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La voix de Gilles Deleuze
THEMES COURS
 ANTI-OEDIPE ET AUTRES RÉFLEXIONS - MAI/JUIN 1980 - DERNIERS COURS À VINCENNES (4 HEURES)
 SPINOZA - DÉC.1980/MARS.1981 - COURS 1 À 13 - (30 HEURES)
 LA PEINTURE ET LA QUESTION DES CONCEPTS - MARS À JUIN 1981 - COURS 14 À 21 - (18 HEURES)
 CINEMA / IMAGE-MOUVEMENT - NOV.1981/JUIN 1982 - COURS 1 À 21 - (41 HEURES)
 CINEMA : UNE CLASSIFICATION DES SIGNES ET DU TEMPS NOV.1982/JUIN.1983 - COURS 22 À 44 - (56 HEURES)
 CINEMA / VÉRITÉ ET TEMPS - LA PUISSANCE DU FAUX NOV.1983/JUIN.1984 - COURS 45 À 66 - (55 HEURES)
 CINEMA / PENSÉE - OCTOBRE 1984/JUIN 1985 - COURS 67 À 89 (64 HEURES)
 - CINEMA / PENSÉE + COURS 90 À 92
 - FOUCAULT - LES FORMATIONS HISTORIQUES - OCTOBRE 1985 / DÉCEMBRE 1985 COURS 1 À 8
 - FOUCAULT - LE POUVOIR - JANVIER 1986 / JUIN 1986 - COURS 9 À 25

50-20/12/83 - 1

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Gilles Deleuze - Cinéma cours 50 du 20/12/83 - 1 Transcription du cours Par Zayda GRANADA, Maëva PIRES-TRIGO et Julien JAËN

....il faut à tout prix que nous ayons fini notre première partie. Cela serait bien ça mais si on n’a pas fini on arrêtera. Je vais aller très vite et vous comprendrez d’autant mieux ! Je pars de deux petits textes. Un petit texte de Nietzsche qui vient à la fin d’un texte très célèbre, quelques lignes, tiré du "Crépuscule des Idoles", le passage auquel je vous ai déjà renvoyé :
-  « Comment pour finir le monde vrai devint une fable ? »

Il nous raconte une histoire, et comme aujourd’hui je voudrais vous raconter une histoire, je n’ai pas le temps de vous lire tout le texte de Nietzsche. « Comment pour finir le monde vrai devint fable ? » Il nous raconte une histoire lui - elle a six moments son histoire - elle n’est pas mal. Et le sixième moment, celui que je lis, c’est le moment final, éclatant. Nietzsche dit : « Nous avons aboli le monde vrai - nous avons aboli le monde vrai, quel monde restait-il ? Peut-être celui de l’apparence ? Mais non ! Mais non ! ». Et il éprouve le besoin de le mettre en italique : « En même temps que le monde vrai, nous avons aussi aboli le monde des apparences. » Et il met entre parenthèses des notes, des notations qui doivent être importantes mais que nous ne sommes pas sensés comprendre immédiatement. Il met entre parenthèses : « midi ». C’est-à-dire : ce sixième moment se passe à midi. Midi :" l’heure de l’ombre la plus courte". Ce sixième moment donc, peut être que les cinq autres - on le savait pas, dans les cinq autres, tels qu’il les a décrits, peu importe hein - mais il n’était pas question de l’ombre. Mais on se dit, mais après tout, s’il éprouve le besoin de nous dire « midi l’heure de l’ombre la plus courte », ça veut dire que les cinq autres moments se faisaient suivant une ombre décroissante, en tout cas quil y avait une série des cas d’ombres. « Midi, l’heure de l’ombre la plus courte. Fin de la plus longue erreur. » Fin de la plus longue erreur, c’est évidemment ,la longue erreur, c’est celle du monde vrai. « Fin de la plus longue erreur, apogée de l’humanité ». il se met à parler latin, dans l’entrain : « Incipit Zarathustra ». Quelque chose comme : « Zarathoustra entre en scène ».

Bon, l’autre texte est juste dans les pages précédentes du "Crépuscule des Idoles", où cette fois il présente non pas six moments mais quatre thèses, et là aussi je ne retiens que la quatrième thèse, la dernière :
-  « Diviser le monde en un monde vrai et un monde apparent, soit à la manière du christianisme, soit à la manière de Kant, qui n’est enfin de compte qu’un chrétien dissimulé ». 

