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La voix de Gilles Deleuze
THEMES COURS
 ANTI-OEDIPE ET AUTRES RÉFLEXIONS - MAI/JUIN 1980 - DERNIERS COURS À VINCENNES (4 HEURES)
 SPINOZA - DÉC.1980/MARS.1981 - COURS 1 À 13 - (30 HEURES)
 LA PEINTURE ET LA QUESTION DES CONCEPTS - MARS À JUIN 1981 - COURS 14 À 21 - (18 HEURES)
 CINEMA / IMAGE-MOUVEMENT - NOV.1981/JUIN 1982 - COURS 1 À 21 - (41 HEURES)
 CINEMA : UNE CLASSIFICATION DES SIGNES ET DU TEMPS NOV.1982/JUIN.1983 - COURS 22 À 44 - (56 HEURES)
 CINEMA / VÉRITÉ ET TEMPS - LA PUISSANCE DU FAUX NOV.1983/JUIN.1984 - COURS 45 À 66 - (55 HEURES)
 CINEMA / PENSÉE - OCTOBRE 1984/JUIN 1985 - COURS 67 À 89 (64 HEURES)
 - CINEMA / PENSÉE + COURS 90 À 92
 - FOUCAULT - LES FORMATIONS HISTORIQUES - OCTOBRE 1985 / DÉCEMBRE 1985 COURS 1 À 8
 - FOUCAULT - LE POUVOIR - JANVIER 1986 / JUIN 1986 - COURS 9 À 25

48- 06/12/83 - 3

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Deleuze - Cinéma cours 48 du 06/12/83 - 3 transcription : Ingrid Quintana et Yaelle Tannau relecture : Silvia Maglioni

Derrière le vrai et le faux, il y a l’amour et la haine. Et pour moi, quand je dis ça, ça me paraît d’une nouveauté, c’est quelque chose de très bouleversant, je ne vais pas dire que je tiens vraiment, que je tiennes à l’amour, tout ça, je trouve que c’est une révolution, pour une personne, d’avoir dû subir ça. La vie, elle est, vous parlez du vrai, de l’alètheia, de tout ça, de tout ces trucs, c’est énorme. Derrière ça il y a l’amour et la haine et leur lutte.

Héraclite, c’était pas ça, c’était bien une lutte mais c’était pas ça du tout, ce n’est pas l’amour et la haine. En d’autres termes, derrière le vrai et le faux, il découvre l’amour et la haine. A ce moment-là, et c’est à ce moment-là que le sophos, le sage devient un philo-sophos.

L’acte de la philosophie, ce sera : découvrir qu’il y a un problème de l’amour et de la haine, dans quoi ? au sein même du problème de la vérité. Nietzsche, ce sera un philosophe en ce sens, qu’il ne cessera pas de nous expliquer qu’il y a un problème de l’amour et de la haine, au sein du problème de la vérité, au point que ceux qui disent « je veux la vérité » sont fondamentalement haineux.

Très curieux toute cette histoire...

C’est Empédocle le premier, qui a fait ce renversement. Et on verra pourquoi il l’a fait, il l’a fait pour des raisons très très précises, il a fait une chose très étonnante, Empédocle. Donc Empédocle est un bien grand homme.

Voilà, et pour le moment vous voyez, Antonioni nous amène à une confirmation par Nietzsche, et ce qui me reste - alors il faut à tout prix que je passe au secrétariat hélas - ce qui me reste, c’est d’une part que l’on fasse une mise au point où je voudrais pouvoir intervenir sur l’état de ces quatre points, sur les quatre points très précis, et puis presque aujourd’hui, je m’en tiendrais là, et je voudrais distribuer, c’est tout ça, je voudrais distribuer déjà des directions de travail car vous pourrez peut être vous apercevoir et comprendre déjà, en quoi les directions que j’ai indiqué, au tout début, dans ma première séance, commencent à trouver leur lien. Et je voudrais voir ceux qui sont prêts à m’aider. Alors, ceux qui ne sont pas prêts à m’aider, les plus cruels, les plus haineux, peuvent évidemment partir - moi je reviens dans un quart d’heure et je voudrais qu’on ait une conversation sur ces quatre points déjà, et comment organiser le travail.

Donc, la prochaine fois, je commencerai - ce qui me permettra de corriger s’il avait de trop obscur dans cette fin - je commencerai à commenter les quatre textes de Nietzsche tirés du "Gai savoir".

Donc, m’importe que vous le lisiez, le plus possible d’entre vous, ce "Gai savoir", heureusement qu’il y a des paragraphes qui restent constants, indépendamment des traductions, de savoir, ce qui m’intéresse c’est que vous lisiez, 344... le paragraphe 344, 345, 346 - trois grands, voilà, trois trois grands - chacun deux pages, c’est pas long, ça vous fait six pages - ces trois très grands textes de Nietzsche, plus le paragraphe 319. Dans le "Gai savoir". Je vous dis à tout à l’heure...

