Présentation
du Mali : développement économique
Le Mali est un grand pays de par sa superficie
qui fait 1 241 248 km² essentiellement désertiques.
Il s'agit un pays sahélien, situé en Afrique de
l'ouest. Le Mali est un pays continental ayant de frontières
communes avec l'Algérie au Nord, le Niger au l'Est,
le Burkina au Sud-est, la Côté d'Ivoire et la Guinée
Conakry au Sud, la Mauritanie et le Sénégal à l'Ouest.
Le
Mali compte, selon le dernier recensement de la population et de l'habitat
de 1998 actualisée s'élevait à 12,3 millions
habitants en 2006 (RGPH 1998 : perspective de la population du
Mali). Les femmes représentent environ 51% de la population totale
du Mali. Selon le même recensement, le taux d'accroissement
y est de 2.9 : avec une densité moyenne de 7,7 habitants
au Km2, et l'espérance de vie à la naissance est
de 62 ans.
En
2002, le PIB par tête était de $313 US. La part de la santé
dans le budget d'Etat a évolué de 8,1 % en 1995
à 10,01 % en 2004 (Annuaire statistique, juillet 2005). L'économie
est essentiellement agricole. Le coton et le bétail constituent
les principaux produits d'exportation. Les ressources tirées
de l'exploitation de l'or et les revenus rapatriés
des émigrés sont d'un apport non négligeable.
Selon l'indice de
développement humain de l'année 2006 du PNUD, le
Mali se classe au 175ème rang sur 177 pays. IL bénéficie
de la remise de la dette accordée aux Pays Pauvres Très
Endettés (PPTE) par le Fonds Monétaire International (FMI)
Au
plan administratif, le Mali est composé des régions :
Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal
et le district de Bamako : la capitale. Il compte 49 cercles (équivalent
de préfecture) et 6 communes du district de Bamako
Par
rapport à la décentralisation,
le Mali peut être considéré comme l'un des
premiers pays africains a opté pour la décentralisation.
Selon l'article 41
de la constitution du 22 septembre 1960 :
«
Les collectivités territoriales de la République sont :
les régions, les cercles, les arrondissements, les tributs, les
communes, les villages et les fractions nomades... Ces collectivités
s'administrent librement par des conseils élus et dans
les conditions prévues par la loi ». Chaque région
est administrativement dirigée par un Gouverneur nommé.
A la tête de chaque, cercle se trouve un Préfet nommé,
l'ex arrondissement est administré par un sous Préfet
nommé. Les villages et les fractions nomades sont administrativement
dirigés par les chefs de village élus par les habitants
de leur localité et chargés par l'Etat à
assurer l'ordre public.
Toutefois,
c'est à partir de 1996 que la décentralisation se
concrétisait à travers la loi N°96-059 du 04 novembre
1996 portant création des 682 communes au Mali. Actuellement,
le Mali compte 703 communes. Les Régions sont dirigées
des présidents des Assemblée régionales élus
par les conseils de cercles, les cercles sont gérés par
les présidents de conseils de cercles élus par leurs paires,
et à la tête de chaque commune, on trouve un maire élu
par le conseil communal. Chaque collectivité territoriale du
Mali dispose de la personnalité morale.
La loi n°94-059 relative aux communes
en République du Mali et le décret N°02-314/P-RM du
04 juin 2002 ont précisé que les Autorités communales
sont responsables de la santé des populations de leur territoire.
Les maires peuvent confier cette responsabilité aux associations
de santé communautaires (ASACO) dont ils doivent subventionner
ou prendre en charge le paiement des salaires de certains agents de
santé en service dans les centres de santé communautaires
(CSCOM). Cependant disait en substance
l'une de nos enquêtées, tant que les ressources humaines
et matérielles ne seront pas transférées aux collectivités,
l'impact du décret N°02-314/PRM du 4 juin 2002 ne serait
pas visible.
SYSTEMES ET POLITIQUE DE SANTÉ MALIEN
:
Processus
historique de
la participation communautaire
De
son accession à l'indépendance en 1960 à
nos jours, le Mali a connu plusieurs réorientations de sa politique
et systèmes de santé. Nous y pouvons distinguer les phases
évolutives suivantes :
I-
Phase de « la construction nationale » :
1960-1976
En
1960, le Mali accédait son indépendance dans un état
sanitaire déplorable. En 1956, le Soudan comptait 1 médecin
pour 100.000 habitants ; 557 infirmiers du premier du cycle pour
tout le pays ; 90 infirmiers de 2 cycle pour plus de 3 millions
d'habitants et un taux de mortalité infantile de 150/ 1000
[1]
Au lendemain de l'indépendance,
les formations sanitaires étaient composées de :
2 hôpitaux ; 19 centres médicaux de cercle ;
16 postes médicaux de subdivision et 122 dispensaires ruraux.
[1]
Pour
relever le défi disaient en substance les nouvelles autorités
du Mali indépendant, ont posé plusieurs actes dans le
domaine de la santé :
-1960 :
Création des régions et Assemblées par la loi N°60-005/AL-RS
du 7 juin 1960 portant création des régions et Assemblées
régionales ;
-Selon
l'article 41 de la constitution du 22 septembre 1960, «
les collectivités territoriales de la République sont :
les régions, les cercles, les arrondissements, les tributs, les
communes, les villages et les fractions nomades... Ces collectivités
s'administrent librement par des conseils élus et dans
les conditions prévues par la
loi » ;
-création
en 1960 d'un Ministère de la santé et des affaires
sociales ;
-création
par l'ordonnance N°18/PG-RM du 5 octobre 1960 de la Pharmacie
Populaire du Mali (PPM) chargée
de l'importation et la vente des médicaments sur toute
l'étendue du territoire national au même prix ;
-création
en 1962 de « l'école » des infirmiers
du premier cycle chargée de former des infirmiers de santé
publique, santé maternelle et infantile et laboratoire et pharmacie ;
-création
en 1963 de l'école secondaire de la santé chargée
de former des infirmiers d'Etat, des techniciens supérieurs,
des pharmaciens etc. ;
-organisation
en août/septembre 1964 à Bamako du premier séminaire
national de la santé et des affaires sociales ;
-élaboration
en 1964-1965 du premier Plan décennal de développement
sanitaire et des Affaires sociales (1966-1976) ;
-Démarrage
du premier Plan décennal de développement sanitaire et
des Affaires
Sociales
(1966-1976) ;
-création par la loi N°68-26/DL-PG RM du 13 juin 1968 de
l'Ecole Nationale de Médecine et de Pharmacie (ENMP) et
de « la pharmacopée traditionnelle » chargée
entre autre d'améliorer l'état de santé
des populations et valoriser les connaissances
(1)
Ministère de la santé publique et des Affaires :
1er Séminaire National des travailleurs de la Santé et
des affaires Sociales, août/septembre
1964
2
-sur
le plan financier, en 1965 le budget du service de santé du Mali
s'élevait à 270.951.000 F contre 1.354.905.000 F
en 1963. Et durant la période du premier plan quinquennal (1961-1965)
la part de la santé dans le budget national était de 14,25%
contre 5,3% pour l'enseignement et 16,75% en ce que concernant
l'agriculture [2]
;
Par
rapport à l'extension de la couverture, le nombre de dispensaires
ruraux qui était de 122 au lendemain de l'indépendance
s'élevait à 250 en 1964, soit une hausse de plus
de 100%. Durant la même période, le nombre des centres
médicaux de cercle passait de 19 à 39 [1]
Même
si à son accession à l'indépendance, le Mali
n'a suffisamment pas bénéficié de personnel
de santé et de formations sanitaires, il a hérité
de son colonisateur un système de santé qu'il améliore
depuis lors. Ce système colonial peut se résumer ainsi :
1)
prévention des maladies à travers la vaccination de masse
par des équipes mobiles;
2)
participation des populations à la prise en charge de leurs dépenses
de santé à travers notamment :
-la
construction des formations sanitaires et celle des logements des agents
de santé sous les différentes formes de travail force
;
-la
prise en charge de membres de l'équipe mobile (transport
à cheval, logement, nourriture etc.) ;
-offre
obligatoire des accoucheuses traditionnelles parmi les femmes âgées
qui pratiquaient déjà empiriquement dans leur village
l'accouchement ;
-prise
en charge des « futures » matrones pendant leur
stage pratique de formation de 6 mois dans une maternité du chef-lieu
de cercle/de la subdivision ;
-la
gratification des accoucheuses traditionnelles « recyclées » :
rentrées au village, après l'amélioration
de leurs connaissances. Après sa formation, soulignait Aoua Keita
(la première sage–femme du Soudan et la première
femme député du Mali), l'accoucheuse traditionnelle
percevait de :
a)
l'administration « une prime de 20 F par enfant né
vivant et bien portant » ;
b)
parents de chaque enfant « des savons, vêtements portés
par la mère lors de l'accouchement, viande lors du baptême »
[3] ;
C'est
dans ce contexte que le Mali accédait à l'indépendance.
