INTRODUCTION, PROBLÉMATIQUE
ET JUSTIFICATIVE
D'abord
pour nous, l'université est critique ou n'est pas université.
Lorsque, dans la deuxième moitié
du siècle passé, les spécialistes en curriculum
ont elaboré une des questions fondamentales de la pensée
critique dans le champ curriculaire, c´est à dire: quels
sont les effets du curriculum sur les personnes?
la formation
institutionnalisée allait alors commencer à renforcer
son lent processus de politisation. On a ainsi vu se disséminer
progressivement, sur certaines scènes où la formation
et le curriculum étaient experimentés et discutés,
une compréhension du fait que ces questions éducationnelles,
en tant que dispositifs et processus de construction de la qualification
humaine, altéraient
dans un sens donné. Elles impliquaient donc des relations instituantes,
des relations de pouvoir, des options, des intentions formatives en
interaction, qui devaient être analysées comme étant
édifiantes de l´expérience formative même
dans sa complexité sociale et, par conséquent, relationnelle.
Ce contexte acquiert aujourd´hui, dans le cadre de la formation,
une plus grande portée político-éducationnelle,
comme l´affirme Josso (2002, p. 27-28):
« En
tant qu´objet d´ observation, en tant qu´objet pensé,
la formation envisagée du point de vue de l´apprenant,
devient un concept générateur puissant autour duquel
vont se grouper progressivement des concepts descriptifs comme: processus,
temps-réalité, expérience, apprentissage, connaissance
et savoir-faire, thématique, tension dialectique, conscience,
subjectivité, identité. Ceci ne revient pas à
ignorer ce que disent les disciplines des sciences humaines, mais
il s´agit aussi d´inverser leur perspective, en s´interrogeant
sur les processus de formation psychologique, psychosociologique,
sociologique, économique, politique et culturelle. »
Il faut également prendre en compte que
le thème formation,
constituant la problématique de cette étude orientée
dans la perspective de l´apprentissage de sujets impliqués,
en considérant le développement curriculaire comme scène
significative de l´étude, nous invite à un débat
plus aprofondi, relationnel et contextualisé qui tienne compte
de la réflexion épistémologique et formative
a partir de la problematique de la formação imaginé,
proposé et mise-en-ouevre dans l'université brésilienne.
On peut ajouter à cette réalité, le besoin de
réponses aux défis qui se présentent en termes
d´expériences formatives au sein de plusieurs de nos
contextes sócio-éducationnels universitaires, en tant
que perspectives de formation à partir des conceptions curriculaires
profondément autocentrées. Par
ailleurs, et pour étayer notre argument, il convient de prendre
en compte le fait que le thème et la question de la formation
comprenant l´expérience
impliquée de l´apprentissage dans l'université
sur les scènes curriculaires, assume une importance croissante
dans la discussion de politiques, projets et actions pedagógico-curriculaires
au Brésil, sans que ne soit cependant formulé un débat
épistémologique plus élucidatif, vu l´importance
social et pédagogique que cette question assume. Se
penchant sur la problématique de la formation dans le contexte
européen et aux Etats Unis, António Nóvoa (2002,
p. 9) fait le commentaire suivant: notre matière, ce sont les
“pierres vivantes”, les gens, car dans ce domaine, les
verbes se conjuguent aux formes transitive et pronominale: former,
c´est toujours se former”. Dans
cette ligne de raisonnement, implication
et intercritique
se présentent comme des catégories réflexives
qui enrichissent la problématique épistémologique
de l´intersubjectivité et de l´important mouvement
auto-hétéro-critique.
Il faut aussi souligner que nous vivons au sein
d´un contexte éducationnel universitaires
où politiques et propositions de formation par le biais de
dispositifs curriculaires
deviennent les principales questions politiquee et pédagogiques
de notre organisation sócio-éducationnelle, celle-ci
reposant sur des demandes socioformatrices de perspectives de plus
en plus souvent centrées sur un travail relationnel portant
sur les expériences, en tant qu´expressions politiques
et identitaires légitimes. Dans
cette même ligne, on constate, par exemple, combien l´idée-force
d´apprentissage en tant que configuration expérientielle
et socioculturelle mobilise, d´une manière très
dense, des mouvements en faveur de politiques et de perspectives de
formation universitaire ainsi que l´exigence d´une meilleure
compréhension de ce que signifie intervenir existentiellement
et socioculturellement dans les expériences apprenantes sur
les scènes formatives et curriculaires. On peut observer, par
exemple, comment certains príncipes épistémologiques
et formatifs des diverses directives
curriculaires nationales se soucient
déjà, provoquent et proposent des questions formatives
(même si elles sont ponctuées d´explicitations
abstractionistes) qui laissent entrevoir les perspectives que nous
désirons ici aprofondir et formuler.
