Plus
de quatre ans après l'élargissement du processus de Bologne
au Maghreb plus connue sous le nom de réforme LMD, notamment
en Algérie, au Maroc et plus récemment en Tunisie
est-il possible d'établir un premier bilan ? En particulier
peut-on parler d'un « espace universitaire
euro-maghrébin solidaire »
comme le font les principaux acteurs institutionnels et décideurs.
Ces derniers se sont rencontrés à Tunis en décembre
2006 pour dresser leur propre bilan et ont estimé, politiquement,
le processus réussi. C'est pourquoi, faute de résultats
quantitatifs et qualitatifs pédagogiques tangibles, ces mêmes
responsables ont convenu d'approfondir instiutionnellement le processus
à travers la création d'un Collège Académique
Francophone Euro-Maghrébin (CAUFEM). Ce collège a entre
autres fonctions de suivre et d'harmoniser les réformes en cours,
en particulier la réforme LMD et « l'autonomisation »
des universités.
Néanmoins, sur un plan pédagogique,
à partir de quelques statistiques disponibles et d'appréciations
qualitatives recueillies auprès d'universitaires maghrébins,
il nous semble que ces réformes sont loin d'avoir le succès
escompté auprès des étudiants et des enseignants.
Cette communication est proposée
en trois parties. Dans la première, nous rappellerons brièvement
les motifs et les conditions de l'élargissement du processus de Bologne
au Maghreb. Dans la seconde, nous montrerons les éléments
d'évaluation établis par les responsables européens
et maghrébins. Enfin, dans la dernière, nous donnerons les
premiers résultats d'une enquête de terrain en cours auprès
d'enseignants et chercheurs du Maghreb. Dans cette dernière partie,
nous émettrons une hypothèse sociologique sur les décalages
entre la vision institutionnelle du processus et les représentations
sociales qu'en ont les enseignants et les chercheurs.
Mots-clés :
Globalisation, Processus de Bologne, LMD, Autonomie des universités,
Maghreb, Union européenne, Université, Intégration,
Nouvelle division internationale du travail.
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d'Ahmed Ghouati