(question dans la salle)
-  Tu vas vraiment revenir ?
-  Ah oui, ah oui. (coupure de la bande)

Mais tantôt, ça ne va pas toujours ensemble hein, il se peut que tantôt vous soyez relativement contents de moi et moi pas du tout content de moi, là, je suis très content de moi...
-  De toi, ou de nous ?
-  De vous, je suis toujours content de vous, toujours, uniformément. Ça c’est uniquement parce que je suis arrivé, pour, dans ma tête - ce qui ne veut pas dire que pour les autres ce soit forcement clair - à mettre au clair ce que j’essayais de dire depuis le début, donc on n’en parlera plus.

Voilà, moi, j’ai mes quatre niveaux. Mais je vous annonce le triste avenir, on sera pas, on recommencera tout, parce qu’ on fera six autres niveaux, quand on parle de rapport évident avec les quatre-là. Et enfin on aura fini l’introduction. Ça nous mettra vers Pâques tout ça.

Alors voilà. Moi, ce dont j’ai besoin, c’est deux choses : vos réactions - je parle uniquement des quatre niveaux, si c’est pour me dire : il y a un ceci qui est encore absolument obscur, je précise que ma tâche est de...mais, d’une part vos réactions et d’autre part reprendre les directions de recherche que j’avais définies au tout début, à la première séance, et voir si je peux compter sur certains d’entre vous pour traiter tel point, tel point ; pour aller voir - pas traité, aller voir - et que ça se traduise sous la forme, ou intervention, ou même franchement, moi je suis pas contre, tous les moyens sont bons, franchement exposés comme on en fait ailleurs aussi, sous la forme qui vous convient, sous forme écrite que vous me passerez, et dont je tiens compte auprès de vous, enfin, voilà, je veux dire, votre heure est venue.

Donc, première chose, est-ce qu’il y a des remarques pour vous importantes à faire, soit que ça vous paraisse très très obscur ? suppose... pas compte tenu de ceci, j’entends, si il y en a qui tout ça ne convient absolument pas sous la forme, tout cela ne dit absolument rien, bien la réponse est toute claire, il faut que vous alliez à d’autres cours. Je veux dire, je ne prétends pas convenir du tout à tout le monde, là, je vous le dis avec toute modestie, quoi. Mais si vous êtes en gros d’accord avec tout ça, ou est-ce que vous avez immédiatement de choses à me dire, du type par exemple : dans les analyses à venir, c’est tel point qu’il faudra particulièrement développer. Bon, ça c’est le premier type de questions, de réponses que j’attends de vous et qui me concernent moi. Et puis il y aura le second type de questions, venant de moi qui vous concernera, vous. On commence par les premières. Qu’est-ce que vous avez à me dire ? est-ce qu’il y a des points où il faut, je dis pas c’est fini de revenir sur...

Intervention de G.Comtesse :
-  (début incompréhensible) ...je voudrais poser une question par rapport avec la question du problème du temps d’Antonioni, et même de la trilogie d’Antonioni après "Le Cri", c’est-à-dire "L’Avventura", "La Notte" et "L’Eclisse". Parce que, quand il aborde, Antonioni, par exemple à partir d’une limite, une limite de la pensée philosophique, c’est-à-dire, la pensée de Kant avec l’idée d’une césure de l’ordre du temps et du temps comme forme vide, différence entre temps long ou temps court. Quand tu abordes cette question je me demande, bien sûr ça a certainement un rapport avec ce que dit Antonioni, parfois dans ses textes. Mais est-ce que, c’est tout à fait compatible avec justement ce qu’il capte dans son espace filmique. Ca, ça sera ma question. Je m’explique de ceci. Lorsque que Antonioni, il parle du temps, on a dit c’était un signal brut du temps, de même on a dit ça chez Resnais. Beaucoup de gens y croient ! Pour vous dire qu’il croit d’ailleurs... (rires, bruits dans la salle)

-  Vous avez vu, le début ne me laisse rien... (rires,bruits dans la salle)

-  ...Ce qu’il fait c’est d’une certaine façon pour ne pas être épinglé, ni imposé avec cette étiquette. Parce que, si on en reste à une philosophie du cinéma, on pourra dire à la limite il y a la forme du vide du temps plus que de fond, non chronologique.

Mais dans l’espace filmique c’est plus, c’est beaucoup plus complexe que ça, parce ce que veut il dire justement, après "Le Cri" d’Antonioni, c’est pas tellement d’emblée en tout cas, le débordement de la forme vide du temps par une substance du non chronologique, qui essaye en tout cas de capter, c’est ce qu’on pourrait appeler la force du temps. Et la force du temps comme force de la solitude peut-être, il y a plusieurs choses dans ce truc là, mais surtout la force du vide, plus exactement la force du temps vide.