Nous reconnaissons, d´autre part, que si
formation
et curriculum
ne sont pas traités/réfléchis comme des antinomies,
ils sont analysés à partir d´un point de vue généralement
superficiel, voire même disjonctif dans la scène universitaires
brésilienne. En effet, nos réflexions
et pratiques sont loins d´entremêler curriculum et formation.
Nous manquons
donc ainsi d´études et de réflexions où
la formation
soit appréhendée comme un objet imbriqué dans
les problématiques du développement et des expériences
curriculaires. En
ce qui concerne la thématique de la formation dans la perspective
impliquée
et intercritique,
et s´agissant d´une réflexion encore naissante
et peu répandue em termes de pratique de formation au Brésil.
Contribuent à cette étude les théories
portant sur la formation dénommées ici comme critiques-implicationnelles
qui orientent une des ligne d´approches formatives expérientielles,
basées sur les épistémologies cliniques.
Ces théories guident en grande partie ce que nous assumons
comme étant des perspectives implicationnelles
et intercritiques dans le domaine de
la formation
La perspective intercritique et la formation
universitaire
Nous comprenons qu´une perspective intercritique
permet à la critique de se détacher et de se décentrer
de la narcisia
académiciste ainsi que des approches liées aux positions
monosémiques en vogue au sein des pratiques et des politiques
de formation repliées sur des réductions et des abstractionnismes.
Le curriculum dans sa politique
de sens étant fait pour altérer
et s´altérer
au moyen de diverses relations pédagogiques, il apparait a
fortiori que: ou bien une imposition
mnémonique et mimétique de savoirs/faires/vérités,
ou bien un exercice non-dialogique de la critique, généralement
appliquée et prescrite par certains illuminés issus
des élites intellectuelles; une certaine construction du domaine
privé de la pensée critique. On
pourrait alors affirmer l´existence d´ une espèce
de privatisation en opacité de la scène publique de
la critique.
Puisqu´il n´est guère possible
de penser/réfléchir sur le curriculum hors du cadre
de l´envie d´altérer,
ou, autrement dit, puisque le curriculum est un acte de volonté
politique formative, il faut alors discuter des formes par lesquelles
peuvent se configurer des co-altérations et des interdépendances
qui déconstruisent les logiques de la mise sous silence et
de l´assimilation présentes dans les relations aux savoirs,
au coeur des curriculums. C´est dans
cette mesure que la puissance médiatrice d´um curriculum
démocratique aquiert la dimension d´une pratique intercritique.
La perspective intercritique
vise à destituer la logique ensembliste-identitaire (CASTORIADIS,
1975) prédominante qui est incrustée au sein de la notion
moderne de curriculum et de formation, vus comme s´il ne s´agissait
que d´éléments d´une identité préjugée
qui se doit d´apréhender la réalité et
l´autre de manière spéculaire. Cette
perspective cherche, en même temps à instituer la négatricité
(ARDOINO et BERGER, 2003; MACEDO, 2002) comme dispositif de formation,
soit l´affirmation et la reconnaissance de la différence
comme apparition et expression qui enseigne et apprend dans les espaces
formatifs.
Ainsi, aussi bien Apple (2000) que Foucault (1966),
par exemple, proposent des compréhensions significatives qui
permettent de problématiser ces aspects. Le premier d´entre
eux élabore, dans sa pensée critique, qu´ essayer
de voir le monde du point de vue de ceux qui sont en marge constitue
une intervention cruciale em matière de curriculum; le second
nous sensibilise, quant à lui, au fait que l´éducation
devrait donner accès aux différents discours afin que
l´homme puisse en travailler les sens. Une
condition importante pour la formation enseignante requise, par exemple,
chez Zeichner (1993), qui travaille l´idée du professeur
réflexif.