A propos du mot « dissimulé », il faudrait le comprendre - il faudrait le mot allemand d’abord - mais Kant n’est pas un chrétien dissimulé à proprement parler, puisque c’est un chrétien avoué, reconnu. Pourquoi il éprouve le besoin de dire : quand même il y a un masque chez Kant ? Ca, ça ne nous regarde pas. « Diviser le monde en un monde vrai, un monde d’apparences, soit à la manière du christianisme, soit à la manière de Kant. Cela ne peut venir que d’une suggestion de la décadence. Cela ne peut pas être que le symptôme d’une vie déclinante. Le fait que l’artiste place l’apparence plus haut que la réalité, ne prouve rien contre cette thèse. »

C’est intéressant parce que je dis autrement, sans rien changer. Distinguer un monde vrai et un monde apparent, c’est pas sérieux, c’est maladif. Distinguer un monde vrai et un monde apparent, c’est vraiment maladif, c’est (..) déclinant, dans un sens ou dans l’autre. C’est-à-dire,
-  soit que vous affirmiez que le monde vrai est mieux que le monde apparent - mieux, de quel point de vue ?
-  soit que vous affirmiez au contraire que les apparences sont infiniment plus riches que le monde vrai.

Donc c’est la distinction même, qui est comme pathologique ! c’est la distinction même qui est maladive. Pourtant, nous dit Nietzsche : « l’artiste c’est celui qui place l’apparence plus haut que la réalité. » On dirait : l’artiste, c’est celui qui choisit l’apparence contre le monde vrai. À quoi Nietzsche répond : « le fait que l’artiste place l’apparence plus haut que la réalité, ne prouve rien contre cette thèse », à savoir que la distinction du vrai et de l’apparence, est une distinction maladive.  « Car ici, pour l’artiste, l’apparence signifie encore la réalité - car pour l’artiste, l’apparence signifie la réalité, mais la réalité répétée, triée, renforcée, corrigée. » Voyez ce que je veux retenir du texte, les deux textes disent la même chose. Vous vous rappelez le beau texte aussi que j’évoquais "Le gai savoir" : « supprimez vos vénérations », « supprimez vos vénérations ou supprimez-vous vous-mêmes ». Là il nous dit : supprimez le monde vrai, mais vous ne pouvez pas supprimer le monde vrai sans supprimer aussi le monde des apparences.

Second texte : « l’artiste met l’apparence plus haut que la réalité », non, évidemment, non. L’artiste évolue dans ce domaine où le monde vrai ayant disparu, étant aboli, le monde des apparences aussi est aboli. Il s’insère précisément, dans cette région que je ne connais pas encore - que nous ne connaissons pas encore - dans cet espèce de désert, qui vient de la double abolition : et du monde vrai et du monde des apparences.

Alors, voilà, c’est à partir de ces deux petits bouts de texte que je voudrais là, un peu pour notre compte, en fonction de tout ce qu’on a dit, faire qu’on essaye de construire notre histoire aussi, nous. Finalement, chacun des auteurs dont j’ai parlé jusqu’à maintenant, ils nous proposent une certaine histoire. Cette histoire que Nietzsche, auquel Nietzsche donne son vrai nom : « comment le monde vrai devient une fable ». Là je voudrais qu’on fasse ça pour notre compte, nous, notre histoire, notre histoire a plusieurs temps et cette histoire à plusieurs temps elle reviendrait à confronter..., ça serait l’histoire, je ne dirais pas « comment un monde vrai devint une fable », mais je dirais, pour nous, on a vu, ça revient au même :
-  comment la forme organique du vrai s’est affrontée aux puissances du faux ? Evidemment c’est une histoire très intéressante, très passionnante alors il faut pas y repérer des épisodes, c’est des petites pièces quoi ! Comment le monde organique du vrai s’est affronté aux puissances du faux ? Et qu’est-ce qui s’en est suivi ? On y a le choix : ou bien on est dans une reprise de Nietzsche ou bien dans un roman anglais ou américain, avec des titres et des chapitres, ou bien dans une pièce de théâtre.. Il faudrait donner des noms, alors donnons-leur des noms.

Moi je voudrais que ça se passe en cinq temps... Et ça serait l’histoire successive :
-  de l’homme véridique - premier temps,
-  puis de l’homme original - deuxième temps,...
-  puis de l’homme ordinaire - troisième temps,
-  puis des hommes remarquables - quatrième temps,
-  pour enfin finir, c’est la moindre des choses, avec l’homme nouveau.

Ca nous fait nos bonshommes là, tout ... ça nous fait tout notre guignol à nous. Est-ce que c’est notre guignol à nous ?... Non, pas forcément. Car dans tout ce guignol, il y aurait à la fois :
-  Platon et ce qui est arrivé au platonisme ;
-  il y aurait Nietzsche par rapport à Platon, et par rapport a lui-même ;
-  il y aurait Hermann Melville.