Dans le cadre de leur politique de « construction nationale » :
-le
Ministère de la santé a crée des comités
de coordination au niveau des formations sanitaires. Chaque comité
de coordination regroupait des représentants du syndicat, les
chefs des services de santé et des responsables politiques. Parmi
les objectifs de ces comités, il conviendrait de citer :
l'implication, l'information et la sensibilisation des populations
dans le domaine du développement de la médecine de masse.
-Le
premier Plan décennal de développement sanitaire et social
(1966-1976) du Mali prévoyait entre autres :
1)
création dans chaque village d'une infirmerie ;
2)
formation des unités mobiles ;
3) extension, amélioration de
la capacité et modernisation des hôpitaux et centres médicaux avec
notamment création d'au moins 1 dispensaire au niveau de
chaque chef-lieu d'arrondissement et dans tout village (toute
ville selon lune des définitions de la ville au Mali) d'au
moins 5000 habitants ;
2 :
Cheick Oumar D. Le Mali de Modibo Keita, Paris, éd. L'Harmattan,
1986
3
Aoua K : Aoua Keita la vie d'Aoua Keita racontée par
elle-même, Paris, éd. Présence Africaine, 1975
3
4)
éradication des endémies majeures ;
5)
on note surtout, la création d' « une zone
de solidarité ». Il s'agissait d'une entité
économique et d'encadrement rural regroupant environ 6
villages. La zone de solidarité (secteur de base ou encore aire
de santé comme on l'appellera plus tard) devait abriter
au moins un dispensaire généralement construit en banco
par les populations bénéficiaires. Le personnel du centre
devait être composé des :
a)
1 auxiliaire de santé (aide soignant) : responsable de
l'infirmerie qui devait être choisi par les conseils de
villages de la zone de santé et formé « lors
d'un stage au centre de santé du cercle ;
b)
1 matrone : responsable de la maternité ou dispensaire/maternité,
elle devait être issue du milieu et choisie par les notables de
la zone de santé.
Les
Responsables Maliens du début des années 1960 ont obtenu
l'adhésion de la population. Lors du premier séminaire
des travailleurs de la santé et des Affaires Sociales, les autorités
sanitaires déclaraient : «
Certes, nous n'avons pas pu canaliser, contrôler en son
temps l'enthousiasme du peuple, qui ont érigé ça
et là, des centres de santé ruraux (non planifiés),
nous nous efforçons et nous efforcerons de les mettre en activités »
[1]
Le
cas de « l'opération maternité
rurale » des régions des Sikasso et Koulikoro, constituerait
l'un des exemples concrets de cette situation :
-Région
de Sikasso, le mariage dans
un village du cercle de Bougouni (Dogo : futur chef –lieu
d'arrondissement) en 1964 d'une ancienne fille de salle
a permis la mise en place dans la localité d'une boîte
à pharmacie : alcool, mercurochrome, nivaquine, aspirine,
bande et compresses. Cette initiative à la fois personnelle et
communautaire a conduit aux autorités sanitaires, administratives,
politiques et communautaires à l'installation d'un
point de vente des médicaments. Un bénéfice de
15% réalisé sur la vente des produits médicaux
permit de payer la jeune femme. Puis, l'expérience a abouti
à la création d'une maternité rurale et fut
introduite dans d'autres villages du cercle de Bougouni. [4]
-En
1970, Le Gouverneur de la région de l'époque a demandé
par une lettre circulaire adressée à tous les commandants
de cercles d'encourager la création des maternités
rurales. Les Autorités administratives et sanitaires ont défini
les critères et les conditions du recrutement des matrones ;
le type de locaux et d'équipements :
-
la future matrone devait être ancienne élève sachant
lire et écrire le français et choisie par les autorités
villageoises. A la fin de sa formation, elle devait être rémunérées
à partir des bénéfices réalisés sur
la vente des médicaments commercialisés ;
-Quant
à la maternité, elle devait être construite et équipée
sommairement (lits, tables, chaises, matelas et draps) soit par les
populations bénéficiaires, soit par des organisations
de développement.
De
1970 à 1975, la région de Sikasso a formé 342 matrones
rurales et construit et équipé 120maternites rurales.
Le taux de couverture des accouchements assistés par un personnel
formé se situait à 36% dans la région.
-------------------------------------------------------
1
Ministère de la santé publique et des Affaires :
1er Séminaire National des travailleurs de la Santé et
des affaires Sociales, août/septembre
1964
4
J.A. Jessen : La « SHWOCWO la femme qui prend
la grossesse ». Etude des Accoucheuses Traditionnelles SENUFO
dans les systèmes de santé au Mali. Thèse de Doctorat
d'anthropologie (nouveau régime), Université
de Provence Aix Marseille 1, janvier 1992
4
-Région
de Koulikoro : avec l'affectation
au cours de l'année 1970 de l'ancien gouverneur de
Sikasso : l'initiateur de l'opération maternité
rurale, dans celle de Koulikoro, l'expérience sikassoise
fut améliorée et introduite en deuxième région.
Ce, par la création au niveau de la zone de solidarité
d'un dispensaire plus une maternité
(Les
deux locaux furent appelés dispensaire/maternité), des
centres de formation des matrones et des aides soignants ont été
crées à Oueléssebougou, à Koulikoro, Nara
et à Kolokani. Dans la région de Koulikoro, également,
le profil et les critères de sélection de chaque catégorie
d'agents ainsi que le type d'activités à exercer
ont été bien précisés dès le départ.
L'aide soignant comme la matrone devait être choisi (dans
la mesure du possible) parmi les jeunes sachant lire et écrire
le français. Chacun de deux agents devait suivre une formation
pendant 6 mois dans l'un des centres construits à cet effet
par les autorités administratives/sanitaires et les populations
bénéficiaires.
Après
sa formation, le nouvel agent de santé pouvait être recruté
comme conventionnaire et rémunéré soit par les
associations de parents d'élèves, soit par le budget
régional/cercle, soit encore par les fédérations
des groupements ruraux (F.G.R) : sorte de coopératives chargés
d'acheter et vendre des produits de premières nécessités
(pétrole, sel, sucre etc.) ;
Quant
à la population bénéficiaire, elle construisait
sous forme d'investissement humain, le dispensaire/maternité
et un logement pour chacun de deux agents de santé. Chaque imposable
du cercle devait payer 100 FM ajoutés à l'impôt
en vue de financer la santé. Puis lors de chaque épisode,
le malade ou ses parents devait acheter un ticket de consultation à
100 FM et acheter les médicaments prescrits.
Bilan
1960-1976 :
Au
niveau régional et local, de 1970 à 1975, la région
de Sikasso a formé 342 matrones rurales, construit et équipé
120 maternités rurales. Le taux de couverture des accouchements
assistés par un personnel formé se situait à 36%
dans la région. Entre 1970-1975, dans la région de Koulikoro,
chaque centre de formation formait annuellement de 100 à150 matrones
et de 50 à 60 aides –soignants [5]
;
Concernant
le Mali, Dès 1960 à 1976, des résultats appréciables
et appréciés ont été obtenus : 250
dispensaires ruraux en 1964 contre 122 en 1960. Le nombre de centres
de cercle qui était de 19 en 1960 s'élevait à
39 en 1964.
dans
son livre « Le Mali que sais je ? » [6]
Philippe Decraene a cité les estimations suivantes pour l'année
1970, 1 médecin pour 37.570 habitants (contre 1 pour 100.000
habitants au moment de l'indépendance) ; 1 sage-femme
pour 3.250 et 1 infirmier pour 4.000 habitants.