Dans
son ouvrage Tout,
non, peut-être, éducation et vérité, Henri
Atlan (1993) met en oeuvre un parcours critique où il démontre
de quelle manière la relation science, vérité
et éducation créé une vision spécifique
de la réalité qui finit par structurer cette même
éducation sur des niveaux systématisés.
Selon Atlan, l´efficacité
scientifique a imposé la recherche critique de la vérité
comme critère ultime en matière de formation, dans l´espoir
d´une rencontre harmonieuse entre vérité, libération
des alliénations internes et externes et justice sociale.
Il s´agit selon lui d´un
espoir vain, car la recherche de la vérité scientifique
sous la forme d´une causalité mécanique d´où
on exclut les causes finales et les intentions a imposé une
dépersonnalisation progressive de nos représentations
des choses et de nous mêmes (ATLAN, 1993, p. 11 ).
D´après
l´auteur, nous avons été formés par l´illuminisme
et c´est cette éducation qui nous a mené à
valoriser la recherche critique du vrai, conformément au modèle
des sciences de la nature. C´est
aussi cette même pensée critique qui nous a mené
à découvrir l´ obscurité au sein des Lumières.
Henri Atlan laisse entrevoir
dans ces termes ses propositions basées sur le concept d´intercritique.
Le processus y est vu comme irréversible. Seule cette civilisation,
produite par cette éducation, est capable de réfléchir
sur elle-même em même temps qu´elle continue à
inventer. C´est
pourquoi la critique de la critique n´est pas à même
de nous faire revenir à une pensée précritique.
On en conclut qu´il ne
nous reste pas d´autre alternative si ce n´est de continuer
à inventer de nouvelles réponses à la question
de la formation (ATLAN, 1993 p. 12).
Constatant
le fait que les sociétés libérales de consommation
et la formations universitaires produisent des “individus ordinaires”,
Atlan indique une issue à la question de la formation. Le chemin
est étroit, dit-il, mais néanmoins possible. Il s´agit
de modifier notre relation à la vérité et au
fondement. Selon le raisonnement proposé par l´auteur,
ce n´est ni la vérité qui fonde le critère
de valeur, ni la valeur ne fonde le critère de vérité,
ni l´une et ni l´autre, ou plutôt, ni les unes et
ni les autres, au pluriel, n´ont de fondement: des
vérités
partielles et des valeurs instituées cheminent les unes vers
les autres. On
observe chez Atlan une construction critique, ou, pour rester fidèle
à son concept, une construction intercritique,
mais qui n´ignore pas pour autant les vérités
scientifiques, où apparait comme significatif le passage obligatoire
par la relativité des morales et des cultures, mises en confrontation,
ce qui va permettre l´existence de multiples “moi”,
chacun d´entre eux étant le centre du monde tout en reconnaissant
chez l´autre son iréductibilité comme trait unique
commun, et en vérité, universel.
Ainsi,
dans notre perspective ou l'université est intercritique
ou n'est pas université.
Implication,
formation et université
En
chosissant l´intentionnalité, la réflexivité
et l´imagination comme domaines d´analyse des implications
du curriculum et des expériences formatives, Burnham (1999,
p. 53), inspirée de Castoriadis, propose de mettre l´imagination
même au centre de ces possibilités, car c´est,
dit-elle, grâce à l´imagination que le sujet peut
prendre comme entité quelque
chose qui ne l´est pas. Sous
cet angle, le curriculum et la formation seraient les cadres d´une
réinvention permanente, un espace fructueux en imaginations
instituantes et cognitions génératives.
C´est dans ce
champ de réflexion, où l´autonomie est liée
à la notion même de sujet imaginattif, que le concept
d´implication
se densifie et se complexifie.
Considérant l´implication
comme question épistémologique légitime, Jacques
Ardoino (2003, p. 28) souligne que la notion d´implication
réside effectivement dans le fait qu´elle renouvelle
la discussion sur la subjectivité du processus de connaissance.
L´implication
est ainsi liée à l´acte d´autorisation,
en tant que compétence à s´autoriser, à
être auteur de soi même,
ainsi qu´au caractère inéluctable de l´intuition,
laquelle deviendra heuristique si l´on considère l´implication
comme une source et un moyen de connaissance et de formation, au lieu
d´y voir un facteur de distortion comme le font les objectivistes.