Et pourquoi ? Bien, parce que dans le film dont tu as parlé, c’est cette force-là, c’est la cassure d’un certain bloc qui suspend effectivement le domaine des sentiments et qui fait entrer l’amour dans une crise fondamentale ; Parce que ce bloc, qui est la force du temps, la force du temps vide, le temps vide étant un instant qui est au delà où en deçà, soit du temps chronologique, soit du temps de l’aîon. Cette force du temps vide, c’est la force d’un certain, on pourrait appeler ça d’un certain bloc, de Antonioni, c’est un bloc de distance, de neutralisation, d’éloignement, de disparition, de disparition de la femme - elle n’a pas besoin, justement la femme de disparaître réellement. Ce bloc-là, ce bloc de l’homme, implique la disparition de la femme. C’est un bloc également d’indifférence anesthésiée, d’où peut surgir des petites impulsions érotiques comme tu as parlé, ça sera toujours à l’intérieur du bloc "indifférence anesthésiée", mais surtout un bloc d’éclipse, et d’éclipse du désir. C’est-à-dire que ce bloc du désir dominant, c’est le bloc d’éclipse d’un désir déterminant, dont le temps justement, est le vide. Et c’est ça justement qu’il s’agirait d’interroger, concernant Antonioni et la mutation qu’il a fait après la trilogie, en parlant justement d’un espace, ou même d’une machine mélancolique du "Désert Rouge", une machine dit il de dévoration.

Et cette machine de dévoration par exemple, dans "Désert Rouge", avant qu’à partir qu’on traverse cette machine, il arrive à se dire ou à se voir, dans justement un certain regard c’est "Blow up". Donc, il y a toute une mutation, chez Antonioni, c’est plutôt l’exploration de, disons, l’exploration ou une effectuation des événements de désir, à partir ou à travers le bloc du temps vide, qui est la force vide du temps et qui est justement le bloc d’incommunicabilité, d’incommunicabilité genre une mise en état, on ne dit rien, on ne communique pas... Ça veut dire qu’il y a quelque chose, une éclipse, qui est le bloc du désir n’est jamais communiqué entre, justement. Et qui impose, et qui impose le domaine des sentiments, mais qui impose également l’amour, et qui fait de l’amour justement le temps incompris. Donc, la question qui est une certaine légère, une légère différence, c’est de dire que peut-être on est en train de parler du rapport entre la forme vide du temps et le fond, le fond substantiel du temps, il faut peut-être bien introduire ce que justement, les cinéastes ont capté dans l’espace filmique du film, c’est-à-dire le bloc ou la force vide, une force vide de solitude, une force du temps vide.

-  Écoute Comtesse... moi, je suis frappé, donc parce que c’est un texte que j’ai relu tout récemment à cause d’un film de Mankiewicz que j’ai été voir. J’ai toujours l’impression que dans nos discussions, je suis Brutus et tu es Marc-Antoine. Tout ce que tu as dit, compte tenu que tu en as dit plus que moi, eh... tu en as dit plus que moi sur Antonioni, mais en effet mon objet n’était pas du tout de considérer le cinéma d’Antonioni en général. Je voulais avant tout considérer deux textes qui me paraissent très beaux, et d’un point de vue qui appelle le mien et pas celui du cinéma d’Antonioni.

Et compte tenu de ceci, tout ce que tu as dit, il me semble, est à ton choix en plein accord avec moi, pour moi en plein accord avec ce que tu as dit. La seule différence, et je ne dis pas qu’elle ne soit pas notable, c’est que tu as un mot meilleur que moi. Et moi j’en était pas content. Puisqu’en effet je parlai de la forme du temps vide, sur ce point impitoyable tu ne m’as pas épargné, et parlant de la forme du temps, j’étais si gêné par cela, alors que je voulais garder finalement le bon terme pour forme du vrai, ce qui était mise en question précisément, que je disais : mais attention,là, la forme du temps, ce n’est que l’expression d’une substance achronologique ou d’un fond non chronologique du temps. Je retiens donc là avant tout, pas seulement, mais avant tout de ce que tu me dis, que tu me dis, ben, tu sais si tu voulais éviter cette équivoque, ça aurait été beaucoup mieux d’appeler ça "la force du temps". Et là je te donne absolument raison, mais je trouve que c’est purement une question de mots, ton mot est beaucoup plus heureux. Pour désigner ce qui exprime ce fond non-chronologique, forme du temps est mauvais puisque en effet c’est marqué de Kant qui pense à aucun fond que non chronologique du temps. Donc il vaut mille fois mieux pour parler de ce qui exprime le fond non chronologique du temps, il vaut mille fois mieux parler de force du temps, d’autant plus que ça le met directement en rapport avec puissance du fond. Et que je dirais à ce moment-là cette force du temps c’est la même chose que la puissance du fond. Alors, sur ce point, mille fois d’accord, c’est à dire, si tu le permets, je prends ton vocabulaire, et je ne parlerai que de force du temps, en rapport direct avec la puissance du faux. Ça, d’accord.

Pour le reste, tout ce que tu as dit à mon avis convient parfaitement avec ce que je lisais, c’est à dire, se trouve d’accord sur, ce que cette force du temps met en question, c’est à travers le concept de vérité, c’est bien le problème de nous, malades d’Eros, parce qu’ Eros est malade de lui-même.