Toutefois,
les efforts de l'Etat comme ceux des communautés n'ont
pas donnés tous les résultats escomptés. Les difficultés
politico-économiques (y compris la sécheresse des années
1973-1974) du pays ont entraîné des changements significatifs :
-1967 :
Dévaluation du Franc malien de 50% de sa valeur avec liquidation
prévisionnelle des sociétés et entreprises d'Etat
-1968 :
Coup d'Etat militaire du 19 novembre 1968 a entraîné l'arrestation
des Responsables politiques qui avaient comme slogan : «
tout pour le peuple et tout par le peuple » et l'abandon
partiel de l'option socialiste du début des années 1960.
Ainsi, la part de la santé dans le budget national fut passée
de 14,25% en 1965 à 8,50%
en 1968 et 6,70 %
en 1976; []
Le 20 juillet 1976, une lettre circulaire du Directeur Général
de la Pharmacie Populaire du Mali (PPM) a autorisé les organisations
coopératives : « fédération des
groupements ruraux » (FGR) : chargés d'acheter et
vendre des produits de premières nécessités :
pétrole, sel, sucre etc., à commercialiser des produits
pharmaceutiques aux populations.
Dans
le secteur communautaire, au niveau de la région de Koulikoro,
selon Pr. Joseph Brunet Jailly, l'opération n'a généralement
pas dépassée de l'étape de projet. Parmi,
le personnel de santé conventionnaires, certains n'ont
jamais perçu de salaire, d'autres en ont reçu que
pendant quelques mois. Conséquence logique disait en substance,
le Pr. J.B.Jailly : « quand on ne paye pas des salariés,
ils se font payer eux-mêmes » (« Etude
de cas sur le fonctionnement du système de santé au Mali».
INRSP, Bamako, janvier, 1989), en vendant les médicaments, les
actes médicaux et en transformant les dispensaires/maternités
communautaires en cliniques Privées.
Bref,
les systèmes et la politique
de santé du Mali au cours de cette période de 1960-1976
était guidée par l'option politique de l'époque :
le socialisme. Elle a prôné la
gratuité de soins de
santé conventionnelle
pour tous, y compris les médicaments. Le plan décennal
de développement 1966-1976 a permis de doter le pays d'un
embryon de services nationaux de santé.
II-
1977-1989 la phase expérimentale
La
période 1977-1989 fut l'un des moments cruciaux de la politique
sanitaire malienne :
-en
1977, l'Ordonnance N°77-44/ CMLN du 12 juillet 1977 portant
réorganisation territoriale et administrative de la République
du Mali a abouti à la création du « secteur
de base » ;
-en
1988, le Mali s'engageait à appliquer les recommandations
de la conférence internationale d'Alma Ata relatives aux
soins de santé primaires et adhérait à « l'initiative
de Bamako ». Cette initiative avait comme principal objectif
de « revitaliser le système de soins de santé
du secteur public en renforçant la gestion au niveau du district
en drainant une partie des ressources que la population elle-même
consacre à la santé » (Rapport UNICEF 1992);
-Détérioration
des résultats macroéconomiques et sectoriels amorcée
en Afrique dans les années 1970 s'est transformée
au début des années 1980 en crise économique. Devant
l'incapacité des Etats africains à assurer les services
sociaux minimums à leur population et sous la pression des FMI
et Banque Mondiale, 32 des 45 pays d'Afrique subsaharienne (dont
le Mali) se sont lancés dans des programmes d'ajustement
structurel d'envergure avec le FMI et la Banque Mondiale :
instauration de concours d'entrer à la fonction publique ;
privatisions ; adoption d'un programme des départs
« volontaire » de la fonction publique ;
réintégration totale du Mali en 1984 dans l'union
monétaire ouest africaine qui a encore entraîné
la dévaluation du franc malien des 50% ; désengagement
partiel de l'Etat des secteurs « improductifs » :
l'éducation et la santé etc. ;
-Au
niveau politique interne,
en mars 1979, l' « Union Démocratique du
Peuple Malien : parti unique crée par la junte militaire
au pouvoir depuis 1968, a tenu son congrès constitutif à
Bamako. Ce parti préconisait la participation « consciente »
des populations organisées au sein des groupements de solidarité : «
Tons et associations villageoises » (crées par la
loi N°88-62/AN-RM du 1O juin 1988 régissant le mouvement
coopératif en République du Mali) comme l'un des
moyens de développement du Mali. IL définissait la place
et le rôle du parti, de l'administration et des services
techniques de l'Etat dans l'encadrement des organisations
paysannes dans le développement global du pays. Ces différentes
structures ainsi que l'union nationale des femmes du Mali, les
ONG, les jumelages coopérations ; les bailleurs de fonds
bilatéraux et multilatéraux ont joué un rôle
déterminant dans la politique sanitaire du « parti
et du gouvernement » ;
-Sur
le plan sanitaire
Le deuxième
plan du développement décennal qui devrait prendre fin
en 1990 a été élaboré en 1982 avec l'appui
technique d'OMVS
Dans
le cadre de sa reforme du système et politique de santé,
le gouvernement malien a posé de nombreuses actes :
a)
Recherche et Formation en Santé
Au
niveau de la formation et de la recherche, les Autorités Maliennes
ont crée par :
-la
loi N°81-17 du 13 mars 1981, l'Institut National de Recherche
en santé publique (I.N.R.SP.). Parmi les missions assignées
à cette institution de recherche, on retiendrait : i) promotion
de la recherche médicale appliquée en santé publique ;
ii) la formation technique, le perfectionnement et la spécialisation
des cadres travaillant dans le domaine de la santé ;
-la
loi N°62-74(modifiée par l'ordonnance N°84-12/PRM
du 5 mai 1984), l'école des infirmiers du premier cycle.
Elle devait former en 3 ans, des techniciens et des techniciennes dans
les options de la santé publique, de santé maternelle
et infantile et de laboratoire et de pharmacie. Parmi les objectifs
de cette école, on retiendrait, l'administration des soins
des infirmiers, la gestion des problèmes de santé des
collectivités.
b)
Organisation du Système de Soins
-1980,
publication de la première liste de médicaments essentiels
comportant 240 produits pharmaceutiques et le décret N°85/PG-RM
du mai 1984 a établi une liste de médicaments et réactifs
essentiels à usage de la médecine humaine ;
-
1980, création de la Direction Nationale de la Santé Publique
et des Affaires sociales par la loi n° 80 –15 / AN –
RM du 26 mai 1980 ;
-1981,
l'arrête N°81-138/MSP-AS-CAF du 13 avril 1981 portant
l'organisation de conseil de gestion des centres de santé
fut publié ;
-L'arrêté
N°81-2556/MSP/AS-CAB du 22 juin 1981 a institué « le
Comité Régional d'Orientation, de Coordination et
d'Evaluation » (CROPCEPS). Cet arrête a précisé
qu'au sein du Comité, les populations sont représentées
par leurs députés et responsables locaux des femmes et
jeunes de l'UDPM ;
-1983,
le décret N° 242/PG-RM du 19 septembre 1983 « a
édité une tarification des actes des hôpitaux et
a laissé aux conseils de gestion des centres, la responsabilité
de fixer eux-aussi, des tarifs, qui tout simplement ne devaient pas
dépasser ceux des hôpitaux ». Ces tarifs qui
devaient couvrir les frais de fonctionnement courant des formations
sanitaires, voire les frais du logement des médecins-chefs entraient
en vigueur dans les régions des Tombouctou, Gao et Kayes en 1985,
Mopti en 1986, Koulikoro en 1988 et en 1989 dans l'ensemble du
Mali.
-En
1991, Le Pr. Joseph Brunet Jailly écrivait ceci dans un document
intitulé : « L'Initiative de Bamako
pouvait-elle être réalisée au Mali ? »
Car disait il en substance : « ce
sont donc les familles qui supportaient d'ores et déjà,
en 1986, les trois quarts des dépenses de santé »[9].