Pourquoi ? Parce que dans tout ce qu’on a vu, et on en a vu un peu, c’est pas que les auteurs se ressemblent Alors le danger de ce qu’on va faire aujourd’hui c’est qu’évidemment : catastrophe si vous en concluez que Platon et Melville et ben, ils disent un peu la même chose, il ne s’agit pas de ça. Il s’agit d’utiliser chacun au moment où on a besoin, sans les confondre, parce qu’ils ont au moins quelque chose de commun tous les trois. Ce qu’ils ont de commun, c’est d’avoir vraiment vécus et menés d’une certaine façon, cette confrontation de la forme du vrai et la puissance du faux. Et c’est l’affaire fondamentale, c’est l’aventure inattendue de Platon, mais c’est l’affaire fondamentale de Nietzsche et de Melville, qui pourtant ne se ressemblent pas. Et ils ont en commun d’être à la recherche d’une espèce de livre, qui serait comme le livre du vrai. Quitte à ce que ce livre du vrai tourne en grand livre du faux et des puissances du faux. C’est connu pour les deux autres - je précise que chez Melville il constat, notamment un de ces plus grands romans, "Pierre ou les ambiguïtés" ne cesse de tourner autour de la question : il y a t-il un livre du vrai et qu’est-ce que serait le livre du vrai ? Ce n’est pas exagéré de dire qu’"ainsi parlait Zarathoushtra", on pose la même question...

Bon, alors on va essayer, mais je vous demande de prendre ça - pas du tout que vous allez beaucoup rire, pas du tout - mais de prendre ça plutôt comme une histoire où il y a des personnages, mais surtout faut pas les confondre, ces personnages.

Et je dis : tout commence par l’histoire de l’homme véridique...Et l’histoire de l’homme véridique c’est celle de Platon, en même temps que celle de Platon revue et présentée par Nietzsche, en même temps que celle de certains personnages étranges d’Hermann Melville... Et il dit une première chose très simple, pour comprendre ce qu’est l’homme véridique chez Platon, c’est avant tout lui : celui qui se réclame et qui nous dit : "il y a un monde vrai". Mais on l’avait abordé la dernière fois.
-  L’homme véridique se présente en disant : "je suppose un monde vrai". Et qu’est-ce que c’est que "le monde vrai" selon Platon ? C’est ce que Platon appelle aussi le monde des Idées, avec un grand I . Et qu’est-ce que je dirais des "idées" ? Je dirais très peu de choses parce que c’est pas mon objet. Je dirais, les Idées, mettons que ce soit comme des formes éternelles. Comment définir ces formes éternelles ? Formes éternelles, c’est-à-dire, des formes supra organiques. C’est comme des formes - on dirait dans un roman - des formes marmoréennes, formes de marbre, défiant le temps. Pourquoi est-ce que je dis ça ? Parce que le début de "Pierre ou les ambiguïtés" de Melville décrit un monde de formes marmoréennes, de formes de marbre. A commencer par l’image du père, le père de Pierre qui est saisi dans le marbre. Le père de Platon, c’était Parménide, lui aussi était saisi dans le marbre car il avait dit : "l’être est, le non-être n’est pas". Ces Idées, pourquoi c’est des formes supra organiques ? Ce n’est pas difficile vous savez ce que Platon appelle une idée, c’est passionnant, pas difficile, le monde vrai c’est quelque chose, quoique ce soit qui n’est que ce qu’il est - une chose qui n’est que ce qu’elle est, c’est ça une idée, c’est ça l’Idée. Ca l’air de rien, il n’y a pas besoin de se fatiguer beaucoup pour comprendre. Voilà ! Prenons l’exemple : le petit. Je dis : Oh ! Il est tout petit, le pauvre il est tout petit, mais c’est curieux Pierre est tout petit. Bon, Pierre est tout petit, mais il est aussi tout grand, il n’est pas que tout petit. On trouvera toujours quelque chose par rapport à quoi il sera grand. Je dirais que Pierre est toujours autre chose que ce qu’il est.

-  Si je dis trois c’est un nombre, c’est un petit nombre, oui, mais c’est grand par rapport à un, c’est grand, c’est grand aussi. Alors, faisons un effort, imaginons un petit qui ne serait que petit, sous tous les rapports et à tout égard.
-  Un petit qui ne serait que petit sous tous les rapports et à tout égard ; c’est ce que Platon appelle l’Idée de petit.

