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Scopophilia. Genre et politiques du regard

Avant le 10 janvier 2015 - Lausanne


Date de mise en ligne : [04-12-2014]



Mots-clés : cinéma


Colloque international

4 et 5 juin 2015

Université de Lausanne, Suisse

Argumentaire :

En 1975, Laura Mulvey inscrit avec « Visual Pleasure and Narrative Cinema » la question du plaisir de regarder, dans son articulation avec le processus narratif, au cœur de la première théorisation politique des rapports de genre au cinéma. Elle montre alors que loin de n’être au cinéma qu’un enjeu d’ordre esthétique, le regard est aussi un enjeu inextricablement politique en ce sens qu’il est la variable nodale d’une symbolique qui permet de signifier des rapports de pouvoir entre femmes et hommes bien sûr, mais surtout entre masculin, féminin et toutes les identifications de genre qui seraient susceptibles de déroger à cette dichotomie. Depuis cette contribution fondatrice, qui a été abondamment discutée, nuancée, reformulée et développée − parfois par la théoricienne elle-­‐même −, le paramètre du regard en général et celui de la scopophilie en particulier n’ont eu de cesse de prendre de l’importance au sein des travaux qui se sont attachés à mettre en lumière la propension du cinéma dominant à structurer les relations de pouvoir entre les genres sur un mode androcentriste et hétéronormatif. En se donnant pour objet le rôle politique du regard et du plaisir qu’il suscite dans l’instauration des rapports de genres aujourd’hui, c’est-­‐à-­‐dire dans la dynamique de pouvoir qui émaille ces rapports, nous ne visons ni à réhabiliter le paradigme psychanalytique émoussé qui a caractérisé l’émergence de cette question ni à rendre compte des nombreux débats productifs auxquels elle a donné lieu, mais à l’interroger à nouveaux frais via son inscription dans les contextes filmiques et théoriques contemporains.
Ce colloque a ainsi pour objectif de proposer une réflexion axée, d’une part, sur les apports que les approches gender actuelles, mais queer également peuvent avoir pour le renouvellement de cette question et, d’autre part, sur la (re)configuration genrée des regards au sein des productions filmiques et télévisuelles contemporaines. Depuis la parution de « Visual Pleasure and Narrative Cinema », les méthodologies issues du croisement entre études filmiques et gender studies ont en effet sensiblement évolué, à l’instar des expériences offertes par le cinéma et la télévision. Il s’agira par conséquent de privilégier ici des contributions qui, à partir d’un parti pris de méthode ou sur la base d’un corpus singuliers, s’efforcent de renouveler la problématique des relations entre plaisir de regarder, récit et modalités de construction des genres.

On pourra notamment se demander :
- de quelle manière le postulat du « male gaze » émis en son temps par Mulvey se trouve affecté par l’essor des technologies numériques de la communication ou la représentation qu’en offre le cinéma ;
- dans quelle mesure les divers axes de visions identifiés par la théoricienne se trouvent infléchis au sein d’un dispositif tel que celui de la téléréalité (ou de tout autre dispositif audiovisuel), et avec quels effets sur la constitution des normes de genre ;
- si le cinéma hollywoodien réflexif du tournant des années 2000 perturbe les registres identificatoires à disposition au point d’assigner des places à la spectatrice ou au spectateur différentes de celles conjecturées jusqu’ici ;
- quelles contributions spécifiques le fort potentiel épistémologique propre aux théories queer peut-­‐il encore faire à cette problématique ;
- si, étant donné la place de choix occupée par les cinémas d’horreur et d’espionnage américains dans les analyses articulant des enjeux d’identification de genre à des questions d’objectivation et/ou de voyeurisme, les productions issues du renouveau qu’ont connu ces deux genres à partir de 1996 (notamment avec les séries Scream et Mission Impossible) conduisent à une reconsidération soit des politiques sexuelles corrélées à leurs antécédents génériques soit des outils théoriques qui leur ont été appliqués ;
- en quoi les réalisations cinématographiques dont le discours tombe dans l’orbite contradictoire du post-­‐féminisme seraient-­‐elles susceptibles d’offrir, on non, une autre structuration genrée des regards ;
- quelles implications théoriques peut-­‐on tirer d’une confrontation entre les thèses de Mulvey et les théories classiques du dispositif cinématographique (Christian Metz ; Jean-­‐ Louis Baudry) pour une meilleure compréhension des enjeux relatifs au plaisir et au désir visuels engagés par le cinéma de fiction/cinéma narratif, en relation avec la formation d’identités genrées.
- quelles sont les applications et les implications de la notion de scopophilie si on l’envisage en dehors de son acception strictement psychanalytique pour embrasser des frontières plus larges incluant la dimension sociale et culturelle du regard comme construction de genre.

Modalités :

Chaque proposition de contribution comprendra les informations suivantes :
Nom et prénom de la contributrice ou du contributeur ;
Affiliation institutionnelle ;
Adresse électronique ;
Résumé et proposition de titre de la contribution (max. 300 mots / 2000 caractères)
Les principales références bibliographiques.
Les propositions devront être envoyées au plus tard le 10 janvier 2015 en fichier joint (format Word) aux adresses suivantes : charles-antoine.courcoux@unil.ch et mireille.berton@unil.ch
Chaque proposition fera l’objet d’une évaluation par le comité scientifique du colloque. Les avis de sélection seront envoyés en février 2015.

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