Et en 1988, le Mali adhérait à « l'initiative
Bamako » qui avait pour but de « revitaliser le
système de soins de santé du secteur public en renforçant
la gestion au niveau du district en drainant une partie des ressources
que la population elle-même consacre à la santé
(Rapport l'UNICEF, 1992)
-1985,
adoption de la loi N°85-AN.RM du 22/06/1985 relative à une
reforme pharmaceutique axée sur l'utilisation des médicaments
essentiels et de la privatisation de l'importation et de la distribution
des produits pharmaceutiques ;
-1985-1986 :
privatisation du secteur de santé avec fixation des tarifs de
consultations par l'arrêté interministériel
n°3344/MFC- MSPAS du 15 décembre 1986 ;
En
novembre1978, s'est tenu à Mopti, le deuxième Séminaire
National de la santé publique et des Affaires Sociales. Tout
en reprenant des actions prévues et non réalisées
dans /par le Plan Sanitaire 1966-1976, le séminaire de 1978 donnait
la configuration des services socio-sanitaires. Il précisait
les coûts de construction des centres de santé de base
et leur personnel :
-au
niveau village, le séminaire adoptait le principe de l'équipe
de santé composée des accoucheuses traditionnelles choisies
par la localité et recyclées pendant 15 jours au niveau
du centre de santé d'arrondissement ; des hygiéniste-secouristes
(dit agent de santé villageois :ASV) désignés
par les populations et formés par le centre de santé d'arrondissement ;
une animatrice choisie par la communauté et formée durant
7 jours au centre de santé le plus proche et des tradipraticiens
exerçant dans le village. Après leur formation, ce personnel
du premier niveau de la pyramide sanitaire devait s'occuper des :
1)
l'accoucheuse traditionnelle recyclée (ATR) : surveillance
de grossesses, accouchements normaux, soins des bébés
et références des femmes en état de grosses à
risque vers la matrone rurale ;
2)
L'hygiéniste-secouriste : commercialisation des nivaquines
et aspirines, traitement des plaies, assainissement du village avec
les autres membres du comité de santé et de la communauté ;
3)
L'animatrice est chargée de l'information et la sensibilisation ;
4)
Les tradipraticiens devaient coopérer avec l'équipe
de santé conventionnelle.
Les
activités du comité de santé devaient être
bénévolement réalisées. Toutefois, les membres
techniques du comité de santé (ATR et ASV) pouvaient recevoir
des gratifications des usagers de leur service. Quant aux médicaments,
ils devaient être vendus.
Les
coûts initiaux de formation, installation et équipement
de l'équipe de santé villageois furent évalué
ainsi :
-formation
(ATR et ASV)... ... ... ... ... ... ... ... ... ..17.200
francs maliens
-équipement
(trousses ATR et ASV)... ... ... ... ..10.000 francs
maliens
-stock
initial de médicaments (ATR et ASV)... ..50.000 francs maliens
TOTAL ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... .77.200
francs maliens
9
JB. Jailly : « l'Initiative de Bamako pouvait-elle
être réalisée au Mali ? »I.N.R.S.P,
Bamako,1991, p3
Pour
mettre en œuvre le système de case de santé, le Ministère
de la santé a sollicité et obtenu auprès de l'USAID
le financement d'un projet pilote intitulé : « Projet
de Santé Rurale » dans 54 villages du cercle de Koro :
région de Mopti. Cette opération qui a démarrée
en juin 1978, visait selon ses promoteurs à « démontrer
la possibilité d'organiser à l'échelle nationale
d'un programme des soins de Santé Primaires (SSP) peu coûteux
et en mettant l'accent sur les activités de préventions
et de promotion »[]
De
juin 1978 à juin 1985, le projet a formé, équipé
et installé 200 agents de santé villageois (ATR et hygiénistes)
dans 54 villages de 7 arrondissements qui composaient le cercle de Koro.
Concernant la zone de solidarité,
elle fut baptisée « Secteur de Base » :
échelon intermédiaire entre l'arrondissement et
le village (la future commune). Il devait regrouper de 6 à 10
villages qui abritent entre 8000 et 10.000 habitants. Le chef-lieu du
secteur de base devait abriter les services suivants : 1 dispensaire-maternité
rurale ; 1 école et 1 centre d'Etat civil.
Le personnel technique de la formation
sanitaire se composait des : une matrone et un aide soignant choisis
par la population parmi les anciens élèves sachant encore
lire et écrire le français. (Du fait cependant de l'insuffisance,
voire l'absence de cette catégorie d'anciens élèves
dans beaucoup de secteurs, les autorités sanitaires en collaboration
avec l'administration faisait recours aux ressources humaines
extérieures).
La durant de formation de chacun de deux
futurs agents de santé est de 6 mois et elle s'effectuait
dans le centre de santé du cercle. Après leur formation,
l'aide soignant effectuait en généralement les activités
confiées à un infirmier et la matrone s'occupait
souvent des tâches réalisées par une infirmière
-obstétricienne.
Les frais de formation du personnel,
de construction et d'équipement de dispensaire-maternité
de secteur de base ont été évalués par les
autorités en millier de franc malien :
Construction
-dispensaire rural... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ..3
à 4 MFM
-maternité rurale ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
5 à 6 MFM
Equipement du personnel... ... ... ... ... ... ... ... ... ..1,6
MFM
Formation initiale... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... 0,25
MFM
Stock initial de médicaments... ... ... ... ... ... ...
0,5 MFM
Total ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... 14,85
à 16,85 Millier de franc malien
Les charges relatives à la construction,
à l'équipement et au fonctionnement de cette formation
sanitaire devaient être assumées par les populations sur
la base de cotisations et /ou à partir de bénéfices
résultant de la vente de médicaments. Dans la pratique :
-la construction était assurée
par les populations sous forme d'investissement humain ;
-les comités locaux de développement (
CLD), les bailleurs de fonds, les ONG, les associations des parents
d'élèves, les tons et associations villageoises,
les sections locales des femmes membres de l'UDPM, les ressortissants
de la zone vivant à Bamako et/ou l'extérieur du
pays etc. prenaient en charge les frais des matériaux de construction :
tôles, portes, fenêtres, ciment, voire salaires de maçons,
stocks initiaux de médicaments et de la formation initiale. La
gestion de centres de santé fut assurée par les conseils
locaux de développement regroupant les autorités administratives,
politiques, et les services techniques de cercles et des régions.
Au niveau des cercles, les conseils étaient dirigés par
les commandants et par les gouverneurs au niveau régional.
Au cours de la phase 1977-1988, plusieurs
projets expérimentaux de santé ont été mise
en œuvré par des bailleurs de fonds dans les différentes
régions du Mali :
i) Entre 1984 et 1988, grâce à
un prêt important (plus d'un milliard de pour la formation)
de la Banque Mondiale, les Autorités Maliennes expérimentaient
dans 3 cercles (Kita, Bafoulabe et Keniéba) de la région
de Kayes un projet dénommé « KBK »
de santé basé sur entre autres :
-le recouvrement de coûts ;
-la formation des agents de santé ;
-la revitalisation des centres de santé
d'arrondissements ;
-la création des formations sanitaires
sur des critères populations.
ii) De son côte, le Fonds Européen
de Développement (FED) soutenait un projet de soins de santé
primaires (agents de santé villageois) dans les cercles de Nioro
et Diéma en première région ;
iii) Quant à l'UNICEF, elle
« aidait » les différentes Directions régionales
de santé des Koulikoro, Mopti et Kayes surtout dans le
domaine la mise place des dépôts répartiteurs de
médicaments essentiels dans les régions et cercles ;
iv) La coopération allemande (GTZ)
appuyait (à partir de janvier 1988) les services de santé
du cercle de Bandiagara : région de Mopti, à travers
un projet de soins de soins de santé préventifs, curatifs
et à la mise en place d'un système de recouvrement
de coût ;
v) La coopération Hollandaise
s'occupait depuis 1984 d'un projet des soins de santé
primaires dans deux cercles de la région de Ségou :
Niono, puis Macina et travers des volontaires SNV dans les cercles des
Dioîla et Kangaba dans la région de Koulikoro ;
vi) L'USAID intervenait dans l'arrondissement
de Tambacara, cercle de Yélimané : région
de Kayes ;
vii) les cercles des Kolondiéba,
Yanfolila et Bougouni dans la région de
Sikasso furent « réservés »
à la coopération Suisse ;
viii) A travers son centre d'Etude
pour le développement International (CECI), le Canada soutenait
entre 1984 et 1991 un projet des soins de santé primaires dans
le cercle de Koulikoro.