Bon, c’est une merveille d’avoir trouvé ça, la seule parade comme vous la sentez chez les sophistes : mais voyons Socrate ! Ca va pas ! Ca n’existe pas pareille chose ! Mais ce n’est pas la question de Platon pour le moment. Alors, il y aura autant d’Idées qu’il y aura de choses qui ne sont que ce qu’elles sont. S’il y a un grand, qui n’est que grand, et pas autre chose que grand, on parlera de l’Idée de grandeur. Ca sera l’Idée de grandeur. Et il arrive que Platon - Socrate - nous disent des choses aussi étranges que l’Idée de lit - on aura à y revenir tout à l’heure. Eh ben oui ! Comment un lit pourrait-il être une Idée ? Lire de la philosophie c’est toujours très complexe, c’est au moment même où on se dit : vraiment, il parle que d’abstractions, il parle de l’Idée de lit, vous vous rendez compte ? L’Idée de lit, qu’est-ce que ça peut être l’idée de lit ? Même pas le concept de lit. Le concept de lit, c’est l’image mentale que l’on se fait du lit ou c’est la notion mentale. Mais l’idée avec un grand « I », l’Idée de lit, qu’est-ce que c’est cette bêtise ? Pour Platon c’est tout simple, pour Socrate c’est tout simple. L’Idée de lit c’est un lit qui ne serait pas autre chose que lit. Ca veut dire quoi ? Dans le monde que nous habitons, on ne rencontre pas de lits purs. Tous les lits qu’on rencontre sont toujours autre chose que lit, ils sont par exemple du bois, ou du métal. Mais un lit qui ne serait que lit, vous n’en avez jamais vu - il faut le troisième œil, il faut l’œil de l’esprit.

Dans un texte célèbre et beau, Socrate lance la question : Y a-t-il une Idée de poil ? Y a-t-il une Idée de boue ? Il y a Idée de tout ce dont on peut dire : cela n’est que ce que c’est. Alors aussi bien que boue ou poil, prenons un exemple plus... Il y a t-il une idée de mère ? Pas difficile, il y a t-il une mère qui ne soit que mère ? C’est-à-dire, qui ne soit pas fille d’une autre mère. Si vous formez le concept d’une mère qui ne soit pas fille d’une autre mère, c’est-à-dire d’une mère qui ne soit que mère, vous direz : c’est la mère en tant que telle. En d’autres termes, c’est l’Idée.

Donc, tout ce que j’essaie de dire : voilà, en quel sens l’homme véridique se réclame d’un monde vrai qui serait un monde de formes, encore une fois de formes de marbre ? C’est-à-dire où les choses seraient ce qu’elles sont, et seulement ce qu’elles sont. Par définition, ce serait un monde sans perspective, ce serait un monde sans point de vue, une ( ) de toute chose qui est autre chose que ce qu’elle est, par exemple une chose petite, qui est grande à un autre point de vue, je veux dire il y a point de vue et perspective, mais de la chose qui n’est que ce qu’elle est et qui est ce qu’elle est, je veux dire elle est au-delà de la perspective, elle est "sans perspective".
-  Elle se donne sans perspective, c’est l’Idée.

Voyez que le problème va être compliqué de savoir s’il peut y avoir un rapport entre chacune de ces Idées. A supposer qu’il y ait des Idées, quel rapport vont-elles entretenir entre elles ? Puisque ces rapports seront ( ) très spécial, ces rapports seront eux-mêmes des idées, ce ne seront pas des perspectives. Tout ça Platon va se trouver lancé devant un problème très important qui va être connu comme étant : le problème de la dialectique.
-  La dialectique étant l’établissement du rapport des Idées entre elles.

Mais, c’est pas ça qui m’intéresse. Ce qui m’intéresse c’est que vous voyiez bien que les Idées supra organiques, qui définissent, pour le moment, qui définissent pour nous le Vrai. Ouais, c’est la vérité de marbre. L’homme véridique sera l’homme de marbre.

- Deuxième point : notre monde il est fait de quoi, alors ? Notre monde il est fait de quoi ? C’est pas compliqué : notre monde, il est pas fait d’idée - des idées, on n’en a jamais vues. Toutes les mères qu’on a vues, c’était d’anciennes filles, c’était des filles qui renvoyaient à une autre mère, qu’on a jamais vu de mère qui était - même la sainte vierge que certains voient... La Sainte Vierge c’est limite, je veux dire dans un platonisme chrétien, dans un christianisme platonicien, la sainte vierge ce serait un problème, car elle a bien une mère. Mais d’un autre coté, il n’y avait pas que...elle est la seule exempte de péché originel, c’est le péché de la génération même. Il y avait là bien une mère, c’est une fille qui a bien une mère, mais d’un autre coté en tant que mère du Christ, elle est extraite de la génération. Peut-être que la Sainte Vierge nous rapprocherait l’ Idée de mère. Mais ces mystères sont si grands que l’on n’ose s’avancer davantage. Notre monde il est fait de quoi alors ? La réponse de Platon tombe sèche comme un couperet : il est fait d’apparences - à condition de bien comprendre ce que veut dire "l’apparence". Ce n’est pas du tout ce qui n’est pas réel, c’est ce qui n’est pas vrai. C’est ce qu’on a vu : le Vrai, il est réservé au monde des Idées. Notre monde il est fait de quoi ? Bah disons le mot tout de suite, il est fait de « copies ». Ce que nous appelons les objets réels, ce sont les copies des Idées. Les Idées sont les modèles de marbre - on progresse un petit peu là, on regroupe tout ce qu’on a fait les dernières fois - les Idées sont des modèles supra organiques qui constituent le monde Vrai. Notre monde est fait de copies et les copies, c’est fait de choses absolument réelles - c’est la réalité de notre monde : les copies, ce sont les réalités organiques qui reproduisent à un niveau inférieur, qui reproduisent les Idées.
-  Ce sont des réalités organiques.

