et que le lien de la forme avec les propriétés essentielles ne se fait pas tout seul, mais renvoie à une cause extérieure... Exemple : les corps célestes... les corps célestes sont des formes... leur propriété essentielle, c’est un mouvement, un mouvement circulaire, on l’a vu hier pour astronomie, etc... c’est un mouvement circulaire. C’est le seul mouvement qu’elles aient, mouvement local circulaire, seulement, il faut une cause, cette cause c’est, le premier moteur... sinon... la propriété essentielle, mouvement local circulaire découlerait pas de ces corps. Ils ont donc une matière, matière uniquement locale... la matière locale, c’est... un corps qui ne subit pas d’autres changements qu’un changement de position, donc un corps inaltérable qui ne fait que se mouvoir... Voyez... Mais, c’est encore très proche, je peux dire les propriétés essentielles sont encore très proches de l’essence... La seule, le seul intermédiaire c’est le moteur, le premier moteur... mais comme elles ont un intermédiaire, elles ont une matière, mais c’est la matière la plus pure, matière purement locale, elles n’ont pas d’autre matière.

Un pas de plus, les phénomènes physiques sublunaires..., là, c’est beaucoup plus compliqué... Leurs propriétés essentielles sont liées à leur essence, mais sont liées par... des causes infiniment plus complexes que le premier moteur... et en même temps, ces formes supralunaires ont une matière... mais, elles ne se contentent pas, cette matière n’est pas une matière locale, en ce sens que, la modification de ses formes, la propriété essentielle ou les propriétés essentielles ne se résument pas en un mouvement local, même rectiligne. Elles ont un mouvement local et une matière locale, mais elles sont aussi sujettes à la corruption et à la génération, elles sont sujettes à l’altération, c’est-à-dire elles ont une matière, si j’ose dire, beaucoup plus lourde, en même temps qu’elles renvoient à des causes comme intermédiaires entre leur essence et leurs propriétés....

Comprenez que, à chaque état de cette hiérarchie, à chaque fois, il va y avoir, des mouvements aberrants par rapport, par rapport, au degré supérieur, par rapport au degré... Le mouvement ne va pas cesser à la lettre, de devenir aberrant par rapport au modèle précédant... d’où le règne dans le monde supralunaire, d’où le règne de ce qu’il appelle l’"automaton", de ce qu’il appelle le hasard, de ce qu’il appelle la contingence, etc... qui va, qui va introduire partout, des anomalies physiques. C’est pas tout, il y aura, des anomalies psycho-politiques... car l’âme aussi a des mouvements, il y a des mouvements de l’âme... il y a des mouvements de la cité, il y aura aussi des aberrations, des anomalies économiques...Voilà que le monde grec se renverse... et à travers le grand planétarium de l’image cosmique, de l’image astronomique-mouvement, mesuré par le temps, nous laisse voir à chaque niveau des aberrations de mouvements qui vont faire problème.

Où nous mènent ces aberrations de mouvements ?

Bon, on en est là, hein, alors il faudra régler tout ça la prochaine fois, avant les vacances, si bien qu’on ira très vite. »

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L’association Siècle Deleuzien


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