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En France, la forme de transmission des savoirs, égalitaire,
de ceux qui savent à ceux qui ne savent pas ; de ceux qui
ont appris à ceux qui apprennent dune part ; et la
valorisation dun mode de connaissance scientifique reconnu par
un système sociétal pour sa contribution efficace aux
progrès de lhumanité, ont ouvert la voie à
un système denseignement spécifique. Il sagit,
décrit Verret M. (1971) dun système de transmission
de savoir de « type bureaucratique » et non pas
« aristocratique (transmission par frayage et choix réciproque
maitre-élève) » moins conforme à un
idéal républicain, laïque. Le savoir « bureaucratique »
a pour caractère fondateur dêtre construit sur la
base dune programmation des savoirs organisés sous la forme
dun plan et découpé en « objets denseignement ».
Respect de lintégrité du contenu des textes que
lélève, puis létudiant se prépare
à réciter, à traduire, à expliquer, à
analyser devient alors, par conséquence, la condition de tout
exercice de ce système denseignement.
Cette approche permettrait-elle alors une construction de lindividu
pour agir dans une situation dincertitude ? Paradoxalement,
alors que lincertain est le phénomène le plus inextricablement
lié au processus du vivant, il nest pas pris en charge
par ce système denseignement. Doù la constatation
dun problème didactique lié à une distance
irréductible entre la description dun savoir et les phénomènes
de compréhension.
Par ailleurs, dans une société mettant en valeur « lefficacité »
et « lutile », on assiste à la massification
des entrées par la voie de la « compétence »
comme une réponse à cette difficulté majeure. Mais
là aussi, les modélisations proposées se réalisent
essentiellement à partir du modèle plutôt cartésien :
regroupement didées dexperts, formalisation, classification,
puis nouvelle organisation permettant un dispositif procédural
de la formation. Par la division dune difficulté première
(quest-ce que le métier x ?) en dautres questions
plus aisées à appréhender, telle profession visée
serait renseignée. Cette conception rejoint donc bien celles
des règles du « Discours de la méthode», puisquil
sagit toujours de diviser chacune des difficultés en plusieurs
points ; et ces points en autant déléments
simples quon le peut. Mais, dès la première lecture
dun de ces « domaines de compétences »,
on constate que le même problème est laissé
en suspens : comment, à un moment «T», lacteur
va-t-il distinguer ce qui relève des données essentielles
de celles qui ne le sont pas ? Cette question ne sera jamais abordée
et lui restera toujours dévolue. Ainsi, la notion de "compétence"
reste une réponse inadaptée à la difficulté
didactique majeure du système denseignement classique.
Pourtant, il y a au moins un exercice dans le système scolaire,
dont létude peut ouvrir une voie pour travailler cette
question. Il sagit de « la note de synthèse ».
Sa réalisation nécessite lappréhension dun
phénomène singulier « analyser suppose davoir
déjà compris ». Ainsi, à partir de notre
recherche sur le processus de réalisation de lacte de synthèse
en vue de sa refiguration, notre dernière partie présente
une contribution sintéressant aux phénomènes
dapprentissage dans des situations où, moins le « savoir »
est formalisé, plus il oblige chaque acteur à concilier
« compréhension » et « connaissances »
en une intuition propice à le guider dans ses actions. Ainsi,
la rationalité analytique et lintuition ont chacune leur
rôle et sont toutes les deux nécessaires et irréductibles :
lune (analyse) aide à transmettre ce que lautre (intuition)
a compris. La posture adéquate devient celle de «
lhumilité dans le défi » plutôt que
celle de « domination liée aux savoirs spécifiques»
Ce travail réinterroge le système traditionnel de transmission
et sa « logique de restitution », tout comme celui
censé lui succéder, à savoir le système
par les « compétences ». Cette piste pour
« comprendre et raisonner » amène ainsi
à interroger le paradoxe de la « rencontre »
de lautre en soi, pouvant ouvrir une voie permettant dappréhender
les phénomènes en même temps que de les « juger »
et « agir ». Cette voie pourrait se révéler
intéressante à explorer pour une visée dune
université au temps de la mondialisation / globalisation.
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Jean Michel Pérez,
Docteur en Sciences de lEducation
Laboratoire UMR P3-ADEF.
Symposium n°2
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