Etymologiquement, le terme implication est construit
à partir du préfixe in,
du latin plicare,
signifiant plier, et de la terminaison tion
qui indique un mouvement plutôt qu ´un état, ainsi
qu´une inséparabilité complexe de l´objet
construit par rapport au constructeur et à son champ phénoménologique
(LEGRAND, 1993). Les élaborations de Legrand abondent justement
dans le même sens de ce ce que Barbier (2003, p.52) dénomme
l´ “expérientialité existentielle”
des processus de formation. Selon Barbier, cette expérientialité
existentielle de la formation s´exprime par une implication
personnelle d´une totalité ontologique, reflêtant
des aspects cognitifs, affectifs, politiques et culturels, ce qui
débouche sur un engagement, une relation à l´autre
et à soi même, à la fois solidaire, mutualiste
et responsable. A partir de la pensée
de Barbier, nous comprenons que l´expérientialité
existencielle suppose que le sujet prenne l´initiative de sa
formation, en fonction d´un désir qui est le plus prooche
possible de sa vérité dialectisée, dialogicisée,
même si cette formation est conditionnée par les institutions
sociales. C´est dans ces termes que,
si l´on prend la problématique de la formation comme
référence, la perspective implicationnelle peut constituer
une question politique aux possibilités émancipatoires
significatives de la praxis
universitaire, pouvant également se transformer en une praxis
dans le domaine de la formation (FREIRE, 1997; CARR e KEMIS, 1983),
en configurant une formation qui engage et est engagée par
les histoires de vie et la réflexivité
de ceux et celles
qui expérimente la relation au savoir structuré comme
formatif (BARBIER, 2002; FINGER, 1988; DOMINICÉ, 1988; LEGRAND,
1993; CATANI, 1996; PINEAU, 1998).
C´est à partir de ce contexte d´inflexion
épistémologique et formatif que Pineau (2006, p.53)
propose l´expression “bioquestionnement” pour rendre
compte de l´entrée “des vies” au sein des
recherches de sens et des processus formatifs comme problème
épistémologiques et politiques des plus importants.
Nous pouvons souligner la
problématique de la formation enseignante universitaire comme
exemple emblématique.
La
formation dans les espaces d´éducation des enseignants
universitaire constitue également un exemple significatif de
délégitimation en termes de politique d´autorisation
et d´autonomisation (JOSSO, 2002) quant à la relation
formative à la connaissance curriculaire, c´est à
dire, la connaissance choisie comme étant
formative, et les politiques de professionnalisation,
sous diférents points de vue. On y note l´évidence
d´une faible valorisation des expériences pédagogiques
constituées par les iniciatives communautaires et leurs demandes
sócio-éducatives ainsi que par les ethnométodes
des acteurs/auteurs pédagogiques au sein des processus de formation,
qui sont généralement vus comme des épiphénomènes.
En synthèse, il existe, dans l'université,
une difficulté de solidariser les savoirs, les activités
et les valeurs comme autant de co-responsabilités formatives,
au sein d´une formation qui soit de la responsabilité
de tous et où soit mise en oeuvre une construction identitaire
sur une base relationnelle (NÓVOA, 1992; MOREIRA,
1994).
Dans cette ligne disjonctive, par exemple, l'enseignant
en formation annule lui aussi le potentiel formatif de son itinérance
d´apprentissage de par une pratique de consommation de savoirs
décontextualisés et dés-impliqués qui
l´immergent dans un processus de silence et de refoulement de
sa condition de sujet et d´auteur de lui-même et de son
professionalisme (TARDIF, 2002; SOUZA, 2006), en
tant qu´existence collective, culturelle et de travail.
La pratique enseignante comporte un refoulement
en termes d´implication
et d´autorisation
par rapport à sa dimension de processus auto-réflexif
de formation.
Que
signifie alors, pour le professeur pris dans le contexte contemporain,
vouloir édifier son auto-éco-formation, s´altérer,
s´autoriser,
s´impliquer
dans les itinérances de ses apprentissages formatifs?