Alors, sur ce point il me semble que tu as apporté des développements propres au cinéma d’Antonioni, propres à ce qui a suivi "Le Cri", et tout ça moi je serais d’accord d’avance avec ce que tu as dit. Mais en effet c’est beaucoup mieux de parler d’une force du temps, un force du temps, même en soi... il faut dire vide, en tout cas d’une force du temps, en rapport avec la puissance du faux, ça m’arrange infiniment oui, puisqu’ avant les choses, euh... je disais je suis arrivé au plus près de ce que je pouvais, ben non, il y avait un pas de plus, il faut pas parler de la forme du temps parce que sinon on sait plus, forme du temps forme du vrai, tout ca ça risque de se confondre, tandis qu’avec la modification de vocabulaire que Comtesse propose, l’équivoque a disparu. Donc, moi ça me va tout a fait ce qu’il a dit. Oui, parfait.

Est-ce qu’il y a d’autres remarques ?

Question :
-  (début incompréhensible) ...Est-ce que vous pourriez développer plus, sur les antinomies de Kant ?

-  Sur les antinomies de Kant ?

-  Oui. Pour savoir si vous les placeriez dans une narration précédente...

-  Moi je serai amené à parler un peu de Kant, mais à mon avis pas à ce propos. Alors, moi, ce qui m’intéresserait c’est que, je vois pas trop pourquoi vous liez ces deux problèmes. Je ne vois pas. Ce qui m’intéresserait c’est, si vous aviez le temps et la patience, la prochaine fois, pour la prochaine fois, de me faire une petite note, une petite en désordre, hein, je vous demande pas une dissertation, qui me dirait pourquoi vous voyez, vous, un lien entre un problème de la narration et les antinomies. Et les antinomies qui portent sur le monde, en effet on peut dire ces deux manières opposées, de raconter, de narrer le monde, mais ça ne parlera bien quand même là, je suis sur que vous avez dans la tête quelque chose. Alors, si vous me passiez un tel petit papier, je pourrais vous dire tout comme vous vous pouvez me le dire, je pourrais vous dire, je peux pas vous suivre parce que je vois pas le rapport, ou bien vous répondre plus précisément.

Question de C. Finkelstajin
-  Moi je voudrais...

-  Oui ?

-  Tout à l’heure le monsieur répétait comme ça plusieurs fois, qu’en vérité il était en crise contre le temps, mais le problème se posait au niveau de la morale et pas la connaissance.

-  C’est ça, c’est ça ! C’est les quatre points, ça, je suis prêt à le répéter si, je les répêterais bien parce que je ne les avais pas assez bien en tête. Mais c’est ça...

-  Et je suis tombée là sur un texte, c’est des physiciens, des biologistes, enfin, des scientifiques qui travaillent, qui ont poussé d’une certaine manière un peu plus loin les principes dont tu nous a parlé la dernière fois à propos de Leibniz, et qui ont essayé de définir ce qu’on appelle en physique le principe entropique. C’est à dire le principe d’entros de fin de l’homme. Ce qui voudrait dire que dans la philosophie classique, on a toujours considéré que l’objet existait en dehors, enfin bon, ce dont tu avais parlé la dernière fois, pour définir la vérité... que l’objet existait en dehors de la perception qu’on en avait.

En fait, et ce qu’essaient de prouver, enfin de définir ces scientifiques, c’est que le monde n’existe, mais c’est-à-dire n’existe comme existence biologique possible pour l’homme, le monde n’existe que dans la mesure où il y a un observateur pour le voir. Ça veut dire que puisque nous pouvons observer le monde, cela est bien la preuve qu’il existe, et cela est bien la preuve qu’il n’y avait qu’un monde possible au niveau de l’hydrogène, de l’eau et de la température de l’air, qui était possible. Et moi ça me semble, comment dire, enfin, quant aux scientifiques actuels ça me semble, je dirais une position très intéressante, c’est à dire, peut être que eux sont en train de rendre indiscernable le problème de la morale et le problème de la connaissance, d’une manière que je dirais assez Spinoziste, et je sais pas, je voulais savoir...

-  Oui, mais ça, oui mais ça, ça va être plutôt une de nos tâches grâce à toi. Parce que si tu es d’accord donc, tu me fais photocopier ce texte, tu le gardes, on revoit tous les deux ce qu’on peut en tirer. Mais en effet ce que tu dis, moi je crois que on avancera déjà un peu la prochaine fois, quand on commentera le texte de Nietzsche, celui qui dit « le vrai, la vraie aventure ne se passe pas dans la science, elle se place dans la morale ». Qu’est-ce qu’il veut dire ?

-  Oui, bien sûr, c’est un problème éthique effectivement...

-  Il y a un problème éthique, c’est un problème de vécu, pour lui. C’est un problème de vécu finalement, et c’est pas tant éthique qui est important, que l’idée du domaine du sentiment. Alors que, là dedans, que dans certains cas de problème scientifique, il y ait une forme sentimentale aigüe du problème, et tel que se pose ce joug qui est vraiment, euh...Faudra voir. Faudra voir a partir de ce texte que je connais pas. Il faut donc qu’on puisse parler du texte...