Pourquoi « organique » ? Pourquoi organique et bien parce que contrairement aux Idées, qui elles sont éternelles, elles renvoient nécessairement à la "production", elles sont produites. Et qu’est-ce que c’est que le lieu de la production ? Le lieu de la production c’est la nature. La nature que les Grecs nommaient « fusis ». La « fusis », nous ( ) c’est la fusis le domaine de la production. Mais en un certain sens, une production humaine ne vaut pas moins qu’une production dite naturelle. Un lit est une copie- un lit est une réalité organique si vous définissez la réalité organique par l’apparence en tant que renvoyant à un processus de production ou de fabrication - notre monde est un monde de copies aussi bien au niveau des objets artificiels que l’homme fabrique qu’au niveau des objets organiques que la nature produit. Donc tout ça c’est des réalités organiques, je dirais très bien en un sens grec alors réalité organique du lit, autant que la réalité organique qu’un animal. On appellera « réalité organique » tout ce qui est produit en prenant pour modèle une Idée, en prenant comme modèle supra organique, une Idée : tout ce qui est produit par la nature ou par l’homme. [interrruption]

« Copie » désigne la ressemblance d’une chose avec une Idée. « Copie » ne désigne pas une ressemblance extrinsèque, « copie » représente, désigne une ressemblance intrinsèque. Or dans ce monde des copies ou des réalités organiques, il faut dire la perspective est née. Car toutes les réalités de ce monde, qu’elles soient artificielles ou qu’elles soient naturelles, sont soumises à la loi des perspectives. Et si ce sont des apparences ou des apparitions - bien qu’elles soient parfaitement réelles - voyez, elles sont apparences par opposition à la vérité mais elles sont parfaitement réelles, déjà, par rapport à leur persistance, par rapport et en fonction de leur ( ) internes, là je dois dire, la perspective, le point de vue naît. Le point de vue naît, pourquoi ? Le menuisier fera une table. Quelle est la différence entre l’Idée de table et la table ? Pour faire une bonne table, le menuisier ne doit pas s’inspirer de la table du menuisier d’à coté. Le menuisier copie mais il copie le modèle idéel, il copie l’Idée de table. Quelle est la différence entre le modèle et la copie ? L’Idée de table est sans perspective. C’est une table qui n’est rien d’autre que table. Pour produire une table, le menuisier doit faire une table qui est aussi autre chose que table. A savoir elle est du bois - elle n’est pas table uniquement, elle est table "en bois". Pour produire une petite chose, je dirais pour copier l’Idée de petit, il faut produire une petite chose, mais une petite chose c’est une chose par rapport à moi. Et la table produite par le menuisier si bien qu’il ait copié l’Idée, si fort qu’il ait copié l’Idée, c’est une table qui se présente sous un ensemble de perspectives.

La multiplicité des perspectives sur la chose définit précisément la chose, qui n’est jamais uniquement ce qu’elle est. Dès lors il y aura toute une opération qui ne sera plus celle de la fabrication. Si fabriquer, produire c’est faire naître la copie, toujours perspectiviste du modèle idéel, tout de suite il y a un autre aspect qui apparaît : à savoir, il faudra bien évaluer la ressemblance de la copie avec le modèle. Il y a des lits plus ou moins parfaits. Qui est juge ? La réponse de Platon est dans le ( ) c’est un des aspects pour moi les plus intéressants du platonisme : c’est toujours sa réponse constante et sensé : ce n’est pas le fabricant, ce n’est pas le producteur qui juge de son produit, c’est l’usager. Exemple que Socrate développe très brillamment, : celui qui est juge de la bonne flûte, c’est-à-dire de celle qui ressemble à l’idée de la Flûte pure - qu’est-ce que c’est l’Idée de la flûte pure ? Sans doute ce serait le son absolument pur que copie, que recopie - ça serait le modèle sonore - que recopie ou tente d’incarner toute la série des flutes, que le flûtier reproduit. Mais qui est juge de la ressemblance de la copie avec le modèle ? C’est pas le flûtier, c’est le joueur de flûte, c’est l’usager. Qui est juge de la ressemblance du lit avec l’idée du lit ? C’est l’usager, c’est celui qui se couche, ce n’est pas le menuisier.