ix Concernant les ONG, il conviendrait
de citer entre autres :
-l'association Française
des volontaires du Progrès (AFVP) : « créée »
par le gouvernement Français en 1963, dans la région de
Kayes (cercle de Kita 1979-1983) ;
-Médecin du monde avec son
projet des magasins de santé : médicaments en DCI,
dans les cercles de Koro et Bankass 1984-1987 ;
-Medicus Mundi (belge) initiatrice des
magasins de santé des régions Nord du Mali ;
-Care –Mali à Macina dans
la région de Ségou ;
-Les ressortissants Maliens vivant à
l'extérieur, notamment ceux de la région de Kayes
en France ont construit et équipé plusieurs dispensaires
–maternités ;
-Les cotisations des femmes membres de
l'UDPM ont permis dans des zones périurbaines : Sikoroni
en commune 1 en 1986 et Tomikorobougou en commune 3 du district de Bamako,
la construction des dispensaires-maternités. Avec les mêmes
cotisations, des boîtes à pharmacies ont été
en milieu rural tel qu'à Cocody dans le cercle de Niono,
région de Ségou 1979; Keîbane soninké
dans le cercle de Nara, région de Koulikoro 1987 etc.
Mais, le fait marquant la période
1977-1989 aura probablement été la création d'une
Association de santé Communautaire (ASACO) et d'un centre
de santé communautaire (CSCOM) dans un quartier de la commune
I du district de Bamako dénommé : « Banconi ».
Durant la période 1986 et 1989,
un financement de la coopération française (FAC) permit
au Ministère Malien de la santé de réaliser dans
ce quartier peuplé de Bamako des études socioéconomiques
et sanitaires qui contribuaient à révolutionner les systèmes
et politique de santé du Mali. Cette recherche effectuée
par des agents de l'INRSP et leurs homologues Français
spécialistes des Sciences Sociales visait surtout informer les
autorités sanitaires sur « les revenus, les dépenses,
l'état de santé d'une population urbaine en
vue de savoir si et comment l'on peut envisager un système
ou une structure de prise en charge par cette population de certaines
actions sanitaires »
[].
Mais, grâce au soutien technique et matériel de la coopération
française, la recherche a abouti à la création
d'une ASACO et d'un CSCOM. L'ASACO regroupait surtout
des habitants du quartier et le CSCOM était géré
par un conseil de gestion élu par l'assemblée générale
des adhérents. L'ASACO fut déclarée et disposait
de son récépissé administratif. Le centre de santé
fut composé d'un dispensaire, d'une maternité
et d'un dépôt de médicaments essentiels. Le
personnel du CSCOM regroupait : un médecin, des infirmiers
et des aides soignants recrutés et payés par l'ASACO
à travers le recouvrement des coûts : vente des tickets
de consultations et bénéfices réalisés sur
la vente des médicaments aux populations.
Avec l'appui technique de la France,
une Mutuelle de santé fut créée par les travailleurs
de l'éducation et de la culturelle (MUTEC). Et durant la
période étudiée, la coopération française
soutenait financièrement également l'installation
à titre privé en milieu rural et dans les zones : région
de Kayes d'où étaient originaires la majorité
des migrants Maliens en France, région cotonnière de Sikasso,
économiquement viable des jeunes médecins sans emploi.
BILAN DE LA PERIODE 1977-1989
1-Infrastructures :
D'après l'hebdomadaire Jeune Afrique N°1459-1460,
(page145) en 1988, le Mali disposait de 3 hôpitaux nationaux ;5
hôpitaux régionaux ; 25 hôpitaux de « classe
secondaires » ( cercles) ; 236 centres d'arrondissement ;
225 maternités d'arrondissement ; 443 maternités
de secteurs de base ; 345 cases des « soins dans les
petits villages » et 133 dépôts de médicaments.
Quant à la Cellule de Planification
Sanitaire et Statistique (CPS : cartes sanitaires du Mali), durant
le premier trimestre de l'année 1997, on dénombrait
au Mali 708 formations sanitaires de base ainsi répartis :
1- CSCOM =326 (46,04%) ;
2-CSAR= 143 (20,20%) ;
3-Centres de santé associatifs
(regroupant des établissements confessionnels et
non confessionnels ne répondants
aux critères de CSCOM= 80(11,30%) ;
4- Centres de santé d'arrondissement
(non revitalisé et en principe à la charge de l'Etat
159 (22,4%)
2- Personnel de santé :
en 1987, on dénombrait au Mali, 394 médecins ; 57
pharmaciens ; environ 326 sages-femmes ; 660 infirmiers d'Etat
et 735 infirmiers du premiers cycle. Ces personnels de santé
étaient inégalement répartis sur le territoire
national. Bamako la capitale qui abritait environ 10 % de la population
totale disposait de 42% des médecins, 40% des infirmiers et plus
de la moitie des sages-femmes []
3-Fréquentation des formations
sanitaires : selon les
évaluateurs du système de couvrement des coûts dans
la zone KBK du PDS : projet Mali/Banque Mondiale, la tarification
des actes médicaux et l'achat des médicaments ont
baissé le taux de fréquentation des centres de santé
par les populations. Ils ont écrit à la page N°8 de
leur rapport : «De 1985, l'année de la mise
en place du système à 1988, le nombre des consultations
a baissé de 39% avec une baisse de 17% en 1986, 25% en 1987 et
2% en 1988 ». Les évaluateurs ont tenté de
trouver des explications à travers la qualité des documents
exploités. Mais, le phénomène était assez
général :
i) les auteurs des « comptes
nationaux de la santé au Mali : 1998-1991 » ont
trouvé le même taux moyen de fréquentation :
21,35% en 1988 ; 26,42% en 1989 et 30,04% en 1990 dans les régions
de Kayes, Koulikoro Sikasso et Mopti où, il y avait également
le recouvrement des coûts »
(ii) Dans son rapport de l'année 1993, la Banque Mondiale
a estimé que le recouvrement des coûts n'est pas
généralisable. Au Benin : l'un des 18 sur les
51 pays, qui entre 1989 et 1991 ont appliqué « l'Initiative
de Bamako », et les centres de santé ont supporté
entre 42 et 46% de leurs frais de fonctionnement provenaient des recettes
issues de la tarification. Mais, cela n'aurait pas une chute de
fréquentation. Cependant ajoutait en substance, la Banque Mondiale : « il
n'est pas encore certain que les reformes puissent être
appliquées durablement à grande échelle »[].
Les premières formations sanitaires ont bénéficiés
des soutiens techniques et matériels (dont 36 millions de Dollars
de l'UNICEF) qui prendra fin un jour. Or, « l'objectif »
du recouvrement des coûts n'est d'empêcher aux
populations d'utiliser les services de santé, c'est
plutôt le contraire »[1];
c) Au niveau des formations sanitaires
maliennes qui pratiquaient le recouvrement des coûts, le cercle
de Djenné (était souvent cité comme meilleur exemple),
finançait 44% de son budget de fonctionnement à travers
le recouvrement des coûts. Mais, les autorités sanitaires
notaient des difficultés au niveau même de la planification :
« en
certains endroits, l'infrastructure existe, non fonctionnelle
par manque de personnel. En d'autres endroits, le personnel existe
souvent pas d'infrastructures »
[].
Dans la région de Koulikoro, la mise en place du système
de recouvrements des coûts est jugée « d'illogique
dans la mesure où »
disait l'évaluateur en 1990, « les différents
secteurs de base n'ont pas les mêmes possibilités
financières et comportement vis-à-vis de la médecine ».[]
Concernant, le réapprovisionnement en médicaments, l'évaluateur
estimait que l'on s'est basé sur des illusions :
« on pensait que ceci sera assuré par l'UNICEF
qui en réalité ne pouvait que déposer les commandes
auprès de l'Unité Nations Proccurement an Assembly
center » (UNIPAC). Puis, les secteurs de base devaient prendre
en charge des dépenses (l'entretien du centre de cercle,
frais des réparations de la voiture du médecin-chef et
ceux de son logement et du logement des stagiaires) qui ne leur concernaient
pas. Il signalait que pour des raisons diverses, certains produits pharmaceutiques
promis aux secteurs de base n'ont jamais été arrivés.