(coupure de la bande)

...est tellement attendu, on a toute suite vite vu, et tout de suite, au passage de Galilée, que certainement Nietzsche veut dire autre chose. Et que quand il dit, la vraie crise de la vérité ne se situe pas au niveau de la science, elle se situe au niveau des sentiments, c’est-à-dire de la morale, il n’exclut évidemment pas que ce qu’il appelle les sentiments, c’est-à-dire la morale trouve un théâtre dans la science. Donc, ce qu’il veut dire doit être beaucoup plus compliqué que cela n’en a l’air.

Si tu veux dire ce qu’il veut dire tout suite, je peux pas, il faudra lire le texte, il faudra voir, mais enfin je retiens ça, après c’est toi même qui le présente, comme l’objection immédiatement qui nous vient à l’esprit, et pourquoi la science... c’est quelque chose qu’on peut appeler crise de la vérité.

Et je crois en effet que, on verra d’après Nietzsche, ce qu’il veut dire quand tu doutes. C’est pas dans la science que ça se passe. Alors peut-être qu’il veut dire que d’une certaine manière c’est qu’il n’y a pas des sciences pures, que quand ça se passe dans la science, c’est au nom d’une expérience, d’une expérimentation d’une toute autre sorte. Ce qu’il invoque, c’est que finalement, mais c’est une notion très difficile chez Nietzsche, ce qu’il invoque c’est la vie. Et je veux dire, c’est pas affaire de sciences, c’est affaire de vie. Alors qu’il y ait de la vie dans la science tout ça, mais la vie, ce qu’entend Nietzsche par vie c’est tellement...bon ouais. Bon ça je réserve, je suis forcé de réserver.

Autre chose ?

Question :
-  Oui, j’avais une deuxième question à propos de Leibniz... Il me semblait, enfin, je crois être d’accord avec toi pour beaucoup, mais je me rappelle que tu as dit, quand tu dis qu’il y a un choix moral dans le choix du meilleur des mondes possibles, mais il est-ce qu’il s’agit de répercussions ontologiques ?

-  C’est pour ça que j’ai dit que le choix était moral, mathématique, j’aurais pu ajouter théologique, tout ce que tu veux, ça n’empêche pas que Dieu se donne comme loi, comme règle, le meilleur, et le meilleur dans tous les sens du mot. Et comme Leibniz s’occupe de tout, Leibniz est un juriste, c’est donc le meilleur juridiquement, légalement, c’est la bonne décision du juge. Il est mathématicien. C’est l‘optimum, c’est la loi des maximums, mais il est éthicien, il est moraliste...

-  Chez Spinoza est-ce que le problème ne se pose absolument pas ?

-  Ah bien chez Spinoza par définition, le problème ne se pose absolument pas. S’il y a un autre philosophe à la même époque, chez qui le problème se pose presque de la même manière, mais avec un règlement de compte entre les deux très important, c’est Malebranche. Malebranche aussi parlera des mondes possibles, il construira par la notion d’impossibilité, c’est sera très intéressant la comparaison Malebranche mais je maintiens que chez Leibniz le faux, euh...le vrai n’est sauvé que par un appel, si tu veux, au juste dans tout ses sens. Le juste aussi bien au sens de... le calcul juste du mathématicien, que le juste du juriste, le juste du moraliste.

Question d’une autre personne :
-  Moi je sais pas de quoi vous causer... mais j’ai un sentiment, une intuition : euh, je me méfie, hein. Vous parlez de la morale, mais ce qui m’intéresse beaucoup, quand vous parlez du temps chez Resnais et d’abord chez Orson Welles, j’aime beaucoup, vous parlez du temps. Et je crois que le temps il glisse beaucoup plus à esthétique, déjà on parle de Leibniz qui est un esthéticien, Leibniz. C’est pas tellement l’ héthique, c’est pas tellement la vérité, c’est quand même l’esthétique. Et alors les deux ou les trois cinéastes que vous aviez dit, et ça c’était vrai, ce sont trois cinéastes sont purement esthéticiens...des choses magnifique...

-  Laisse moi te dire, parce que, ton intervention est déjà très bonne et justement elle me permet de... Tu as bien compris que, lorsque si bien Antonioni, que Nietzsche parlent de la morale, c’est pas la morale qui les intéresse, absolument pas. Ce qui les intéresse, c’est ce qu’ils appellent aussi bien, et pour eux c’est synonyme, le monde des sentiments. Et, simplement, alors pour remployer le mot morale, parce que la morale pour eux se définit par ou comme une certaine régulation, ou la régulation de droit et non de forme. Mais ce qui les intéresse c’est le monde des sentiments.

Ils ne nous disent pas la crise de la vérité se passe dans la morale, et pas dans la connaissance, ils nous disent : la crise de la vérité se passe dans le monde des sentiments. Dans le monde des sentiments. Ce qui est très nouveau. Ce qui revient à dire : la crise de la vérité cela ne situe pas dans le monde des représentations, mais dans le monde des sentiments.

Mais il sont forcés de passer par une mise en question de la morale, puisque que la morale est la normativité du sentiment. Ou la régulation du sentiment. Tu comprends ? Si bien que ils sont absolument partisans de ce que tu viens de dire, le fond de l’affaire est esthétique au sens : le sentiment. C’est beaucoup plus exténuant que la morale.