Quelle est la signification político-pédagogique
et curriculaire d´une vie d´apprentissage et de formation
d´un enseignant? De quel professionnel s´agit-il et d´où
parle-t-il, celui qui essaye de se configurer comme sujet socio-épistémique
et veut interférer intellectuellement et de manière
critique (GIROUX, 1997; GOODSON, 1992) dans les propositions curriculaires
et les conceptions/implémentations de sa propre formation
? Comment caractériser le mouvement identitaire,
dans differents espaces et moments, de ce nouveau/autre sujet enseignant
en formation, épistémologiquement inconformé,
pédagogiquement irrévérent, assoiffé de
compréhension formative sur sa propre histoire, sur sa propre
pratique? Ce sont là des questions
qui révèlent un contexte particulier de la problématique
de la formation dans l'université, mais qui peuvent inspirer
directement ou indirectement, voire même provoquer singulièrement,
la scène de problématisation de cette étude.
Nous amorçons l´ensemble de réflexions
qui étayent une partie de cette étude par la provocation
suivante: le curriculum et la formation ignorent em grande partie
ce qu´est apprendre en tant qu´expérience formative
humaine, je dirais-même, d´hominisation.
L´apprentissage
construit existentiellement et socioculturellement : configuration
de la formation universitaire
S´inspirant de Clyde Kluckhohn, Jerome Bruner
affirme que l´être humain est l´expression d´une
culture, et reprenant également Geertz, cet auteur affirme
qu´il n´existe rien de semblable à une nature humaine
qui soit indépendante de la culture.. Dans cette perspective,
du fait de la participation à la culture, la signification
est publique et partagée (BRUNER, 1997). Nous
comprenons ainsi que les réalités sont le résultat
de processus prolongés et entremêlès de construction
et de négociation, profondément imbriqués dans
la culture. La culture étant aussi
constitutive du psychisme, la signification prend une forme qui n´est
pas privée et autiste mais publique et commune. C´est
par conséquent la culture qui modèle la vie et l´esprit
humain, qui confére sa signification à l´action,
en situant les états intentionnels sous-jacents dans un système
interprétatif et expérientiel d´apprentissage.
Apprendre de manière solidaire et dans une
éthique de la mutualité ne signifie pas omettre le conflit
d´interprétations et de solutions, centralité
de la práxis formative universitaire. C´est avant tout
un exercice qui expérimente le fait que nous n´apprenons
pas de la même manière, ni n´arrivons aux solutions
des problèmes de mode purement mimétique; nous devons
souvent nous battre à à propos des significations.
Il convient de s´arrêter sur la pensée
de Bernard Charlot (2000), qui observe que quel que soit le mode d´apprentissage,
l´espace d´apprentissage est un espace-temps partagé
avec d´autres hommes. Ce qui est donc
en jeux, ce n´est pas seulement le didactique et l´épistémologique.
Il existe un processus identitaire en flux dans
la relation au savoir. Dans
cette perpsective, apprendre signifie aussi entrer dans um dispositif
relationnel, s´approprier d´une forme intersubjective,
construire de manière auto-réflexive une image de soi.
C´est également à partir
de cette perspective que Humberto Maturana (1995) dissémine
l´idéé qu´apprendre ce n´est pas acquérir
quelque chose qui est déjà là. C´est par
ailleurs une transformation en coexistence
avec quelqu´un et l´autre. Pour nous, ici, emerge l'étique
de la praxis formative universitaire.
Afin d´expliciter les perspectives heuristiques
et propositifs de cette étude nous avons élaboré
les questions suivantes: Quelles conséquences peut-on tirer,
au niveau de la conception de programmes de formation dans l'uiniversité,
lorsque ceux-ci ont comme perspective de base l´articulation/adjonction
des savoirs et expériences du sujet
impliqué, dans son processus
de formation ? Quelles sont les perpectives épistémologiques,
politiques et culturelles mises en évidence à partir
d´une conception de formation universitaire où l´exercice
critico-interprétatif se présente sous la forme d´une
intercritique
entre les savoirs et méthoses instituées, les expériences
d´apprentissage apprenantes et leurs ethnométhodes? Comment
concevoir, tout en tenant compte des réflexions sur le développement
et l´expérience curriculaire dans l'université,
des dispositifs de formation qui mobilisent/conjuguent le développement
de compétences, visant une efficacité et une culture
du sens critique, une sensibilité envers l´existentialité
et l´autonomisation.
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