Pour résoudre le problème
financier des centres de santé des secteurs de base, l'évaluateur
préconisait le licenciement de 20 à 50% des effectifs.
Au niveau des dispensaires-maternités
rurales, la durée moyenne de fonctionnement normal dépassait
rarement les 12 mois premiers. Parmi les causes de l'échec,
on retiendrait :
-
l'épuisement des stocks
initiaux des médicaments ;
-
le non recouvrement correct de prix
(consultations à crédit et vente des médicaments
à crédits) ;
-
l'abandon de la supervision
par le niveau supérieur ;
-
Le faible taux de fréquentation
(1,26 % dans le cercle de Kolokani) ;
-
Le non respect des engagements par
des employeurs : Sur 78 agents du cercle de Kolokani, certains
n'ont pas été payés pendant 6 mois et
plus d'un tiers n'ont jamais reçu de salaire
auprès de leurs employeurs : administrations, associations
des parents d'élèves, coopératives ou
autres qui avaient pourtant promis. Résultats, les agents
de santé du secteur de base se sont transformés en
propriétaires des locaux et médicaments.
Concernant les accoucheuses traditionnelles
recycles et les agents de santé villageois, en 1985, les évaluateurs
du projet » santé rurale de Koro », notaient
que depuis 1982, les supervisions mensuelles, l'une des principales
stratégies de l'opération ont été
abandonnées faute de moyens logistiques. Sur les 200 agents formés,
équipés et mis en place, 94 ASV et 82 ATR (176personnes,
soit 88%) étaient fonctionnels « à cause des
bénéfices qu'ils tirent de leurs activités »
et 31 agents ont abandonné leurs activités ;
Dans les cercle de Koro et Bankass, où
le Médecin du Monde intervenait à partir d'avril
1987, le taux de fréquentation des services des ASV er des ATR
fut « de jugés d »extrêmement faible »[]
Dans son document de planification sanitaire de la période 1988-1992,
la Direction régionale de la santé de Mopti notait à
la page 83 que dans la circonscription, des activités « qui
sont demandées à ces agents (villageois) et pour lesquelles
ils ont reçu une formation ne sont effectuée. Il convient
de rappeler ici que le travail des accoucheuses est actuellement assuré
à 90% par des familles non formées sur cette activité.
En guise de conclusion, on peut affirmer
que durant la période 1977-1989, on a assisté à
une augmentation quantitative, voire qualitative des structures de base
et le développement de la participation communautaire. Dans les
faits, cette participation a été vue sous l'angle
de la contribution financière et physique à la réalisation
et au fonctionnement des centres et cases de santé de base :
dispensaires/maternités rurales et boîtes à pharmacie.
Mais, Le
constat dégagé est que la plupart de ses initiatives survivaient
difficilement à leurs initiateurs (partenaires extérieurs
et collectivités locales, notamment les comités locaux
et régionaux de développement.) et le développement
du désengagement de l'Etat par rapport à la prise
en charge de l'état de santé des populations.
Cette période fut aussi l'une
des plus belles occasions pour les O.N.G étrangères, les
coopérations bilatérales et multilatérales de s'insèrent
officiellement dans les Institutions et organes décisionnelles
à tous les niveaux (Ministères, Institutions de formations/recherches,
Directions/Comités régionaux et locaux de développement,
CROCEPS, voire conseils de villages : sous forme d'influence
économique)
1990- A NOS JOURS : PERIODE D'INSTITUTIONNALISATION
DES EXPERIENCES
-
AU plan économique :
Au cours des années 1990 comme
durant celles années 1980, le Mali n'a pas connu une situation
socioéconomique stable due notamment : i) aux mauvaises
conditions climatiques, ii) à la détérioration
du terme d'échanges, iii) à l'augmentation
selon la Banque Mondiale de la corruption et des détournements
des fonds publics : en moyenne, « plus de 50 milliards
de francs FCFA ont été détournés par entre
1997 et 1998 »[]
-Le Mali a connu durant les années 80 et 90 une aggravation de
la pauvreté tant en zone urbaine et rurale. Car l'incidence
de la pauvreté était de 48% à 71,6%. Alors que
l'objectif du pays conformément à la déclaration
du Millénaire visait à ramener l'incidence de la
pauvreté de 63% en 2002 à 47,5 % en 2006 et atteindre
à 24% en 2015 ;
-C'est dans ce contexte que le
Mali s'engageait dès 1994 dans un processus qui a débouché
sur l'adoption d'une stratégie nationale de lutte
contre la pauvreté (SNLP) dont la suite permit l'admission
du Mali au programme « pays pauvres très endettés »
(PPTE)
Selon l'indice de développement
humain de l'année 2006 du PNUD, au cours de la période
2003-2006, le Mali a enregistré
un taux de croissance économique estimé en moyenne à
5,3% entre 2003 et 2006, mais il se classait au 175 ème sur les
177.
Les indicateurs de la malnutrition au
Mali étaient parmi plus « pires » en Afrique
subsaharienne, aucune amélioration sensible n'était
intervenue au cours de la dernière décennie. En 2006,
selon le Rapport de L'OMS, le rabougrissement chez les enfants
âgés de 0 à 5 ans s'élevait à
38%.
2- Au Niveau Politique :
-En 2000, les Etats membres de la CEDEAO
demandaient à chaque pays de consacrer 15% de son budget national
à la santé ;
- L'Etat a crée le «
Ministère du Développement Social, de la Solidarité
et
des Personnes Âgées »
dont la plupart des missions étaient jusqu'à là
réalisée par le Ministère de Santé ;
-Le changement politique intervenu en
Europe de l'Est et Afrique dans les années 1990 a permis
l'instauration du multipartisme et le développement de
la société civile entamait dans le domaine de santé
à la fin des années 1970;
- La loi n°94-059 relative aux communes
en République du Mali et le décret N°02-314/P-RM du
04 juin 2002 ont précisé que les Autorités communales
sont responsables de la santé des populations de leur territoire.
Les maires pouvaient (peuvent) confier cette responsabilité aux
associations de santé communautaires (ASACO) dont ils devaient
(doivent) subventionner ou prendre en charge le paiement des salaires
de certains agents de santé en service dans les centres de santé
communautaires (ASACO).
3-Organisation des soins de santé
et de formation
--l'Arrêté Interministériel
n°94-5092/PSSPA-MATS-MF du 21 avril 1994 a fixé les conditions
de création des CSCOMs et modalités de gestion de services
socio-sanitaires de cercles, communes et des CSCOMs ;
-En 1994, grâce à l'appui
du Ministère de la santé, aux partenaires au développement
et aux ASACO, les différentes régions du Mali ont crée
à Bamako « Fédération Nationale des
Associations de Santé Communautaire » (FNASCOM) ;
-le décret n°96-360/PGRM du
31 décembre 1996 définit les grandes lignes de l'organisation
de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odontostomatologie
(FMPOS). Ce décret a porté la durée des études
à 7 ans pour la médecine et 6 ans pour la pharmacie,
- l'adoption du troisième
plan décennal de développement sanitaire (PDDSS) 1998-2007
dont la première tranche
a débutée par la mise en œuvre d' un plan
quinquennal appelé «programme
de développement sanitaire et social 1998-2002» ;
-le décret n°115/PM-RM du
22 février 2001 portant création des organes d'orientation,
de coordination et d'évaluation du programme de développement
sanitaire et social remplace l'arrête n° 94-5092 mentionné ;
-la loi n°2-49 du 22 juillet 2002
dite la loi d'orientation sur la santé précisait
en son article N°7 que la politique malienne de santé « est
basée sur les principes des soins de santé primaires,
sur l'initiatives de Bamako et la stratégie africaine de
développement sanitaire » [].
En d'autres termes, la politique de santé du Mali jadis
régie par des décrets et arrêtés était
et est désormais basée sur une loi. Mais, le système
n'a fondamentalement pas changé dans le domaine notamment
de la participation communautaire et de médicaments essentiels ;
-la loi n° 80 –15 / AN – RM du 26 mai 1980 a crée
la Direction Nationale de la Santé. (DNS) Sa restructuration,
entreprise en 2000, a encore abouti à une nouvelle création
de la Direction Nationale de la Santé suivant l'Ordonnance
N° 01-020/P-RM du 20 Mars 2001.