-  L’esthétique, c’est..les affections, pas le sentiment exactement mais enfin j’ai l’impression, c’est presque du sentiment...

-  L’esthétique c’est quand même du sentiment.

-  D’accord.

-  Donc, sur ce point, accord contraint.

Autre question de G. Comtesse
-  À propos du "tu dois", justement...

-  Oui ?

-  Quand il prévient dans le champ philosophique que c’est Kant, qui, au niveau du seul sentiment apriori de la loi morale, c’est à dire le respect d’une loi qui impose justement, le "tu dois", l’impératif catégorique d’universaliser les maximes qu’il méprise de l’action. Bon, on sait aussi que l’impératif catégorique du "tu dois" implique, comme dit Kant, un "abaissement infini", c’est son propre mot, de la sensibilité perverse, des désirs pervers, autrement dit.

Alors, la question que je pourrai poser, par rapport à la question que tu as soulevé de la substance du temps, c’est : Est-ce que cette substance du temps, au lieu de l’aborder ou de l’appréhender à partir, soit du "tu dois" Kantien, soit de l’envers justement du "tu dois" Kantien, c’est-à-dire, la force de destruction radicale de l’autre en tant qu’autre, qui est le... et qui reconduit d’une certaine façon et à la loi et qui opère la remontée à Dieu à travers ça, au lieu de revenir donc au champ philosophique et classique. Est-ce qu’il ne faudrait peut-être pas l’aborder à partir du très beau film, qui est repassé l’autre soir, de Fritz Lang qui est "Le Maudit". Parce que dans "Le Maudit", il y a à la fin, au niveau de la séquence sur le tribunal, j’ai pris la peine du développement... dans la scène du tribunal "le Maudit" prononce ces trois mots. Les trois mots du maudit c’est : le feu, la voix, la torture.

Autrement dit, le Maudit, il est traversé par une compulsion indécidable, à tuer ces petites filles. Cette compulsion fait que la limite de l’œil est atteinte, c’est à dire que l’œil c’est l’orbite, il se révulse presque, c’est à l’intérieur de la compulsion à répétition comme compulsion du feu indécidable, parce que s’il s’y soustrait alors qu’il est rasé de culpabilité ou il est envahi d’angoisse, à ce moment-là intervient, à l’intérieur de l’événement de la compulsion, ce qu’il appelle « la voix », et la voix justement c’est le "tu dois", c’est-à-dire "tu dois tuer". Et lui, il essaye de résister, et il dit « je dois, je dois, je ne peux pas ».

Il essaye donc d’objecter la force la plus classique, c’est à dire de la volonté, et il est contrant justement, à ce moment-là, à achever ou à satisfaire sa compulsion. Autrement dit, la torture, qui intervient au niveau de la lutte entre la voix qui dit "tu dois", la force de la volonté qui veut résister à cette loi et qui est emportée par la compulsion meurtrière, est-ce que cela n’est pas dans ce "tu dois" de la voix que l’on pourrait aborder d’une façon nouvelle, la substance achronologique du temps.

-  Noël, à mon avis, c’est très intéressant, mais nous n’avons pas de raison de croire que ce soit plus nouveau qu’autre chose. Tu comprends, parce que, tout ce que tu viens de décrire à mon avis c’est un cas. C’est un cas très précis, où tu poserais la question de l’homme du mal, et je voudrais, moi, qu’on la pose du point de vue des faussaires. Car il y a toujours dans notre image quelque chose d’un faussaire aussi. Et pour moi, je pourrai traiter ça, que quand je reviendrai à...je crois, oui, non enfin je crois pas cela nous emmènerait trop loin.

Le cas suscite, en tout cas, avec sa figure, sa constellation compliquée. Je reviens à tout ce que tu veux, moi, je n’y vois que un cas de ces combinaisons entre la puissance du faux et ce que tu appelais si bien la force du temps. Un cas, mais un cas qui n’est absolument pas privilégié, tu me dis ce serait d’une manière plus nouvelle, à mon avis nouvelle rien du tout, pas plus nouvelle qu’autre chose parce que, à la limite c’est déjà dans Platon, c’est déjà dans Platon. Il y a des pages splendides dans Platon sur ce qu’il appelle « le phénomène de la dépravation par nature », qu’il oppose aux autres types de dépravation, et qui est déjà l’oeuvre du mal, et qu’est-ce qu’il est ? Qu’est-ce que c’est au juste ? Quel complexe, quelle constellation est celle du dépravé par nature ?

C’est pleinement posé par Melville, et c’est pour ça que j’ai tellement envie de vous parler de Melville. Je crois que ce que tu indiques c’est une loi très très importante, mais je crois que dans la série des puissances du faux ou des forces du temps, ça n’a pas un privilège spécial, en tout cas pour moi ça n’a pas de privilège spécial. Ça fait partie d’une, longue liste, oui... et qu’il faille que ça entre dans cette liste, mis une fois d’accord, quoi.