Bon. très important, voyez il y a un double mouvement.
-  Il y a le mouvement de la production par lequel le modèle passe tant bien que mal, dans la copie.
-  Il y a le mouvement de l’usage qui rapporte la copie au modèle.
-  Celui qui ne cesse de rapporter la copie au modèle, c’est l’homme véridique...

"L’homme véridique c’est celui qui - comme dit Socrate tout le temps - a la science de l’usage".
-  Et la véritable science est la science de l’usage. Peut-être que si on est apte, plus apte à comprendre ce que veut dire alors le philos, l’ami. Le philos ou l’ami, c’est l’usager. C’est celui qui connaît l’usage.
-  Et le philosophe ce sera celui qui ne cesse de rapporter - ce n’est pas le fabricant, c’est l’usager - c’est celui qui ne cesse de rapporter la copie au modèle. Et c’est en ce sens qu’il se dira "l’homme véridique", et qu’il dira « Moi, Homme véridique, je ne suis rien sans le monde vrai, je suppose le monde vrai ».
-  Le philosophe, c’est l’être organique qui ne cesse de se rapporter au modèle supra organique.

Vous comprenez ? Vous me direz c’est pas tellement drôle toute cette histoire - vous allez voir, c’est un petit roman. Et tout irait bien, tout irait bien - je suis pressé hein ? Alors ! Tout irait bien et on en aurait fini si, si quoi ? S’il y avait quelque chose, un prodigieux scandale qui apparait, un terrible scandale. On ( ) que l’homme véridique et le monde vrai, l’un sous l’autre, l’homme véridique sous le monde vrai, l’homme véridique lui-même, copie organique des modèles supra organiques, tout irait bien. Si quoi ? Si dans la nature même il n’y avait pas autre chose que des copies. Voilà que dans la nature elle-même, il n’y a pas que des réalités organiques- sentez comme on est proche de notre thème, depuis le début - dans la nature même, il n’y a pas que des réalités organiques mais c’est effarant une chose comme ça ! Qu’est-ce qui va se passer alors ? Qu’est-ce qui a pu se passer ? Et c’est dans "Le Sophiste" qu’on apprend cette nouvelle - Le "Sophiste" étant un dialogue particulièrement important de Platon. C’est dans "Le Sophiste" qu’on apprend que, il n’y a pas que des réalités organiques, qu’est-ce qu’il y a d’autre ?
-  Il n’y a pas que des choses réelles et produites, il y a tout le domaine des ombres et des reflets.

Et quel est le statut des ombres et des reflets ? Qu’est-ce que c’est que cette chose qui, sous notre monde, vient compromettre la réalité organique ? Entendez, on est pas loin de nos thèses mais voilà que Platon nous donne une sorte de bénédiction, que nous n’espérions même pas ! Quand on passait notre temps à dire précédemment : c’est curieux ! Il y a des descriptions organiques et puis il y a autre chose, il y a des formes organiques, mais il y a aussi des formations cristallines - voilà que Platon, il arrive avec son monde d’ombres et de reflets, reflets dans les eaux," ombres induites par le feu quand la nuit tombe", ce ne sont pas des réalités organiques. Donc, voyez, il peut dire : "mais dans notre monde, dans notre monde de copies, il y a quelque chose". Alors est-ce qu’on peut dire : Ah bah c’est pas difficile : c’est des copies dégradées simplement ! C’est des copies de copies ! Me voilà en effet avec maintenant trois lits. ’ai trois lits : j’ai une Idée de lit, une copie de lit fabriquée par le menuisier, et une ombre ou un reflet de lit.