La DNS fut chargée
de :
concevoir
et élaborer les stratégies en matière de santé
publique, d'hygiène publique et de salubrité ;
élaborer
la réglementation et contribuer à l'élaboration
des normes en matière de santé publique, d'hygiène
et de salubrité et veiller à leur application ;
procéder
à toutes les recherches et études nécessaires à
l'élaboration de la politique ;
préparer
les projets, programmes et plans d'action en matière de
santé, d'hygiène publique et de salubrité ;
veiller
à l'exécution des programmes en matière de
santé publique, d'hygiène publique et salubrité ;
Coordonner, superviser et contrôler les activités des services
d'exécution et évaluer leurs résultats
-Le 15 décembre 1990, le Mali
fit une « déclaration de politique sectorielle de
santé et de population » qui « s'inscrit
dans la logique des soins de santé primaires ». Malgré
les efforts réalisés depuis l'indépendance
disaient en substance les autorités, maliennes, la situation
sanitaire « est » toujours caractérisée
par entre autres : i) la faiblesse de la couverture sanitaire ;
ii) une forte sous utilisation et un fort sous équipement des
services de santé ; iii) un manque notoire de médicaments
et de matériels de travail »
[]
.Quant aux Objectifs de la déclaration de politique sectorielle
de santé, on pourrait les résumer en 3 points essentiels :
-
amélioration de l'état
de santé des populations ;
-
extension de la couverture sanitaire
à travers notamment :i) l'accessibilité
géographique et financière ; ii) la disponibilité
des médicaments essentiels ;
-
adoption d'un système
de santé viable et performant en impliquant : i) l'Etat ;
ii) les collectivités; iii) des individus ; iv) le secteur
privé ; v) les partenaires au développement.
Par rapport aux stratégies adoptées,
on retiendrait : i) le renforcement de la participation communautaire
à la création et la gestion du système de santé ;
ii) la différenciation entre les centres de soins de santé
primaires : niveau arrondissement et secteur de base où
les populations devaient obligatoirement remplacer l'Etat en y
créant des CSCOMs, et les établissements chargés
de la référence et de la gestion du système :
centres de santé de cercles. Le rôle et les compétences
de chaque intervenant, le type des locaux à construire, le profil
du personnel technique et les activités à réaliser
ont été aussi définis.
La Déclaration de politique sectorielle
de santé a été complétée en 1993
par la politique nationale d'action sociale et de solidarité.
Les deux politiques ont été reconduites en 1998 dans leurs
orientations stratégiques à travers
le troisième plan décennal de développement sanitaire
(PDDSS) 1998-2007.
La mise en œuvre de la première tranche quinquennale de
ce plan appelé «programme de développement
sanitaire et social 1998-2002.
Pour mettre en œuvre la déclaration
de la politique sectorielle de santé et population, plusieurs
textes législatifs, règlementaires et administratifs ont
été adoptés :
-Le décret n°92-75 PRM du
4 septembre 1992 a crée une « Cellule de coordination
des Activités » du « projet santé,
Population et Hydraulique Rurale » (PSPHR) qui avait un volet
santé communautaire, médicaments essentiels et participation
communautaire ;
Les premiers CSCOM tests ont eu le jour
dans les régions des :i) Ségou : Dougouolo,
cercle de Bla en février 1993, ii) région de Kayes :
Guetema, cercle de Nioro, novembre 1993; iii) Mopti : Gagna, cercle
de Djenne décembre 1993 ; iv) Sikasso : Kaara, cercle
de Kolondiéba 1993 ; v) Koulikoro : Mozombala, cercle
de Koulikoro 1994 ;
-La lettre n°778 MSSPA/CAB datée
du 1août 1994, préconisait la négociation des cartes
sanitaires entre les autorités sanitaires et les populations ;
-En octobre 1994, diffusion par le PSHPR
des « cahiers des procédures pour la mise en place
des CSCOM ». Le document comprenait entre autres :i)
Statuts-types des ASACO, ii) convention d'assistance mutuelle :
Etat et population ; iii) décision d'autorisation
de création de CSCOM à délivrer par les gouverneurs
de régions ; iv) étapes de création de CSCOM.
Sur la base de ces différents
actes législatifs, réglementaires et administratifs, l'ensemble
de cercles du Mali a été coupé en aire de santé
(961 aires de santé en 1999 selon la DNS). Une carte théorique
de chaque aire de santé était réalisée par
chaque centre de santé et présentée à la
population comme base de négociation. Une aire de santé
devait regrouper entre 6 et 10, voire plus villages, abritant au moins
entre 8.000 et 10.000 habitants et plus et /ou un quartier urbain
peuplé d'au moins 5000 habitants, et situent dans un rayon
de 0 à 15 km de la localité site du CSCOM et/ ou CSAR
(centre de santé d'arrondissement revitalisé).
- La négociation avec la population
consistait à sillonner les villages de l'aire de santé
théorique ; leur expliquer la nouvelle politique sanitaire
du Mali ; les conditions et les possibilités de créer
et gérer une ASACO et un CSCOM par les populations. Dans la pratique,
la plupart de cercles se forçaient d'obtenir l'adhésion
des populations à la « nouvelle politique du gouvernement ».
Conditions d'Eligibilité
au Financement du PSPHR
La population d'une aire de santé,
les autorités administratives/sanitaires locales et régionales
qui souhaitaient construire un CSCOM devraient remplir plusieurs conditions :
1-le centre de santé de cercle.
Celui-ci devait disposer d'au moins 2 médecins ; un
plan quinquennal de développement sanitaire de cercle approuvé
par le comité de développement du cercle (CLD) et entériné
au niveau national par le comité de suivi du projet : PSPHR
;
2- Les autorités administratives
du cercle : Le CLD devait s'engager à consacrer au
moins 7% des recettes provenant de la taxe (impôt physique) local
de développement du cercle à la santé ;
Etaient obligatoirement membres du conseil
de gestion du CSCOM avec voix Consultative : le Commandant du cercle,
(depuis 2001, il est remplacé par le Président du conseil
de cercle : un élu,) ; le médecin-chef du cercle
et le chef de poste du CSCOM ;
3-
La population de l'aire
de santé :
3.1- la réalisation du centre
de santé s'effectuait suivant : des critères
de performance technique et financière convenus d'avance ;
un document écrit attestant l'engagement des communautés
à contribuer financièrement et/ou sous forme d'investissement
pour 50% (ramené à 25% après dans les années
2000) du coût de réhabitation (ancien dispensaire-maternité
du secteur de base ou d'arrondissement) ou construction et équipement
de centre de santé. Certaines enquêtes ponctuelles réalisées
sur le terrain ont démontré que les populations
se faisaient parfois « volées » : «
le partage des coûts entre les populations et l'Etat n'est
respecté pas dans tous les cas : construction parfois entièrement
prise en charge par les populations, populations remboursent de 30 à
50% au lieu des 25% réglementaires, ou remboursement demandé
en espèces après avoir construit sans les associés »[] ;
3. 2- Le village site du CSCOM devait
abriter :i) une école fondamentale, ii)
un marché hebdomadaire ;
iii) être géographiquement accessible en toute saison ;
3. 3-Les différents villages de
l'aire de santé devaient créer lors d'une
assemblée
Général : i) une ASACO ;
ii) un conseil de gestion (conseil d'administration)
dans lequel chaque village membre devait
être représenté ; iii) un Comité
de gestion ;
3. 4-l'arrêt des activités
de dispensaire/maternités dont le village site aurait
été différent de
celui du CSCOM ;
3. 5- l'arrêt des activités
de l'aide soignant et des accoucheuses traditionnelles
y compris celles recyclées ;
3. 6- Le CSCOM devait être construit
en ciment, et abriter :i) un dispensaire ;
ii) une maternité ; iii)
un dépôt de médicaments essentiels. (Les frais de
construction et équipement d'un CSCOM étaient d'au
moins 11.000.000 FCFA) ; iv) les populations devaient s'engager
à prendre en charge tous les frais de fonctionnement du CSCOM ;
3. 7-Le centre de santé communautaire
devait disposer d'un personnel composé
d'au moins : i) un infirmier
du premier cycle ; ii) une matrone. Les 2 agents
devaient effectuer un paquet minimum
d'activités (PMA) composé des activités
Curatives, préventives et promotionnelles.