-  Autre chose ? Autre chose ? Y’a rien ? Alors avant tout,voilà ce que je voudrais...

J’ai donné une série de directions de travail. Maintenant je considère abruptement, donc vous n’aviez aucune raison de les comprendre. Maintenant je considère que vous pouvez comprendre leur lien. Je me rappelle plus de ce que j’ai donné. Personne n’avais pris en note là, facile, la ?

-  Oui...

-  Lui ? Ah toujours, toujours...un peu de rigidité. Voilà. J’ai une première direction de travail où je me disais si quelqu’un ou si quelques uns d’entre vous ont fait de la cristallographie

ou même dela physique,y sont particulièrement aptes, je neleurdemandequ’unechose :faire unessai commeça,pourrigoler,faireunessaidelaphilosophieducristal,commeonfaisaitauXIXèmesiècledanslaphilosophiedelanature.Alorsjeveuxpasqu’ilsmerécitentdeschoses sur le cristal etc, mais de se servir de ce qu’ils connaissent et de ce qu’ils sont aptes à comprendre en cristallographie pour essayer pour leur propre compte de donner un statut à l’idée d’image-cristalline. Puisque toute image n’est pas cristalline. Alors, là ça m’intéresserait qu’ils fassent cette espèce de transplantation. Ils se serviraient de ce qu’ils comprennent en cristallographie pour voir à partir et en fonction, au besoin en changeant la définition que j’ai d’abord proposé de l’image cristalline, cette espèce d’indiscernabilité du réel et de l’imaginaire, c’est-à-dire, de l’image réelle et de l’image virtuelle, de l’image actuelle et de l’image virtuelle ; voir si ça marche, etc.

Donc, si certains d’entre vous avaient une formation un peu physicienne, qu’ils reprennent un manuel de cristallographie et qu’ils m’aident. Ce serait très précieux. Immédiatement j’ai un appât, j’ai un appât... ha ha ! Ça, vous êtes là à pic je trouve. Alors, ça vous le verrez, je sais pas quand mais vous le verrez. Vous commencez à le faire, hein, ça ce serait, pour moi ce serait formidable. Et réfléchissez si, de toute manière il faudra que vous fassiez des notes et vous me les passiez et à ce moment-là qu’on se voie pour discuter un peu. Et ensuite on verrait comment vous faites, si vous acceptez de faire un exposé, mais il faudrait que vous acceptiez qu’on le mette au point, hein.. épatant. Vous vous appelez comment ?

-  Joani

-  Joani ? Vous veniez les autres années ou pas ?

-  Non, je suis venu, c’est la première année.

-  C’est la première année, alors vous ne savez pas, vous n’avez pas nos habitudes, forcément avec le temps on a des habitudes. Donc il faudra d’autant plus que je vous voie. Si vous le voulez bien, mardi prochain on fixera un rendez-vous pour se voir avant les vacances de noël. Epatant.

J’arrive, deuxième direction, alors des directions, plus, auteur. J’aurai voulu, moi, que certains d’entre vous en profitent pour faire une relecture d’ensemble de Melville. De Herman Melville, le romancier. Le romancier américain. Est-ce qu’il y en a qui s’intéressent à Melville particulièrement, qui le connaissent déjà, qui sont prêts à refaire une lecture d’ensemble, à essayer de mettre en ordre, même pour un travail à écriture...

(Intervention du public inaudible),

(rire)..Le grand escroc c’est le problème... A première vue il n’y a pas ici d’étudiants qui s’intéressent beaucoup à la littérature anglaise. Je suis sûr qu’il y en a un mais quel est son nom déjà ?... Quoi ?

(Intervention du public inaudible)

-  Mais si Melville vous passionne...

-  Mais je ne m’y connais pas !(rires)

-  Je ne vous demanderais jamais de tout lire, mais alors évidemment c’est, alors vous ce serait plutôt, mon souhait serait de vous donner envie de le lire, mais je peux pas là vous demander de faire déjà un travail sur... Qui est-ce ici ce qui a lu Melville ?

(réponses inaudibles)

-  Ah oui, tout, ben non ils veulent pas, je suis sûr qu’il y en a plein mais ils veulent pas... Par exemple, lui il a lu Melville... Je le sens, là, le grand blond...Je le sens, l’intuition, hein... Ah oui, tu vois, il fait semblant de rien voir. (rires) (intervention inaudible)

Aah... Et je voulais qu’il mente. Et je voulais qu’il mente et il me dit "Je n’ai pas lu Melville". Il dit "moi, je n’ai jamais lu Melville".(rires)

-  Oui, vous ! (question incompréhensible)

G.Deleuze :
-  Hein ? Ah c’est son préféré, évidemment, il a déjà un préféré. Comment ? "Bartleby", oui, évidemment, "Bartleby", c’est tellement beau. On peut se dire, ça a cinquante pages, même pas, quarante pages, c’est une nouvelle, hein. Tous ici, euh, ceux qui l’ont pas fait, vous devez lire "Bartleby" qui se trouve facilement, hein. C’est une nouvelle, qui à mon avis est-ce que c’est pas traduit dans ( ???)... (intervention inaudible) Non non, je vous jure que non. Bon, "Bartleby" vous pourriez à la rigueur, euh, oui, j’en aurais besoin d’ailleurs très vite de "Bartleby". Enfin Melville, je vois, il y a pas beaucoup...