Et en même temps, est-ce que je peux dire aussi simplement : c’est des copies de copies ? Voilà qu’à coté de mes réalités organiques, j’ai des apparitions cristallines extrêmement bizarres. Surtout ça va se compliquer parce que les réalités organiques renvoyaient au jugement de l’homme véridique, qui était lui-même l’homme organique en tant qu’il rapportait les réalités organiques à leur modèle. Qui va se charger des reflets ? Qui va se charger des ombres ? Quelle histoire ! L’homme véridique va essayer de dire - bien oui ! il est là l’homme véridique, il va essayer de dire : "même les reflets, même les ombres, je les prendrai sur moi pour les confronter aux formes de marbre". Et voilà que les ombres et les reflets ont tendance à fuir pour aller vers une autre sorte d’homme - un autre homme, une espèce de bouffon qui va être dénoncé très vite par Socrate. Et qui l’aura été dans toute l’œuvre de Platon - comme étant le Sophiste ! Bon, bon ! Seulement le sophiste alors, c’est le faussaire. Lui, il dit :" non les ombres et les reflets ne sont pas des copies de copies. Les ombres et les reflets ont leur vie à elles, leur vie inorganique" et c’est là que vous trouverez toutes les peines à dire quel est le modèle d’une ombre qui danse, d’un reflet qui se ride dans l’eau. Vous pourrez dire mes modèles c’est, c’est la réalité organique qui se penche sur l’eau, c’est la réalité organique qui passe derrière le feu, vous pouvez dire ça, oui, peut-être, peut-être... et là, comme dirait Nietzsche dans son langage : "le sophiste rit".

Pourquoi ? Parce que le sophiste aussi, de son coté, sait qu’il y a d’autres choses que les copies. Et les copies, Platon leur a donné un nom dans "Le Sophiste" : il les a appelées des « Icônes ».
-  L’Icône c’était donc la réalité organique en tant qu’elle prenait pour modèle l’Idée. Mais il y a autre chose. Il y a des copies qui sont marquées d’une fausseté, nous dit Socrate, d’une fausseté fondamentale. Qu’est-ce que c’est ? Il y a des formations qui ont besoin d’inexactitudes pour paraître ressemblantes. En d’autres termes, ce ne sont plus des copies de copies, ce sont des fausses copies. On croit que c’est déjà autre chose que des copies. Elles ont besoin d’inexactitudes pour paraître ressemblantes. Ah oui, elles ont besoin d’inexactitudes pour paraître ressemblantes. Il donne lui-même un exemple dans "Le Sophiste", il dit : "je pense à ces édifices de grandes proportions, il faudrait que ce soit grand - ou il faut de l’inexactitude, pourquoi ? - Parce que ces édifices comprennent en eux-mêmes, incluent en eux-mêmes, le point de vue du spectateur". Vous vous rapporterez au texte - c’est d’étranges choses qui incluent la perspective, on dirait que ce sont des phénomènes à perspectives internes, et l’exemple qu’il donne, renvoie évidemment à un temple immense, à une colonne. Il dit : une colonne immense, vous êtes bien forcé de faire le haut plus grand que la base, parce que sinon, vous aurez l’impression que la colonne n’est pas égale, n’a pas un diamètre égal, vous aurez l’impression que les parties supérieures sont plus petites, il faut donc grossir pour compenser l’éloignement.

Voilà un cas extrêmement simple de choses à perspectives internes, elles incluent une perspective. Si je vois un tableau qui me présente une table - Heidegger a une page très bonne de commentaires de Platon à cet égard. Il dit : "ben oui, un tableau qui me représente une table, ben, il ne peut pas faire autrement que de nous la présenter d’un certain point de vue, la table. La table peinte inclut la perspective. Elle inclut une perspective, elle inclut un point de vue". Vous me direz : Ah ! Il y a le cubisme ! ah, je crois pas que ça aurait beaucoup gêné Platon. Il est tout à fait faux de dire que le cubisme supprime les perspectives. Alors, quelle différence avec les réalités organiques ? Les réalités organiques on a vu, qu’elles étaient soumises à la loi des perspectives, la perspective est ( ) la réalité organique, mais la table du menuisier ? Bien sûr, moi usager, philosophe, je ne pouvais l’apercevoir que d’un point de vue, sous tel ou tel angle, mais voilà ( ) perspective extrinsèque. Je ne pouvais l’apercevoir que sous tel ou tel angle, mais je savais m’en servir, en tant qu’homme percevant je la percevais sous tel ou tel angle, mais en tant que philosophe, je savais m’en servir quel que soit l’angle,

c’est-à-dire j’étais apte à viser l’identité de la chose, à la limite de toutes les perspectives.

Tandis que là, dans cet autre domaine, lorsque je me trouve devant des systèmes qui inclut la perspective, lorsque je me trouve devant les perspectives intrinsèques, des perspectives intérieures au système, c’est tout à fait autre chose. Je ne peux même plus dire, je dirai que ce sont des choses fondamentalement fausses, elles sont fondamentalement fausses, par rapport à quoi ? En elles-mêmes ! Il ne s’agit plus de dire elles sont faussées par rapport au vrai, c’est des copies dégradées, je ne peux même plus dire ça, elles sont faussées en elles-même par la perspective qu’elles incluent.

