IMAGES DU SYSTÈME UNIVERSITAIRE AU QUÉBEC




Les résultats de Statistique Canada montrent une augmentation importante du niveau de scolarisation universitaire au Québec, passant de 10,3 % à 14 %. Cette proportion d'étudiants est passée de 15 % à 20,4 % chez les 25-44 ans. Le Québec possède huit universités (Montréal, Laval, McGill1, Concordia1, l'Université du Québec et ses constituantes, Bishop1, Sherbrooke et TÉLUQ) pour une population de six millions d'habitants.

La création de nouveaux emplois se fait à l'avantage des diplômés universitaires. En effet, le nombre d'emplois détenus par les diplômés universitaires a augmenté de 91,6 % comparativement aux diplômés des études secondaires. Le revenu constitue une autre variable qui permet de confirmer les bénéfices de la poursuite des études universitaires. Le taux de satisfaction des employeurs quant aux recrues diplômées des universités est de 79 % après seulement trois mois et de 95 % après 24 mois de travail. Les inscriptions dans les universités ont augmenté de manière significative, surtout aux 2e et 3e cycles à temps complet, soit maîtrise et doctorat. Depuis 1987, l'effectif aux 1er et 2e cycles compte plus de femmes que d'hommes. Ce n'est qu'au 3e cycle qu'elles sont moins nombreuses. Année après année, on constate une augmentation des femmes à titre de professeur régulier. Selon les besoins de remplacement des professeurs, c'est plus de 1 000 professeurs qu'il faudra embaucher chaque année jusqu'en 2012.

Étudiants étrangers

En 2003-2004, les universités du Québec accueillaient environ 11 % d'étudiants étrangers, fortement représentés dans les programmes de 2e et 3e cycles. Dans un marché de l'emploi mondialisé, le recrutement d'étudiants étrangers et la promotion de la mobilité internationale constituent des enjeux importants pour le développement des universités québécoises. L'expérience des étudiants étrangers permet, au-delà des acquis académiques, la connaissance d'autres cultures et d'autres langues et, à long terme, l'établissement de liens durables entre les personnes et le développement d'un réseau international. L'approche pédagogique pratique et interactive, le climat d'études favorisant la coopération et le travail en équipe ainsi que la disponibilité et l'encadrement des professeurs contribuent à distinguer l'offre québécoise. Le système universitaire québécois compte 22 000 étudiants étrangers dont 7 000 proviennent de la France. Ces étudiants bénéficient de nombreux services : accueil à l'aéroport, soutien à l'apprentissage et à l'intégration, liens avec les associations étudiantes, sports facilement disponibles et formation de haute qualité avec les frais de scolarité les plus compétitifs en Amérique du Nord. Les blogueurs du site www.universitesquebecoises.ca témoignent de l'enrichissement personnel des étudiants étrangers.

Recherche

Au cours des dernières années, la valeur de la recherche réalisée dans les universités québécoises a connu une augmentation considérable. En 2004-2005, elle atteignait 1,4 milliards de dollars. Les universitaires québécois ont reçu 27 % des subventions et contrats de recherche octroyés par le gouvernement fédéral, alors que le Québec n'est qu'une province sur les dix provinces constituant le Canada.

Jusqu'en 1970, la recherche était entièrement libre. Aujourd'hui, la recherche libre ne reçoit que 30 % de l'ensemble des subventions alors que l'ensemble des subventions (70 %) s'adresse aux équipes de recherche axées sur un thème fixé par l'organisme subventionnaire. Selon André Lajoie (2009), « c'est laisser aux politiciens le soin de décider des cibles de recherche qui gêne les chercheurs, et non le fait qu'il existe des cibles de recherche en soi. Ce n'est pas le gouvernement qui peut savoir ce qui est important en recherche, lorsque le gouvernement s'intéresse à un sujet, il est déjà tard. Seuls les chercheurs peuvent savoir ce qui sera utile à la société dans 15 ou 30 ans ».

Présentement, les chercheurs du Québec dénoncent les pressions politiques utilitaristes entraînant des freins à la liberté académique. Ils sont amenés à se plier au système de financement et, très souvent, ce financement devient une façon d'obtenir des promotions. Les chercheurs développent ainsi un art de la demande de subventions. Ils dénoncent aussi le financement des projets d'équipe plutôt que celui des demandes individuelles.

Ces éléments ne font ressortir que quelques images du système universitaires du Québec.


Références

CRÉPUQ (2008). Le système universitaire québécois : données et indicateurs. Montréal.

CRÉPUQ (2009). Des études universitaires au Québec. Une différence qui se vit. Montréal.

Lajoie, A. (2009). Vive la recherche libre! Montréal, Éditions Liber.

Statistique Canada (2001). Recensement 2001. Ottawa.


1 Université anglophone.

Louise Marchand
Professeure honoraire
Université de Montréal
Québec

 

 

Symposium 10