Ils avaient comme employeur,
le Président de l'ASACO.
4. Direction Nationale de la santé
devait soutenir les cercles afin que cercles obtiennent du financement ;
5. L'Etat et ses partenaires
au développement devaient
accepter de prendre en charge les 50% des fonds restants nécessaires
à la réalisation du CSCOM.
BILAN GLOBABLE DE PERIODES ETUDIEES
1969-A NOS JOURS
1-Extension de la couverture
Dès 1960 à nos jours, la couverture sanitaire est en progression
constante. Si à la veille de l'indépendance il fallait
effectuer en beaucoup d'endroits du Soudan, plus de 100 km pour
arriver à une formation sanitaire, en 2001 déjà
la situation s'est nettement améliorée :
Tableau N°1 : Evolution de la couverture sanitaire au Mali
entre 1998 et 2001 selon la DNS
|
Années/Indicateurs
|
1998
|
1999
|
2000
|
2001
|
2008
|
|
Couverture à moins de 5
Km
|
32%
|
33%
|
33%
|
41%
|
??
|
|
Couverture à 15 km
|
49%
|
49%
|
50%
|
66%
|
??
|
Selon l'Annuaire Statistique de l'année 2001, le
Mali disposait des : i) 3 hôpitaux nationaux de 3éme
référence ; ii) -1 centre national d'Odontostomatologie ;
iii) 1 Institut d'Ophtalmologie tropical ; iv) 6 hôpitaux
de 2éme référence ; v) 58 centres de santé
de 1ére référence ; vi) 557 CSCOM ; vii)
434 structures privées (y compris pharmacies et laboratoires).
Ces données montrent qu'en 2001, 52,55% des 1060 formations
sanitaires recensées au Mali, appartenaient aux populations contre
40,94 % au secteur privé et seulement 6,51% à l'Etat.
Cependant, quelque fut le secteur fréquenté, le malade
n'aura eu accès aux soins qu'après l'achat
d'un ticket de consultation et des médicaments prescrits.
2-Personnel de santé
Durant
la période étudiée : 1960-2008,
Le personnel de santé était aussi
en augmentation : 42 médecins en 1960 contre 272 en 1972
et 465 en 2002. Cependant, il conviendrait de signaler que toutes les
données des années 1979 et 2002 ne concernaient que les
agents de santé employait par l'Etat. :
-en
2002, la direction d'ordres des médecins du Mali déclarait
disposer de 1.400 adhérents. []
Pour la même année, les données du tableau n°2
ne mentionnaient que 465 médecins ;
-en
1997, le Mali comptait 1 médecin pour 16.926 habitants. []
Et 1 pour 10. 257 habitants en 2002. []
Tableau
N°2 : évolution du personnel de santé par profil
de 1960 à 2002 ()
|
Profil
|
1960
|
1979
|
2001
|
Ratios
2001
|
Normes
OMS
|
|
Médecins
(toutes spécialistes)
|
42
|
272
|
719
|
14.612
|
10.000
|
|
Chirurgiens
et Dentistes
|
1
|
12
|
|
|
|
|
Ingénieurs
Sanitaires
|
-
|
2
|
|
|
|
|
Sages-femmes
|
58
|
268
|
490
|
21440
|
5000
|
|
Infirmiers
d'Etat
|
90
|
579
|
579
|
18145
|
5000
|
|
Infirmiers
|
557
|
1.
415
|
731
|
751
|
13989
|
|
Techniciens
de laboratoire
|
8
|
76
|
|
|
|
|
Techniciens
Sanitaires
|
-
|
92
|
|
|
|
|
Matrones
rurales
|
-
|
238
|
1
045
|
|
|
|
Accoucheuses
recyclées
|
-
|
75
|
|
|
|
|
Infirmiers
obstétriciennes
|
|
|
169
|
62163
|
5000
|
|
Gérant
des pharmacies
|
|
|
645
|
|
|
|
Total
|
756
|
3
025
|
5.
437
|
|
|
-juin
2008, 888 médecins : spécialité médecine
générale et 67 pharmaciens (soit 955 personnes)
ont été inscrits au concours d'intégration
à la fonction publique ouvert par le communique N°08-0017/MTFPRE-DNFPP-D2-1
du 04 juin 2008.
Concernant les matrones ;
aides-soignants ; filles et garçons de salle, secouriste-hygiénistes
et accoucheuses traditionnelles recycles exclus du cadre organique,
leur nombre s'élevait selon un document de la Direction
Administrative et Financière du Ministère de santé
intitulé : « Présentation de
la situation des ressources humaines dans le secteur de la santé »
daté du 31 janvier 1995, à 702 personnes « entièrement
payées par les localités » (page 2).
Tableau N°3 : Evolution
de la part du budget de la santé dans le budget national entre
1968
et 1990 (selon S. D, Diakité,
M. Keita, « Les coûts nationaux du Mali »,
INRSP 1993)
|
ANNEES
|
% du budget de la santé dans
le budget national
|
|
1968
|
8,50%
|
|
1969
|
8,70%
|
|
1970
|
8,90%
|
|
171
|
8,70%
|
|
1972
|
8,60%
|
|
1973
|
8,40%
|
|
1974
|
7,80%
|
|
1975
|
7,50%
|
|
1976
|
6,70%
|
|
1977
|
6,60%
|
|
1978
|
5,90%
|
|
1979
|
6,60%
|
|
1980
|
5,50%
|
|
1981
|
6,20%
|
|
1982
|
6,18%
|
|
1983
|
6,0%
|
|
1984
|
5,85%
|
|
1985
|
7,50%
|
|
1986
|
5,10%
|
|
1987
|
4,10%
|
|
1988
|
3,90%
|
|
1989
|
4,90%
|
|
1990
|
4,10
|
Selon ce tableau, entre
1968 et 1990, les pourcentages (%) du budget de la santé dans
le budget national ont été réduits de plus de la
moitie (8,50% en 1968 contre 4,10% en 1990).
Le tableau N° 4 démontré
qu'en moyenne 51,66% du budget consacrait à la santé
par l'Etat de 1992 à 2002 provenait des partenaires au
développement. Cette dépendance de l'extérieur
est la principale cause des retards, voire l'abandon des projets
et programmes de santé au Mali depuis les années 1980.
Tableau N° 4 :
Evolution du budget de santé dans le budget de l'Etat (en
milliers de FCFA
selon la Direction Administrative
et Finance du Ministère de la Santé)
|
Années
|
Budget Santé
|
Budget Etat
|
% santé dans budget Etat
|
Ratios
|
Financement
Intérieur
|
Financement extérieur
|
|
1992
|
11474613
|
217147699
|
5,28%
|
-
|
5147613
|
6327000
|
|
1993
|
964678
|
200474564
|
4,81%
|
-
|
5201678
|
4448000
|
|
1994
|
17423072
|
37167443
|
4,69%
|
-
|
9601072
|
7822000
|
|
1995
|
25683090
|
353960000
|
7,26%
|
8,01
|
9624090
|
16059000
|
|
1996
|
31352837
|
380325000
|
8,24%
|
8,33
|
10318837
|
21034000
|
|
1997
|
28777080
|
40032300
|
7,19%
|
9,57
|
12129080
|
16648000
|
|
1998
|
27065754
|
433712000
|
6,24%
|
10,01
|
14439754
|
12626000
|
|
1999
|
24787365
|
476113000
|
5,21%
|
10,76
|
16046365
|
8741000
|
|
2000
|
34580707
|
522537000
|
6,62%
|
9,64
|
1624607
|
18338000
|
|
2001
|
36943517
|
556881000
|
6,63%
|
10,01
|
20813517
|
15930000
|
|
TOTAL
|
247737613
|
3913174694
|
6,33%
|
-
|
119764613
|
127073000
|
|
%
|
|
|
|
|
48,34%
|
51,66%
|
Au Mali,
la plupart des indicateurs ont montré que des efforts été
réalisés. Ainsi, le taux de mortalité infantile
était passé de 150 ‰ au moment de l'Indépendance
à 123‰ 1982/1987 ; à 113 ‰ en 1988/1996
et à 108 ‰ en 1996/2001[].