Je résume ce moment : Platon distingue d’une part, dans un premier texte du Sophiste, il distingue les réalités organiques qui sont des copies du Vrai, et mettons, des apparitions cristallines en donnant à « cristallin » un sens très large - il ne dit pas le mot, hélas, peut-être parce que le mot a été brûlé, vous savez, dans l’histoire là - mais ils sont les ombres et les reflets
-  Et d’autre part, dans un autre texte, il distingue les icônes qui sont les véritables copies.
-  Et d’autre part, ces choses faussées définies par ceci qu’elles incluent leur propre perspective, et qu’il appelle par opposition avec icônes -puisque les icônes ce sont les copies, les réalités organiques- ils appellent les « fantasmes ». Vous voyez, au point où on en est, on voit tout de suite ce qui se passe.
-  Le monde vrai et l’homme véridique sont minés par les fantasmes c’est à dire les choses faussées et l’homme faussaire. Vous avez si vous voulez, par opposition, si je fais mes couples d’opposition :
-  réalités organiques, réalités cristallines / ombres et reflets, premier doublet, premier couple,
-  deuxième couple : icônes/fantasmes, -troisième couple : homme véridique qui renvoie au monde Vrai, qui suppose le monde vrai/ faussaire qui renvoie aux choses faussées, c’est-à-dire aux choses qui incluent leur propre perspective.

Et ça va être terrible ça ! Parce que là je résume (oh la ! la ! j’ai déjà un de ces retards - je résume très très vite, parce que qu’est-ce qui va se passer ? Vous pouvez le deviner c’est un drame ! C’est un drame parce que le faussaire et les choses faussées, le faussaire et les fantasmes vont tellement miner du dedans le monde du Vrai qu’on ne peut même plus dire : c’est des mauvaises copies ! Si on pouvait dire ça ! Mais non ! Ce qu’elles ont supprimé ou ce qu’elles mettent en question, c’est la distinction même d’un modèle et d’une copie. C’est ça le mot du faussaire. C’est pas celui qui fait des copies, celui qui fait des copies, il y a toujours quelque chose d’honnête chez lui, c’est l’homme véridique en un sens, mais le faussaire c’est celui qui met en question et le modèle et la copie.

Je reprends Nietzsche : « en même temps que le monde vrai nous avons aussi aboli le monde des apparences ». Au profit de quoi ? Au profit de ce qui nous semble maintenant un monstrueux faussaire et des choses faussées. En d’autres termes la question c’est pas celle encore une fois de mauvaises copies, la question c’est : il n’y a plus de modèles, il n’y a plus de copies. Le terrain est tellement miné que c’est le renversement : le monde véridique. L’homme véridique n’existait qu’en nous disant : « je suppose, je présuppose le monde vrai ». Et voilà maintenant que c’est le monde vrai qui n’existe que pour autant que le réclame un homme véridique. Voilà que c’est le monde vrai qui dépend de l’homme véridique. Mais voilà que l’homme véridique s’écroule déjà sous les coups du faussaire : -Mais alors tu n’as plus de modèles ? Et le faussaire rit. Il dit à l’homme véridique : mais qu’est-ce que tu vas faire ? T’as plus de modèles ! Si tu n’as plus de modèles, il n’y a plus de copies ! S’il n’y a plus de modèles ni de copies, il reste quoi ? Moi ! C’est-à-dire il reste le faussaire et les choses faussées, en tant qu’elles incluent leur propre perspective.

Nous sommes passés des perspectives du vrai, des perspectives de l’homme véridique qui laissaient subsister l’intégrité de la chose, à la perspective interne qui travaille l’intériorité de la chose et ne laisse subsister ni modèle, ni copie. Drame de l’homme véridique, les statues de marbre s’écroulent. Là je parle comme Nietzsche, mais il faudrait avoir le génie de Nietzsche : fin des statues de marbre, les statues de marbre s’écroulent. Voyez le livre 1 de "Pierre ou les ambiguïtés" d’Hermann Melville, lorsque Pierre assiste à la décomposition des statues de marbre. Et si un auteur parmi tous ces grands auteurs dont nous parlons a écrit quarante pages sur l’aventure de l’homme véridique, soient des pages de génie, c’est dans une nouvelle célèbre d’Hermann Melville et la nouvelle s’appelle Bartleby - oui, en vertu de mon accent j’ai intérêt à épeler B.A.R.T.L.E.B.Y. Et cette nouvelle est tellement insolite que... je vous demande pardon d’une telle platitude mais elle est... vraie.

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La voix de Gilles Deleuze en ligne
L’association Siècle Deleuzien


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