Je voulais régler un compte, alors dans le domaine du cinéma. Il y a une troisième direction là, je voudrais que vous en notiez parce qu’il y a un petit point qui m’agace, mais très gentiment, et que je sens traîner entre Comtesse et moi depuis près de deux ans. Où, non non c’est moi, sinon cet autre moi, moi qui affirme que Welles, Resnais, et y compris ( ???) sont fondamentalement dans le cinéma du temps et ont inventé l’image-temps. Et, Comtesse, qui suggère que, certes, beaucoup de gens croient de par les choses, ça signifie clairement, c’est une idée aussi qui traîne. Mais qui suggère d’une manière plus intéressante que pour lui c’est pas ça du tout. Et qui est prêt à invoquer, on avait commencé un peu sur ce point déjà il y a deux ans, il me semble. Qui est prêt à invoquer les textes très formels de ( ???), mais comme moi, j’ai aussi à en invoquer, et que les textes sont souvent très divers, que j’ai mes raisons de même que lui a les siennes, je voudrais que certains d’entre vous se penchent sur ce problème de l’image-temps sur Welles, chez Resnais, ou par rapport à l’image-temps, etc. Il y a tout un groupe de cinéma, là. Ça, je ne l’amène pas parce que tout ceux, je crois qu’il n’y en a pas beaucoup qui font des études cinématographiques, moi j’attendrais ça d’eux, qu’ils s’intéressent à leur souvenir et à leur compréhension actuelle de ce groupe de cinéastes.

Troisième direction, voyez que maintenant ils deviennent beaucoup plus clairs, leurs liens. C’est Nietzsche et une relecture qui comprend "Le Gai Savoir", j’ai déjà indiqué quatre textes, "Le Crépuscule des Idoles", et évidemment "Zarathoustra", surtout le dernier livre, puisque le dernier livre c’est le défilé des hommes dits supérieurs, et que les hommes dits supérieurs représentent chacun une puissance du faux. Ce défilé particulièrement hypocrite et sournois de toutes les puissances du faux qui vont être dominées, maîtrisées, et transformées par Zarathoustra en quelque chose de l’être. Donc c’est une espèce d’opéra étonnant, là, l’opéra très moderne où chacun y va de sa chanson. Et tous ont les apparences de la puissance du faux, par exemple de la plainte de l’enfant en pleurs, un masque de jeune fille pour chanter la place d’Ariana, et derrière, l’espèce de vieillard, enfin dans tout ça, il y a un tout un jeu de puissance du faux auprès des sens. Donc, je m’intéressai beaucoup plus à une relecture de Nietzsche que certains d’entre vous.

Chez les plus sérieux philosophiquement, je compte vivement sur une relecture de Platon. Et là au besoin, la dernière fois, je voulais dire une lecture centrée sur Protagoras, Gorgias et Hippias, trois dialogues de Platon qui ont pour nom : des sophistes. C’est même ça qui m’intéresse, ce sont des sophistes. Plus deux grands dialogues de Platon, "Le Sophiste" et "Le Politique". Plus le livre de ( ???), dont on vient de me dire qu’il avait été réédité, donc il se trouve facilement, qui est un livre sur les sophistes où il s’efforce de distinguer le point de vue de Protagoras, celui d’Hippias et celui de Gorgias. Donc là, ça fait une autre série.

Enfin, pour ceux qui ont une formation un peu logique, je souhaite vivement que vous vous relanciez à l’ordre, des logiques formelles, des logiques modernes. Ca m’intéresserait énormément que vous repreniez et la vous voyez que tout est lié, que nos directions sont quand même cohérentes. Que vous vous relanciez dans un chapitre de logique trop méconnu, presque, à mon avis passionnant, qui est la théorie des descriptions qui a pris encore une fois une place très importante dans la logique moderne à partir de Russell. La théorie de description, j’ai pas besoin de dire pourquoi, pourquoi ça m’intéresse, et enchaînez avec la théorie ou les théories de la narration aujourd’hui, qui font plutôt partie non pas de la logique, mais de la critique littéraire. Par exemple, théorie de la narration, ou du récit, tel que l’élabore aujourd’hui Gérard Genette. Mais pour un groupe sur les théories de la narra.., l’état description-narration. Ça, ça m’intéresserait beaucoup, surtout si il s’appuyait encore une fois sur une connaissance, sur connaissance des logiques formelles. Et en tenant compte de Russell, et des extraordinaires conceptions de la description, qu’il y a chez les logiciens.

Voilà, c’étaient toutes les directions, alors, il y en a déjà parmi d’entre vous, j’ai vu, et s’il y en a d’autres pour d’autres, là, vous en voyez, vous en voyez en plus. ... (question et réponse incompréhensibles)

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La voix de Gilles Deleuze en ligne
L’association Siècle Deleuzien


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